CHAPITRE XVIIL
la guerre civile du siècle passé rCa pas é une guerre de religion , autorités ei 'cuçes de cela. Sept sources dijfé rentes où sortit la première guerre ciuile y et sur
septième source sept raisons pour Justi^ ?r les huguenot s de rébellion et de félonie ntre leur prince. Justification de l'entre^ 'ise du prince de Condé.
oiLA , Monsieur, mes réflexions prélimi-» 38, je viens au fonds^ etJ,&jdi&jc]^ijJ!iLe&t ia^ ï d^appeler ces guerres des guerres de ror IL»4)juisque la religion n'en a j>o jnjLélé J» e. mais le prétexte . et qu'on n'a pas rai^ de les imputer au calvinisme , puisqu^il aux que le calvinisme leur ait donné la lance. Nous ne prétendons point nier que lus considérable partie de ceux qui ont les armes contre ces tyrans qui abusoient autorité de nos rois, ne fussent protestans. 3 confessons de plus que les peuples et r{ues*uns des grands se sont engagés dans sirti par principe de conscience et de reli- , parce qu^ils croyoient avoir assez bien )ii^es devoirs la patience ahrêt\^\s?Ck^ «v
Bli jipohgie
eouffiant d'être brûlés sous deux roîs majeuT^f et ne s'imaginoient plus être obligés à souffrir que les princes de Guise pour se frayer le chemin au trône continuassent à les brûler eti les pendre. Mais nous soutenons qyie,iCtt
dj^ng J.fô.InJe"ntions dj^^^ SF.^Pil^flyÙO qn^lj Ujg..premiers môtfiur
»a l fit d 'in ié I et c£qj.mfiAQAasgJ,??>Att Ut<» &\ tfirtft civiles. Et premièrement là dessus nous VW' cirions bien qu'on crut de^ honnêtes geD»t des écrivains et des auteurs qui passent pour sages, pour graves , pour judicieux et même îles auteurs du temps auquel ces grandes affai* rss se sont passées ; et qui d'ailleurs rie peuvent être suspects à cause de leur religion)! puisqu'ils on été catholiques romains. Par exemple ne $eroil*iI pas juste d'en croireSIichel JidiELCastelnaUj^, s^eigneur de la Mauvissièrei îqui éloit alors à la cour, qui eritroVt âans toutes les grandes affaires , et qui même a été mêlé si avant dans celles là. Il pouvoit biefi connoître les ressorts qui excitoient ces mou* •vemens , puisqu'il les regardoît de près et qu'il étoit dedans. C'est lui , qui nous dit qae
lareligion ne aeriri.ta9Ç--QeRretexte au^^ tions^Jont toute la JÇT^nFe é?9lt^.pl§iBg. 11 dit en nn lieu que les dissensions étant forméet iRDtre JA noiftifton de GuUe et celles des prio*
pour la Rèformation , et$^ 5i6
ces du sang, des Montmorency et des Châtil--
Ions, { I ^ ^n entremêla les divisions ides reli"
gions avec les affaires d^&kit. Il appelle la re*
jigion , la couleur dont on se couvroit. yiçec
la couleur de ces religions se méloient lesfàc*
fions par toute la France , (2) qui ont suscité et
entretenu les guerres civiles deee royaume j (5)
lequel depuis a été exposé d la merci des peu--
pies voisins , etc. Et encore qu^il y en eût
jguelques uns poussés et induiîs éprendre les
armes pour la défense de la religioti et con^
servation de Vétat, néanmoins le nombre de
ceux-ci n^étoit pas grand: en quoi la France
a expérimenté à son grand dommage , qa^il
n^y a peste si dangereuse en une république
que de donner pied aux factions , comme le,n
histoires sont pleines d^ infinis semblables ex em^
pies. Pour ce qui est de celui qui a fait les
additions à ces mémoires de Casteinau bien
qu'il fut ecclésiastique, il ne se peut lasser de
^e dire que la religion n'a été que le prétexte
dans ces guerres civiles, et je pense qu'il le
redit plus de cent fois. Il nous suffit de Ten-
tendre une foison deux. (3) Les historiens
les plus passionnés ^ dit il, pour le parti de
la maison de Guise ont été obligés de donne f
(1) Mémoire de Caste! , Wr, 1. chap. 3.
(2) Chap. 6.
(3) Additions ; etc. Xom. 1. liv. Z. p. 530;
5i6 Apologie
pour cause aux troubles de ce royaume de^ puis fomentés sous le prétexte de la religion^ la jalousie que le prince de Navarre et U prince de Con lé , son frère , conçurent du rang et de l'autorité que le cardinal d^ Lor* raine et le duc de Guise poussés par ses con* seils y voulurent prendre à leur préjudice» Voici ce qu'il dit ailleurs , en parlant de la première guerre et du prince de Condé. f^oilâ rintérét qui Venga^ea dans la même religm et ensuite dans la guerre civile. ( i ) Et je rt* marque cela exprès ^ ajin qu'on ne croyepai que cette guerre ait été plutôt un parti de cons* cience qu'un parti d'ttat causé par les inimi^ fiés des grands di royaume^ qui ont accoutumé de s'accommoder de toutes sortes da prétextes pour se maintenir contre leurs ennemis. Il dit ailleurs , qu'il faut admirer la justice de Dieu contre les prétextes qu'on emprunte des inté* rets de la religion ^ (a) et demeurer convaincu de la nécessité de garder la foi comme le lien de là société civile aux hèréiiques et aux in* fidèles. Il ajoute , que les couronnes catho* iiques ne poursnipoientl hérésie que comme nne Jaetion contraire à l'autorité , et non pat i4t> principe de con&eience. (5) Veut-on un té-
(1 )Uvre3. p. bOZ.
(2) Tom 2. lir. 6. p. 577.
(3 ) Discours du CaidiA^Hij^ic^ \ U Seigneur d« Venise 3vr U y^i 4ê VeriAf .
pour la Reformations etc. Bif;
1 de plus grande autorité e)t d'un plu* caractère? Nous pouvons faire entendra^ irdinal d^Oft*^^^^ FIotic \q^ mémoires de ca représenta au sénat de Venise, l'an lôgS,? lit ces mots: sur Le troisième , le dit évê* , 8^ arrêtant davantage remémora au et à la seigneurie , comme incontinent s la paix de 1Ô59 étant mort le roi Henri et ayant laissé le roi François II fort e ^ à peine était 1 1 France d livrée de la édente guerre étrangère que les discordes es commencèrent à la vexer , et tourmen* our la compétence de quelques princes du urne au gouvernement d^icelui. Et le roi içois II ayant vécu fort peu et laissé U Charles IX encore beaucoup plus augmen* et mémement qu^à la compétence du gou-* ement du royaume s^ adjoignit le différent t religion, ec. Selon le jugement de cet le homme ce n'est pas la religion qui est luse de la guerre civile, la religion n'est n^ incident qui s'y joignit comme piar^ha^ ^Jl me semble que tous ces gens>là en ient bien savoir autant que le sieur Maimg. Nous pourrions même nous servir de iémoignagef poxiicjpi^miL^^qu^c^j^^fj^ vnt des guerres de factions d'état^t noa de religion. Il répète cent fois dans soa ûre ^ue nos huguenots u'él^i^ul Y^\s\
5iS apologie
poussés à prendre les armes par un principe de conscience; excepté les nlinistre^ jgOi consistoiresyils n'avoient point d'iijutre but que cle profiter des troubles pour leur aggrandii sèment. SI nous lui passions cet article , il n'y auroit rien qui fit davantage contre lui: selon lui les huguenots ne faisoient pas la guerre par un principe de -conscience. D'autre part nous Savons ouï confesser ci dessus quedsfff ce siècle on ne se sauvoit guéres mieux diM une religion que dans l'autre , que la diSé' rence qui étoit entre le huguenot et le catholique, c^est que celui ci n'alloit point aa prêche , et l'autre n'alloit jamais à la messes mais que la corruption étoit égale de part et d'autre. Il mesemble que des catholiques ainsi faits ne se battent point par un principe de conscience : où sont donc ces gens qui font \a guerre par religion , puisqu'ils ne sont ni dans le parti des huguenots ni dans celui del catholiques?
