‹ Histoire du CalvinismeChapitre 4 sur 30 · jipologie · texte numérisé non relu

jipologie

vant que le Conseil donnât Tédit de réforination. Car il est très-constant qu'il ne fut point présent à cette exécution.

Après avoir fait la déduction de la manière dont celte grande affaire s^est passée , il faut aussi voir brièvement ce qu^on y peut trouver à redire. On dira peut-être que c'est une insolence et une entreprise punissable dans ceux qui les premiers ont entrepris de prêcher à Genève une doctrine nouvelle sans la permission de l'Évéque. Mais si Ton disoit cela j l'on diroit une niaiserie : car il seroit ridicule d*espérer qu'un Ëvêque papiste donxieroit la permission de prêcher contre sa~ religion , et l'on seroit ridicule de le demander» Il falloit bien que ceux qui vouloient réformer Genève ^ le fissent au commencement d'une manière clandestine ; car cela ne se pouvoit pas faire autrement. On blâmera sans doute les nôtres de s'être quelquefois servi des armes : car c'est la grande objection qu'on nous fait partout. Mais dans cet endroit cette accusation est aussi injuste qu^en aucun autre. Car les Genevois, qui ont les premiers embrassé la réformation , ne se sont jamais servi des armes que pour se défendre ; les autres ont toujours été les agresseurs. O» / trouvera mauvais sans doute qu'ils se soieilif-^ emparée d^une Eglise sans la permission du ^

pour la Xé formation y etc.

Magistrat. On peut répondre à cela p rement que ceux qui firent cela étoiei ^•«« lorisés des ambassadeurs du Canton de Berne, qui au nom de leurs maîtres demandèrent une Eglise pour les gens de leur religion: s'il y a du crime et de l'attentat c'est aux fiernoisque cela doit être imputé plutôt qu'aux Genevois^ De plus il est à remarquer dans un etâf'poBntBtmWl un oenal ne fait

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"on fait un grand crime aux Genevois de ce qu'ils ont chassé leur Ëvéque , qui étoit leur prince temporel aussi bien que spirituel. Mais le sieur Maimbourg les justifie suffisamment de cette accusation. // apoue que cette ville a toujours constamment soutenu qu^elle étoit libre , comme ayant été de tout temps reconnue par les Empereurs , ville impériale^ , apec les mêmes franchises et privilèges que toutes celles qui sont membres de V empire» U tombe d'accord de ce fait. C^est que ceux i^de Genève ont toujours reconnu leur Êvéque j^^pour leur Prince , mais à peu près comme \.jj^ Doge Vest à Venise. Or chacun savt o^'^

w <Apologie

le Doge n'est rien moins que Prince temporel de Venise. Et s'il plaisoit aux Vénitien» «de chasser leur Doge , de casser et d'anéantir cette charge en changeant a cet égard la for-^ me de leur gouvernement , on ne pourroit jamais les accuser d'avoir secoué le )oug de leur légitime souverain. L'Ëvéque avoit sa juridiction dans Genève , et la ville la sienne î mais le gouvernement de l'état étoit entre les mains du Conseil. Le Conseil étoit souverain, il a pu régler ses affaires comme il lui a plu y et il s'est servi de ses droits ^uand il a établi^la réformation par un édit. Idi , comme sur l'affaire de Zurich , on touroie en ridicule la manière dont cette réfor- 'nation s^est faite , à cause que le Conseil de Genève u'étoit composé que de bourgeois. Ces Messieurs du Grand Conseil de Genève tous bons marchands et artisans , bu pour le plus légistes , n'avaient jamais rien ap^ pris que leurs lois et n*apoient jamais lu ni JPeres , ni Conciles , ni docteurs approuvés Me r Eglise , etc. C'est une méchante plai^ santerie qui a'été réfutée cent fois , et à quoi nous avons suffisamment répondu en parlant de la réformation de Zurich. Bourgeois, marchands et artisans , tarit qu'il vous plaira , ils iivoient en main les droits de la souveraineté de ce petit Etat , et par conséquent ils pou-

pour la R^formation , etc. 6 tt

Toient agir comme maîtres. Ils avoient aussi le bon sens commun à tous les hommes , et la connoissance nécessaire au salut. Ils n'a- Yolent lu ni les Pères ni les Conciles , mais ils avoient lu l'Ecriture Sainte , et ils avoient assez de lumière pour voir que dans cette Ecriture il n'y avoit rien de ce que TEglise romaine enseigne comme des articles de foi ém&nés de la tradition*

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