DOMINATION ANGLAISE
PREMIÈRE ÉPOQUE Depuis la conquête jusqu'à la constitution de 1791.
481. En quel état se trouvait la colonie, en assant sous la domination anglaise ?—La colo: nie, dont la population s'élevait à environ 0,000 âmes, se trouvait dans le plus déplorable état. L'héroïsme, qu’elle avait déployé pour se défendré;" l'avait épuisée et presque entièrement ruinée. Les dévastations commises par Îles drées anglaises, surtout dans le gouvernement de Québec ; les. misères accumulées par sept années de guerre; l’émigration des nobles et des citoyens les plus marquants, qui abandonnèrent le Canada pour fuir la ES en étrangère: tout rernplissait l’état présent de tristesses, etannonçaïit üun avenir sombre et inquiétant.
La nationalité canadienne coûrait les plus grands dangers, en tombant sous là domination anglaise; le. clergé devait la sauver du naufrage, en ralliant le peuple autour de lui, et en faisant tendre les efforts de:tous vers la conservation de notre langue et de nôtre religion. « Ce corps éminent et respectable, qui avait déjà joué un si grand rôle dans la formation de la colonie, resta en:effet au milieu de la fuite communs, ferme et inébranlable à son poste, à la tête d: se8
ouailles; il demeura, en ce pays, le seul débris de l'aristocratie sociale, pour consoler, soutenir et diriger le ban vouloir et le, courage te de ce poupe eandonné A1 ne fut point au-dessous dif dette
che; ni la crainte des violences, ni l’obsession des an, M ni la séduction des promesses, ne purent jamais le faire dévier; la diplomatie astucieuse.… du gouvernement Ag lais succomba devant cette honné.teté simple,.x ferme, d'une conscience droite et convaincue. »—RAMEAU.
182. Quelle fut la forme de gouvernement tablie par les Anglais au Canada, .en 1760 P.— mheret, général-en-chef des armées anglaises,
lab : gouvérnement tout militaire.
ivisp le. Canada en trois. départements; qui. correspondäient aux anciennes disons et.
qui reçurent des gouverneurs particuliers,
assistés de conseils militaires. Murray demeura. Ronral de .Québec ; Gage fut placé à.
ontréal, et le colonel Burton, aux Trois-:
ivières. : né a
Le général Murray forma un conseil composé de sept officiers de l'armée, pour décider les affaires civiles et criminelles lés plus importantes. Des commandants militaires furent Æavoyés dans les campagnes, pour y administrer la justice. La même organisation eut liéu aux Trois-Rivières et à Montréal. Mais, dans ce. dernier gouvernement, les Canadiens bé part à l'administration de la justice, au moyen le leurs capitaines de milice. Ce régime militaire dura jusqu'en 1763,
183. Quand eut lieu la cession définitive du Canada à l'Angleterre P—Ce fut en 1763, par le traité de Paris, qui mit fin à la guerre européenne de sept ans. |
Les Canadiens s'étaient bercés de Fespoir que le France ne les abandonnerait pas, et qu'elle se ferait rendre le Canada, à la fin des hostilités européennes. Le traité de Paris dissipa leurs illusions, La France. céda définitivement le Canada à l'Angleterre, et ne se: réserva que le doit de pêche sur les côtes de Terreneuve. Cet événement eut le déplorable effet de déterminer une nouvelle émigration: plus de mille personnes appartenant à la classe élevée et instruite, | aimèrent mieux quitter le pays, que de vivre sous le. joug de l'étranger.
184. Que fit l'Angleterre après le traité de Paris?—AÀ peine l’Angleterre fut-elle con-:
firmée dans la possession du Canada, par le traité de Paris, qu'elle s’empressa de le: démembrer. Le Labrador, les îles d’Anticosti et de la Magdeleine, furent annexés au gouvernement de Terreneuve ; le Cap-Breton et l’île Saint-Jean, à la Nouvelle-Ecosse ; le territoire des grands lacs, aux colonies voisines. Bientôt encore le Nouveau-Brunswick en fut détaché, pour recevoir une : admiuistration particulière. |
Après avoir morcelé le Canada, et l'avoir ainsi privé des principales. sources de ses richesses natucelles, l'Angleterre imposa de nouvelles lois. Le roi, dé sa propre autorité et sans le concours du parlement, substitua les lois anglaises aux anciennes. En même temps, des instructions royales exigeaient. le serment. de fidélité, ou serment du fes! qu'aucun: catholique ne pouvait prêter, parce quil renfermait un acte d'abjuration. Ensuite, on somma les Cana-, diens de remettre leurs armes; et on s'occupa aussi des moyens de s'emparer des biens ecelésiastiques, : pour les donner au clergé protestant. Ainsi le fanas: tisme qui égare, se mêlait à la tyrannie aui se moque:
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du droit: et les Canadiens ne pouvaient opposer que résistance passive à l'injustice de mesures -
estinées à frapper au cœt leur natonalité, et à les mettre à le merci d'une poignée d'irtriguants anglais, accourus au Canada, à Ja suite de la conquête, |
185. Quel fut le nouveau conseil établi par Murray ?—Murray, nommé gouverneur du Canada en 1763, forma, pour ebéir à ses idstruutions, un nouveau conseil composé des. lieutenants-gouverneurs de Montréal et des Trois-Rivières'et de dix autres personnes.’ Ce conseil: était revêtu des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. Par cette nouvelle institution, le régime militaire cessgit, pour faire place au gouvernement civil déspotique,
Amherst peut être considéré comme Île premier
- gouverneur anglais du Canada. Murray qui le rem-
plaça avait été gouverneur de Québec depuis la conquête ; il le fut pour tout le Canada, de 1763 à 1766. Les faits les plus remarquables de son administration sont le soulèvement des sauvages de l’ouest, et le commencement de l’ère du journalisme en notre pays. Le premier journal canadien fut la Gazelle de Québec, qui parut en 1764 , For |
486. "Racontez le soulèvement des Sauvages de l'ouest? — Un chef outaouais, du non de Ponthiac, célèbre par son courage, et am.
dévoué des Français, forma le dessein dé chasser les Anglais des territoires des grands lacs, et d'établir une puissante confederation de tribus. indiennes, dont le Détroit serait le. centre, .Îl fit entrer dans ses. vues presque tous les Sauvages de l’ouest, et commença la guerre, Neuf postes anglais furent enleves
par surprise ; les frontières de la Pensylvanie et de la Virginie furent cruellement ravagées, et plus de deux mille personnes furent. massacrées, ou traînées en oaplivité. Mais le rojet de Ponthiac était au-dessus de ses orces. Les Sauvages confédérés, battus en lusieurs rencontres, consentirent à accepter a pur d'Oswégo, qui termina la guerre, en 1706. sue