CHAPITRE XVII
Justification de ces guerres de France q appelle deTéJî'àion. "E'xalfirations ru les du sieur Maimbourg : trois reflet générales. /. Qu^il est faux que les j rante ans de guerre nous doivent êtn -pûtes. IL Qu'il est faux que la Fr n'ait jamais vu de plus grands désoi que ceux que le calvinisme a causés, troubles du règne de Charles FI , mi parallèle avec ceux qu'on nous accuse voir causés. III, Preuves de la fausse\ cette maxime que toute guej'c^joxi.J^lj.
quelque principe de religion est illéj^ii
E croîs, Monsieur, que c'est assez parle caractère et de la conduite des deux pai il est temps présentement de venir au foi c'est-à-dire à ces guerres civiles du siècle pj dont on veut que le calvinisme réponde, peut se servir de deux méthodes,la premier de justifier les guerres en faisant voir qu' sont justes; la seconde est de justifier le vinisme au ^ujet de ces guerres, en fai roir qu'il n« leuT a ç^^ ô.otvw^ \^ \i^\^%^
pour la Reformations eic» 489
LadÊjaûère nous pourroit âulBre • car c^ést UjRÇ9Brexnent notre affai^rej^^^Oi^j Jo
calvinisme : pourvujg[uç Jjet oalvirnsme ue soit pas la cause^He ce^ guerres^ il nous importe fort peu qu'elles soient justes ou injustes ^ itt- .JPOCfiltfe^ bien que ceux qu'on,
veut appeler calvinistes ayent eu leur part à ces guerres civiles» pour uftQ^Qpne fois nous avertissons que le calvinisme n'est pas obligé ^BréponHre de toutes les actions dej? calvini»les^ si ce n'est qu^on nous veuille permettre de demander raison à la religion romaine de tout ce qu'ont fait dans tous les siècles j ceux qu'elle appelle les catholiques. Il nous suffit donc que le calvinisme soit innocent quand tous les calvinistes seroient criminels : cependant sans autre intérêt que celui de la vérité nous serons obligés de dire bien des choses pour la justification de ces guerres en elles mêmes , et des actions qui s'y sont faites par les calvinistes. Qu&nd je jparle^de justifier les guerres civiles, il faut ^avgir que je prétends les examiner sur les maximes et 9ur les règles c(sj[a morale du monde. Car selon les m^xloies ^^^^yav^\e je ne sais même s'il y a que)qu<6s guerres étrangères légitinies excepté celle&dmis lesquelles on se défend et où Ton reponssç..l§ torce par la force « parce qu'on y est coal[raint. Et je ne comprends 'j}«i% c^to^nvwsX ^«si».
^9^ jipologîe
qui conduisent les consciences des grands^ ne leur mettent point devant les yeux j quand ils sont prêts d'attaquer les gens qui ne leur font point de mal 9 la multitude de meurtres^ de violences , de pilleries, de vols et Je viols, dont ils se vont charger. Si un seul meurtre, et une seule violence faite à l'honneur d'une femme peut damner un homme , comment peut-on comparoître devant Dieu ayant à soutenir la vue d'un million d'hommes meurtris» et de femmes dépouillées de ce qui leur doit être plus cher que la vie? Mais peut-être celte moralité est hors de sa place ^ ce n^est pas là présentement notre affaire^ ceux qui y sont intéressés y aviseront.
