‹ Histoire du CalvinismeChapitre 23 sur 30 · . II. . .. ■ ■ ■ .■ 1. I ■■ . - — ■ ■ > I · texte numérisé non relu

. II. . .. ■ ■ ■ .■ 1. I ■■ . - — ■ ■ > I

( i ) Abrégé.

(2J Elogt de Si. André,

povr la Réformation , etc. Î55

'auhignyj à qui Monsieur le marèckml avait itrefpis fait déplaidr j voire , disait on ^ iuissoit de son bien par confiscation , qtâ lé connût et lui donna un coup de pistolet par t tête dont il tomba mort par terre. Bran-^ ►me ajoute que la reine fut de ceux qui ne

regrettèrent pas fort parce qu'il avoit opiî dans un conseil secret du Triumvirat qu'il

failoit coudre dans un sac et la jeter dans ?au. Celui qui a fait les additions aux méoires de Caste Inau assure pareillement gu^il it tué de sang froid par uri gentilhomme hespéré dont il avoit eu la commission. (i) . vous voulez l'histoire plus étendue du dé^ êlé qu'avoit eu avec le maréchal de St. An*; ^é celui qui le tua y la voici comme la rap« )rte d'Aubîgné. ( a ) Il fut pris et tué par, aubigné, Celui ci avoit juré ea mort parce trayant mis au service du maréchal son fis ipelé Mézières, et déplus s^ étant engagé ? grandes sommes pour le maréchal , des m telles Mézières faisait souvenir quelquefois n maitre : Pour se démêler du reproche et i- la dette , il forma une querelle entre Mé ^ \rès et St. Sornin. Et puis Mézières ayan^ é St., Sornin y il fit faire son: procès et eu% confiscation. Ainsi ce Mézières n'étoit pas(

1 ) Tom. 2. p. 82.

^ 2^ ïlUtoIrie unir. liy. 2. çli^. Ifij,

454 jipohgiê

huguenot , car il avoit été au service du ina«réchai : et il jura sa mort parce qu'il l'avoit dépouillé de sou bien par la plus honteuse et la plus infâme de toutes les supercheries. Cela est véritablement du caractère de ce maréchal , selon que nous Tout fait voir ci dessus Mr. deMézeray et Tauteur des additions à Castelnau. Voilà la véritable cause de la mort du maréchal de St. André attestée ce xne semble par des historiens bien dignes de foi. Mais le sieur Maimbourg tient bon contre l'autorité 'de ces témoins en faveur d'une calomnie qu'il débite , ^^ que ce fut l'amiral ^ qui fit faire ce malheureux coup par lecon- 1^ seil de Théodore de Beze > ( i ) qui étoit à ^ cette bataille et avoit obligé une tronpe des ^ plus déterminés de son parti à se dévouer ^ pour tuer ces trois grands hommes que les ^ huguenots appeloient les triumvirs. ,, Qu'y fer oit on?|quand des gens sont une fois déterminés à calomnier y il n^y a pas moyen de les en faire revenir. Mais on a lieu d'espérer que les honnêtes gens en croiront plutôt de hons auteurs et même des auteurs contemporaini que la malignité d'un auteur moderne , qui a de très- bonnes raisons d'intérêt de ne direi jamais la vérité.

Je viens au plus grand coup qui fut doimj|

/ i) mit. da câlyiu.U7.i^.im^

pour la Rêformaittm , etc. '455

en ce temps-là , c'est Tassassinat du duc dd Guise commis par Poltrot , pendant que le duc assiégeoit Oiiéans y Tan 1Ô622. Ce fait est bien prouvé et connu de tout le monde. Pol« trot étoit huguenot , îl a persévéré jusquei à la mort dans sa religion , il a confesbé qu'il avoit entrepris ce coup pour le bien de sa re» ligion et parce que le duc de Guise en étoit le persécuteur. Nous n'avons rien à dire là* dessus y et cela prouve très bien qM*il a été possible qn^entre nous il se trouva un fou j un entêté, un homme rempli d'un isèle ignorant y indiscret et cruel y qui se soil persuadé qu'il étoit permis , particulièrement en temps de guerre ouverte , de se défaire du chef des persécuteurs de l'église par toutes sortes de Toies sans en excepter l'assassinat. Nous a- Youons que ce misérable étoit aveuglé , qu'il crroit dans son principe , qu'il peut y avoir des fous de toutes sortes de religions, et que ce qu'il fît étoit une méchante action. Mais ponr un assassin que l'on troure entre nos îitrguenots , j'en produirai cent du milieu des Kélés catholiques, ardens défenseurs de la foi» Je produirai M orerel appelé le tueur de Charles IX ^ Montesquieu , Jaques Clément , Jean Chastel , Rayaillac. Je produirai les assassins qui ont assassiné par deux fois Guillaume prince d'Orange , . et ceux cyaV tf feWv^^ ^^

