Pourquoi Murray fut-ilrappeléen Angle
terre ? — Pour y répondre aux accusations portées contre lui par des mécontents anglais, qui s'offensaient de sa modération et de ses sympathies pour les Canadiens.
Murray tempéra la rigueur des instructions et des ordonnances-royales, Ainsi il n’'osa pas faire prêter le serment du {es{, ni exiger la remise des armes, Il se montra bon et sympathique auf Canadiens, qu’il voyait aussi dociles à l'autorité et simples dans leurs mœurs, qu'il les avait trouvés braves et terribles sur le champ de bataille. A côté de ce peuple noble et calme dans son malheur, il voyait quelques centaines d'aventuriers anglais, vils et ignorants, qui le faisaient rougir, et auxquels cependant il dévait prodiguer les charges et'les emplois. Dans ses lettres au ministère, ilen montre son mécontentement. « Le gouvernement civil établi, dit-il, il a fallu choisir des magistrats'et prendre des jurés parmi 450 commerçants, artisans êt fermiers, méprisables principalement par leur ignorance.. Ils haïssent la noblesse canadienne à cause de sa naissance, et parce qu'elle a des titres à leur respect ; ils détestent les autres habitants, parce qu'ils les voient soustraits à l’oppression dont ils les ont menacés.» La conduite du gouverneur excita ls colères du parti anglais qui voulait l'oppression des Cane:
r ee - — s
diens, et demandait l'application des ‘lois qui avaient été décrétées contre les cathoïques, en Anglélerre. Murraÿ n'eut pas de peine à se justitiér à Londres, des accusations portées Contre lui; mais il'hé revint pluë au Canada. | | pi IN 188. Qui succéda à Murray ? — Murray eut pour successèiir lé brigadier-général Carleton, ‘qui. arriva à Québec, au mois de’ septembre .‘ Cetleton fut deux fois gouverneur dn Canada :laipre. , mière fois, de 1766 à. 177"; la seconde lois, sous le nom de lord Dorchester, depuis 1786: jusqu’à 1796 C’est Je gouverneur anglais qui administre le plus long-
tèémns noire pays.
189. Qu'est-ce qui forca l'Angleterre à suivre dés voies de la justice et de la modération en Canada ?—Ce' furent les réclamätions énérgiques des. Canadiens, et plus encore. la révolution américaine, qui moutra à l’Angleterre la nécessité de s’attacher le Canada, au moment où ses colonies levaient l'étendard de la révolte. : "
Les décisions royales de 1763 et 1764 avaient: jeté : l'alarme dans la colonie, parce qu'elles supprimaiént les lois françaises, effrayaient les consciences : par le serment du (est, ne favorisaient. que l'élément :protestant, et menaçaient le Canada des horreurs de l'Irlande, Les Canadiens firent de vives mais respectueuses représentations, Ils envoyèrent à Londres des pétitions, dans lesquellés ils exposaient leurs griefs, et . réclamaient des droits de citoyens anglais. L'examen -de leurs plaintes par deux ministres, York et Grey, ét ensuite par trois jurisconsultes célèbres, Mariott, Thurlow, Wedderburne, donna lieu à des conclusions opposées, parce que l’un d'eux, Mariott, se laissa
laissa
de leurs usayes et
égarer par les ardenré d'un :fendtisme aveugle. Pene
: dant ce temps, le parti anglais du Canada ne restait ARDAON: il s’agitait, intriguait, et demandait à Lou
dres la proscription des, Canadiens, de icurs lois,
| de leur religion. Combattu par les rrières dés Canadiens et les réclamations dù fanstisme, par les exigences de la justice et les traditions d'uae politique hustile au catholicisme, le gouvernement britanuique semblait n'oser se prononcer; il temporisait, tout en paraissant pencher vers l'intoléranc : et la tyrannié. Mais des événements imprévus servirent admirabléement notre cause, et l’on peut dire que le salut nous vint de ceux qui avaient été nos ennemis. Après la guerre européenne de Sépt-Ans,