Avant que d'entrer dans l'examen particulier des guerres civiles du siècle passé , permettez-moi, je vous prie. Monsieur, défaire deux ou trois réflexions générales, sur ce que dit là-dessus le sieur Maimbourg. 11 employé tous les termes les plus forts, les plus violens et les plus tragiques pour dépeindre l'horreor de ces guerres , et le triste et le lamentable état où elles ont réduit la France. Les auteurs de ce parti représentent, que dirrant 4o ans elles en ont fait un aflreux champ de carnage, où Ton a vu donner plusieurs batailles ran« gées , quatre ou cinq cetits combats très saa-
pour îa Reformalion ^ etc. ,491
ses, surprises , saccagées, désolées, les temples renversés, les stat ues cjes saints décapitées, les tombeaux des rois violés, et plus d'un mil* lion de Français mis à mort par divers genres d'horribles tourmens. Ils nous font voir la majesté et les personnes des rois violées par des gens qui les viennent affronter jusquessur le trône , leur livrer bataille à.la porte de leur capilalo , et faire des efforts ou pour se saisir des têtes sacrées, ou pour les abbattre, ou pour les rendre esclaves ; cela sonne terriblement haut. Mais premièrement je voudrois bien que ces Messieurs sur leur calcul de 4o ans de guerres civiles, dont ils veulent charger lo calvinisme, en voulussent rabattre les deux tiers ou les trois quarts pour les donner à la ligue tréjs sainte et très catholique, à qui ils appartiennent. W est vrai, duraiU quarante ans ou bien près, la France a vu ses enfans déchirer ses entrailles de la manière du mon* de la plus cruelle; mais les guerres de la \i^ ^flnfi, da 000 quftrantf^.aiis^en ont occupé vingt cinq r!<>ffp ligue prit naissance Pan i5n5 et ne fut étouffée que sur la fin clusiecre, quand Henri le grand eut dompté ce monstre par la longue suite de ses victoires. Tout au moins depuis cette a|uié&4>^7^9Jla«<c&ljidj^^^ fut
plus4^€hggre»seur , il ne combattit plus contra ses roiS; mais pour eux: cal c^W.^ \\^^ ièîv ^^-^
4g ) apologie
tholique en youloit bien moins, comme tout le monde l'avoue, au calvinisme qu'à la royauté. On ne pourvoit donc tout au plus charger le callvînîàoie que des guerres qui se sont faitei*
562 9 cfans lequel commença la
naître la ligue. Ce ne sont plus qu6 1 s ou 13 ans qui restent : cela est un peu loin de qua* rante.
IjBLÈûcQnâe réflexion que le fais sur les des-
jcnjBjybaia&,tt^^
monsieur Maimbourg des attentats des cal*^ vinis^tes contre l'état et contre nos rois, c'est qu^à l'entendre parler il semble qu'il n'y ait |amais rien eu de semblable en matière de guerres civiles , de conjurations et de rébellions. Si on l'en croit , le calvinisme est venu au monde pour faire des exemples de crimes ^ui n^en avoient point : tout au moins le caU TÎniam'e a rassemblé dans un demi siècle toutes les fureers des siècles passés considérée touf 4in^0mUe. Et pour qui nous prtndcethonvmo-v M? Croit-il que nou^ n'ayons jamais jeté le» jeux $ur rhtsloire ? Que nous n'ayons jamais* ouï parler de ces guerres funestes entve \et Wia4*>ons d^York et de Lanrastre qui fléchirezrfent FAirgteterre , et firent périr de morTvio- Jemte quatre vingts princes du sang en trento
Mm mis ; SrtSiloB Vq X4i^^OtV 4^^\v\\\\|^^ ^^C^tt^
pour la Rèformatian, efe. 49JÎ
tnînes? Pense- t'il que noua rie sachions rien de ces horribles factions qui divisèrent l'Ai*letnagne et Fllaiie durant plus d^un siècle sous le nom de (iuelphes et de Gibelins, et qui causèrent des désolations auprès desquelles toutes les fureurs du triumvirat^ (jl^Antoioe> de Lépide et d^Âuguste ne sont rien. Nous voulons bien avouer au sieur Maimbourg^ sMl le souhaite , que les crimes y les perfidies ^ les trahisons , les massacres , les ass£(ssinats commis par ses catholiques durant cinquante ans, ont surpassé tout ce que l'histoire des siè*' \ clés précédens nous font voir de fureurs : car cela est peut-être vrai, puisque par ces mains homicides sont péris plusieurs princes dtl sang, un nombre infini de seigneurs , des peuples sans nombre , et outre cela quatre rois ^ dont les deux premiers , François II et Char* les IX ont été empoisonnés , et les deux ao« très H^nri IH et Henri IV ont été assassinés'. Mais qu'il entreprenne de nous persuader que ce qu« nos huguenots ontfeit en dix ou douze ans de guerre depuis la conjuration d'Amboise jusqu'au massacre de la St. Barthélémy ; surpasse ou égale ce que les autres guerres civiles ont produit, c'est une entreprise folle et téméraire , c'est une exagération qui sent le comédien et qui est iasupgortaUl^ ^^swq»i Vhialoire,
494 Apologie
Sans aller chercher ce <inî s*est faîl tlani les royaumes étrangers 5(1) voulez-vous, Monsieur , que nous passions la vue sur c< que notre France a souffert par les horriblei divisions de la maison d'Orléans et de celle de Bourgogne , et que nous voyons de quelU manière la majesté de nos rois a été violée ^ les villes prises , assiégées et pillées , le plui grand et le plus noble sang de la France ré-» pandu et le royaume en général réduit en désolation durant quarante ans y par les deut furieuses factions qui portoient les noms d'Armagnacs et de Bourguignons. Peut-être qu'a cette vue on sera forcé de nous avouer que la conjuration d'Amboise^l'entreprisede JVleaux. les quatre batailles et les deux à trois cents combats dont on fait tant de bruit , ne sont rien en comparaison. Cette horrible tragédie après divers actes de moindre importance ^ (2) commença par l'assassinat du duc d'Orléans^ que le duc de Bourgogne fit misérablement massacrer la nuit au milieu de Paris, à la vue de la cour , où ce duc d'Orléans tenoit rang de premier prince du sang. Cela vaut bien l'assassinat du duc de Guise, qu'on prétend avoir été commis au sceau et par ordre de l'amiral de Chatillon , et même, dit-
( i^ Lan U04, ii) L'au 1407.