Je sens bien. Monsieur , quM ne suffit d'apporter^des autoriteK^pour prouver quel guerres civiles du siècle passé n'ont pas été d guerres de religion^ parce qu'on est fou] en droit de dire que ces auteurs se sont tr pés. C'est pourquoi il faut rapporter deè^ incontestables qui fassent voir la véritabl ^ri^iae, dfi . ces ùia^oiCl^^ wvwW^ \\Qua comtm
pour la R^formation , etc. 5ig
rpirnnft par la prpmîpra-giiryrn ot ii^niUmArAW^
jpar les suivantea» La première guerre civile eut pour le moins six ou sept causes : la première est l'orgueil de la maison deGuise^ qui, 8oit qu'elle aspirât alors à la couronne, corn-* tne Brantonve^ leur créature, l'a avoué du cardinal de Lorraine; soit qu'elle voulût régner eous un autre nom sans avoir en sa famille le nom de roi , se mit en possession dn gouvernement de l'état sous François II , et s'empara de l'esprit de ce prince imbécile; (i) le con- Tiétable qui avoit accoutumé de régner sous le nom d'Henri II -^ dont il âvoil été favori, fui éloigné de la cour , on ne lui laissa et aux maréchaux de France que la commission d'^enter^ rer le feu roi ; on envoya les princes de Condé et de la Roche sur Yon en Espagne sous quelque prétexte spécieux ; on bannit la duchesse de Valentinois de la cour après l'avoir dé- ' pouiliée, les Guises ôtèrent les sceaux au car* dinal Bertrandi et les rendirent au chancelier , Olivier , ils ôlêrent les charges à leurs ennemis , l'amiral de Châtillon fut dépouillé de son gouvernement de Picardie, et Brissac, créa* ture des Guîses en fut pourvu « Le connétable fut contraint de se démettre de la charge de grand maître de la maison du roi. Le car-r
m ■ ' ' I ■■ I I I II I 1 ■ ■ I
(1) Voy. M. de Mézeraj. Tom. 5. l'abrégé. Mémoire de Ca&t<^^«». jflAddit. Tom. It
SaOî jipologié
dinal de Lorraine se rendit maître absolu dei finances, et fit dresser un gibet pour pendre tous les vieux officiers qui demanderoient récompense. Les Guises pour se mettre en état d'exercer leur tyrannie sans crainte^ désarmé* rent tout le monde, et firent faire un édit faisant défense de porter des armes à feu , oi même de longs manteaux et des chausses larges sous quoi on les pût cacher : s^étant assurés de cette manière,ii n'y avoît rien quefc cardinal de Lorraine n'entreprit de faire faire au duc de Guise son frère. On voulut établir Tinquisition on France, on fit des édîts sanglans contre les huguenots, on arrêta le roi de Navarre demîprisonnier à la cour ; on fit le procès criminel au prince de Condé son frère de la manière insolente et indigne que nous avons vu ci-devant; on voulut assassi* ner le roi de Navarre dans Tes élats d^Orléansj on voulut faire un massacre de tous les sei-' gneurs huguenots , et ensuite de tous lei peuples. Enfin l'orgueil de cette maison fut ai grand qu'elle voulut précéder et précéda en efiet les princes du sang dans toutes leB actions solennelles , comme sont les sacres dei rois. François , duc de Guise , précéda le duc de Montpensier au sacre de Charles IX , k duc de Montpensier prit résolution de ne plus ^aui&ir cette \)&^&e^^^ ^asl ^^^v^ ^e Henri IIL
pour la Rèformation , ete. 5:2 1
lis le duc de Guise abusant dé sa faveur^ mporta aussi bien que son père avoit fait, i un mot , il n'y eut jamais tyrannie qui ait ussé ses desseins et ses entreprises plus: n. Voilà l'une des premières sources de la. srre^ nous ne voulons pas^ qu'on nous en: )ye : qu^on en croye seulement tous les auirsqui ont écrit Thistoire de ce temps-là. (i) s deux frères ^ dit le Laboureur , ne conti^. èrent pas seulement en France la réputa^ n et r estime que Claude de Lorraine , due*
Guise ^ leur père y avoit acquise: ils l'^acr. érent de sorte y et s^ établirent si puissam^ mt qu'ils se trouvèrent assez forts pour dis* ter ^autorité à la maison royale. C^cst de* tr division que s'ourdirent tant de maux etnt de guerres qui ont exposé la religion ep sang royal au dernier péril , et qui ontren^ laFrance^V espace de quarante anSyle théd^
de tous les malheurs de la guerre. Et en' riant de l'ambition du cardinal de Lorraine particulier; lise laissa insensiblement pos*^ 1er à cette passion , qui l'emporta si loiw Hl commit et la religion et Vètat pour sa^ erelle ^ parce qiConpeut dire que ce fut luL i fit trouver des chefs au parti huguenot r la trop grande autorité qu'il prit à la ir y et par le mécontentement qu'il donna
l).Additioii»^ etc. Tom. 1. liv. 1. p;îi^, - ■ • "'^
Bdd jipologié
au prince de Condé , à la maison de Coîigny et à plusieurs autres.
La seconde source , inséparable de la première, ce fut le nombre prodigieux de mécontens dont toute la France étoît remplie. lie règne de Henri II en avoit déjà fait un grand nombre, car où estlerègne qui n'en ait point? Outre cela les extrêmes rigueurs doQt le roi avoit usé envers les protestans^les ayoient pou#aés au désespoir. Mais le gouvernement dei princes de Guise sous François II , acheva de grossir le nombre de ceux qui aspiroient au changement pour trouver quelque chose de mieux. Et il est à remarquer que chacun des chefs du parti du prince de Condé ayoit des sujets particuliers de se plaindre delà maison de Guise. Tous les ofiSciers des vieilles troupes qu'on avoit licenciées et pour qui Brantôme nous apprend que le cardinal de Lorraine a* voit fait dresser un gibet pour les y peindre a'ilsapprochoientde la cour, devinrent autant d'ennemis déchaînés de la maison. De sorte qu'à la première enseigne qui fut levée,tous ces mécontens se rassemblèrent dessous^ et se firent un plaisir de courir à la vengeance.
La troisième disposition qui fit éelore cette
guerre ce fut une multitude de malhonnêtes
gens dont la France étoit alors rempUey et
foxtonl de ao\da\& W^^ucà^^ ^ w^\x\\\% au çiil:;
)pùur là Aifàrmation ^ ete. B2S
âge et élevés au carnage Bans les longue9 guerres étrangères dont l'état av oit été travail? ié duranît les règnes précédens. Le Labou-* reur nous découvre cette source de la guerre ?n parlant du grand mal qui arrive aux états l'entretenir leurs peuples dans de longues guerres étrangères. {^\^ On fait, dit il, un métier de la guerre qiûon ne saurait quitter ; jarce qu*ony a dépravé toutes ses inclina^ \ions , et on ne se souvient de la licence des jamps qu^apec de malheureuses pensées qui 2e manquent pas d^ éclater au premier trou-^ ble qui survient. Alors on est moins en peine iu parti le plus juste que de celui ou il y a olus d profiter y et c^est toujours celui que choisira le vieux soldat , d cause de l'impuni^ lé , et qu^ily sera plus considéré dans lepar* \age des charges. Il en arriva ainsi aux guer^ *^es civiles de la religion qui mirent aux champs tous nos vieux gendarmes , du temps ie François I et de Henri IL Et tous ceux yui n^avoient pas de patron en cour se jeté- ^ent de Vautre côté pour profiterjselon les oc^ "jasions de la réputation qu'ils avoient oc-* fuise.
La quatrième source de la première guerre fut la jalousie de la maison de Montmorency sontre celle des Guises. Cette jalousie com-.