l'Angleterre voulut combler lé deficit de ses finances
par un impôt sur ses colonies d'Amériqt e. Elle adopta l'impôl du limbre, prélevé sur tous les actes qui devaient être exhibés devant'les tribunaux Le. M Les colonies protestèrent et nièrent à la mère”pairie le droit de les taxer sans leur consentement, ou sans qu'eiiés fussent réprésentéés au parlement. L'impôt du timbre fut supprimé, mais pour être remplacé par d’autres. Cet expédient ne fit que soulever de nouvelles colères. L'indignation des colonies devint à son comble, et l'insurrection commenca par l’éneule de Boston (en 1773). A la vue de la révolution américaine, l'Angleterre comprit qu'il fallait s'attacher les Canadiens par une politique plus douce elle'se hâta d'adopter l’Acie de Québec (1774). ,
190. Faites-nous connaitre les principales dispositions de l'acte! de Québec ?—Cette lui unpériale, passée en 1774, reculait les. limites de la province de Québec, et les étendait d'un côté à la Nouvelle-York, à la Pensyivanie, à : l'Ohio et à la rive gduche du Mississipi; de l'autre, au territoire de la compagnie de la bâie d'Hudsou. Etle assurait dux catholiques
Je libre exercice de leur religion, les dispensait du serment du fesé, et reétablissait les lois / civiles françaises ; enfin, elle créait un conseil législatif, composé de dix-sept membres au moins, et de vingt-trois au plus, catho‘ïiques | ou protestants. Sur les vingt-trois membres nommés pour former ce conseil, un tiers fut choisi parmi les canadiens.
L'acte de Québec mécontenta vivement les Anglais du Canada, et constitua un nouveau grief pour les. colonies. insurgées, parce qu'il respectait les droits’ des catholiques; mais il eut le bon effet de rassurer les Canadiens, en dissipant les craintes entretenues jusqu'alors, et de les attacher à l’Angleterre.
. En dehors du pays, tout était en feu. Le sang avait coulé à Concord et à Lexington ; toutes les colonies ang@ises étaient en armes contre leur mère-patrie, . Elles étaient dirigées par une assemblée de représentants. appelée Congrès, qu'elles avaient formé pour assurer l'unité d'action dans la grande lutte qui. allait s'engager. Les Anglo-Américains invitèrent les Canadiens à s'unir à eux, pour secouer le joug anglais et conquérir leur liberté. Mais leur appel fit peu d'eflet ; l'intiuence du clergé et de la noblesse maintint presque toute la natiou dans Ja neutralité. Alors le congrès résolut l'invasion du Canada.
191. Quel fut le plan d’invasion des colonies insurgées ? — Le congrès américain résolut de faire attaquer le Canada par deux armées - d’invasion ; l’une, sous le commandement du colonel Arnold, devait se rendre de Boston à Qaébec, par le Kénébec etla rivière Chaudière ; l'autre, commandée par le major Schuyler.et Je brigadier Montgomery, avait ordre de suivre la route du lac Champlain, de prendre les
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Sorts.de la rivière: Richelieu, de fairetoniber Montréal et les Trois-Rivières, puis de s'unir jà l'autre armée pour enlever. Québec. gr plan. d'invasion réussit assez bien ; vers la fin de J’apnée 1775, les deux armées américaines étaient sous les murs. de. Québee, et commen-
| çaiont le siége: de vette ville. :
‘Au: mois. de, ani 1773, $00 hommes traversbrent. lac Champlain, ad Je un ere des ©
Earl et Arnold
