CHAPITRE VL
Suite de r Histoire de la Réformation de PJE^^
glise anglicane. Ce (jui se passa sous
Edouard sixième,
DUS venons de voir dans le Chapitre pré^
0) 1^47, sur h fin de Janvier.
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pour la Reformations etc. iSS
codent que le parti protestant^ sur la fin de la vie de HenriVIII, gagna visiblement le dessus^ Le comte d^Harfordj oncledu prince Edouard du côte de sa mère , étoit de la religion réfor* mée, et il avoit trouvé moyen de gagner la fa« veur du roi à tel point qu'il renversa la mai-* son de Norfolk , puissante par les grands ser-« vices qu'elle avoit rendus , par ses alliances et parce qu'elle étoit à la tête du parti papiste qui étoit fort dans l'état , et qui avoit de gran* des liaisons et de considérables intelligence» au dehors. La mort de Henri VIII acheva da faire triompher le parti réformé. Le prince. Edouard avoit été mis par son père sous lacon* dnite du docteur Coxe , qui prit un grand soiii de iuJinspirerles sentimens de la véritable re-i Egion dont lui même étoit imbu. Aussitôt que le roi fut mort , Edouard sixième fut procla-». méroi à Tâgede neuf à dix ans. Le comte de Herford son oncle maternel retint à la cour la place qu'il s'y étoit déjà acquise durant la vie du feu roi ; et il se fit déclarer protecteur du royaume sous le nom de duc de Sommerset : titre dont il fut honoré suivant les ordres de* Henri, Mais il fut élevé a la charge de protecteur contre les derniers ordres de Henri qui a^ voit ordonné que tous les membres du Conseil gouvernassent le royaume avec une égale autorité durant la minorité de son fils. Le clum-^
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celier, et pour Viniérêt de ea propre dignité , et pour celui de sa religion , pour laquelle il avoit beaucoup de zéle^ eut bien voula empêcher l'élévation du duc de Sommerset à la di-^ gnité de. prolecteur. Mais enfin il fut obligé d'y donner les mains voyant bien que le tor-l rent alloit là et que ses oppositions n'y fe* r oient rien.
Alors les réformés commencèrent à sentir leurs forces qui étoient considérables ^ et si la cour n'eut proniptement travaillé à laréformation avec autorité^le peuple se seroitréformé lui même. Peudetemps après lamortdeHenri VIIl quelques pasteurs particuliers ^ mais sans émotion et sans tuhuilte , entreprirent d'ôter les images de leurs églises. On en fit plainte au Parlement, qui étoit alors assemblé, lescorésquiavoient ôté les images de leurs églises s'y présentèrent excusant leur action et disant qu'ils avoient cru bien faire , et que si cela n'étoit pas ils étoient prêts d'en demander pardon. Ils en furent quittes pour cela et pour une légère censure j après quoi on leur ordonna de rétablir au moins le crucifix sans parler des autres images. Cette conduite molle du Parlement donna courage à plusieurs autres de faire ce qn'avoient fait les curés de Londres ,et dont il leur étoit arrivé si peu de mal \ de sorte que les images furent ôtées des
pour la Rêfortnation , etc. i85
Eglises en plnsieurs lieux, ce qui obligea Gar<) dinerus , évéque de Winchester , à s^éniou* voir pour la défense des images. Il en écrivit tia protecteur^ mais le protecteur qui étoit dans des sentimens fort différens des siens n^ le satisfît pas, et lui fit comprendre qu'il approavoit fort qu'on ôtât au peuple des objets dont il abusoit à l'idolâtrie , comme autrefois Ezéchias avoil brisé le serpent d'airain^ parce que les Israélites en avoient fait une idole.
Dans le même temps les réformés qui étoient maîtres à la cour , entreprirent de révoquer en doute Tutilité des messes qui se disoient pour les défunts , à propos de ce que le feu roi avoit laissé six ou sept mille livres de rente â deux prêtres pour dire des messes et des obits pour le repos de son aine. Le chancelier s'opposoit'à ces >commencemens de ré« formation sous le prétexte d^un grand respect pour la mémoire de son prince , dont il exaltoit le savoir aussi bien que l'équité ^ et disoit qu'il ne falloit faire aucun changement dans tout ce que le feu roi avoit fait , parce qu'il avoit été infiniment éclairé et qu'il n'avoit rien fait qu'avec une très-grande sagesse. Mais le protecteur Crammer et les autres du même parti opposoient qu'en poussant la réformation plus loiuj on ne feroit rien contre les desseins du feu roi , parce qu'il étoit mort
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«avec de grandes intentions de réformer esf tièrement TEglise, et surtout de changer I^ messe en communion.