^ { 1 J Aà^Hons, «te. tavài 2 . livre 4» t . Z\ . -■-. "
Sis 4 Apologie
mença sous le règne de Henri IL Le conné* table disgracié sous François I^ devint le tout puissant sous «on fils Henri : mais après la pe^ Vd de la bataille de St. Quentin où il fut pris avec ses neveux, l'amiral et d'Andelot^son cré« âh commença à décliner. Le duc de Guise se rendit nécessaire , il revint d'Italie et rétablit les aflaires de Tétat ébranlé. Il sut se prévaloir de l'avantage que la fortune lui présentoir pour abattre la maison de Montmorency^ qol disputoit de la faveur avec la sienne. Il essaya de perdre d'Andelot en qualité d'hérétiqud déclaré) parce qu'en effet ce Seigneur ne faîsoit pas grand mystère de son huguenotisme et le fit prêcher publiquement devant lui efl plusieurs lieux du royaume même durant la vie de Henri II qui n'airaoit pas trop ces licences comme chacun sait. Les princes de la maison de Guise sur la fin de ce règne d'Henri II, se virent encore portés à un degré de grandeur plus élevé que tons les précédens par le mariage de leur nièce avec François Dauphin de France et héritier de la couronne. Le con* iiétable ne put supporter toute cette grandeur qui s'élevoit sur les ruines de la sienne ; et il etït voulu de totit son cœur la ruiner ^ particttlièfrement quand il vit Henri II mort , lui ^ éloigné de la cour /et les Guises sur le trône. /SïT ne fut pas d^ \a» coiv^\x\^V\viixA' kniWUe i
pour la Réformation , etc. SaS
au moins est il certain qu'il eut été ravi qu'elle eut réussi; il eut bien du chagrin de voirie coup manqué. Et ayant été chargé de la corn-* mission de faire savoir au parlement de Paris ce qui s'étoit passé dans cette affaire , il prit un grand soin de désabuser cette célèbre com« pagnie de l'erreur où les partisans de la maison de Guise la vouloient jeter ^ c'est que cette conjuration fut contre le roi. Car il leur fit voir qu'elle étoit uniquement contre les princes de Guise, qu'on avoit voulu arjracher d'auprès du roi sou» prétexte qu'ils gâtoient son esprit et abusoient du gouvernement. Au reste il, paroit peu nécessaire de prouver ici par autorités cette jalousie de la maison de Afontmorency contre celle de Guise parce qu'elle est marquée distinctement et précisément par tous ceux qui ont écrit l'histoire de ces troubles , et pas un n'a oublié de dire que ce fut l'une des causes de la première guerre. ( 1 ) Cela esf si vrai que la Sieur Maimbourg lui même est contraint de l'avouer : il fait l'histoire des mésintelligences de ces deux maisons à Ifentrée de la guerre , comme de ce qui la produisit. Et par là il se trahit et fait Toir combien il est de mauvaise foi quand dans la suite il veut faire tomber toute la £&«<; te de ces guerres civiles sur le calvinisme « .
J536 Apologie
Il est donc certain et reconnu de tout le monde que le connétable , ses fils et ses neveux les Chatillons fornioient de grands desseins pour la ruine de la maison de Guise ,ili appelèrent le roi de Navarre, ils sollicitèrent le prince de Condé de reprendre sa place auprès du roi et lièrent très certainement cette partie qui éclata dans la suite , uniqnC' ment dans des vues d'état et d'intérêt sans penser à la religion ; au moins le connétable et ses enfans. Il est vrai que quand la partie fut faite^Ies princes de Guise trouvèrent mO'
• yen d^en détacher le roi de Navarre par de folles et vaines espérances qu'ils lui donnèrent de lui recouvrer son royaume de Navarre sur le roi d'Espagne : et le connétable de Mont* morency , les uns disent par un principe de bigotterie , et les autres avec plus de vralsenî* blance par la crainte que les états lui feroient rendre compte des grandes sommes quMl avoit touchées sous le règne de Henri IL Mais les enfans du connétable) les maréchaux de Montmorency et d'Amville ne voulurent jamais se réconcilier avec la maison de Guise quoiqu'ils demeurasssent catholiques romaine. Le maréchal de Montmorency^ l'an 1.565 fit un sanglant affront au Cardinal qui vouloit entrer comme triomphant dans Paris précè*
dé de ses gar^e» ^xm^^ > ^c)»xvV^% \^^ i4i<A du
pour la Reformalicn , de. ftâf
*to\ qui défendoient le port d'armes à tous ses sujets. Sur ce refus que le cardinal fit de faire désarmer ses gens , le maréchal le fit charger . lui cardinal et ses gardes , et il fut contraint de 6e sauver dans une boutique. C'est pourquoi le maréchal de Montmorency qui n'étoit pas huguenot fut pourtant mis sur la liste de ceux . qui dévoient être massacrés à la St. Barthè^ lémy. Et le maréchal d'Amville pour sauver BBk vie, fut obligé dans la suite de prendre les armes avec les huguenots , quoiqu'il fut parfaitement ennemi de leur religion. Au reste quoique le connétable se soit rangé du parti dçs Guisarts il ne laisse pourtant pas d'être l'un des premiers auteurs de la guerre civile qui fut émue contr'eux. Car quand une fois une partie est liée on ne la rompt pas comme on veut; Il avoit engagé le prince de Condé^ fiBes neveux de Chatillon et tous leurs amis :dans cette ligue, il ne fut pas en son pouvoir de la rompre quand il l'eut bien voulu.
La cinquième cause de cette première guerre fut la grandeur d'ame, le courage^ et l'ambition de Louis de Bourbon à quoi se joignirent dans la suite la fureur /et le désir de la vengeance, les plus cruelles .d/e toutes les passions, llvoyoit les princes de Guise occuper les premières places du ro^a\k^
^e p et b cwdinal de iiO^t^x^^ ^^^^V^^^^^^J^ô^
52S Apologie'
d'un million de livres de rente en bénéB sans ses biens de patrimoine, pendant que k roi de Navarre son aine n'avoit que cent quarante mille livres de rente. Vous pouva juger quel pou voit être le partage d'un cadet dont Tainé n'avoit que cela après avoir épousé une r«7ine. II étoit si pauvre que quand il commença la guerre il n'avoit que seize cenfs écus dans ses coffres. Cette médiocrité de/or tune étoit déjà un terrible freÎD à rongeii un prince du sang de France , et ce chagrin augmentoit infiniment quand il voyoit dei étrangers maîtres des coffres du roi et de tontes les finances du royaume , traîner après eux des équipages de souverains. Il se désespéroit de voir que son frère ^ lui et tous les autres princes étoient éloignés du gouvernement et de tout maniement des afFaires » et Ton ne peut nier qu'il n'ait pris la résolotiofl de se servir du chagrin de tous les mécontenf pour jeter par terre ces gens qu'il considi^ roit comme des voleurs qui lui voloient son bien et qui occupoient sa place. Et c^est la cause de la conjuration d'Âmboise; ce coup | du prince ayant manqué^ les Guises formèrent résolution de ne pas le manquer. Ils se saisirent de sa personne , ils le iBrent con^ damner à avoir la tête tranchée | et l'amenèrent flur le boi^i^V^OD^SAxA^ ^\k\Uu*aa«
pour la Réformation , eic, }fâ§
polent pas manqué de le faire monter si le ciel n'eut prévenu le coup qui lui devoit don-; ner la mort ; et si François II ne fut pas lui Blême mort. Alors la fureur i la colère, la passion de se venger se joignirent à son am^ bition naturelle et le disposèrent à ne plus garder aucune mesure et a perdre la mai^ou àt Guise aussitôt qu'il en auroit Toccaeion»
Je ne prétends pas faire ici Tapologie des lentimens et de la conduite de ce prince selon les règles de l'Evangile. Je sais bien que les princes chrétiens sont obligés comme les autres hommes de suivre ^^^^prif r!i^ pbpfttianî.a>.
me , et que selon cet esprit il faut abandon-* ner le manteau à ceraiqTiTn«li¥'Vëù^ le
saie , et tendre la joue ttfoîïèXceîmlquTnSa* a frappé sur la gauche. Mais aussi en examinant les actions des ennemis du prince de Condé sur les maximes de la ^orale chré^ tienne on trouvera que c*étoîent de terribles chrétiens. En considérant cette grande affai* re dans l'esprit du monde y je soutiens que de racti'onTlRSr grince" bn" îTéHTa û roit faice une rébellion* Et pour toute apoTôgTe je me servirai ici des paroles de lun de ses bons smis qui dit en le justifiant de l'accusalion ^u'on lui 6t, d'avoir fait faire une médaille %yeç ç^ttç inscription autour de spn image^
SSq ' jfpologté
( 1 ) Ludovicus XIII. C^étoit assez perdre la première personne du royaàn lui donner une première couclie d^ambi toutes les couleurs gu^on ajoutait en étoient reçues. Ce prince est ambitieux : il est ^coupable de tous les desseins que suggérer V ambition. Comme j^ si Vaml étant le principe des plus belles actions toit pa^ une qualité considérable d unpr par la hiême raison qu^elle est un dêfm une petite personne. Enfin comme sic par modestie plutôt que par un intérêt ei moins juste qu'ion entreprendroit d^occ la place qui leur appartient. Cela ne se soutenir qu^on ne fasse le procès à la mé re de Henri IV et de Louis XIT. Et ne se peut établir qu'^avec un péril certain la race royale , si le crime d^ état s^interf •^ la rigueur contre ceux du sang' royc cette réfluxion j'en ajoute une autre du n auteui à propos du maréchal d'Aoïville, quel on a vu souvent les armes à la i ' contre ses Tois. Il dit que la minorité des est toujours'fatale aux grande d^un royai C B ) Qf^^il y û toujours à craindre pow de la part de ceux qui gouvernent y qu\ comme impossible que tous les grands né
( 1 ) Le Labuareur A4dltions etc. Tom. 1. p. H^
pour la Reformations etc. 65 1
ment divers partis pour se maintenir si on les
veut détruire s pour pri^fiHrdeieurd^pottille '
' ou pour n'avoir poiîit de oornpétiteiir en Vau"
torité. Cette défènBe passe pour une vertu
yua/id elle succède .heureusement. Mais éi
elle ne réussit c^est un crime capital qu^on pu^
nit de toute- la sévérité deé.loix. 11 ajoute
-^ue le maréchal d'AmyiDe fut poursuivi sous
«deux rois de l'autorité desquels on abusoit,
'par des déclarations contre son innocence , et
'enfin par le Ter et par lé feu. D'où enfin il
"conclut que le maréthal'd-Amville n^étoit
-jpoint un révolté ^ mais un hon français du^
•quel Dieu se vouloit servir pour maintenir l&
* roi Henri le grand dans son droit sur l<i cou*
ronhe, et pour V aider à rétablir un royaume
-que r hérésie etT hypocrisie des sujets y 0s Ip^
bertinage de la cour et la mauvaise conduite
'des rois et de leurs favoris avait défiguré.
