‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 11 sur 59 · DE MONTS — CHAMPLAIN. [1G · texte numérisé non relu

DE MONTS — CHAMPLAIN. [1G

îiu milieu des principales tribus do la grande famille algonquinc : tout devait faire approuver le choix quo iit en cette occasion le père de la Kouvelle-France.

43. Champlain, en arrivant, mit ses gens à l'ouvrage, employant les uns à abattre les arbres et à défricher, les autres à construire un magasin et des logements, avec galeries et fossés tout à l'entour. Le magasin, auquel on donna six toises de longueur sur trois de profondeur, fut placé à l'endroit même où est aujourd'hui l'église de la basse ville. Les munitions et les provisions de bouche étant ainsi en sûreté, on éleva tout auprès trois corps de logis à deux étages, longs chacun de trois toises sur deux et demie de largeur» Du côté du fleuve, Champlain ménagea plusieurs pointes d'éperons, qui enfermaient une partie du logement, et où l'on monta les premières batteries de Québec.

44. Lorsque les rigueurs de la saison curent mîf^ lin à ces premiers travaux, Champlain s'appliqua à connaître les sauvages du pays, et à se concilier leur amitié. Les principales de ces nations étaient : les Montagnais, qui habitaient les environs de Québec, l'immense bassin du Saguenay et celui du Saint- Maurice ; les Algonquins, dont les nombreuses tribus étaient échelonnées principalement le long de la grande rivière qui portait leur nom, et que nous appelons aujourd'hui rivière des Outaouais ; les liurons, peuples sédentaires, dont le pays était renfermé entre la mer Douce, ou lac îluron, et le lac Simcoe, mais dont la langue était parlée i)ar plusieurs nations dispersées sur les bords des grands lacs ; au sud du fleuve, du côté de l'Acadie, étaient les Abénaquis et les Souriquois ou Micmacs. Tous ces peuples avaient pour ennemis communs, les Iroquois, ou la confédération des cinq cantons, savoir, les Agniers, les Oneyouts, les Onontagués, les Goyogouins et les Tsonnontouans, dont le pays s'étendait à l'ouest du lac Champlain et au sud du lac Ontario (1).

(1) Les divers dialectes que parlaient tous les sauvages du Canada, ta rattachent .\ deux souches principales, l'algonquin et le huron.

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45. Au printemps de l'année 1609, les ^vlontagnais, les Algonquins et les Ilurons, résolus de former un grand parti de guerre pour se venger de leur3 ennemis, vinrent solliciter l'alliance des Français, et les engager à se joindre à eux. Champlain, persuadé qu'avec le secours de trois nations aussi nombreuses et aussi influentes, il lui serait facile de dompter celles qui pourraient nuire à la tranquillité de la colonie, se décida, do l'avis de Pontgravé, à leur prêter main forte, et à les accompagner lui-même jusque dans le cœur du pays ennemi.

46. Il remonta avec eux le fleuve et la rivière des Iroquois, qui porta plus tard les noms de Eichelieu, de Chambly et de Sorel. La chaloupe des Français monta aisément jusqu'au pied des rapides de Chambly ; la, il fut impossible de passer outre. Sans se rebuter ni de la difiiculté, ni de la mauvaise foi des sauvages, qui lui avaient assuré qu'on allait jusqu'au pays des Iroquois sans aucun embarras, Champlain renvoya la chaloupe, et s'embarqua dans leurs canots avec deux français qui consentirent à le suivre.

47. Le rapide passé, la flottille commença à naviguer avec un peu plus de précaution : on campait de bonne heure, sur le bord de la rivière ; on se contentait néanmoins de faire, du côté de terre, de grandij abattis d'arbres, et de ranger les canots d'écorce au bord de l'eau, afin de j)c>uvoir plus promptement ^'embarquer, en cas de surprise ; après quoi, l'on envoyait quelques cclaireurs à la découverte, et, s'ils revenaient sans avoir rien vu, on se couchait fort tranquille, sans jiiême prendre la peine de poser des sentinelles autour du camp. Champlain eut beau représenter à ses alliés le péril auquel les exposait une conduite aussi peu régulière, toute la réponse qu'ils lui firent, fut que des gens qui avaient fatigué tout lo jour, avaient besoin de reposer la nuit. Xéanmoin?, quand on se crut proche de l'ennemi, les éclaireurs s'acquittèrent un peu mieux de leur devoir ; on ne marclia vins que de nuit, et on n'alluma plu;> de feux pcndanV lo jour.