pour la Réformation , etc. Ï9S
on , du prince de Condé. Le duc de Bourgogne , après cet assassinat commis et même confessé par lui, revint à Paris d'où il s^étoit retiré* ( 1 ) Il y revint , dît il , pour se justifier , mais il y revint avec une petite armée composée de huit cents gentilshommes arasés de pied en cap , et paroissant devant son roi plutôt en seigneur qu'en vassal , il se fit donner de cette manière des lettres d'abolition de son crime. lise retira chez lui avec cette abolition , et durant son absence les amis et les enfans du prince assassiné^ qui méditoient la vengeance, avoient tourné les affaires de la cour et l'esprit du roi d'un côlé qui n'étoit pas favorable au duc de Bourgogne. Il revint en France en tyran avec une armée victorieuse, il s'empara de Paris la capitale du royaume, et le roi , la reine et le reste delà cour furent contraints de se sauver à Tours, Je ne sais si cela ne vaut pas bien l'entreprise de Meaux , car on étoit alors assez persuadé que si le duc de Bourgogne eut pu se rendre «naître du roi Charles VI 5(2) les princes et les partisans de la maison d'Orléans auroient eu à souffrir pour le moins autant que les Guises eussent souffert si le prince de Condé eut pu se saisir de la personne de Charles IX.
(1 )L'an 1405, ( 2 ) L'an MO^ •
496 jipologie
Le duc de Bourgogne se fit encore une foil donner le pardon de son crime et se rendit maître du gouvernement par le consentement du roi. Ainsi son autorité qui jusques-U avoit été usurpée , devint légitime par la concession du roi. Contre cette autorité légitime^ la ligue des Oriéanois forma un puissant par* ti 9^Yint bloquer Paris , où étoient le roi , U reine et le dauphin.. Le parti Boiirguignan étant le plus fort dans Paris on bannit , on pendit , on chassa tout ce qui lui étoit contraire. Mais le parti de la maison d^Orléani pendant cela ravageoit et désolait les provinces , prenoit les ville?, les pilloit et n'aspiroit pas à moins qujau pillage de la ville de Paris. Les Oriéanois bloquèrent cette grande ville , ils prirent St. Denis et la tour de St. Cloud^ ils brûlèrent toutes les maisons autour de la ville , le roi étant dedans. Il me sembltlf que cela vaut bien la bataille de St. Denis , qu'oB exagère ti^une manière si odieuse, (i4io)parcc qu^elle fut donnée par le prince de Condé i la vue de la cour et aux portes de Paris. Les Oriéanois se tenoient déjà si assurés du pil* lage de Paris qu'ils en paftageoient le butin » ( i4i2 ) mais le retour du Bourguignon avec une armée d'anglais changea la face des affav* Tiis , sans changer la face du royaume dont Je^ désolations a\^g;av^T!iV^x^\v\..\:^^vci\x le m^i*
pàÊ^ la Rêformation ^ etc* 4gf
ire p il se vengea sur les amis de la xnaisoii '^d'Orléans , par le fer , le feu , la proscrip-* tion f l'exil, les coofiscations y et par tout c0 que son ressentiment lui put dicter.