Voilà précisément les cas où se trouve le
'prince de Condé. Il combat pour lui même,
mais il combat pourtoute la branche des Bour*
bons qu'on voulut exclure , et qui ne seroit
point aujourd'hui sur le trône- si ce princa
n'avoit pas eu plus d'honneufêt plu« de cou-
'rage que lé roi de Navarre s ou frère, U eût
•fallu dans ^cé prince un grand fonds de ré-
'^{énératidn pour lui faire oublier les hotvVfckW^
639 "apologie
la tête sur le bord de Féchafaud. Et peut-on s'étonner de le yoir les armes a la main pour* suivre la vengeance d'un tel affront ? Le sieur JVIaimbourg si grand flatteur du sang dominant » n'auroit pas manqué de justifier ici le sang de ]3ourbon s'il n'eut point e^ peur de faire trpp de plaisir aux huguenots. Il ne faut pas se persuader que toutes les fois qu'on voit les princes du sang armés contre la cour, I ils soyent armés contre leur roi ; souventVui* lérét de l'état et du rpi même , les oblige à prendre un parti. tqu^ opposé à celui qui gou* verne. Ce sei'oit avpir bien peu d'e:!cpérieDce des affaires du monde et être bien ignorant d^ns l'histoire que de nier cela. Après tont^ que la conduite du prince de Condé et son nm^tion fussent légitimes ou non , ce nVst point le calvinisme qui lui a inspiré ces sen* timens ^ c'e^t son courage et la grc|.nde9r de ^. Xiaissance*
La sixième source de la guerre civile fqt l'ambition énorme et la détestable politique de Catherine de Médicis. Elle vouloit régner a quelque prix que ce fût. Cette passion ne pat ptre pleinement satisfaite durant la vie ds François II ^ parce que les Guises^ ipattrei du roi, par leur nièce sa femme, ne lui laisr ^oient qu^une ombre d'autorité; et, peu s'en
pour la Riformation , etâl 6$i
d'elle par une voie violente selon 1è donseil du maréchal de saint André , qui là youloit jeter dans l'eau. Elle voulut se défaire de ces rudes maîtres pour régner absolument , snais elle ne crâîgnoit pas moins le parti des Montmorency et des princes du sang. C'est pourquoi elle voulut ruiner les deux partie et se servir successivement de Vun pour déf truire l'autre. Comme le parti des Guises é-^ toit alors le dominant y c^étoit celui par la ruine duquel il falloît commencer selon ses vues. Pour en venir à bout elle engagea le prince de Condé et tous ses amis à la guerre pour la tirer elle et le roi des mains des Guises qui les tenoient^ disoit elle^ en esclavage. Tout aussitôt que François II fut mort, elle se déclara fort ouvertement pour les huguenots; et cependant pour ne paft rompre aveo le parti zélé catholique avant le temps , sou9 main elle travailloit à faire des ennemis aux protestans. (i) La conduite ambiguë de la tègenie^ dit monsieur de Adézeray, entretenoit les troubles j dhm côté elle feignoit de prêter l^ oreille favorable aux huguenots : car elleper^, mettoit à Jean de Montluc , évéque de Valen-» ctf , et à Pierre du Val , évéque de Sies , de prêcher dans la maison du roi des sentimena fort approchans deshfurs y etc. Et d^ autre cété
U) Ahréfé^ Ylede ChsurletlX.
6S6 iApoîofftê
complaisance pour le prince de Condé ijqui il avoit de grandes liaisons â'alliai I iil'aniitié, et enfin par les intrigues de Cath ' jde Médicis^ dans les pièges de laque \ idonna comme tous les autres. Mais il es aussi que la lassitude de voir verser ta aang innocent , la cruauté des supplie rhorreur des massacres achevèrent de le d uiiner. Et nous avons là-dessus une hii mémorable que nous tenons de d'Aubign cardinal de Châtillon et d'Andelot frèri Taniiral, Jenlis, Boucard ^ (j) Briquemi plusieurs autres personnes du parti s'él assemblés à Châtillon sur Loin pour ol l'amiral de monter à cheval et de prenc oampagne* Mais ce sage capitaine résista jours aux empressemens de cette corapa Il leur fjt voir quelles étoient les suitei guerres civiles , et les étonna de manière les avoit presque fait rompre toutes leuri niières mesures. La femme de l'amiral passoit les nuits à pleurer les effroyables mités du parti protestant qu'on égorgeoit tout , une nuit réveilla son mari par ses pirs. Il s'enquit de ce qui la faisoit soup Elle lui découvrit le fonds de son ame , i fit un portrait si triste et en même tem iidèle des misères que souffroient leurs pau
pour là Rèjfbrmation , etc. S57
frères ^ qu'enfin il prit la résolution de risquer tout pour tenter de leur donner secours ^ de changer leur condition et de leur procurer dii repos ou de renoncer au sien. Il est certain aussi que les peuples de la communion protestante , furent rayis de voir lier cette partiô et d'y pouvoir entrer. Il considéroient qu'il ne leur pouvoit arriver pis que de périr : et . mort pour mort , ils préférèrent de mourir en Bé défendant contre des gens dans lesquels iU ne voyoient aucun caractère de légitime au-^ foritéj mais une puissance purement usurpée* Sur tout cela^ pour leur justification je fai^ce» réflexions.
' I. Premièrement , que les protestans ne forent point les premiers auteurs de la guerre civile , le dessein en fut formé saris eux et sans rapport à eux, par les ennemis de la maison de Guise et par les amis des maisons de Montmorency et de Bourbon. Nous avons découvert sept sources de cette guerre 1 dont les six premières sont avouées et reconnues de tous les historiens. Et ces six sou^rces n'ont aucune liaison nécessaire avec le calvinisme ; quand il seroit vrai que le calvinisme auroit en sa septième part dans ces émotions f pour^ quoi faut il le charger de toute l'afiaire, y ft-t'îl de la justice à cela ^ IL Secondement je dis que si le prince de
5oB Apologie
, Condé a eu des raisons légitimes cle faire U
guerre à des princes étrangers qui avoient u-
; surpé la place qui lui appartenoit et qui ty-
-rannisoient la France , nos huguenots ont pn
ilui donner légitimement du secours. Car il
est toujours permis de favoriser le parti di
)a justice et de la raison. Or, êh parlant de U
cinquième source de la guerre , nous avons va
que selon le jugement de fort honnêtes geosi I
le prince de Condé n'avoit point tort dans ses
prétentions.
III. En troisième lieu il faut remarquer qui dans le temps que la guerre a été entreprise le parti protestant u'avoit aucune raison de se considérer comme un parti inférieur au parti catholique romain, et qui lui dût soumission et obéissance , car la partie fut faite sous 1^ protection de la régente, du roijie Maysyrre et du prince d^ Coudé , on peut dire que c'éloient les trois premières personnes da royaume, (i) Le sieur Maimbourg lui mêiae 4avoue qu^alors ce qu'il appelle riiérésiei exerça une pleine et entière, domination étant ëoutenne de ï* autorité des deux j}reTniers pria* €0^1 du sang^ et de la faveur d'^TcT^Fégèhïelll xheseqible qu'un parti.aiusi composé ne peu| être traité de rebellé q-«iand par des actions de fait, il repousse la violence par la violence •
■•i«M«iA*UâlW^
(i) Livn 3. I56it
'^<'W*HiP
jiour la Réformation f etc. SSg
Tt t Tilt fitrini^rn Iri flummn» dnnt nn Ir Tirnlnit
ii^est pas juste qu'ils ^oientjgenésjdans^^^ lifiion • et lis ne sauroicut souffrir de l'être» Il est vrai queTe i^oi de Navarre fut débauché du parti 9 et que la régente fut ensuite arra^ chée aux huguenots. Mais ces actions de se*: duction ou de violence ne diminuèrent pas le6 droits de ceux qui demeurèrent sous les armes. Un prince du sang et les principaux officiers delà couronne, avoient(i^as"sez^anÏÏs caractères pour se taire donner liberté de i£onsci£X&çe dans la minorité d'un roi « iiuTnéjFaisoit rien par lui même.