456 Apologie

voués pour assassiner Elisabeth , reîne d'Angleterre. Je produirai tous les assa^sinateurs de la journée de la St. Barthélémy et de Icutes les autres journées semblables: qu'on nous passe tous ces gens là et nous passerons notre 'oltrot. Pour moi je ne m'étonne pas que dans un parti composé de tant de gens, contre lesquels le sieur Maimbourg avoue que les parlemens rendoient des arrêts coup sur coup pour les faire poursuivre et massacrer partout comme des bêtes féroces , et qu'on assassinoit en tous lieux sans forme de procès^il se soit trouvé un désespéré capable de faire un mauvais coup : je m'étonne au contraire qu'il ne s'en soit pas trouvé davantage, et jeprétens qu'on doit tirer un favorable préjugé pour nous de ce que , dans un temps où tout étoit plein de scélérats , il n'y en ait pas eu plus entrç nous capables de faire de ces sortes d'attentats. On veut rendre tout le corps responsable dq fait de Pollrot , c'est la dernière de toutes le^ injustices! Ou il faut que l'on nous réponde de tous les crimes abominables qui ont çté commis par des particuliers catholiques ro« main^. On nous cite les vers qui ont été faits à sa louange ,* on nous dit qu'il y avoît des gens qui le mirent dans leur ruelle et qui en faispient leur saint. Ce sont \k des preuyp5 dç }a foiblessQ ^^ V^sigvi^ humain , nous

pour la Réformation, etc. aiSy

jugeons des actions par ce qui nous en revient i la plus belle action qui nous ôte les biens et Tho^aneur passe chez nous pour un crime, le plus grand de tous les crimes trouve des protecteurs entre ceux qui en retirent de Tutilité. Je suis persuadé que tout le parti huguenot fut bien aise de voir son ennemi mort : mais je suis persuadé aussi que les sages et les plus honnêtes gens re* gardèrent cela comme une trahison dont ilt goûtpient bien le fruit j mais dont pour riea au monde ils n'eussent voulu être les au-r teurs. Si l'on nous velit. faire une affaire do ce que quelques huguenots d'entre le vul** gaire jugeant du fait de Poltret selon leurs passions et selon leur intérêt l'ont âpprou* vé> qu'il nous soit fiuaii i^ermis de faire une affairée & l'église romaine de ce qu$ le papa BixiQ y lui même a fait le panégyrique de .Clément assassin d'Henri Il{ , et de ce que à. Home on a fait de Garnet| qui voulut as.jSdSisiner tout d'un ooup le roi d'Angleterre jti le parlement I un martyr et un saint. Jq ne sais point qu'on ait. fait imprimer d'a« pologie pour l'action de Foltrot ., mais jo l^\a hj»n qu'un jésoile sous le nom deFrarèi çîacm^ Vèrona , Çonsiantinuêi , en a écrit une

ÀSo Apologie

Je sais qo'un autre sous le faux nom âCArtdreas Eudemono Johannes Cydoniua , a fait imprimer Tapologie de Jean Garnet et des autres parricides anglois. II seroit de la pru« ilence de ces Messieurs de ne nous pas prendre par ces endroits-là , car nous ayons de quoi leur rendre terriblement le change ^ au triple et au quadruple. Enfin au sujet de l'action de Poltrot nous nions que l'amiral , Soubize, la Rocliefoucault , Béze ou quelque aa^; tre personne distinguée y ait eu aucune parti et en a^t été complice. Rien ne nous sauroit mieux instruire là*des8us que le procès même de ce Poltrot. Nous l'avons tout entier et très ^dèlement conservé dans le second volume de notre histoire ecclésiastique: je ne connois personne qui se soit inscrit en faux contre les lictes qui sont apportés sur cette affaire. Il est vrai qu'on y voit une première déposition de. Poltrot faire en présence du roi, delt reine 5 et d^on grand nombre de grands sei^ gneurs dans laquelle il charge l'amiral , la Roohefoucault^ Bèze et ses compagnons. Mais on y voit aussi la réponse de l'amiral qui réfute ceft fausses ^dépositions de Poltrot. On y ▼oit que ramiraVd^mande avec instiànce que •le dit Poltrot lui soU ûonfVonté ; oii y^ voit de d/us que ce malheureux transféré à Paris, se |

