CHAPITRE IV
^i$toire de Marie Stuart reine d'Ecosse ^
jusçu^d sa, sortie. du royaume ; ses amours
>0pe€,llizio y V assassinat du roi son mari ^
/Son mariage avec BothweL Deux lettres
de cette reine à ce BothweL Justification
de latcohd^ite des ^JScossçiis réformés.
JLjrs aveutnres tristes et malheureuses de Marie Stuart n'ont guères de liaison avec la réformation d'Ecosse. La religion ne fut point ce qui la brouilla avec ses sujets et avec Elisabeth reine d'Angleterre. Après la mort de François II son prf?noier mari ^ quand elle retourna en Ecosse et y arriva , tout étoit fait, la religion étoit changée , la messe abolie et les monastères rasés : tout ce qu'elle put obtenir , ce fut la permission de faire dire la messe dans son palais pour elle et sa maison. Ainsi le sieur Maimbourg auroit pu se passer de nous faire l'histoire de cette reine. Mais on fait venir les choses de plus loin ; il falloit charger le Calvinisme de tout , ■ ce qui le pouvoit rendre odieux. C'est pour*' "*!
pûvr la déformation , etc. '87
quoi 11 ne falloit pas manquer de lui imputer tous les malheurs que cette femme s'atlira par sa mauvaise conduite : on vouloit noircir la mémoire de cette grande reine Elisabeth y J^on ne pouvoit se passer de faire intervenir la reine d'Ecosse son ennemie. Il est certain que cet endroit est l'un des plus singuliers, et des pins extraorxlinaires qui soient dans toute rhiçtoire ancienne et -moderne. Déjà les malheurs de la vie de cette reine sont as* sez.grands pour se distinguer par eux-mêmes. Mais les louanges excessives et .qui passent toutes les bornes, que lui ont donné tous les auteurs catholiques romains , la distinguent encore bien davantage. Ce sont des excès si étranges que si quelque jour la postérité eh revient, on ne pourra concevoir comment le inonde a été capable d^y tomber : la flatterie, le faux zèle, le dessein de rendre la réformafion odieuse , en particulier la. haine contre la reine Elisabeth , tout.y est entré. Et chacune de ces passions a .donne son coup de pinceau dans leViche portrait que Ton a fait de cette Marie , en prose et. en vers. En un mot on en veut faire une sainte et une. mar- ,tyre, en dépit des Ecossais ,qui Faccusent d'avoir eu les galanteries les plus criminelles et les plus poursuivies , d'avoir fait.assasailler son mari et épousé rassassih. Je fais
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et surtout xselon moi ragile de la mort devroit Ptre^ JpfiS^laBIe ; c'est pourquoi de bon cœur je laisserois dormir Marie d'Ecosse et sa raé* xncire , et je voudrois qu'on ne nous obligeât pas à la ressusciter et à remettre les désordres de sa vie devant les yeux des hommes y mais on nous y force. Le respect que nous devons à la vérité , nous pourroit obliger à venger les outrages qu'on lui fait y quand elle ^ y seroit seule intéressée. Outre cela, c'est l'affaire du Calviuisme : il est bon de justifier les Ëcossais réformés de l'accusation qu'on leur fait d'avoir si cruellement persécuté une si grande reine et une personne si achevée , uniquement en haine de sa religion. Car on ne fait reparoitre celte tragédie sur le théâtre , que pour prouver ce qu'on à dit , que le Cal-' vinisme est la plus cruelle de toutes les sectes quand il a le dessus. Nous ne saurions nous empêcher de faire voir qu'on ne canor 3:iisa jamais une telle sainte , et que si elle u été malheureuse f elle n'a pas été une innocente persécutée. Nous prendrons pour nos témoins des gens non suspects. Nous n'ep croirons que les bons amis de cette reine , et tout ail plus des gens entièrement désintéressés» Car pour Buchanan % c'est à ce qu'on dif^
pour la Rfjbrmaiion , etc. ^
son ennemi déclaré ^ c'est un infAmo » c^est le plus méchant de tous les hommes. Il seroit fort difficile de prouver la moindre de ces ac« cusatiohs que l'on fait contre lui. Mais cela nouè importe peu ^ quand cet auteur n^auroit jamais rien écrit, nous saurions pourtant bien ce qui s'est passé. Ces aventures ont élé trop éclatantes et ont trop fait de bruit.