IV^ i'ajoute à "cela qu'on ne se doit pas étonner sUes réformés perdireot^^nfin palieur ^^fi^^n n'en a guères vu aller plus loin. Il y avoit quarante ans qu'on les brûloit à petit feu. A la fin , dit Monsieur de Mézeray, cpa misérables s'unirent ensemble afin (Vétnindre les feux qui étaient allumés pour les brûler. Ils avoient souffert jusques-là.sans murmurer. Mais quand ils virent que l'on n'observoit plus aucune forme de justice, et que les peuples même sans ordre des supérieurs se faisoient bourreaux et exécuteurs des ministres de, l'inquisition par d'horribles massacres, il n'est poini étonnant que des hommes qui ne son* pas des arges ayÇjPttrouyé'^a.xQc \\'*k^^ >isk
Bio jépologiê
asile aussi honnête , qu^étoit celoî Je Vanfnrît^
V. Si clans leurs protecteurs ils voyoient <les caractères qui les mettoient à l'abri de li rébellion^ ils n'en voyoient point dans ieun* ennemis qui les obligeassent à tendre Festomac aux bourreaux. Ils vivoient ou soqs^'di roi majeur d'une majorité chimérique y. foible de corps et d'esprit^ et réellement esclaio comme étoit François II y ou sous un prince enfant et mineur qui ne faisoit que prêter son nom y tel qu'étoit Charles IX du temps de la première guerre. Rien ne les pou voit persua* der qu'ils fussent obligés d'obéir aux princes de Guise qui leur ordonnoient de se laisser massacrer , plutôt qu'à un Piinçe.^du aagggui lleur ordonnoit de se défendre, . .
VI. J'ajoute à tout cetà* que les profestans n'ont point été aggresseurs, et c'est un giand point dans une querelle pour mettre la justice et le droit de son côté. Ils ayoient obtenu de Charles IX un édit favorable avant que d'avoic pris les armes. Les voilà en possesssion d^un bien dont ils n'étoient redevables qu'à leur patience^ et à leurs prières. On vient les trour bler dans celte possession , la maison de Guise remue le ciel ^l l^ l^we ^our empêcher la
pour la Réformation , etc. 64 1^
vérification de cet édit, elle ftut entrer le roi de Navarre dans de nouveaux intérêts ^ elle forme une ligue contre les desseins de la ré^ gente et contre la volonté du roi déclarée par cet édit. Et n'ayant rien pu obtenir par les remontrances elle emploie des voyes de faiti £n peu de mois elle fait violer Tédit par la xnort de plus de trois mille personnes qui périrent par les massacres ou par les supplices ; ce qui fut prouvé devant le roi et la régente , parles députés des protestans après le mas-sacre deVassy. Au lieu d'avoir raison de ces infractions^ on les maltraite ; le roi de Navar** re devenu esclave des passious des Guises autorise , avoue et défend tout ce qui avoit été fait. Le Duc de Guise vient à Paris avec douze cents chevaux , il y entre en roi triom-*» pliant et non pas en sujet, il va se saisît du roi et de la régente qui étoient à Fontainebleau , il les amène captifs à Paris. Voilà )a déclaration de la guerre ; et la surprise d*Or«» léans par le prince de Condé qui se fit après ^ n'est plus qu'un coup de représailles. Orléans ne valoit pas Paris, la régente et le roi. Et il est certain que si le prince et les huguenots n'eussent pourvu à leur sûreté comme41s firent sans délai , ils eussent eu partout le mé? me sort qu'à Vassy. ■
£n£in ma septième raison çqu^ yi^Xs&^^Ns^S
iin jipoîogte
protestans François de félonie: c'est cfi9\ dans toutes leurs entreprises ils n^onf, jh"^* ea aucune vue contrai rje ajjxijlié ré tajiB-Uélat
nijl ceux de la TrinV^^p rnya1f>, llft^ri^afip^rmpnt poinT'"aï!rgtiàn^^ Tl« vnnln^^pt pr#*i*>ipf
^t p^^trc fjas penf^"« ^^ ^-^-^^ innt. Tout le monde sait que la reine Catherine avoit accootumé de dire, aUS..E9.RniiS!îlSJL.^o^^ ^Imguenots tout leur saoul de^grêp^^gjijtUjlfir roient contens. Il est ridicule de leur faire flo fii griind crime de ce qu'ils ont été chercki des troupes étrangères et ont introduit les allemands et les anglpis ep^France^csi^ii-'^t^iL ^as^pour les y faire régner. Il n'y a point de guerres étrangères ou civiles dans lesquelles on ne se serve de troupes auxiliaires : chaque parti fait ses traités, il a ses alliances, et il tire des secours d'où il peut. C'est ]e parti
paoiste qjii avoit des desseins opposés auxîn^ jléréts de l'état et de la maison royale > coinme il A paru dans, la^syjte* puisqu'il .ft^yj3tulu.dfr poiiséder et exclure les véritables rois peut inettre le royaume entre les mains de l'espa* gnol<*"VoiIà f Monsieur '] Tes cbAsidera tiens que )e voulois faire sur la première guerre civile} je ne sais s'il y aura aucun homme désintérefr* se qui résiste ^ ces raisons et qui n'avoue après cela que c'est avec la dernière injustice qu'on ereut donner \e T\om d-^i^b^Ulop à cette pre--
pour la Réformation , etc. 543(
De la seconde guerre, Béflexions sur Ventre» prise de M^*aax. De la troisième guerre ^ çae le prince y f^t fo, ce par la conjuration de Noyers. De la quatrième guerre^ trois considérations qui justifient les cal^ vinistès dans cette guerre^
PRÈS avoir parlé de la première guerre il faut voir si nous aVons quelque chose à dire sur la seconde. ( 1 ; La première paix se fit au mois de Mars 1 563 et dura jusqu'à Taii 3 567. Voilà quatre ans de calme 9 qu'on doit défalquer sur les dix ou douze dans lesquel9 on peut prétendre que les protestans ont troublé la France. Mais quel calme pour les huguenots? H n'y a point de violences, ni de cruautés qu'ils n'ayent souffertes durant ced quatre années qu'on appeloit des années dé ' paix. Mon^iif'ur de Mézeray nous en sera té-* moîn. ( 2 ) On restreignoit chaque jour là liberté f qui leur avoit été accordée par les éditr, ensorte qu^on Vavoit réduit presque à
m ■■«.■... I Il ■ I I I I II ^
{ I ) 1 1 Guerre.
644 jipoîogia
rien. Le peuple leur courait dessus y aux efC^, droits on ils étaient les plus foihles. En ceuS où ils se pouvoient défendre^ les Gouuerneun\ se servaient de Vautorité du roi pour les op^ primer : on démanteloit les villes gui les avoient favorisés , o^iy bâtissuit des citadelles. Il ny auoit nulle ju^stice pour eux dans lei parlemens ni au conseil du roi; on les massa' croit impunément , on ne les rétab issoit point \ dans leurs biens et dans leurs charges. Enfa Pon avfit conspiré leur ruine avec le papt^ la maison dWl ut riche et le duc d*Albe. Voilà les plaintes que faisoient les huguenots et sur lesquelles Monsieur de IVlézeray loin de s'ins' crîre en faux , en reconnoit la vérité. On peut ajouter à cela ce qu'en a dit le sage la Noiiei qui pour avoir été huguenot n'en a pas été jugé moins digne de foi. Il dit^ ( i ) qu'outre les villes démantelées et les massacres exécutés en plusieurs endroits ^ on assassinoit les gentilhommes les plus signalés, et' que l'oa ne pouvoit avoir juslke de ces assassinats] qu'on pouvoit coro(>ter plus de 5ooo morts depuis peu de temps, que Ton étoit bien averti que la levée des six mille suisses faite sous It prétexte du passage du duc d'Albe , étoit destinée cckitre les huguenots; qu^on ayoit été averti de très bonne part que le résultat delà
pour la Réforntftion y ete. &il5
ébnférencé qu'eut la reine Catherine de Médicis avec le duc d'Âlbe àBayonne, avoit été Ift conclusion de la ruine des^ueu^ de Flan» jlr^p fit des huguenots de France. La Noiie et Monsieur de Mézeray nous apprennent que le prince et l'amiral résistèrent autant qu'ils purent aux mouvemens d'impatience que tou* tes ces choses produisoient dans les esprits j Us représentèrent qu'il falloit tout endurer plutôt que de reprendre les armes , que de se-^ conds troubles les rendroient V horreur de toute la France et V objet de la haine du roi. Mais ces deux seigneurs qui s'étoient opposés à la guerre ^ fuVent obligés de se rendre à cause des nouveaux avis qu'ils reçurent ( i ) . Et par-* iiculièrement celui d'un des principaux de la cour ^ qui les assura qu^il s'étoit tenu un con^- ^eil secret j dans lequel il auoit été résolu de faire couper la tête à V amiral , et de jeter le prince dans^ une prison perpétuelle. Ce fût alors qu'ils prirent la résolution de se défendre encore une fois^ et de prendre les armes pour prévenir les funestes desseins qu'on for<9 moit contr'eux : la guerre recommença dono par ce qu'on appelle la conjuration de Meanx. C'est ici un endroit sur lequel nos ennemis dé*^ €l9.iiient comme sur le plus effroyable attentat qui jamais ait été conçu , mais ces déclama-
(.1) LaJfotie^Mézer.