7/^dMt de tout ce c^\i?W e^^^^vx. ^^'^^^ ^xmt b

pour la Réformation , etc. 459

reine , en ce« termes , A dit^le dit Poltrot^que la première déposition par lui faite devant la reine mère étoiî toute fausse , (i') et quHt at^oit icelle faite d'autant qu'il craignait df'^ tre tué par plusieurs hommes serviteurs et domestiques de monsieur de Guise qui le sui" voient allant chez la reine , et qu^il avait fait la dite confession pour prolonger sa vie. Quant du sieur amiral dit le dit Poltrot, que la ditte première confesûon est toute fausse y excepté que le dit sieur amiral lui bailla vingt icus, et depuis cent écus peur avoir un cheval^ mais ne lui a^le dit sieur amiral fait promesm se y nid' or ni d'argent: et tout cequHla par^^ lé du sieur de Feuquières^^et du sieur de Brion et de monsieur l'amiral est faux. Ce qui confirme extrêmement cette âernière déposition c'est que l'amiral avant que d'en avoir aucune connoissance dans les réponses qu'il fait a la première déposition, avoue de bonne jfoi quM a donné une fois vingt écus à cet homme ! ce qu'il aurolt bien pu nier. II au«^ roit pil ne pas avouer non plus qu'il eut en* voyéJulUut au uauip du due doOirige pour y servir d'espion et lui en rapporter les nouvelles , car cela éloit capable de faire naifre des soupçons contre lui. Enfin il eut pu sa passer d'avouer si sincèrement à W t^vcv^ ^3»y>%

l i ) HUl. eceïeâ. lîf^ 6. p. ilO,

46o Apologie

bien quM n'eut en façon du monde trempa dans la mort du duc de Guise , cependant il ne pouYoit être fâché que cette mort ne fat arrivée, parce qu*il la regardoit comme un grand bien pour la religion et pour Tétat; mais cette conduite si naïve , qui ne déguise pas même les choses qu'il pouvoit dissimuler lans crime , découvre le fond de sa sincérité^ et font voir que ce grand homme n'étoit pas capable de mentir, non pas même pour conserver son honneur. II est vrai que Poltrot ayant été mis sur la torture après cette rétractation, il retourna à sa première déposition et chargea l'amiral. Mais il l'avoit bien promis, ,, car il dit qu^il diroit tout ce qu'on voudront ^ à la question ^ mais quand il sera au sap* ,3 plice de mort qu^il dira le contraire. ^ II ^st vrai encore que dans la suite il revient ^ charger l'amiral , parce qu'on le vouloit fiinsi 2 et que I^i torture étoit toujours prête pour le démembrer en ca$ qu'il se fut rétracté une seconde fois. Mais tout le corps de ses dépositions est si destitué de bonsen» et por* 4e si fort les caractères d'pn esprit troublé que l'on ne peut asseoir aucun jugement sur ^e qu'il dit. £l c'est ce qui me persuade que dans cet homm^ il y avoit plus de cette noirel mélancolie qui trouble le cerveau et fait con«|

pour la Rêformaîion , etc. 46 1

lignite qui fait entreprendre de noirs attentats par mépris de Dieu et de ses lois. Je ne doute pas que ce malheureux ne crut de bon-» ne foi faire un grand service à Dieu. Par là je ne prétends pas l'excuser y ni en faire un saint comme on accuse quelqu'un des nôtres d'avoir fait ; je sais qu'on e^t responsable des fautes de son esprit aussi bien que de celles de son cœur , que nous errons volontaire- Aient et que l'erreur n'excuse pas le crime. Il se trouve entre les écrivains catholiques romains quelques auteurs qui sont astfex équitables pour décharger la mémoire de Pamiral de cette lâcheté , mais ils ne veulent point faire de quartier à Théodore do Bèze. Cest lai , disent-its y unanimement , qui a inspiré à Poltrot ce furieux dessein; et c'est dans cette vue que le sieur Maîmbourg dit de lui qu'il êtoét eruel , sanguin naire , toujours prêt à in.fpirer les plus noirs et les plus sanglons attentais. Il ne devroit point être permis d^avancer d» ces sortes d'accusations sans preuves et sur des faits absolument supposés, tel est celui-ci , que J\^v.P^ !*\l inftpîr^ à Pnltroli Iddiridrifiiii ilri liiiT" le duc de Guise.Il est vrai que dans sa première déposition il Tavoit chargé , mais dans les suivantes il l'a déchargé et y a ijerf^l^^v^ïk jusqu'à Ja mort: quant à Bè^e a dlV H dit