Ce fut dans ce temps là que la majesté royale fàt violée de la manière du monde la plus étrange. Sous la faveur et la protection da duc de Bourgogne il se forma un parti dans Paris qui , ayant amassé i o ou 1 2000 sédi->' tieux y mit à sa tête un chirurgien nommé Jean deTroye , et s'en alla investir l'autel du dauphin. Ils en enfoncèrent les portes et en^ levèrent plus de vingt personnes entre lesquelles étoient le chancelier et plusieurs piin« ces du sang , et les constituèrent prisonniers de leur pure autorité. Ces factieux prirent un chaperon blanc pour marque de leur faction dont ils eurent Tinsolence de coiffer le roi Charles VI lui même j et ils enlevèrent encore d'auprès de sa personne les premières person^. nés de l'état, jusques à Louis de Bavière ^ frère de la reine, avec plusieurs dames de la première qualité. Ils contraignirent le roi à faire faire le procès à ses propres officiers , à récuyer du dauphin , à son chambellan et au gouverneur de la Bastille , qui eurent la tète tranchée , ou qui se tuèrent en prison pour éviter la honte d'être produits au suç^U^^» Si je ne me trompe, cela je%^^cciîù\^\À^A^ H5s<s
igS jipoîogiê
à la conjuration d^Amboise» excepté que c'est quelque chose de pis. Les conjurés d'Âmboise avoient dessein de faire ce que firent les chaperons blancs : ceux-ci ôtèrent d'auprès du roi Charles VI et du dauphin les personnes qu'ils regardoient comme les causes des dé^ sordres du gouvernement. Pareillement les conjurés d'Âmboise n*en vouloient qu'à ces tyrans qui abusoient de la jeunesse et.de l'autorité du roi François IL Mais les conjuiés d'Amboise avoient cet avantage, c'est qu'ils avoient pour chefs les deux princes du sang, qui clierchoient le bien de Tétat et qui vouloient reprendre la place qui leur appartenoit ; au lieu que les chaperons ilancs n'avoient qu'un chirurgien à leur tête , ou tout au plus un prince rebelle , tyran et assassinateur. Les conjurés d'Amboise ne firent rien de ce qu'ils avoient résolu : le duc de Bourgogne avec les chaperons blancs pour un temps fit tout ce qu'il voulut : et cela met encore une grande différence entre les coujurateurs d'Amboise et les chaperons blancs 9 au moins comme entre un crime projeté et un crime exécuté. La. prospérilé des séditieux ne dura pas longtemps , la cour secoua le joug , le roi Charles VI et le dauphin son fils reprirent le dessus , et pour se délivrer de la tyranxïÏQ des liouTgjV\\ç;cvow^\\^x^\^\îi.x^\\l U
pour la Réformation , ele. i^§
faction abattue des Armagnacs. Tout ce qui ^voit été fait ( i4i4 ) contre les princes de la maison d'Orléans et leurs partisans fut cassé : Je Bourguignon fut chassé, ses créatures tuées, proscrites et dépouillées de leurs charges et r. de leurs biens : on leva une armée contre lui, il en leva une pour attaquer et pour se défendre. Le voilà donc aux mains contre son * roi 9 qui court la campagne , qui pille , qui , ravage tout et qui se rend indigne de la grâce du roi par mille violences : cependant la paix se fit , mais à des conditions très-dures pour lui. f 1416 ) Durant que le duc de Bourgogne avoit été maître de la cour , les Armagnacs pour se venger avoient livré la Guyenne aux anglais et avoient introduit ce dangereux ennemi dans le royaume : c'est bien pis que les armées fKallemands et de reistres qu'on nous reproche, qui ne venoient en France que pour empêcher les huguenots d^êlre massacrés , car ceux-ci en vouloient à la couronne. Néanmoins les x\rmagnacs , qui avoient livré le royaume à l'étranger , (i4j6) devinrent peu après les maîtres de la cour et du gouvernement. Deux dauphins fils de Charles VI étant morts tous deux de poison, le droit de la succession vint à Charles qui fut depuis roi de France , sous le uova *L^ Charles VJL Ce prince , c^uv Ôl^noW fevx^^^--.