Nous voulons bien avouer que cette prin*cesse étoit la plus belle et ta plus aimable personne de son siècle. Ces paroles du sieur Jtfaimbourg ,ont un air un peu passionné pour on Jésuite. On les pardonnerait à Braa^ t6me qm fut amoureux de cette reine j et dont le métier étoit d'aimer : les moines ne Aovroient pas avoir un stile si tendre. Sa naistore lui avoit donné tous les avantages db corps et de l'esprit capables d'inspirer de Tamour ^ mais elle ne lui avoit pas donné un coeur propre a se défendre de cette passion; si elle donnoit de l'amour aux autres , elle en prenoit pour elle. La cour de Henri II , dans laquelle elle avoit été élevée j étoit la plus molle et la plus efféminée qui fut au monde. £Ue y prit une habitude de galanterie que toute la rudesse et toutes les glaces du nord tie purent déraciner. Il sera bon d'entendre là- dessus Tun de ses bons amis , c'est le Laboureur « auteur des Additions aux mémoires
jde Castelaau.. P^rtovit aUl|Çur« jl3\axpîl^vo.ir jde.la tnodér^UoQ fXàjb 1a boiy;^ (qI , «majis ici iU6t^Qmport|é,iLa-,d^^à.4ie .toMt pâq^i .^e pçt|t iiiQ^gîlMr. U^dqpte^lijS {d^pqrqeioetnt \o\xiep \^ £i,tlle# les j>]|u8 a]t»i;^r4e8,qfii.o^i été.inV/e|)ftées pourju^tîGer cette rp}pp.|loat;i^.tQp:t^ Iqa Jowiyg^s jq>u'fOn lui donne ,, il «ntx^e ,ep {fureiyr quand il purlajde la reine JB)li^dbçt}i., AQQ:^jieH^ie:, et il xenpnce f^u caf^ctère ft^^qj^néte jH>moae ppttr ,!^e«j:jBnir .déçMm^lieur tcjt pop^ -jgàis^ixp de <^tte ,gi^nile xe\nfi , ,fli4 .^^a^an* ^.uacante aps.ii été Ie3 déliccys de &qs .sujets ..et Tadiniration ,de to,ute (rjEjqro.pe. (fi) ,11 ^it^,
ii^s. peuples j^çuilacork^idèreiit cpmmelefar .blequ de P hérésie , at^ec . tqutee , l^s fçufsse^ tPerU^ fiof^t^He tâcha d déguiser ^^ çondff/ùt^. Jet iqui vçient 4<^» l^ Jprer^qfm^ de sa PfiÇtii^e^, illimage 4le,VEglisfi.^quffrQpte. ypici,poMr\^nt ^oomme parle qe rgr^4 .s^élifteur de 4a se\xip xlilarpe .Stuart. (jt) telle nlitQit pçts .^wl^'^^f^ tla plufi k^Ue y mfiUsJa pl/M pqlie de tçi^t son i^0Xte dans la langue et ^dans ,jla A^H^ gçdanr' .teWj quiiét.oit alors tout , l'or a^eriutnt de Içi \€Our de Henri JI. J^ crois bien gabelle n^y MQiJidt pas tant .de solide vertu qu* elle fit
(1) Tom. 1. Additions >u Uv. 3. p. 672. 673, (2>Tom. 1. p. 547,
pour la^Rèfarmaiion ^ etc. igt
dan» ses disgrâces , ^ qu^etteme fut pas envernie de teuiee ies douceurs, d'un temps en^ Virement soumis >à fompiredes dames» limé •emblçn «qu'il «eat difficile Je dire plus ihonnâtement i mais pla9 «espresftéaiedt : pourtant qu'elle s'étoit entièrement laissé gâter -l'esprit et le oedor par ee malheoreaK commeroe aa« ^ael -en donne dans le monde Je beau .nom de ^galanterie. Voici encore quelque chose de ^hi8 Sort. JDepuis ^qu'elle fut^pew*e jusqi^à tonreêeuF en Meosse ,41 est vrai^u^eUe souf^ frit lée inclinations de quelqucseeigneuvsde la cour. Et entr^aut^s d^^ siifur DamviUe depuis maréchal , duc de Montmorency et vonnétidfle de France ; et qu'elle déclaru ^'éiieTépouseroit'si s parla mort de safétn* me jintoinette de la Marque^ fille du -duc de BoadUon ou autrement , ihrentroH ^rh^libené i(e -se