forts Carillon, : A PU ok ‘et Saint Jen sucoès im. Caeion la TS + bon ‘nombre de Canad (:) Lg oi martiaie, appela le ns voue Val | invoque le secours des
pans ses efforts produisirant ‘d'effet : les a pe du Cahude févorisaieont la ( ue de la révolution; les Iroquois n'avaient rien à pére «4
en levant la hache de guerre; les Canagie = -raiènt demeurer :s tale : dasaiaie de 1) -&près les succès o ep nt me plain, le congrès S'mgved le jaonade, sde te ion. sb
Carléten, qui s'étt porté dicette dérdière Visie ve |
de: faibles troupes, ne. put: arrêter l'ennemi; il se vit :
contraint de se sauver Pa gif ter Quében, et fa
en se trouvait Cane du état Pa: hr + |
AO24 Æn quel état se ti'ouvait la ville de Quéhee ? “Quebec, avec ses murailles de treute pieds «dé:haut, sa :gafhison: de :1,900 hommes:et sa forte: artillurie, n'avait rien à craindre: des ‘Américains, dont le nombre: ne. s’élevait:qu’à onze où douze cents guerriers, et qui n'avaient que cinq ou six. piéces .de’icanon. ::Mais lu population de la ville était partagée en deux ‘<ainps, les uns tenant à la cause royale, les aütres désirant 16° triomphe de la révolution. Carleton ordonna à taus.ceux qui ne voudräient pas combattre, de sortir de la place ; les Cauadiens prirent les armes; mais beaucaup:d'An- | gui se retirèrent à l'île d'Orléans, à Charles- ‘bourg et’ ailleurs, pour y attendre le résultat RS nninrn an mtoirtont est à bob r tt
:1498, Racontes l'assaut. du :31 . décembre.— Montgomerÿ, voyant que le peu de soldats dont il disposait, ‘et le manque d'artillerie ne Qui PEMAPMAIEUL DRE de faire un siége régulier, forma le projet d'enlever la ville par un,coup ae main. La nuit tempêtueuse du 30 au 31 décembre l’engagea à tenter cette audacieuse entreprise. Ii divisa ses ‘troupes en quétre ‘corps: le colonel Livingéton et lé major Brown étaient cha gés de faire une fausse. attaque, Je premier à la porte Saint-Jean, le second 4u côté de la: Citadelle: en: même: temps, Montgomery, à là ‘tête: du corps ponte
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devait s'avañcer par le Foulôn, enléver la Dar rière de Près-de-Ville, et entrer dans la.place par la rue Champlain, pendant qu'Arnold,
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14942: Combien de temps à
,reçu d'Angleterre de nombreuses troupes, les Américains levèrent le siége et. s’enfuirent récipitamment, vivement poursuivis par. Careton, qui leur enleva sig art avr na
artillerie et leurs bagages. lle brûlèrent dans
leur retraite les forts Chambly et Saint-Jean,
et.ne s’arrétèrent qu’à Carillon, d’où ils étaient
partis, huit mois auparavant. pr Le général Burgoyne, était arrivé à Québec
avec 1ès | er au printemps de 1776,
envahit la Nouvelle-York, l’année suivante, avec 9,000
hommes, dont 150 Canadiens. Il voulait s'avancer
juequ'à Albenÿ, et y opérer sa jonction avec le gén owe,'dans le but de séparer la Nouvelle-Ang
des provinces méridionales, et de pouvoir écraser
ainai plus facilement la révolution américaine... Un
pareil plan était au-dessus des forces de ce générai, i avait plus d'ambition que de capacité militaire près avoir rémporté que | ve succès sur le lac
Champlain, il marcha sur Albany; mais il fut battu deux fois de suite, et forcé de se replier sur Saratnga. où il fut cerné complètement, et obligé de poarr la: armes, avec toute son armée (16 octohre 1777). 3
195. Comment, le Conseil législatif se rendit. 'impopulaire ?—Par la manière dont il tint ses réunions, et par les ordonnances tyranniques qu'il passa. La composition de ce Conseil donnait des craintes, parce que les deux tiers de ses membres étaient anglais.
