‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme]Chapitre 19 sur 31 · Que se passa-t- du côté du lac C'ham · texte numérisé non relu

Que se passa-t- du côté du lac C'ham

plain ?—Les Anglais, commandés par le géné- || ral Johnston, s'étaient avancés jusqu’au lac ||} Saint-Sacrement, au nombre de 5,000 hommes, ||} et travaillaient en même temps àse retrancher ||

au fort Lydius ou Edouard. Le baron Dieskau,

qui avait 3,000 hommes à leur opposer, laissa ||.

la moitié de ses troupes à Carillon, et marcha avec le reste contre le fort Lydius, qu'il voulait surprendre. Forcé d'abandonner ce projet par la mauvaise volonté des Sauvages, il se rabattit sur le camp de Johnston qu'il avait laissé derrière lui. Mais il ne put forcer les retranchements anglais, malgré les prodiges de valeur que firent les Canadiens et les Français. Dieskau fut blessé grièvement et fait prisonnier. | Après cette défaite, M. de Vaudreuil fit fortifier la pointe de Carillou, dont il reconnut l'importance pour arrêter l'ennemi vainqueur. En même temps, il Jança sur la Nouvelle-Angleterre les terribles bandes canadiennes et sauvages, qui dévastèrent les établisse. ments anglais depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu’à la Virginie. not 159. Quels furent les secours reçus de France, en 1756.—Le roi envoya au Canada quelques secours en hommes et en argent. Deux hataillons de ses meilleures troupes arrivèrent à Québec au mois de mai 1756, avec le marquis de Montcalm, qui vénait remplacer le

baron Dieskau.

‘Montcalm s'était distingué dans les guerres de l'Europe, où sa bravoure lui avait valu un avancement rapide. Entré au service. militaire dès l’âge de treize

ans, il était déjà capitaine à 17 ans, et colonel à' trente-un ans, Sa passion pour le métier des armes s’unissait à l'amour de l'étude, et il avait acquis des connaissances fort étendues dans les lettres et dans

. les langues. Avec lui arrivèrent à Québec des officiers du plus haut mérite : le chevalier de Lévis, qui fut depuis duc de ce nom et maréchal de France; de Bouriavaque, colonel d'infanterie; de Bougainviile, qui devint plus tard une des grandes illustrations maritimes

160 Que se passa-t-el de remarqrable en 1756 ? —Ce iui la prise de Chouaguen ou Oswégo, dont les ouvrages comprenaient trois forts

abondamment pourvus de soldats et de canons.

M. de Montcalm s’y porta avec 3,000 hommes, et s’en empara, le 15 août, après trois jours de siége. Les fortifications furent rasées, et Jes Français se retirèrent chargés d’un immense butin.

Cette année, le plan de campagne des Français fut de se tenir sur la défensive, d'affaiblir l'ennemi par les courses des partis de guerre, et de prendre Choua- ‘guen.

M. de Vaudreuil, qui tenait beaucoup à enlever le poste de Chouaguen, voulut l’isoier, et lui couper ses cammunications avec la KNouvelle-York, avant de l’attaquer. Pour cela, il tint tout l'hiver des partis

‘dé guérre en campagne. Au mois de mars, M. de Léry prit et détruisit le fort Bull, entre Oswégo et Scheuectady. Quelques mois après, ::. de Villiers ‘.dispersa sur le lac Ontario un convoi de 3 à 400 bateaux. Cé fut après ces succès que l'attaque d’Oswégo fut résolue, Pour masquer ce projet et tromper l’en-

nemi, Montcalm annonça à grand bruit sa marche sur Carillon, où il laissa de Lévis avec 3000 hommes, pour occuper de ce côté 8000 Anglais, commandés par Laudoun; puis il revint secrètement à Montréal, vola à Frontenac, où de Bourlamaque avait rassemblé 3000 hommes, et, avec cette petite armée, alla tomber inopinément sur Chouaguen, défendu par 1800 guerriers, sous les ordres du colonel Mercer, et soutenu en arrière par une colonne de 2000 hommes, commandés par le général Webb. L'audace et la bravoure des Canadièns, que commandait Rigaud de Vaudreuil, rendirent toute résistance inutile. Après trois jours de siége, l'ennemi capitula. 1600 prisonniers, 5 bâtiments de guerre et d'immenses approvisionnements tombèrent au pouvoir des Français.