Sotf "Apologie
gent à la place de son père Chjarles Vf ^ Ie« quel retomboit souvent dans les accès defo«. lie dont il étoit attaqué , ( i4i7 ) se lia d*a£fection et d'intérêt avec la maison d'Orléans contre celle de Bourgogne : et parce que la reine sa mère étoit dans les intérêts du Bourguignon , il permit aux Armagnacs de la chasser de la cour et de la reléguer à Tours. L^abus que les Armagnacs faisoientds leur autorité favorisa les desseins dii Bout* guignon , et lui donna lieu de faire de nouvelles tentatives pour leur arracher le roi. Il voulut surprendre Paris, il assiégea Cdrbeil| ( i4i8 ) il alla prendre la reine à Tours et la mit à la tête de son parti pour autoriser par ce grand nom tous ses attentats. Pendant cela on livioit le royaume à l'anglais qui faisoi^ de grands progrès et qui se saisit pf esque de toute la Normandie. L^année suivante le paiii Bourguignon se rendit maître de Paris et se 6Ç saisit de la personne du roi. Le dauphin échappa miraculeusement par la fidélité et par le zèle de Tanneguy du Chastel. Ce parlt victorieux fit dans Paris tout ce que la rage la plus cruelle peut inspirer à des hommes brutaux : on égorgea le connétable et le chan* celier , les premiers officiers de la couronne, on fouilla toutes les maisons , on^pilla , on
^a^sacra les è\ècj^ue^ ^\.\^^ ^^Oia^v&.^<v3^^s ^ on
peur la Reformations etc. 6of
faîffolt sauter les hommes du haut des tours et on les recevoit sur la pointe des piques ; on trainoit les cadavres par les rues , on les exposoit sur les places , on leur încisoît sur le dos des croix en forme de bande en écharpe parce que c'étoit la marque du parti des Armagnacs : enfin plusieurs milliers d'hommes périrent dans ce carnage au milieu de Paris» On auroît peine à trouver quelque chose de semblable dans la conduite du prince de Con^ dé , de l'amiral de Coligny et de leurs adhé*« xens. Mais en récompense on le trouvera au double et même au centuple dans les fureurs des catholiques zélés qui ont fait tant d'horribles massacres y et entr^autres celui de la Saint Barthélémy ; ces deux fêles sont bien semblables. ( i ) De la première Monsieur deMézeray dit , quiconque avoit de l^argent^ ou un ennemi, un office ou un bénéfice étoit Armagnac, (a) Et de la seconde , c'étoit être huguenot que d^ avoir de V argent ou des char^ ^es eni/iées y ou des ennemis vindicatifs ou des Jiéritiers affamés. Le dauphin échappé des mains de ces rebelles se sauva à la caui-pagne et fit une guerre ouverte aux Bourguignons , ( i4)9 ) qui tenoîent son père et sa mère en esclavage pour abuser de leurs noms
(1 ) Vie de Charles V\, ( 2 J Ylç 4Ç Ch^ks \:Sn
Boj apologie
et de leur autorité. Et parce que la forcé da dauphin n'alloit pas a pouvoir vaincre le Bourguignon , on l^amorça sous l'apparence d'un traité de paix. Le dauphin et le duc de Bourgogne s'abouchant parlèrent de paix, convinrent de tous les articles et l'on remit la dernière conclusion du traité à une seconde entrevue , qui se devoit faire peu de joun après , ce fut le piège où Ton fit tomber et malheureux duc de Bourgogne. Il vint au rea< dezvous accompagné de peu de gens , selon que l'on enétoit convenu. Tanneguy du Chastel et les autres amis du duc d'Orléans con* servant le dessein de se venger de la mort de leur ami > trouvèrent moyen de ^exécuter làé Ils massacrèrent cruellement le duc de Bourr gogne et lui firent trouver la mort où il va^ noit chercher la paix et la donner. Il avoit fait périr le duc d'Orléans par une lâche trahison , mais il périt lui-même par une trahison encore plus lâche , puisqu'elle étoit coa<verte de Tonibre de la paix et cachée soûl la foi d'un traité. On ne trouverarien desem* blable dans toutes les actions de notre parti durant les douze ou treize ana de paix et de . guerres civiles. Ils n'ont point tué et assassiné les princes du sang par de telles trahison!. JRJais en récomij^en^Q on trouvera peut-être
pour la Rèformatlon , etc. 6o3