46t Apologie

Poltrot que cela est faux. Ce fat après s*é

ire fait relire sa première déposition. £fl

suite il fait une seconde confession générale e

ajoute; Quant à Bèze et son compagnon l

JeU sieur de Brion, et le sieur de Feuqulères

ils ne lui parlèrent jamais de ce qu'il a d\

par sa première i:onfession. Ën6n dans la dei

pière confession qu4I fit devant le premie

préiiident et qu'il répéta en abrégé sur r^cha

faud y il décharge expressément et l'amiral e

Béze. Si ce qu'il a dit en faveur de Tamin

est capable de le justifier , pourquoi ne fe

roit-on pas la même grâce à Théodore d

Bèze ? Le moins que l'on en peut conclut

en sa faveur , c^est que la déposition de Po

trot ne l'accuse ni ne l'excuse ^ à cause qxi'eli

est pleine de contradictions.

La mort du duc de Guise nous a tenu lon{ temps parce qu'on en fait une grande affair j'avoue que celle de l'abbé de Gastines et d conseiller Sapin me font bien plus de com passion ; c'est une de nos cruautés et de m perfidiesx]u'on exagère avec des termes odieu; Baptiste Sapin , conseiller au parlement c Paris , et Jean de Troyes , abbé de Gastinei allant en Espagne , furent pris prisonnie par un parti du prince de Condé et amenés Orléans, a Là ^ sans avoir égard à la quali p de9 personnes , elc. > m «ai ^qSx ^^% ^«^n

pour la Réformation > êlê, 4^5

j» ui au respect qu'il devoit à son' roi , dont » ces prisonniers étoienl ambassadeurs , le D prince fit pendre dans la place de l'Etape )» et le conseiller et l'abbé. » On auroit pa dire plus simplement que ces deux bonnétea, gens périrent par le malheureux droit de re^^ présailles. Je plains leur sort et si nous pou«» irions les ressusciter aujourd'hui , nous le fe-^ rions de bon cœur. Mais il faudroit aussi qu'on nous rendit mille et mille aussi honnê* tes gens qu^eux , qui ont été pendus 0)1 assassinés 9 brûlés et déchirés sans aucuiie forme ^ contre toute j ustice , contre le droit des geas^ et même contre les lois de la nature. Four ce seul abbé de Gastines , conseiller au parle* ment , nous voudrions aussi qu'on nous rea« ^it ces cinq conseillers du parlement de Tou^ louse fjui Jurent pendus en robes rouges à un orme dans la cour du palais. C'est Monsieur de Mézeray qui nous apprend ce fait sjjr l'an-< née 1672. Cela est bien comparable aux faits deMonluc^ du ducdeMontpensier et du connétable , qui ont fait pendre des milliers de personnes , de gentilhommes ^ de braves, de gens de robe , de lettres , en un mot des gens de tous âges , de tous sexçs , de toutes condi« tions et de tous caractères ! C'est une cruau» té i |e Tavoue , de faire périr des innoceua pour les. fautes des coupaVA^s^ xciiv^ tf ^^v^^«

464 ^Apologie

cruauté nécessaire pour sauver I^es autres in^ Inocerw, Si le prince n'eut fait celte sévère justice y il ne seroit tombé aucun de 9es amis entre les maîn« des-Guises qnin'eut étépendu. Tons les historiens rendent témoignago AU prince de Condé d'avoir été débonnaire Hcrtant que brave, d'avoir eu en horreur les violences. Il s'en fit une très-grande sans donfe en commandant cette exécution , au liea Qu'on s'étoit fait un plaisir dans la prise de Rouen d'j pendre deux des plus honnêtes hommes qui fusaent alors y dont l'un étoit président et chef de la justice: on peut vnir les éloges que le Laboureur leur donne. C')II n'est pas étonnant que l'on ait été un peu fâché à Orléans de ce qui s'éfoit fait à Îlt)uei9| et qn^on ait expié par la mort de deux hom-: fiies lesffng de tant de gens massacrés.

l i) Additions ; Ton, 1. >. %1l.

pour la Rèformation , etc. 4(ïJ

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