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48. Ce qui contribuait le plus à entretenir les sauvages dans cette dangereuse sécurité, était lacontiancc qu'ils avaient en leurs jongleurs. Aussitôt que l'armée était campée, le jongleur se faisait une petite cabane de pieux, sur laquelle il jetait la peau qui lui servait de vêtement ; puis il y entrait, et les guerriers se rangeaient tout à l'entour. Bientôt il commençait à marmoter quelques paroles mystérieuses, criant, hurlant et se démenant de telle sorte, que l'eau ruisselait de toutes les parties de son corps. C'est au milieu de ce bel appareil, que le manitou (1) révélait à son prophète l'issue heureuse ou malheureuse de la guerre, et l'on aurait cru le pays perdu, si l'on avait manqué de se conformer à la moindre de ses prescriptions.

49. Béjà la troupe n'était plus qu'à deux ou trois journées de la demeure des ennemis, et, tous les soirs, on ne manquait pas de consulter l'oracle. Cependant, comme s'il fut resté au fond de leur cœur une certaine défiance de la véracité du manitou, ou de la fidélité de son interprète, les sauvages demandaient souvent à Champlain s'il n'avait pas vu les ennemis en songe. Malheureusement il ne rêvait point ; ce qui paraissait les contrarier beaucoup. Un jour enfin, il leur apprend qu'il avait vu pendant son sommeil les Iroquois qui se noyaient dans le lac. La joie fat au comble, et l'on ne douta plus de la victoire. L'attente ne pouvait être de longue durée ; en effet, le même jour, 29 juillet, sur les dix heures dil soir, comme les canots s'avançaient tout doucement et sans bruit sur les eaux du lac Champlain, on se trouva tout à coup en face des canots ennemis. Des cris effroyables s'élevèrent de part et d'autre. Les Iroquois se jetèrent au rivage, où ils se barricadèrent adroitement derrière de grands abattis d'arbres. Les alliés prirent le large, et tinrent toute) la nuit leurs canots bien arrangés et attachés les uns contre les autres à environ une portée de trait du camp ennemi. Dès qu'ils furent armés et mi;] en

(1) Les Montagnais et les Algonquins d^l-signaicnt ainsi lo bon et la mauvais Esprit; les Ilurons l'appelaient oki.

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ordre, ils (L'tachcrcnt deux canots, pour aller offrir la bataille aux Iroquois. Ceux-ci répondirent qu'ils ne désiraient rien tant ; mais qu'il fallait attendre le jour pour se connaître. Ils étaient au nombre de près de deux cents guerriers d'élite, et pensaient avoir bon marché de cette poignée d'Acanaques (c'est ainfei qu'ils appelaient les Algonquins). Toute la nuit, de part et d'autre, se passa en bravades, danses et chansons lie /.guerre.

50. Lo jour venu, on ce prépara au combat. Les r.liî'-s mettent à terre, ayant toujours soin do bien cacher les français, pour ménager une surprise. Les cnneînis, sortant de leur barricade, s'avancent au petit pas, avec beaucoup de gravité et d'assurance, trois de leurs chefs en tête. Comme ils se préparaient à faire ■une décharge de leurs flèches, les alliés ouvrent leurs rangs, et laissent le milieu libre à Champlain. Soïi habillement et ses armes étonnèrent les Iroquois; mais l'étonnement fit bientôt place à la terreur, quand, du premier coup de son arquebuse, ils virent tomber

.im de leurs chefs, avec un autre de leurs compagnons, et un troisième dangereusement blessé. Les alliés poussent de grands cris de joie, et font une décharge générale de leurs flèches, sans produire grand effet. Champlain allait recommencer à tirer, lorsqu'un des deux autres français demeurés cachés dans le bois, abattit à son tour quelques ennemis. Les Iroquois, voyant que ces armes tonnantes perçaient jusqu'à leurs boucliers, qu'ils croyaient imj^énétrables, furent saisis d'épouvante, et ne songèrent plus qu'à fuir. Les vainqueurs les poursuivirent chaudement, en tuèrent encore plusieurs, en firent prisonniers dix ou douze, qu'ils réservèrent pour les plus horribles tourments ; puis, après avoir passé deux ou trois heures à faire Donne chère, à danser et à chanter, ils reprirent chacun la route de leur pays.