uUe du parti catholique romain* Les assasinats commis dans les personnes du prince e Condé, de Tamiral et de mille autres seineurs , font voir qu'on pouvoit enchérir sur SI trahison de Tanneguy du Chastel et qu'on voit bien appris de lui à faire servir les traièa de paix, les caresses, les protestations d'à* aitié et les apparences de bonne foi , de voiles i couvrir les plus noirs attentats. Le parti [es Bourguignons ne mourut pas avec Jean lue de Bourgogne ; Philippe son fils entretrjt de se venger. II le fit, mais par des actions erribles et qui jetèrent la France dans la [ernière désolation. Il traita avec l'anglais [ui s'étoit déjà saisi de deux provinces dans e royaume , la Guyenne et la Normandie. 1 mena Henri V, roi d'Angleterre , à Troyes n Champagne j ou étoient le roi Charles VI t la reine sa femme. Là , par une entreprise, ontraire à toutes les lois fondamentales de 'état et aux droits de la nature , après avoir [onné Catherine de France à Henri V , oa lomma ce prince étranger héritier à la cou* onne ^ on lui donna la qualité de régent du oyaume en attendant la mort de son beau- )ère. C 1 ) Après cela les deux rois se ren^ lirent à Paris avec le Bourguignon, ils y firent eur entrée avec la même magniûceuc^ ^V \^-
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8o4 Apologie
roi- d'Angleterre s'y fit couronner roi it France. Le daupliin, véritable régent du royaume et légitime héritier de la couronne) fut cité à la table de marbre comme un sujet criminel , pour répondre du meurtre commis en la personne de Jean duc de Bourgogne. On lui lit son procès dans toutes les formes,comme atteint et convaincti de meurtre y il fut déclaré indigne de toutes successions j particuliè* rement de celle de la couronne de France ^ et banni du royaume à perpétuité. Voilà done le royaume actuellement mis entre les maini des étrangers par la faction Bourguignonne et par les français rebelles. On sait quellei en furent les suites, ( i432 ) comment le dauphin qui y deux ans après , fut roi de Franco sous le nom de Charles VU , se vit roi iitnr laire y appelé roi de Bourges par les anglais { l'on sait que Tétranger se vit maître de tout le royaume ei qu'il n'en fut chassé que ptf 1 ces miracles si connus dans notre histoirii ] Mais ce ne fut qu'après que la France eut été déchirée , partagée et désolée par une I guerre intestine de vingt deux ans j qui )ointD s avec les hix guerres des Armagnacs et dei 1 liOiuguignons font près de quarante ans^dalantlesquels-la France fut le théâtre des plai sanglantes tragédies qui se fussent vues jus* iOue^ là , parce cj^vie \^\\%vsi^ ^^^^^v^^^dusieM
, pour la Réformaiion , etc. 565
de passé n'âvoit pas encore paru dans te inonde. Car les destinées reservoient à cetteligue la gtoire de faire de nouveaux exemples de rebellions j d'infidélités et de trahisons. J ejûttLâvoue^gLu e ^ çe dermersn4^ toire des Armagnacs et des Bourguignons nio fait grand plaisir : i y trouve de quoi opposer a ces cruelles c^ccusatioRs s q«a^ IkMsi i»du&-£ait ^i pqnvent i}^ay oir i n tï* pduit réixiulger. daii^la Tovaume > et d^avoir donné la France en ,iullagé aux reistres et aux allemands. Au moins nous n'avons point Fait de roi de France aa préjudice du véritable roi, nous n'avons pas fait couronner un étranger à Paris , nous n'avons pas condamné et banni comme meurtrier le légitime héritier de la couronne. Mais la ligue a fait bien pis , non seulement elle a fait Tenir des reistres aussi bien que nous , mais ^le a livré le royaume entré les mains da ^espagnol et des princes étrangers. Non seulement elle a assassine les princes du sang comme firent les Bourguignons , et exclus do la couronne les fils de france, mais elle a as^ Bassiné deux rois , Henri. 111 et Henri IV. Eilo les a dégradés , fait excommunier , déclaré, tyrans et rebelles , soulevé tous leurs peuples c^ontr'euX) levé des armées pour leur faire La guerre, elle leur a fermé les portas Aa v^w.* tes les villes du royaume elles 3L^tosç.VYV% siwo^
c'est par les mains âc ses catholiqu pas par celles de nos huguenots.