X«e chancelier qui avoit résolu de se donner tout entier aux affaires d'état « se voulut dé^f charger de Tembarras que lui donnoient le» sceaux et les affaires de la chancellerie y et do|ina la commission des sceaux à des gen^ qu^il établit de son chef sans en avoir la per» mission du protecteur et du conseil du roi^ Le protecteur qui trou voit toujours cet bom«me en son chemin^ quand il voijîoit travailler à la réforination , ne manqua pas de profiter de cette occasipn ^ il fit regarder cette entreprijse comme un attentat. Et en effet c'en^toii^ un considérable « car le roi seul est en àvoU de transporter les sceaux à qui bon lui s^m^ ble. Cela causa la disgrâce du chancelier , auf quel on ôta sa charge ; et ce ne fut pas* un petit avantage pour les réformés qui pensèrent tout de bon à établir laréfbrmation.Iie peuple gémissoit sous la tyrannie des ecclésiastiques ^ les prédicateurs prirent la hardiesse de parr ler hautement contre les abus ; Crammer ^ délivré du joug de la servitude dans laquelle il avoit été sous Henri , les favorisait ouvertement ; et dans tout cela le protecteur se serr voit heureusement de son autorité pour avan« çer sa religion. Dans le parti papiste il y avait
pour la Réfortnûtion y etc. 187
l^eti de gens capables de faire de la résistance. Les Evêques papistes étoient accoutumés dA longue main à vouloir tout ce que vouloit U cour , ils étoient d^ailleurs foibles y ignorans | aimant leurs aises ^ et fort disposés à laisser rouler le torrent et à se contenter de' tout ^ pourvu qu'on leur conservât leurs bénéfièes» II ki'y avoit que Gardinerus ^ évêque de Winr chester , Bonner ^ évêque de Londres , et quelques autres 9 quieussent de l'attacbement pour le papisme ; tous les autres étoient \k^ cbes et incapables de risquer leur repos et leur fortune par une vigoureuse opposition^ Ijes choses étant dans cet état , TArchevêque de Cantorbéry^revétu d'un gros caractère qai éloit celui de Primat de TEglise anglican ne y et de celui de premier membre du con^ seil privé , résolut de pousser la réformation de TËglise aussi loin qu'elle pouvoit aller y et d^achever ce que Henri VIII avoit commencé'. II en communiqua à ceux qui étoient dans les mêmes sentimens que lui et particu<^ IJérement avec le Protecteur 9 et ils résolu-» rent de manier cette grande affaire avec prur dence et de s'y avancer par degrés. La pre-r mière chose qu'ils ordonnèrent fut une visite générale de toutes les Eglises du royaume ; ( 1 ^) on le partagea en six départemens ; Ton
( 1 ) l^-i7 ^ en Mai.
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nomma des commissaires et des visiféurs ptii do corps de la noblesse , du clergé et des gens ^'aifàires , cinq personnes pour chaque dé^ parlement. Ces commissaires eurent ordre jd'examiner si Ton prenoit soin d'instruire les peuples j si on leur apprenoit des prièies en langue vulgaire ^si le service divin se faisoit evec révérence et bienséance. S'il y avoit des images dont on abusât par un culte idolâtre \et superstitieux. Ils eurent commission aussi de donner des ordres aux curés, afin qu'ils prêchassent pour faire revenir les peuples de ces vains cultes qu^on appelle des pélérina-» gesy des visites de reliques et autres semblables 9 pour les attacher à une piété solide ^ à %m culte pur, religieux et dévot , et a la pra-^ tique des oeuvres de charité. La paraphrase du Nouveau Testament, par Erasme , fut traduite en anglais pour l'instruction du peuple. L'on compila des homélies qi|i dévoient être lues et recitées devant les peuples , par les* quelles on lui exposait les mystères de la religion chrétienne , d'une manière dégagée d^erreurs et de superstitions^ et on lui recom* tnandoit la pratique des devoirs du christiafiisme. Ces commencemens souffrirent quelques contradictions , mais peu , parce que Août cela ne touchoit point encore à ce que le peuple regardoit comme essentieL Bonner^
ponria Reformations et§. lê^
.hêque de Londres y et Gardineriui ^ évéqut de Winchester 9 furent ceux qui firent du bruit. Bonner reçct les ordres des visiteurf arec des protestations qu'il les obser?eroit autant qu'ils ne seroient pas contraires i U parole de Dieu et aux lois de l'Eglise. Mais }e conseil l'ayant envoyé chercher pour lui or-r donner d'obéir sur quelques chicanes qu'il Toulut faire , il fut envoyé prisonnier , et aprèf quelques jours de prison il se soumit. Gar« dîner témoigna plus de fermeté et refusa quel* que temps de faire lire les homélies y surtout éelles où la matière de la justification étoit expliquée d'une façon qui ne lui plaisoit pas; Il se plaignoit que la paraphrase du Nouveau Testament d'Erasme n'étoit pas fidèle, que la Version anglaise qui en avoit été faite étoit encore bèaitconp pire , faite par des gens qui li^entendoientni le latin ni l'anglais, etqu'ain* ki c'étoit mettre une écriture corrompue en* ire les mains du peuple. Ces raisons ne pro-^ duisirênt rien et obligèrent le conseil du roi A le mettre en prison , où il demeura jusqu'à ce que le Parlement fut assemblé , comme it iefdt au commencement du mois de Novembre de lamême année. ( i ) Les papistes qui furent ahnnés de ces progrès de la reformations obligèrent Marie , fille aînée de Henri VIII>
