TROISIÈME ÉPOQUE
Depuis l'établissement du Conseil Souverain jusqu’à ls conquête (1663-1760).
84%. Comment se fit la prise de possession de la Nouvelle-France, au nom du roi, à la dissolution de la compagnie des Cent-Associés ?—La cour envoya au Canada un haut commissaire royal, le sieur Gaudais-Dupont, qui prit possession de la Nouvelle-France, au nom du rai et fit prêter serment de fidélité à tous les habitants de la colonie. Le commissaire devait aussi établir le Conseil souveruin, et présider ainsi
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85. Quels étaient la composition et les pouvoirs du Conseil souverain ?—Le Conseil souverain se composait du gouverneur, de l’évêque, d’un intendant, d’un greffier en chef et de plusieurs conseillers nommés par le gouverneur et l’évêque. Ses pouvoirs étaient très-étendus; il avait la haute direction des affaires administratives, judiciaires et commerciales.
Le conseil souverain, composé d’abord de neuf | membres, et plus tard de douze, fut créé par une ordonnance royale, en date du mois d'avril 1663. Dépositaire de toute autorité, il plaçait sous son action la politique, la justice, la police, les finances, le commerce et l’industrie. Il eut le droit, comme le parlement de Paris, d'enregistrer les édits, ordonnances et déclarations du roi, pour leur donner force de loi.
En dehors du conseil, la distribution des pouvoirs était celle-ci: le gouverneur avait la direction des forces militaires et des affaires extérieures ; il jouissait d'un pouvoir absolu, comme le roi dont il était le représentant. L’intendant était chargé de toute l’administration de la Nouvelle-France; la police, les routes, les finances, le commerce et les approvisionnements tombaient sous son action. Les conseillers devaient juger les procès de peu d'importance, et veiller à l'exécution des décisions du conseil.
Des cours de justice, dépendantes du conseil, furent établies à Québec, à Montréal «1 aux Trois-Rivières
86. A'quels excès se porta le nouveau gouverneur, M de Misy ?—Sa conduite despotique et arbitraire le mit en lutte avec toutes les autorités de la colonie. Il destitua plusieurs conseillers, qu’il fit repasser forcément en France,
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chercha à intimider l’évêque par la violence, et remplaça M. de Maisonneuve, à Montréal, par un autre gouverneur.
De Mésy administra le Canada de 1663 à 1665. Son ardente piété l'avait fait nommer gouverneur par Mgr. de Laval, auquel le roi avait laissé le soin de trouver un successeur à d'Avaugour ; mais il changea de Caractère en changeant de position. I:es modifications politiques, qui venaient d’avoir lieu, avaient restreint l'autorité des gouverneurs et diminué leurs revenus ; de Mésy chercha à réagir contre cet état de chose, au is des autorités constituées. Les conseillers Bourdon et Villeray, hostiles à ses prétentions, furent destitués, et embarqués pour la France sans aucune ferme de procès. Mgr. de Laval, pour les mêmes raisons, s'attira les colères du gouverneur. Celui-ci vint un jour, à la tête de ses troupes, investir l’église et la maison de l’évêque, et donna, parait-il, l’ordre de le saisir, ou de tirer sur lui. Mais les soldats, frappés de respect à La vue du prélat, lui présentèrent les armes, et le gouverneur dut se retirer confus et humilié.
La retraite forcée &e M. de Maisonneuve (1664) qui dut aller finir ses jours en France, fut une grande perte pour Montréal, qu'il avait constamment édifié par ses vertus, et défendu par son courage. Ainsi Québec et Montréal ont la gloire peu commune d’avoir eu pour fondateurs deux hommes, unissant aux éclatantes vertus qui font les saints, les nobles qualités qui font les héros. |
C’est sous de Mésy, en 1664, que le Canada fut cédé à la compagnie des Indes Occidentales, avec à peu près les mêmes charges et les mêmes privilèges que ceux de l’ancienne compagnie ues Cent-Associés. Mais cette compagniè disparut bientôt, et son influence pare‘t avoir été à peu près nulle dans le pays.
87. Comment le roi rémédia-t-il aux désordres causés par de Mésy ?— Le roi envoya au