Voici, Monsieur, une troisième générale sur les guerres qu'on appe ligion., et que sous ce lilre on reu d'infamie, (i) «parce que cette m » s'établir est toute contraire à l'éva V fait voir manifestement que nolr( ï) est fausse et qu'elle ne fut jamais » Christ qui ept le Dieu de paix. " vouons qu'une relifiion gui y^ul p« lareIigiondeJe8i«Christj nejioit^aj parJL^3crZeî.^g a r lefeu j et c'est pourquoi nous ne pouvons reconnoj ligion romaine pour la religion de Jesi II n'y en a jamais eu qui a fait un au usage de la violence pour s'établir ,
pour In RèfofTnatîon , de. Soy
JS regarde pas. Mais si l'on veut pousser choses plus loin , fit dire que toute yierre
on et quelque dessein de défendre une reon est illégitime et injuste à cause de cela me ; je ne suis pas d Wis que nous passions II
^gfg^jtUfiV*'' " ■* -y »■■«.-•■.■•. .w««....i* ...y ,^^^^^.p^>»^. 1 »■ mail iiM ■.■■»■ fc» I iii«<"f^* U
gLlLaiaéfflë^f car] e trouve que Ja,. thèse | plus qu e^spu talSTSi Premièrement supions qu^un prince allié voie maltraiter sa >pre religion dans un royaume voisin, quMl employé toutes les intercessions et jtous offices d*amitié pour arrêter la cruautés. des >j)Uces etja rigueur des proscriptions sans avoir pu venir à bout ^4mjaeutdej»andep ;e prince est en droit de se faire raison par armes t du mépr|8 que Ton a fait de ses srcessions, et s'il peut secourir de misé-^ TSriBdèles qu'on persécute à toute qutran* DAT le fer , par le feu et par les massacres» sens bien que chacun répondra à celte 3stion ^elon la diversité de ses intérêts et
l'état où il se fmnvpra. T^^ par|i ]f^ pl^f t '*|..f]/?min^"t /IfliiB- tAJi..^iAl-^p/^ncIrA^i<fc
1. et dira qu'un prince étranger ne se doit mêler des affaires de ses voisins , quecha- 1 est maître chesi soi , et qu'il appartient i rois de régler dans leurs état&Xfij(lfiXJj^UC;^^«.
lâui:diglQn W captraire le parli opy^^^^ iS^vt^ ^^^J^
6o8 yfpologie
Xfluse de la justice etjJelavérité est la cause de tout le monde, que s'il y a des^uerres lé" gitî mes'ïï^unre taTa IVd Ire ' ce sont celles qui sont eniretiirises poiir "Tîïïrerèt diT Dieu et
que les princes ont droit de faire guerre a ](eurs voisins pour des intérêts mondains et pour la réparation des outrages et des injures qu'ils en ont reçus > qu'il n'y a pas un plus grand outrage que celui de mépriser iineiatercession si juste qui ne demande que U tolérance pour les vrais fidèles et pour les enfaqs de Dieu. -Ie--»ôulé.terîïijne p45 g^ $onne le mieux: mais je dis deux choses;
se prononçorènr ùh arrêt de mort etde proscription sur tous les chrétiens qui sont dans leurs états , et qu'en exécution de ces arrêts on fit main basse sur les fidèles , qu'08 brûlât , qu'on empalât, qu'on crucifiât toutes sortes de personnes y de tous sexes , de toas âges et de toutes conditions, les princes chré* tiens se croiroient obligés d'arrêter le court de ces violences. Sans doute après que leurs intercessions auroiènt été méprisées ^ s'ils é" toient en état de s'unir y de lever des armési et d'aller forcer les rois Mahométans à épar
|pç( le 9»n| dfd& «Ti^?^u^ ^^ U^>xv Christ | m
pour la Réformation , etc. 60^
ne regarderoit pas cela comme des attentats sur l'autorité des souverains leurs voisins : au contraire on leur en feroit un devoir et un mérite : je suis trompé si tout cela ne se peut appliquer à ceux qui ont fait guerre STTk rance en notre faveur. La seconde chose dlis^esJ|J3piA.l'égli^^^^^ Iroit qu'auçune^autre de. condamner lea [Très entreprises .pour, cause ,gt pour pré-* texte de religion et -pour délivrer les fidèles oppressés ^ elle qui s'est fait autrefois un si grand mérite de ses Croisades, cest-à dire de ces fameuses expéditions entreprises sous pré^ texte de piété pour aller tirer et les fidèles et les lieux saints de dessous la domination des princes infidèles. Nous lui demandons : d« quel droit alliez-vous arracher des royaumes et des provinces soumises à des rois étrangers par une possession de trois ou quatre siècles : et encore à des rois qui n'étoient pas vos voisins, qui ne vous faisoient point de mal, et^ qui ne vous en pouvoient faire àcausedugrand «loignement? On répond : c^étoit la cause de I)ieu, on vouloit détruire les ennemis du TiôSTclirétien pour rétablir la croix de Jésus- Christ dans les lieux où elle avoit été premièrement plantée; ou vouloit tirer les lieux saints de Captivité et les fidèles de l'esclavag^e ; V4^
gUse romaine trouve ces ra\sotv^ i^xXX^^'^^'^'^''-
h là Jtpotoglé
§i les. tyrînçes étrangers qui ont secouru hugui^nots dans le siècle passée n'en avoi pas eu de meilleures ^ nous serions Içs p miers à les condamner. Ils disoient ou pc voient dire^ si l'on se contentoit de rete nos frères dans la captivité et de les faire vre dans une çoT^f^^*^^» ^nrp ^ nou« ne-dtrîi mot « mais les loix de la natuj^e et celles christianismenous obligent 4 secourir de pa yres innqcens, qu'on égorge ^ qu'on «oiafii cre, qu'on brûle, qu'on déchire avec une CJ auté qui n'a pas d^exemple chez les cannil les. Cela soit dit en faveur des anglois et i princes protestans d'Allemagne, qui ont qu quefois envoyé du secours à nos huguen durant les guerres civiles du siècle passé.
