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bien Îles rigueurs du climat; mais dans la seconde partie de l’hiver (1608-9), elle fut tellement décimée par le scorbut et la dyssenterie, que, sur vingt-huit personnes, elle n’en comptait plus que huit au retour des vaisseaux.
2%. Pourquoi Champlain prit-il part aux expéditions des ne contre les Iroquois ?—I| y était engagé: 1° par l'alliance solennelle, coutractée au nom du roi de France, dès 1603 ; 2 par la nécessité de se concilier l'amitié et la confiance des nombreuses tribus huronnes | et algonquines, sans quoi il devenait impos- ! sible de faire pénétrer parmi ces infidèles les lumières de la foi et les bienfaits de la civilisation. l
25. Quel fut le succès de la premiere expédition | de Champlain, en 1609?—L’armée iroquoise, À composée de 200 guerriers, fut complètement | mise en déroute sur le bord du lac Champlain.
Champlain, de l’avis de Pontgravé, suivit avec quelques Français les Sauvages alliés, et remonta la rivière des Iroquois (ou de Richelieu). La petite flottille, rendue assez avant dans le lac Champlain, rencontra, sur les dix heures du soir, le 29 juillet, un parti ennemi composé d'environ 200 guerriers. Des cris effroyables s’élevèrent de part et d'autre. Les Iroquois prirent le rivage, et s’y retranchèrent derrière de grands abattis d'arbres ; les alliés gardèrent le large, tenant leurs canots bien attachés ensemble. Au point du jour, ils vinrent à terre, ayant toujours soin de cacher les Français Alors les Iroquois s’avancèrent fièrement, trois de leurs chefs en tête. Comme ils se préparaient à faire une décharge de leurs flèches, les alliés ouvrent lours rangs, laissant le milier libre à Champlain. Son
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habillement et ses armes étonnèrent les lroquois ; mais l'etonnement fit place à la terreur, quand, du premier coup de son arquebuse, ils virent tomber morts deux de leurs chefs, et un troisième dangereusement blessé. Les alliés poussèrent de grands cris Je joie, et firent une décharge générale de leurs. flèches. Champlain allait recommencer à tirer, lorsqu'un Ges Français demeurés cachés dans le bois, abattit à son tour quel ques ennemis. Les Iroquois, voyant que ces armes tonnantes perçaient jusqu’à leurs boucliers, furent saisis d'épouvante, et prirent la fuite. Tels furent les commmencements d’une lutte de cent ans qui oompromit plus d’une fois l’existence de la colonie.
96. Que fit Champlain au retour de sa pre mière expédition P— 11 se décida à passer en France, pour rendre compte au roi et à M. de Monts du succès de ses premiers travaux, et laisse à Québec, pour commander en sa place, le capitaine Chauvin, avec quinze hommes.
27. Quel fut le résultat de la seconde expédition contre les Iroquois, en 1610?—Les sauvages alliés, aidés de Champlain et de quelques Français, attaquèrent un parti d'environ cent Iroquois, fortifiés près de Sorel, et prirent leur fort malgré une vive résistance.
*98. Qu'est-ce qui engagea Champlain à repasser une seconde fois en France f—Ce fut principalement la nouvelle de l’assassinat de Henri IV, protecteur de M. de Monts. Il laissa pour commandant à Québec le sieur Duparc, avec une garnison de seize hommes.
Ce fut pendant cet hiver (1610-11), que Champlain
épousa une jeune fille calviniste nommée Hélène Boulé, qu'il instruisit lui-même, et qu'il eût le bonheur de
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ramener à la religion de ses pères. Plus tard, devenue ! veuve, Madame de Champlain embrassa la vie reli- |
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29. Où se fit la traite en 1611 P—Elle se fit pour la première fois, au saut Saint-Louis, c’est-à-dire, au lieu où est aujourd’hui Montréal.
En quittant les sauvages, l’année précédente, Chamlain leur avait promis de venir au-devant d’eux
squ’au Grand-Saut, ou Saut Saint-Louis, afin de eur épargner les dangers occasionnés par les incursions des Iroquois Il leur tint parole, et eut même la pensée d'y former un nouvel établissement: mais le mauvais état des affaires de M. de Monts était, pour le moment, un obstacle insurmontable. Cetto circonstance ajournait la fondation de Montréal à plus d’un quart de siècle.
30. M. de Monts abandonna-t-il complètement le Canada P— M. de Monts ayant perdu, par la mort de Henri IV, son plus ferme appui, remit à Champlain tous les intérêts auxquels il pouvait prétendre au Canada, et l’autorisa à contracter en son nom pour telle somme qu’il jugerait à propos.
31 A quels moyens Champlain eut-il recours pour assurer l'existence de sa colonie P—I| la mit sous la protection d’un prince aussi remarquable par sa piété que par sa naissance, le comte de Soissons, qui, malheureusement, mourut peu de temps après (1612).
82. Quel fut le premier vice-roi de la Nouvelle- Fronce ?— Ce fut le prince de Condé, doni la protection fut rendue inutile par les troubles politiques où il se trouva engagé (1612-20).