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tgô Apologie
d'intervenir et d'écrîre au Protecteur , qm tous les changemens en matière de religion étoient dangereux^ qu'on ne devoit rien chan*-" ^er jusqu'à ce que le roi son frère eût atteint l'âge de majorité ^ et qu'en attendant on der voit ce reijpect à la mémoire du feu roi ^ do ne rien changer à ce qu'il avoit fait. Le Protecteur n'avoit nullement intention de s'ar-» ré ter en si beau chemin. Et comme il étoit nouvellement revenu d'une glorieuse campagne , dans laquellejl avoit gagné une bataille considérable contre les Ecossois , cette victoire ajoutant du poids à l'autorité que lui donnoit son caractère , il répondit a la princesse Marte d^une manière fort vigoureuse. Il liii dit quM vouloit bien croire qu'elle avoit elle-même écrit la lettre qu'on lui ^yoit. doa-r née de sa part , mais qu'elle lui avqit été dic«^ tée par dej» gens mal intentionnés , et qu^il U prioit de croire qu'il n'entreprenoit rictn qjjo pour la gloire de Diea et pour la popseri^ation du roi , que le feu roi n'avoit pias «u le temps d'accomplir tous isim desseins et qu'i( éioit raisonnable de lea poursuivre.
: lue Parlemeot s'assembla peu de tempi après I ( 1 ) le duc de Sommerset y rendit compte de ce qu^il avoit fait dans la guerre» d'Ecosse^ il en fut i!;emercié et xécomfewik
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pour la Ré/ormaiion > ete% 191*
f par de grands honneurs qu'on lui fit. La pre^ inière chose considérable que Ton y fit pouv la réformatioo , ce fut Ja révocation des loi|k sévères contre ceux qui refusoient de ae soa« mettre aux six articles. On reforma aussi une autre déclaration par laquelle Henri VII( liyoit fait ordonner que toutes les lois que soa^ fils pourroit faire jusqu'à l'âge de vingt-qua-, ire ana-^ pourroient être anéanties par lui-^ même quand il seroil arrive à cet âge. Avanl la fin du mois de Novembre dans lequel 1<| Parlement avoit commencé y Pon obtint dQ |m une déclaration pour rétablir la commur nion sous les deux espèces. Il fut ordonné par ^ette déclaration que dans le premier j^our da tnoia de Mai prochain toutes les Eglises se cônfermeroient en cela , et que les refusans èeroient sujets a l'amende ou à l'emprisonne* menl selon le bon plaisir du roi. Par là l'on fil ce que Henri VIII avoit eu dessein de faire, c'est que l'on fit de la messe une communion , dav es cosséquence de cette déclaration ou défendît toutes les messes privées ^ dana les/qiielle* le Prêtre communie seul. Il y eût cinq Evèqnea qai protestèrent contre cet acte. Mais Foppositiett be fut pas pcmsidérable à cause que Ja plupart des Ëvéques-^papTstesétoient «ftaens. Il fût ordonné aussi que les Evéchéa
MrolëoiilTnomi^aÏÏQn^urdî et que lea.E»\j$v
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gués seroient créés par des lettres^ patentes du xoi , sans préjudice de leur installation et de leur consécration , qui se deyoit faire a Tordinaire par d'autres Evéques. L'on pro^ posa aussi dons ce Parlement de permettra aux prêtres de se marier , mais cela ne passçi point.
Gardiner, évéque de Winchester, qui avoit été mis en prison pour avoir refusé de se sou-» mettre à ces lois , fut amené devant le conseil au commencement de Tannée suivante, (i) On le déclara déchargé en vertu d'un par* don général ^ que le roi avoit accordé. Mais l'on ajouta une forte exhortation pour l'obliger à se soumettre. Il promit de lefaire^ et en effet, retourné dans son diocèse, il se condqÎT •it avec une si profonde dissimulation et tant de lâche complaisance pour quelque tempu qu^^on n'eut pas moyen de lui faire des aifair res. Dans le mois de Février suivant i il pa^ rut une déclaration du roi f. qui fendoit en apparence à conserver les restjBd de l'ancien? ne religion , car elle défendoit aux particu-r liers de faire aucuns changement dam. la re-? ligion, de leur autorité. et outr^ cçiixjqvi Ar voient été ordonnés, par le roi et par le Parf lement. Mais 4ana le fonds cet édit avftnçQit