51. Champlain descendit à Québec avec les Montagnais, et les accompagna jusqu'à Tadoussac, pour ctrc témoin de la réception que l'on faisait aU5c vainqueurs, et, au commencement de septembre, il

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rc];)artit pour la France avec Pontgrave, laissant la colonie sous les ordres du capitaine Pierre Chavin, do Diej^pe. Il fut fort bien re(;u du roi, à qui il rendit compte de l'état où il avait laissé la Nouvelle-France, et lui 2>i*^sGnta quelques curiosités du pays, entre autres une magnifique ceinture travaillée en poil do porc-épic.

52. M. de Monts, ayant encore réussi à éqnipper deux vaisseaux, en confia le commandement à Champlain et à Pontgravé, qui arrivèrent à Tadoussac lc2G de mai 1610. Les sauvaijces attendaient le retour do Champlain avec impatience ; car il leur avait promis de les aider à dompter leurs ennemis, à condition tf qu'après le retour de la gueî-re, ils le mèneraient découvrir les Trois-Eivières, jusques en un lieu où il y avait une si grande mer qu'ils n'en voyaient point le bout, et qu'ils reviendraient à Tadoussac par le Saguenay. î II j^artit en effet de Québec le l-i de juin, un peu après les Montagnais, pour aller rejoindre les Algonquins et les Ilurons, qui devaient l'attendre, au Ziombre de quatre cents, à l'entrée de la rivière des Iroquois. La petite troupe se campa dans une île devant «.^embouchure de cette rivière. Comme les Montagnais étaient occupés à abattre des arbres, pour pouvoir mieux exécuter leurs danses de guerre et se mettre en ordre à l'arrivée des Algonquins, un canot vint en diligence avertir que ces derniers avaient fait rencontre des ennemis non loin de là, et que, si l'on voulait les surprendre, il n'y avait pas un moment à perdre. Sur les instances des sauvages, Champlain îonsentit à laisser sa barque, et à j^rendro le canot. Il partit, accompagné des quatre français qui l'avaient suivi. Mais, de tous les traiteurs, si ardents au trafic des pelleteries, il n'y eut que le capitaine Thibault qui eût le courage de se joindre à l'expédiiion. On n'avait pas ramé une demi-heure, que les .sauvages tout à coup sautent à terre sans rien dire, et so mettent A courir à travers les ])ois, laissant leurs canots à l'abandon, et les français sans guides, dans ■des forêts marécageuses et infeste es do moustiques.

Enfin, au bout de quelque temps, un chef algonquin vint les avertir de faire aussi grande diligence que^ possible, parce qu'on était aux mains avec les Iroquois, qui déjà avaient remporté quelques avantages. L'arrivée de Champlain et de ses compagnons rendit le courage aux alliés. Le combat fut des plus opiniâtres; Champlain lui-même fut blessé d'une flèche, qui lui fendit le bout de l'oreille, et lui entra dans le cou. Bientôt, la poudre manquant, on donna l'assaut au retranchement des ennemis, qui se défendaient en désespérés. L'arrivée du jeune et brave Desprairies,. dc Saint-^Ialo, et de quelques autres français, avec denouvelles munitions, acheva de les mettre en déroute. Ils furent presque tous tués ou faits prisonniers.

53. A peine les vainqueurs étaient-ils arrivés à l'embouchure de la rivière des Iroquois, qu'on rencontra, les deux cents guerriers algonquins et hurons qui devaient descendre avec le chef Iroquet, pour se joindre à l'expédition. Ces sauvages, dont la plupart voyaient les Français pour la première fois, furent bien chagrins de n'avoir pas eu leur part à cette^ victoire. Champlain, avant de se séparer des alliés^ leur demanda d'emmener avec eux un jeune français, pour lui apprendre leur langue, et lui faire connaitro le pays ; ce qu'ils lui accordèrent à condition, qu'il garderait avec lui un des leurs, et l'emmènerait en France, afin qu'ils servissent d'otages l'un pour l'autre. Ce fut au retour de cette heureuse expédition, que l'on apprit la mort tragique de Henri IV. Sentant plus que ])ersonne la perte que l'on venait de faire,, dans la personne d'un monarque qui l'avait honoré de sa protection, et les conséquences de cet événement pour les intérêts de la colonie, Champlain passaimmédiatemcnt en France, laissant pour commander :ui fort et à l'habitation de Québec, le sieur Duparc, qui, l'année précédente, y avait hiverne avec le capitaine Pierre Chavin.