mar/>r.' Quelle héroïne bon Dieu ! et combien de-crimes confessés en peu de lignes! Une veoye -d'un Toi de ^France , 'peu de mois après la mort de son mari , soufiroides galanteries de plusieurs seigneurs de la cour { Elle *va' mf me jusqu'à confesser qu'elle éponseroit je duc DamriUe qui ^toit*marié , «'iltrouvoit nn moyen de «se délivrer de sa femme par la mort ou autrement: 'Je-vous prie , Monsieur ^ t3e 'remarquer t^e terrible 'mot , n'est-ce pas U abandonner un malheureux^ ayeagléipar
09 jt Pélagie
une pasMon ^criminelie , à tous les conseils énormes que lui pourroit donner un amour insensé 7 £t de quoi ne peut être capable un jeune hoimnie qui se voit flatté de respérance d^épouser la Téure. de son roi , de posséder la plus belle personne du monde , et de de* venir lui-même roi. Aussi M. de Thoa nous apprend qu'il en pensa coûter la rie à la pau^- Yre duchesse Damville^ // eàt certain , dit it , gue R. B. familier ami dû Dam^ille, C t ) homme toujours prêt d commettre toute aorte de crimes , essaya de lui persuader d^empoi'sonner sa femme qui lui et oit un obstacle u une si belle fortun)^. , et lui offrit son , minisr tare et celui d^un Macédonien , g u* ensuite if , •tua de sa main.\Mai^ le jeune homme eût horreur de ce crime La reine d|Ecosse trouva bon que ce Damville , qui étoit si pos^^îonnétnent amoureux d'elle , et a qui elle,da]iir noit de si grandies espérances , raccompagnât jusqu'en Ecosse. Il falloit que sa .passion fut . extrême pour soqffrir iin commerce si étroit 'qui la. devoit perdre d'honneur. Le Connéta^ble de Montmorency eût bien de la peine à tirer son fils de là. Il revint pourtant enfîn^ et laissa en sa place Châtelart , dont les aven^ fur es sont assez connues : on en veut faire un . grand honneur à cette reine. » par^ce qu'en6ii[ :\
pour la Méformation ^ etc. fi
elle lai fit couper la tête poar te panir de rinsolence qu'il avoit eue de se cacher deux fois 80US 800 lit la nuit» Mais ceux qui sa* ▼enl les règles de la délicate cbasteré ne trou* I rent pae que toute cette histoire soit fort à ; Payantajge' de la reine. ( 1 ) Elle aimojt Chfttelart , elle entretehoit avec lui un commerce de galanterie en prose et en yers , elle lui faisoit le plus grand accueil du monde ; il avoii avec elle des tête à tête très-fréquens* Il enlr éprit une première fois de se cacher dans sa chambre, il fut découvert , elle lui pardonna , il demeura a la cour avec la mér me £aveur. Une femme qui eût été délicate , sur la matière, auroit chassé cet homme de la cour et auroit rompu avec lui avec éclat. La manière dbntf on avoit reçu sa première tentative j lui donna la hardiesse d'en faire une seconde ; les femmes de la reine furent témoins de ceci , et tout le royaume l'apprit* Brantôme remarque fort bien qu'elle ne put pas s'empêcher de le sacrifier à sa réputation* Mais il y a bien lieu de croire qu'il ne fut pas la victime de son res&entimeiit. Car , celle qui avait eu tsùnt de support pour la première faute 9 en auroit eu sans doute un peu pour la seconde si des considérations puissantes ne Tavoient emporté sur les conseils de son