grande efiusion rlo sang, et procui parti une paix ferme et assarée. Il ^ I' sayer encore une fois d'ôterle jeune
1 tre les mains de ceux qui abusoient s
\ ment de son nom et de son autorité
i. mettre dans son parti et peu à peu
) ; intérêts. Car on sait que de jeunci
; prennent facilement les impreseio
leur veut donner, et entrent incohti]
les pensées et dans les bentimens de
les tiennent, qui les possèdent, etqu
• vernent. II est donc vrai que le princ
i :r dé et l'amiral voulurent enlever le r<
\i% racher à Catherine de Médicis et au
'■^-■^ ' de Lorraine qui avoient juré leur]
r!'' .: ; qui avoient résolu de leur mettre la
\:\ii\ réchafaud. ( i ) Leur bat était de cé
•t'v itnrclinnl dp. f jnrrnhip. d*ninir^ji ////
f>our la R^formation ^ etc. Hf
onnête homme. Il n'y a rien de plas judii que ce que le Laboureur dit sur cette îprise de Meaux. ( i ) La cour est en, ?ssion de guallfter de pareils aiteniats\da^ e de lèze'Tn.ajesté au preiiiier chefj et de oiraiion contre la personne^ du roi. On a^ ""
dire qu^on a voulu V enlever à. un parti ibuse de son nom et de sor? autorité pour \ine de Vêt ai, c'est être coupable que de oir pas été assez heureux à cause de la êquence de tels desseins. Quel autre but outes les guerres civiles qui se font du^ la minorité des rois que celui-là? Chaque Li^ut^e rendre maître du souverain j celui 9n vient à bout e&\ le, parti heureux , e( i qui le manque est le parti criminel. Lai le Charles VI fut une minorité continuelle^ lise des fréquens accès de folie j dont cq ce étoit souvent attaqué .Durant ce règne^ eux partis des Bourguignons et des Arnacs travailloient à se rendre maître et esprit et de la personne du roi. Ils n'em-* oient pas seulement pour cela les persua-» s et les raisons , ils se l'arrachoient lea aux autres par les armes; et nous avona ue pour conclusion le Bourguignon ayalit vé et la reine et le roi , leur fit deshéri--.
proscrire et bannir leur propre fils ^
Additions^ Tom»xiiv. 6. £u 497. . ' . • ^
Â48 ^Apologie
le légitime héritier de la couronne , donner à un étranger. Et sans aller quand on a vu de nos jours toute la en armes dans la minorité du roi , qi le but des princes mécontens du go nient dui^iUDdinALMasaiin? Que voul faire quand ils soulevèrent Paris , firc les barricades , obligèrent les princip les de France à fermer la porte à lei Il est certain qu'ils avoient le même qu'eut le prince de Condé au siècle pa l'entreprise de Meaux • ils se vouloien maîtres de la personne du roi^ le faire sous d'autres noms , lui donner des • nouveaux , composer autrement son i chasser les étrangers qui dominoient k et rendre aux princes leur légitime ran n'est plus semblable aux troubles du siè se que les troubles du siècle préseni fatal au nom de Condé d'avoir a comb; étrangers qui s'emparent du gouvern par la foiblesse ou durant la minorité c et les princes de celte maison ont le i de trouver des gens qui savent pro mauvais succès de leurs entreprises .
travaillent à les rendre odieux aux roi lesquels ils n'ont jamais eu aucun desi minel. II ne faut point douter que si 1
en Jîeués çoulse \^ ^u^u^V^^a?^\Vix
^ovr la Rèformatîon , été. 64§
pu lui enlever le roi , Us ne l'eussent fait , et ils n^ont point fait de cela un mystère* IMais parce qu'ils nont pu y réussir on donna au roi des impressions funestes contr'eux , dont on tait bien que sa majesté n'est point revenue ^ comme si l'on avoit eu dessein de lui ravir la couronne.
Maisje ïogji4)rije^ , Monsieur > en cessant £ou{jinjnxmuBnt de xe^ardfirjrette affaire revêtue de ses circonstances, trouves bon que nous MggX^ona lO-Ahèse générale j^sa^
lÊuiaacfljmiMm
inaitre delà cour pour rempêcher d'être mal fiouvernée. Supposons qu'un roi dans la minorité soit possédé par les tyrans qui déri solenTup royaume , et qui ravagent les pro-^ incey p^ar les massacres , par les exaotiofl8^9 ouj^gxjivielqu'autre semblable moyen j est-ce ut) crime aux grands du royaume de travail- 1er â çhâss^er ces gens-là d'auprès du roi, et a Uilillpiiner de meilleurs conseillers ? Non seulgjQ.ei)t.ca4i.'eâ)Lpa& unjcrime » mais je suis asimjé qu'ils sont obligés de le faire par le rang
l'état. Je veux que Monsieur le prince de Cmidé se trompât , et que le gouvernement du cardinal de Lorraine fut très juste, très équitable et très utile à la France, il est certain □ue lui et tout «op parti èloW. loxV ^^\^w!^<^^^
iiieiii u uiurs t^ioii ruineux a i etat^ I même on auroit détruil tous ces vu
; mes, par lesquels on veut faire d
prise de ISleaux , la plus détestable les conjurations. Il ne s'agit plus c voir sM se troinpoit dans son jugetne Car S'il ne se trompoit pas dans le qu'il faisoit du gouvernement de la i Guise, le moyen qu'il employoit pj traire n'étoit pas injuste. Ah ! c'es duce effroyable de venir affronter i est environné de ses gardes , et de ' enlever au milieu de six mille Suis
une chose admirable comme on sai les choses pour les rendre affreuî prince de Condé et l'amiral avoient
pour la Rèformaltùn , etc. 651
les ? Ils n'avoient clans le fonds autre but que cela; et parce que le cardinal de Lorraine ;» Tenneuu auquel ils en vouloient , avoit trouvé moyen d'environner le roi de six mille Suisses ; cela changet-il quelque chose à l'affaire, et les intentions du prince en sont-elles plus criminelles pourtant ?