A^lj^i^J^^ . d^5 protestans français qui.
sont défen^lus par les armes contre la violer
de ceux qui abusoient^oa de la jeunesse ou
la folblesse de leurs rois, je voudrois bienw
*voîr une chose, savoir s'il ne peut jamal
avoir aucune circonstance dans laquelle ils
j permis à des sujets de se pourvoir par lave
j^des armes contre l'oppression de ceux .<
aVus.cnt de l'autorité royale. Supposons c
sous le règne de François II, dont la major
fut absolument chimérique , et sous la i
norilé de Charles IX, les noms de calvinisti
de luthériens , A^ \v\x^\i^\\ûV8» %X ^Vi4i:élic^
pour la Réformation , etâ. Si i'
fassent été absolument inconnus ; mais que 60US tout autre prétexte que celui de la religion on eût allumé des feux par tout le rojàume, qu'on eût dressé des gibets^ des roues et des échafauds, et qu'on eût pendu ^ brûlé et massacré les meilleurs membres de l'état 9 croit-on que les François eussent été oblifiés de souffrir cela? Auroit-on appelé rébellion, attentat , conjuration si les grandsjEivoient fait partie et s'étoient mis avec les peuples pour secouer ce joug , et pour obliger les tyrans qui obsédoient le roi ^ à relâcher de leur rigueur ? Non seulement, ce n'auroit pas été rébellion • mais r/auroit été une action très juste et très légitimé ; et jamais dans les désordres des minoritesi les états et les 'gi'^nâs d un royaume iront TajrdîBïcïïnêcre se servir de cessprtes
réglise n'a fait Âux . paliliques. UU.jPxiîTiê, jî© cfiUA^Qpduitej et Thistoire des rois de ce peuple que Dieu conduisoit avec un soin particulier , nous fournit plusieurs exemples de celte conduite approuvée de Dieu. Entre les autres ycelui du grand sacrificateur Jehojudah qui sous la minorité de Joas fit révolter' le peuple contre Athalia , la fit tuer elle même parce qu'elle avoit abusé de l'autorité de soa fils, abattit la tyrannie et fit régner Joas ea jprince juste et craignant Dieu» SvY ou ^àx ^^
6iù jfpologie
les rois et ceux qui commandent en leur autorité, doivent être obéis quelque chose qu'ils commandent et qu'ils fassent , et que Dieu n'a laissé en partage aux sujets que la gloire de mourir quand on leur commande des choses contraires àja^jpstice et à la yérité y je répon-
I drai que c^estlà une tnédiogïe *furleuse qui
1 n'est bonne qu'à faire des tyrans.
; Sortons présentement de la supposition que nous venons de faire , et demandons si à came que cétoit aqu^ prét^if;^,^ jg T^ligiST que les tyrans de la France sous François II et soas Charles IX massacroient, brûloient et supplicioient les meilleurs sujets du roi depuis trente ou quarante ans y il n'étoit pas permis
se pourvoir contre ces violences par TesVâj^eâ' ordinaires ? Est-ce que la qualité de clirétiens ?J?iliwIlel§a. hommes O^eVasagjç^du droit des a. et du^grivilège inséparable. dû-la. juslUm uiuain^2^0n m'avouera que pour toute autre cause il eût été permis aux grancTseV^aul \ peuples op pr esi^s de secouer le joug des méchans administrateurs du royaume pour mettre et rétat ^t le roi dans un meilleur train i de gouvernement: mais parce que les princes etles peuples sont protestans et d'une autre religion que le prince, cela ne leur eéi pas permis. Il n'y arieti A^ç\Ni^'\vv\>x%Vft ^l de moina raisonnable q^ue ce\a.
pour la Reforniaiion , etc. 5i5