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33. A qui fut accordé le privilége de la traite ? —A une compagnie formée par les soins de Champlain, et qui se composait des principaux marchande de Rouen et de Saint-Mâlo
*,98 Rochelois avaient été aussi invités à faire parti de la nouvelle compagnie; mais ils négligèrent de le
faire à temps, et en furent exclus. La compagnie des marchands associés, formée en 1614, avec Fe
pour onze ans, fut remplacée, en 1620, par celle Montmorency.
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— Duand les premiers Récollets arrivèrent-tls en Canada ?—Ce fut en 1615 que Champlain amena de France quatre Récollots, les premiers missionnaires qui aient annoncé l’évangile sur les bords du Saint-Laurent.
Le vaisseau qui äpportait les Récollets, mouilla à Tadoussac, le 25 mai 1615. Le Père Commissaire, Denis Jamay, destina pour Québec le P. Jean Dolbeau et le l'rère Pacifique Duplessis. Champlain monta avec eux par la première barque, pour y choisir le lieu d'une chapelle à bâtir. Autant qu'on peut en juger, cette chapelle fut placée en arrière de l’Habitation, au fond d’une Jolie petite anse appelée le Cul-de-Sac. Ce fut là, pendant plus de quatorze ans, la première église paroissiale du pays. On y dit la messe pour la première fois, le 26 juin de cette année. Le P. Joseph le Caron n'’arrêta pas à Québec; il se rendit de suite au Saut Saint-Louis, impatient de commencer l’exercice de son zèle parmi les sauvages, et il se décida à monter avec eux jusqu’au pays des Hurons. |
Su. Qu'est ce qui engagea Champlain à suivre les sauvages dans une troisième expédition contre les Iroquois ?—Ce furent: 1° les intérêts de la Compagnie, dont le commerce avait été compromis par l’avidité de certains traiteurs, et
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san- Icquel, cependant, la colonfe ne paraissait pas pouvoir se soutenir ; % les intérêts de la religion, qui ne pouvait faire de progrès parmi les indigènes, si l’on ne travaillait efficacement à entretenir de bons rapports avec eux, en faisant cause commune avec leurs ennemis.
36. Quel fut le succès de l'expédition de 1615 ? —Les Hurons et les Algonquins levèrent une armée considérable, à laquelle se joignit Champlain et quelques Français, et allèrent attaquer un des forts les plus considérables de la tribu des Tsonnontouans. Mais le manque de discipline dos sauvages, joint au désappointement de ne pas voir arriver un renfort promis par les Andastes, fit échouer l’entreprise. Ils firent leur retraite en bon ordre, emportant avec à eux leurs blessés, au nombre desquels était Champlain.
37. Que di Champlain au retour de l'expé. BE ton dition de 1615?—I1 se vit contraint d’hiverner Æ 7° au pays des Hurons, tant parce que la saison était 1ort avancée, que parce que les sauvages | 3 tenaient à le garder parmi eux le plus long- 2 #0 temps possible. | LL
Le temps que Champlain passa parmi les Hurons | von ne fut point un temps porn pour la colonie. Il em- | CG ploya l'hiver à étudier les mœurs et les coutumes des 5 l'ex] sauvages, et visita, de compagnie avec le P, le Caron, lagr la nation du Pétun, et celle des Cheveux-Relevés, atin 1607 d'amener ces peuples à fréquenter les Français et à lami lier amitié avec eux® Enfin, dès que la navigation [JN vers fut rouverte, au printemps de 1616, les Hurons s’assem- SN irois
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Champlain avec le Père le Caron, sur le sort desquels on commençait à avoir de sérieuses inquiétudes. La réjouissance fut grande dans toute la colonie, quand on les vit arriver sains et saufs; la petite chapelle de Québec retentit de chants solennels d'actions de grâces.
38. Que se passa-t-1l de remarquab'+ à Québec, en 1616 ?—On y tint une espèce de conseil des notables, pour aviser aux meilleurs moyens
ment de la colonie.
Les missionnaires, profitant des connaissances que chacun avait pu acquérir dans ses courses apostoliques, furent ies principaux instigateurs de ce mouvement. Connaissanti le zèle et l'expérience de Champlain, ils le prièrent d'assister à ce conseil avec six autres des personnes les mieux intentionnées. Les principales conclusions furent qu’il fallait avant tout obtenir: 1° un bon choix de coions, laboureurs et artisans; ?° la fondation d’un séminaire, pour l’instruc-
É tion des enfants tant sauvages que français; 3° la
liberté de la traite, si la compagnie se montrait hostile à ces projets,
39. Quand arriva la première famille française sn Canada? —Ce fut en 1617, que l’on vit arriver à Québec la famille de Louis Hébert, qui se somposait de cinq personnes.
Ce courageux colon était apothicaire ; mais, outre l'expérience de son art, il avait aussi le goût de l’agriculture. Contraint d'abandonner Port-Royal, en 1607, il voulut tenter une seconde fois d'établir sa lamille dans le Nouveau-Monde. Il arriva à Québec | vers la fin de juin, avec sa femme, Marie Rollet, et ses irois enfants, Anne, Guillemette et Guillaume. Il | y a pou de familles anciennes, dans le pays, qui ne
d’assurer. le succès des missions et l’avance-