Au reste les funestes desseins que Ton formoit contre le prince , contre l'amiral et contre tout leur parti , les justifient assez dans cette seconde prise d'armes, puisqu'on les y^ força. Il falloit qu'ils se défendissent ou qu'ils se vissent mener au supplice. On leur avait ma mjaié de parole , .on $tyoiL viola taus^ les traités. Il ne faut point le dissimuler | jamak
r," ng niF} p^»-^"^!^^^» 'infi ^^'^ '^oHnft ftftyffnf
toujours ablifiés dans toutesles circonstances
J£erûs/Ui^s^r;?is^ Manquer de parole àjka Jiajets et ne leurjipiat^eixii^ ce^qM.^ûa le4ii: a s^ lemnellement promis par des traités . des é— liits^taes dfeclaiatians solennelles t c^est leur
dont ils ne menqttent giières H;e^j:p.fi.tjet...tp!at iBussiTgfqTïëroccasion s en présente. Je n'entrerai point oans le détail de ce qui se &t
dans cette seconde guerre ^ 'ço^x^^ ^^ T5k»r^,
^.\ de St. Denis aux portes de Paris
du roi , peu de temps après Ven
31eaux y et je dirai que peut- être e
l'on pas trop de raison. Est- on ol
\ dier l'endroit où l'on est quand on
l: attaqué, pour savoir si J'on a droi
) '. fendre. Ce ne fut pas le prince qui d
'■ taille y ce fut lui qui la reçut , le co]
força à se battre. Et à dire le vrai , ç une grande témérité à lui ( 1 ) a cents homm(i8 et quinze cents c7ieuaL rassès et laplupart mal armés , n^a : . j ' lances que des perches de la foire <
i':*! : nis guUls avaient fait ferrer par le i
^ «ri *
• V'I ■ 1 taquer une armée royale , composé
: \; , viille hommes de pied et de trois r
.fi- ',; .mf.s d'armessans parler descompa^
pour la Rêformation , eic\ 6S5
Ifeste de la providence divine en faveur dearôies des catholiques romains , qui montroit t justice de leurs desseins et prouvoit que I9 roit étoit de leur côté. Il n'est pas toujours ^rt sur de juger d^une cause et d^une entre* \TÏse par le succès. Dieu a ses raisons qui ont bien meilleures que les nôtres y mais tous es jours nous voyons que le droit et Tinno^ ence succombent sous la violence et sous Tin- Qistice. Sans cette considération n'est-ce pas tie grande merveille que plus dp vingt mille iOmmesbienarmés àla bataille de Saint Denis y ent battus environ trois mille hommes armés e perches ferrées par le bout? Ne faut il pas ire bien pénétrant pour découvrir là dedans m jusfe jugement de Dieu gui se déclare pour a bonne cause? Vu principalement que tout 'avantage de ces vingt mille hommes sur les' rois mille consiste en ce que les vingt mille lemeurèrent maîtres du champ et des dépouil* es* Car le nombre des morts étoit à^peu près »gal , six ou sept cents eaualiers , dont il y en woitprès de cent gentilhomnies y (1) autant V un côté que d^ autre demeurèrent sur la place, La mort du connétable qui y fut tué^ valoit iîen le peu d'infanterie que le prince de Condé verdit en cette journée. Knfin l'on avoue , fa}
*m^mÊiimmmm¥mfmmt^mmmr^^''''tmmmmimmÊ>mimm9'
^1) Mézeray.
55i ylpolofiie
f quo l'iionneur en demeura aux Iingf )> qui sans canon et en si petit nombre )) tinrent Teffort d'une année royale \ )) voit Paris à ses épatiles. Et Tenvo )) grand Turc qui regardoit le comb )) voyant retourner plusieurs fois à la cl » dît a ceux qui étoicnt avec lui, que si 80 » \Te avoit seulement six mille chevaux | )> à ces casaques blanches , il auroit b )) conquis toute l'Europe.
Pour oo qui est do la bataille de D c'étoit encore une victoire bîon complet celle qu'y gagna le duc de Guise; propn il rendit les choses égales y excepté qu'il porta àla fin l'avantage que les autres a^ Gu an commencement. Car tout y fut p les d«-ux chefs furent prisonniers de p d'autre ; et le nombre des morts égal: ( retraite de ceux de la religion se fit au i ai^ec ordre , ayant deux corps de reitres de cavalerie française le tout d*enviror ze cents cJievaux. Le duc de Guise eut ! neur et le pIai^ir de passer la nuit sur le c de bataille , mais il le trouva couvert des de ses gens et de ses amis. Cette victoîi parfaite ne laissa pas de le bien réjouir, ce qu'il avoit voulu faire. Car sans fair à &a mémoire Ton peut soupçonner que
pour la R^formaflon , elc. 555
grande patience qu'il eut de voir battre et prendre prisonnier le connétable, fut un effet de son ambition pour le moins autant que do sa prudence. Comme il étoit aussi ambitieux qu'il étoit grand capitaine , il fut bien aise fie remporter tout seul l'honneur de cette journée y et d'achever de ruiner le connétable avec lequel il avoit toujours disputé le rang et la gloire de premier capitaine de son siècle. Dans cette seconde guerre comme dans la première on se servit du secours des étrangers^ et les allemands fournire^Qt^aux^hujjienots neirrôIT ^îx mille hornjiiejs.sous la conduite du princ© Casimir: je n'ai rien à dire là«*dessus que ce que j'ai déjà dit 5 c'est que le priuce Casimir ne vint point en France pour s'y établir et pour^
^JejrL^UûJiïanarcIiie.;. que les allemands y *. vinrent en qualité de troupes auxiliaires ^ que les princes j>rotestans .d'Ailema&ne éloient en droit de secourir des voisins et des amis iiiju^.T tement ppppçss.és^^i (jue le ^)ripce cje Coudj^.n'a j[amais eu^d'intexilioade- liJW^r le aroyaume et l'état aux princes étrangers, et qu'il seroit k, ftçuhaîtèr que les inclinations de la ligue opposée eussent été aussi favorables à l'état , et aussi peu disposées à abandonner la couronné aux espagnols que les prolestans Tavoient été peu à la donner aux anglais ou aux.aVl^^Wi'^^'^'5»^
Celte ^econdoguerre ne dutac^\x^^vsv^\^n^^^>^
gier. La paix se Gt à Chartres l'an i5 avons vu quelle sorte de paix ce fut , ^1 i gui couvroit les plus noires perfidie
ne tardèrent pas longtemps à éclater, la même année et peu de mois après fit partie d^enlever le prince dans i Ij ! de Noyers et de faire prendre la reîi
; varre qui étoit à Pau avec son fils
I mener en Espagne et les mettre à l'înc
Nous avons assez appuyé sur ces de jnrations et en avons fait voir toute 1 Ce fut le commencement de cette 1 guerre, qui , ce me semble , n'est pas ■fsl à justifier; ici l'on voit clairement cel
,|* i que je pose en fait, c^est qu'excepti
t.j'.: miêre prise d'armes qui se fit en 1562
pour la Rèformaiion , etc^ B5^
[e même prince et ses amis se trouvèrent con*^ traints de pourvoir à la sûreté par la voie des atmes: et je soutiens que les effroyables infî* délités et la violence de leurs ennemis rendit leur défense légitime. Ce n'est pas mon affaire bi mon intention de rapporter ce qui se passa dans cette guerre : on y fit ce qu'on a accou-i tumé de faire dans toutes les autres» Elle fut plus malheureuse pour les protestans que lei» lenx précédentes^ ils y perdirent les batailles le Jarnac et de Moncontour ^ et la personne lu prince de Condé qui périt par la lâcheté lu duc d'Anjou et de Monlesquiou, son capi*- :aine des gardes. Si le sieur Maimbourg trou* re dans le mauvais succès de cette troisième B;uerre pour les huguenots , une preuve que Dieu prenoit soin de les châtier comme des "ebelles, je trouve dans la manière dont Dieu es conserva une marque assurée que Dieu les railoît en enfans, qu'il châtioit et qu'il ne vouoit pas entièrement perdre. Après deux baailles perdues et la mof t du premier de leurs îhefs il semble qu'il n'y avoit plus de ressourîes 5 et cependant on ne put les opprimer par a guerre , et il fut résolu de les perdre par la )aix qui leur fut accordée, après dix huit ou 'ingt mois de guerre. Cette malheureuse et îclte frauduleuse paix se fit l'an 1670, et fat olennellement jurée à Si. Gettïx^vcv «v\j.^^^
564 Apottfgiê
par le roî Charles IX, par la jreîne sa mèi par ceux du conseil et par toute la cour. N avons vu à quelle intention elle se Ct , et qu'elle produisit y ce fut l'effroyable masse de la St. Barthélémy. Le sieur Maimbourg poussé que jusques là l'Histoire des guei civiles. Car il ne dit rien des trois guei qui suivirent le massacre , il les réserve p un autre volume. Puisque nous ne sonu pas résolu de faire autant de réfutatîonsea me il pourra faire de volumes, je sois d'» Monsieur , que nous fassions sur ces t guerres qui suivent , ce que nous avons sur celles qui précédent: c'est à dire que n jetions brévement les yeux dessus pour examiner les motifs.
