Par qui fut remplacé M. d’Ailleboust
M. d’Ailleboust fut remplacé par M. de Lauzon (en 1651).
M. de Lauzon, l’un des principaux membres de la compagnies des Cent-Associés, fut nommé, le 17 janvier
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1651. Îl 4 barqua à Québec, le 14 octobre suivant, accomjagne de deux de ses fils, M. Jean de Lauzon, grand-s-néchal, et M. de la Citière. M. d’Ailleboust demeura dans le pays, et se fixa à Montréal.
70. Quel fut l'état de la colonie, après la ruine de la nation huronne ?—Ce fut un état de continuelles alarmes à Montréal, aux Trois-Rivières et jusqu'aux environs de Québec.
4Après avoir anéanti la nation huronne, les Iroquois, plus arrogants que jamais, se répandirent en grandes troupes par tout le pays. Un de leurs partis s'étant approche des Trois-Rivières, M. Duplessis-Bochard, qui y commandait, voulut marcher contre eux, et fut tué dans le combat. Un peu auparavant, ils avaient porté le ravage et l’effroi jusque chez les Montagnais et les Atticamègues. Montréal, qui ne renfermait alors qu'une cinquantaine de Français, étail tous les jours exposé à de iurieuses attaques. Québec même, à oene reprises, se vit comme assiegé par ces bar-
ares implacables.
71. Quels furent les prinçgpaux événements du gouvernement de M. de Lauzon ?—La conclusion d’un traité de paix (1653) avec les Iroquoïs, et principalement avec les Agniers; l’arrivée d’une forte recrue pour Montréal (1653), et l'établissement d’une mission sédentaire chez les Onnontagués (1655-6).
Les cantons supérieurs étaient déjà assez bien disposés; mais les Agniers s'étaient toujours montrés les plus âpres à la guerre, lorsque entin, en 1653, ils vinrent soudainenent offrir la paix. Gette heureuse circonstance, jointe à l’arrivée d’une recrue considérable, que M. de Maisonneuve amenait de l’Anjou, du Maine, de la Bretagne et du Poitou, au secours 1e Montréal, permit à la colonie de respirer, et favorisa
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es travaux des missionnaires. Les PP, Chaumonot et Dablon firent à OÜnnontagué une mission préparatoire -n 1655, et, le printemps suivant, cinquante-cinq per sonnes, y compris les missionnaires, partirent sous les ordres de M. Dupuy, pour fonder sur les bords du lae Gannentaha un petit établissement, qui malheureusement n'eut pas le succès qu’on en avait attendu. Il s'était écoulé à peine deux ans, que l'on apprit qu’il s'était formé un complot pour massacrer les Français. Ceux-ci eurent néanmoins l'adresse de s'échapper de nuit, à la suite d’un grand festin donné aux sauvages pour détouraer leur attention (1658).
72. A.qui M. de Lauzon remit-il (1656) le youvernement de la colonie ? - À son fils, M. de Charny, qui lui-même le laissa à M. D’Ailleboust, l'année suivante (1637).
M. de Lauzon, rendu à sa soixante-treizième année, compris qu'il ne convenait plus aux circonstances où se trouvait la colonie, et repassa en France (1656), laissant à sa place son fils M. de Charny, jeune homme actif et brave. Celui-ci, resté veut peu de temps après le départ de son père, et décidé à embrasser l’état ecclésiastique, passa lui-même en France, dès l’année suivante, et laissa les rênes du gouvernement entre les mains de M. D’Ailleboust, en attendant que le nouveau gouverneur fut arrivé (1657).
73." Par qui fut remplacé M. de Lauzon ?—Par le vicomte d’Argenson. C’était un homme de beaucoup de sagesse, et qui donna l’exemple d’une rare vertu et d’une grande sévérité de mœurs. Mais il ne put rien contre les Iroquois, parce que la France le laissa sans secours, Bécouragé à la vue d’une colorie qu’il ne pouvait défendre, en proie à la souffrance et
à des chagrins personnels, il demanda son
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rappel, et laissa le Canada, trois ans après son arrivée, en 1661.
Le vicomte d’Argenson arriva à Québec, le 11 juillet 1658. Dès le lendemain de son arrivée, il dut marcher contre les Iroquois, qui étaient venus piller etassassiner
sque pe de la ville; il les poursuivit sans pouvoir
s atteindre. Malgré son courage ot son activité, la colonie serait tombée sous les coups de ces féroces ennemis, sans l’héroïsme de Dollard. Ce grand dévouement, ainsi que la fondation de la Congrégation de Notre-Dame, et l'érection de la Nouvelle-France en vicariat apostolique, sont les trois principaux événements de son administration.
7h. Quelle fut la eg rade de la Congrégation de Notre-Dame ?—La Congrégation de Notre- Dame fut fondée, à Montréal, en 1659, par une pieuse fille, du nom de Marguerite Bourgeoys. | :
Marguerite Bourgeoys, native de Troyes, en Champagne, appartenait à une honnête famille de marchands. Ses tendances naturelles vers la vie pieuse et recueillie se fortifièrent avec l’âge, et elle flottait indecise entre les différentes voies qu'offre la vie religieuse, lorsque plusieurs faits extraordinaires semblèrent lui indiquer clairement, que Dieu l’appelait à travailler à l'instruction des jeunes filles de la Nouvelle-France. Dès lors, elle ne songea plus qu'à se rendre au Canada, Elle arriva à Montréal, en 1653, sans autre ressource que sa foi et son courage: & Après s’être ag seule, pendant plusieurs années, de l'instruction des enfants de son sexe, elle put associer à son œuvre quelques pieuses filles, qu'elle était allé elle-même chercher en France, et fonda, en 1659, la Congrégation de Notre-Dame. Une étable fut le berceau de cette grande et belle institution, qui compte aujourd'hui, dans notre province seule, une soixantaine de maisons ou couvents, fréquentés par plus de douze mille jeunes filles.