Après cet éclatant succès, les bandes canadiennes et sauvages recommencèrent leurs courses dévastatrices, ravagèrent cruellement la Pensylvanie et la Virginie, et enlevèrent le fort de Grenville, à vingt lieues de Philadelphie.

161. Quels sont les faits remarquables de l’année 1757 ?—Deux faits importants eurent lieu, cette année : une tentative infructueuse des Anglais, pour s’emparer de Louisbourg, aa prise du fort Wiliam-Henry par Montcalm.

L’amiral Holbourne fut envoyé d'Angleterre contre Louisbourg, avec une flotte de 20 vaisseaux, portant 12,500 hommes. Mais trois escadres françaises, arrivées à temps au secours de la place, otèrent aux Anglais ie de l’attaquer. L'ennemi se retira sans rien aire.

162. Racontez la prise du fort Williom-Henry ? Ce poste fortifié, établi au fond du lac Saint- Sacrement, permettait aux Anglais de tomber inopinément sur Saint-Frédéric et Sur Carillon.

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On résolut de leur enlever uné position aussi dangereuse pour nous. Montcalm s’y porta avec 7,000 hommes, et, après six jours de siége, le fort, malgré ses 3,000 défenseurs, se vit contraint de capituler. Cette victoire ne coûta aux Français que la perte d’une soixantaine d'hommes.

La prise du fort Georges ou William-Henry avait été précédée d’une expédition audacieuse faite au cœur de l’hiver, Au mois de février, M. Rigaud de Vaudreuil s'était avancé, à la tête de 1,400 hommes, contre ce fort, dans le dessein de l'enlever par un coup de main. Trouvant les Anglais sur ieurs gardes, il s'était contenté de détruire tout ce qu'il y avait au dehors de la place.

163. En quel état se trouvait la colonie, en 1758 ?—Le Canada souffrait à la fois de la guerre et de la famine. Les mauvaises récoltes des deux années précédentes avaient causé une misère générale, qu’augmentaient

encore les malversations de l'intendant Bigot et de ses complices.

La guerre, en appelant sous les drapeaux presque tous ceux qui étaient en état de porter les armes, ne laissait à la culture des terres que les vieillards, les femmes et les enfants. Aussi l’agriculture souffrait, et la disette, qui se faisait sentir depuis plusieurs années, se changea bientôt en famine, par suite des mauvaises récoltes. Les hivers de 1758 et de 1759 apportèrent les privations les plus pénibles. Le peuple fut réduit à deux onces de pain par jour ; les viandes étaient d’une rareté et d’une cherté extrêmes. On voyait des hommes tomber de faiblesse dans les rues de Québec; et 300 Acadiens réfugiés moururent de misère et de faim. Au milieu des souffrances du

peuple, l'intendant Bigot menait joyeuse vie, et ne cherchait, avec ses nombreux amis, qu'à s'enrichir, en spéculant sur la misère publique, ou en volant l'Etat.

Dévorés par la guerre et la famine, livrés à de vils spéculateurs, n'ayant presque rien à attendre de la

rance, parce que l'Angleterre était maitresse des mers, les Canadiens cependant ne désespéraient point de la lutte. Ils n’avaient fourtant pas 6,000 sôldats à que à 50,000 Anglais, soutenus par un corps de réserve de 30,000 miliciens. Mais ils étaient décidés à combattre jusqu’à la mort, et à s’ensevelir, s'il le fallait, sous les ruines de la colonie. F

164. Quel fut le plan de campagne des Anglais, en 1758?—Leur plan fut d’envahir le Canada ar trois points: Louisbourg, Carillon et le ort Duquesne. La campagne s'ouvrit par l’attaque de Louisbourg. de

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