Après la St. Barthélémy, les misérables chappés de ce carnage coururent aux am comme au seul moyen d'arréler le coun ces fiireurs et de sauver ce qui étoît écha aux massacreurs. (1) La Rochelle travi à se fortifier, le Languedoc , les Cevenr la Guyenne pleines de gens qui ne voulo point être massacrés , se mirent en état de pousser les violences et de résister aux 1 armées commandées, la première par le I échal de la Châtres, la seconde par le m chai d'Amville, et la troisième par le n
C} L'an 157'2. IV.GdWï^.
pour ta Réfofmation , elCé Ô69
19 de Villars j lesquelles étoîent destinées ichever ce qui avoit été coromeDcé à Paris, us les protestans de l'Europe prirent l'aime à un si grand coup , ils regardèrent ce Lssacre général qui se faisoiten France com<^ } une affaire qui seroit de pernicieux exem- 9 et qui pourroit avoir de fâcheuses suites ur eux. La ville de Strasbourg redoubla \ gardes. Les suisses firent de grandes le- 39 , les anglois et les allemands se fortifieit par de nouvelles ligues. Un mois après St. Barthélémy « la Rochelle fut assiégée y siège dura plus de huit mois et fut soutenu r les habitans avec une ardeur incroyable . ville souffrit trente cinq mille coups de Qon ^neuf grands assauts, sans plus de vingt très moindres et soixante et dix mines, et fre c^la elle eut à se garder de plusieurs nspirations de ceux qui étoienl enfermés jans. Le duc d'Anjou qui fut bientôt aes roi de Pologne , y perdit une florissante née , le duc d'Auniale y fut tué avec un md nombre d'autres personnes de qualité ; après cela on fut contraint de lever le siè- . Les misérables habitans de la ville de ncerre furent saisis de la même horreur de nber entredesmainssi barbares «C'est pour- Qi ils aimèrent mieux souffrir les dernières remîtes et mourir de faim dans Uvit^vsvN^-
56o apologie
railles ^ que cle s^exposer à la furenr d'unei ziemi duquel ils ne pou voient espérer de qu lier, et en la parole duquel ils ne pouvoi avoir de confiance. Partout on trouva gens qui se battoient en désespérés ai mieux mourir de faim , de misère et dans ta! calamités qui viennent à la suite de la gnemi que d'être exposés à la rage de leurs compitriotes , qui avoient pour eux toute la cruiirii des lions et des tigres de l'Afrique.
Ce misérable parti délabré qui semliloita^i^ Toir plus de ressources du côté de la terrai parla plus haut qu'auparavant et soutint une guerre de quatre ans sans recevoir aucun icliec considérable; ce qui fait voir que daitf le massacre de la saint Barthélémy il y avoit pour le moins autant d'imprudence que it fureur. On ne sauroit détruire un si grand corps par un seul coup; trente ou quarante mille personnes massacrées d'un corps composé de plusieurs millions d'ames ne sert qu*â effaroucher ceux qui restent , à les porter au désespoir et à les animer à la vengeance. Je ne sais s'il est nécessaire de justifier le motif de celte quatrième guerre, dont le inassacre «le la saint Barthélémy fut le commencements il est vrai qu'alors nous ne pouvions plus noui vanter de combattre pour les droits d'un prince du sang, mais la dèfctv^^ couUe une oppres;
pour la Rèformaiion , etc. 56 1
> on aussi cruelle que celle qu'on faisolt souf- ;^ir aux réformes est un droit naturel uiséga^ Bble de tous les ïioînmed dans quelque con*:
ygflent aller à des actions aus'si énormes gu^é-
agent les massacres . a^ui fu£enLifliiA4WiIfl^*re de Charités ÏX^^p j9pt^d^tQ^,j^y,^y«^, f^ç^^
mouillent le caractère d'homme? « et qu'ea lertfant le caractère de Inhumanité ils ne peu*-
ént conserver celui de ladî^ité royale. L'ofi e doit plus rien à ceux dont la tyrannie montf» ^nn tel excès ; ou tout au moins ce qu^on leur oit ne sauroit préjudicier à ce qu'on se doit soi-memeV^et l'^dn ne saur.gjJt^U'e phJigA Hq ëvenir & la soumission que quand ils revieû- »«BE3SLJ?i5sjfureursjilac^^ 'OÎ8. Il est vrai que les premiers chrétiens sfo / ont laissés massacrer sans se défendre. Je crois \ [u'ils ont fort bien fait^ car on ne sauroit porer la débonnaireté chrétienne trop loin. Mais 1 ne s'ensuit pas de- là qu'on puisse accuser l'aroir renoncé à l'esprit du christianisme :enx qui ont eu la foiblesse d'aimer leur vie et le' la défendre contre les injustes violence^. \ Aiinsi je ne me crois nullement obligé à faire '; une plus longue apologie des protestans de \ Prance qui se sont mis en état d'échapper à ta fureur des massacreurs.
Au reste dans celte quatrième guerre, om
b6^ jépologie
voil une i^reate évidente de ce que notisi Dvancé des le commencement, savoir q»
;uerre8 civiles n'éf oient pas préciséniett ^nerresoe i eli&ron. C'étoient des- particM *^s Jl^r *ou8 les m/^contens du royaume ; ai
tim» m t ir"r- 1 Min fc— tihT— 1 — T- ' * ^ "* «■■i* ■ i ■■■■ mm ■^■■MlL^WMMMi^^M____^
l*on vit se join Ire aux hn.^uenots on
X^rance^ et dfs premiers ofEciers de la^j
jroxiiiitij'his foire nous apprend que déjâ,|
avant le massacre de la St, Barthelénl
F'éfoit formé un tiers parli déclaré contj
maison de Guîse , qu'on appeloit dg^jjl
CjjiÊâ, dont le dessein étoit de demander j
formation de l'étal et l'expulsion des étrani
Ji?s chefs de ce parti étoient le maréchi
IVlontmornn^y et d'AmviHe enfans du feu
iictable , Biron elCossé, tontes gens qnî
toient rien moins qu'huguenote. Et méi;
xluc d'AIençon entradansce parti, parla
ne qu'il avoit pour les (îuises, par la jali
qu'il avoit de son fière le duc d'Anjou, i
^T^atlierine de Médicis, mère de tous les j
procuroit tous les honneurs et tous les a
tages, et enfin par envie de se distinguer <
fie fdire connoîlre. Doux ans après le massi
ce duc entra ouvertement en traité avei
Jiuguenots. Tore, le vîcomie de Turenn
tous les autres politiques se déclarèrent a
Ja guerre fut recommencée de nouveau
leurs auspices;le prince de Condé fils de
pour la Reformations etCé 663
^ui avoît été tué à la bataille de Jarnac et qui avoit failli à rêtre lui même des mains de Char- |«;s JX^ dans la journée du massacre^ s'étant 8auvé en Allemagne traita au nom du ducd'Alençon et de tout le parti mécontent avec Télecleur Palatin et obtint de lui un secours considérable. Charles IX mourut sur ces entrefaites ^ Henri revint de Pologne et prit la couronne do France. Le duc d'Alençon son frère étoil encore à la cour, mais parce qu'il y jouoit un méchant piçrsonnage étant le jouet et le but du mépris des favoris, il s'échappa et se mit ouverte- -snent à la tête de tous les mécontens. Le roi de Navarre s'échappa d'un autre côté et se retira dans son gouvernement de Guienne , résolu de se venger de cette longue suite d^iffronts et d'outrages qu'on lui avoit faits à la cour depuis la saint Barthélémy. Lé prince de Condé amena au duc d'Alençon quatorze ou quinze mille allemands , et ce duc se vit à la tête d'une des plus belles armées qu'on eut vue en France dans ce siècle, car elle étoit de plus de trente mille hommes effectifs. A cette fois ce ne sont plus les huguenots qui font la guerre , ce sont tous les grands mécontens sans aucun égard à la religion. Car en même temps le maréchal d'Amville que la cour avoit poursuivi parle fer et par le poison 6ans .avoir pu l'atteindre j se saivvV ^^ \^ >è^>^^
564 jipologîé
part des villes de son gouvernement et s'a avec les huguenots. Ces grandes forces un ne firent pas tout ce qu'elles pou voient ^ m au moins elles forcèrent la cour à faire la pa qui fut traitée avec le duc d'Alençon , ai le prince Casimir Palatin , et avec le roi Navarre et le prince de Condé qui étoie chefs déclarés des protestans. Ainsi finit quatrième guerre par Tédit de pacificaf;V donné par Henri III, le deuxième de son légoe Van 1676; par lequel on flétrit la mémoirei la journée de la saint Barthélémy: ce qui avoit été fait fut condamné; les jugemens re dus contre l'amiral et contre les autres s( gneurs furent anéantis » les veuves et les e fans de ceux qui avoient été massacrés reç rent debeaux privilèges et des marques d'ho Tieur, tout ce qui étoit dans les greffes capai de conserver la mémoire de ces actions ( fut tiré, rayé et biffé. C'est de cette manié que llenri III , roi de France fit amende ho norable de tout ce qu'il avoit fait étant d d'Anjou. Ainsi voilà trois choses considéra bl ^n cette quatrième guerre civile qui justifie les huguenots, la première qu'ils n'ont rep les armés que pour se dérobera la plus cru< le des persécutions qui fut jamais : la secon que presque la moitié des plus grands du roya JDW catholiques louvixivGL^ %^ di^Usèr ent po
pour la Rèformation , etCé B65
^nx et voulurent venger la mort de l'amiral | la troisième que celui qui avoit donné la nais^ sance à cette quatrième guerre en portant Charles IX au massacre^ fut obligea d'en faire une espèce de satisfaction à ceux qu'il avoit h\ cruellement traités.