L'ombre et le mystère dont il nn 8 séances, augmentérent les méfiances ; en effet, il siégeait à huit-clos, et les membres s'engageaient par serment à garder le secret. des délibérations. Les Jois sur la milice, passées
le gouvernement de Haldimand. l ‘196. Qui succéda à Carleton ?—Carleton fut, |
remplacé, en 1778, per le général Haldimand, ! vieux militaire sévère et soupçonneux, qu il devint par sa tyrannie odieux à tous 168 | . habitants. Mis so
Haldimand fut gouvernenr de 1778 à 1785. Les faits prosirens de son administration furent; les nome || ses arrestations de citoyens gi tit pour écarter, !|
e révolution ; les dispo- |!
sitions du traité de Versailles (1783) concernant le | Canada; l'immigration d'un grend nombre de roya-, |! listes des Etats-Unis. | Ë a ,
197. Parlez nous des vi urs ‘exercées par | Haldimänd' contre les Canadièns ?—Haldimand : | était arrivé au milieu de la guerre de l’indé |
les dangers imaginaires d’un
pendance américaine, ‘La crainte de voirles: || idées révolutionnaires pénétrer au Canadale: ||
rendit méfiant et soupçonneux. Le peuplese || plaignait des ordonnances du Conseil, le gou- || verneur attribua ses murmures à l'esprit de | révolte, et passa de la crainte qui hésite à la | frayeur qui ne raisonne pas. Les corvées |
ete t “etidevinré ‘le fléau des came :
|| | Sie crie Rp LATE | Al à rad
|! | É nn ir ‘le p ble. “Plusieÿté | =
ns eh pourquoi; et"
CAR on‘leur fit leur procès: :
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498. Quelles furent: tes dé ttions du traité de Versailles, Telalivement au it ida P (1783.)— |, La paix de Versailles enleva au Canada tout || lecterritoire, qui.en. avait. été si impolitique- 1. ment-détaché, en.4763, pour être. ANREXÉ AUX IN] colonies voisines. L'Angleterre : Seupt ‘en. [NIl|| vain à.cetartiele du traité; elle dût subir les. IH) conditions; de, ses vain ueurs, et les riches. IN contrées sitades auaud.des grands lacs furent II] données aux Américains, Le: Canada perdit HAL. ausst tout le. lac: Ghamplain avec ses mon-: tagnes et.ses défilés; si favorables à la guerre. [Il défensive ; Québec :et: Montréal 8e trouvèrent: dès lors à quelques lieues des frontières. ‘
*" Après la paix de Versailles, plus de 15,000 royalistes
migrèrent de la république des Etats-Unis, pour aller |
vivre sous le gouvernemen nparoer ile se fix dans 'e Haut Cadode, la Etat cosse et 1e Nour Yeau-Brunswick. + - #90. Par qui Haldimand fut-:il remplacé ?— Par le général Carleton, qui venait d’être élevé à.la pairie sous le nom de lord Dorchester. Carleton arriva aù Canada en 1788, avet le titre de gouverneur-général des pro-
vinces, anglaises de l'Amérique du Nord. Le. ;
grand événement. de son administration, qui dura: jusqu'en 1796, fut l'établissement :du gouvernement constitutionnel (en 1791.) : .:
En arrivant au Canèda, lard Dorchéster trouva les esprits dans le malaise et l'agitation: la constitution de 1774 était tombée dans le discrédit le plus complet ; Anglais et Canadiens voulaient presque tous l'établissement. d’un, gouvernement constitutionnel ; depuis {783, on envoyait. chaque année, en Angieterre, une longue série de demandes et de plaintes. Le gouverneur avait reçu du roi-Georges IT, l’ordre de recueillir toutes les, informations, possibles, sur. l’état de la province, et sur les moyens de remédier aux maux dunt on se plaignait; il.convoqua le Conseil législatif, qui fut divisé en: divers comités chargés de faire enquête sur, l'administration .de la justice, l'egriculture, le commerce, l'éducation, etc. Les rapports des comités furent envoyés à Londres, où ils rroduisirent peu d'effet. En.179%l; le roi, qui montrait beaucoup de sympathie pour les Canadiens, attira l'attention du parlement sûr l'état e la colon'e, et sur la nécessité den réorganiser le gouvernément: ‘c'est alors que William Pitt, le rélèbre défenseur des libertés amerizaines, proposa. et ÿ: adovter ua projet de constitution
ui introduisait au
tonnel.
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