5-t. Au printemps de IGll, M. de Monts et ses :issoci6s voulurent faire encore un dernier effort pour r.i-iin.^nir leur privilège, et Champlain repartit pour

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Québec avec Pontgravé, dès que la saison put le lai permettre. Mais son empressement faillit coûter cher à la colonie. Arrivé au Grand-Banc, le vaisseau se trouve environne d'énormes banquises do glaces, et en grand danger d'être broyé entre ces masses flottantes. Pour comble do malheur, d'épais brouillards empochaient qu'on put se reconnaître ou chercher une issue, et une pluie glacée engourdissait tellement les matelots, que toute manœuvre devenait impossible. Enfin, après plusieurs semaines d'incertitudes, de dangers et de soufirances, on réussit à entrer dans le golfo, et l'on mouilla à Tadoussac le 13 de mai. Le vaisseau était parti de Ilonfleur le premier de mars.

55. Dans ses expéditions de 1G09 et IGIO surtout, Champlain avait compris l'importance de faciliter les rapports que l'on devait avoir avec les sauvages de Touest, et d'opposer une barrière aux dévastations de lours implacables ennemis, les Iroquois. Sans abandonner son oeuvre de prédilection commencée sur la point<5 do Québec, il eut la pensée d'établir un comptoir sous la protection d'un nouveau fort, en un lieu trèsbien situé, non loin des prairies auti-efois cultivées par les habitants d'IIochelaga, et où se faisait la traite cette année. Il y fit couper le bois, et défricher la terre, « pour la rendre unie et prête à y bâtir. » Il poussa môme l'attention jusqu'à construire un mur de quatre pieds d'épaisseur, pour voir comment il résisterait et à la rigueur de l'hiver et à la violence des inondations du printemps. A cette place, pctito en réalité, mais grande dans les prévisions du pèro de la Nouvelle-France, Champlain donna le nom do Piace-Eoyale. Ce fut en ce même endroit que, trente nns plus tard, l'on bâtit les premières maisona do Montréal.

5G. En attendant l'arrivée des Ilurons et de» Algonquins, Champlain alla visiter le lac Saint-Loui3 et b lac des Deux-Montagnes. Enfin, le 13 de juin, arrivèrent deux cents sauvages hurons avec leur;i ca,pitaine.} Ochataiguin, Iroquet et Trégouaroti, frèro du jouno Savignon, cjui avait accompagné Champlain

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en France. Arrivés à une petite distance des Français,, ils poussèrent tous ensemc'o un grand cri de bienvenue, et l'un des chefs commença à faire une harangue^ louant en particulier Champlain de ce qu'il leur avait tenu parole en venant les trouver. Les treize barquesfrançaises répondirent par deux salves d'artillerie ^ ce qui remplit les sauvages d'une telle stu])eur, qu'ils prièrent Champlain d'empocher qu'on tirât davantage, parce que la plupart d'entre eux, qui n'avaient janiai:i vu de chrétiens, ni oui de semblablco tonnerres, craignaient que tout ce tapage ne tournât à la ruine et à la dissolution de tous les cléments. Le lendemain,. Champlain leur désigna un lieu pour y cabaner. L.':,. les capitaines et les anciens délibérèrent longtemps ensemble, puis le firent a] p :1er seul avec l'interprète,, et lui dirent, que pour lui, il leur avait donné trop da marques de sa bonne volonté, pour qu'ils pussent douter de ses dispositions ; mais que tous ces Mistigoches (c'est le nom qu'ils donnaient aux Bretons et aux !N"ormands) ne venaient à leur rencontre quc: dans un esprit de lucre et d'avarice, et qu'ils craignaient fort qu'on ne voulût leur tendre un piège, pour avoir meilleur marché de leurs pelleteries. Champlain les rassura, leur disant que ces traiteurs avaient à la vérité chacun leurs intérêts particuliers, mais qu'ils appartenaient tous à un même chef et roi, ce dont Savignon pouvait leur rendre témoignage, et qu'ils pouvaient se tenir en aussi grande assurance qu'en leur propre pays. Le 18 de juillet, la traite étant tinie, Champlain alla rejoindre Pontgravc, qui était descendu à Tadoussac dr xiis quelques jours, et s'embarqua, pour la France le 11 d'août, sur le vaisseau du capitaine Thibault, de La Eochelle, où il arriva le 10 septembre IGll.

57. Ce fut au retour de ce voyage que Champlain. commença à publier le second volume de ses voyages^ lo plus intéressant de tous par les détails qu'il renferme Bur les premières années de notre histoire, et surtout. par les nombreuses cartes qui l'accompagnent. Il le compléta après son voyage de 1613.

58. M. do Monts, on perdant son maître Henri lY, avait perdu son plus ferme soutien, et, malgré sa bonne volonté, il n'était plus en état de rien entreprendre. Il remit à Champlain tous les intérêts qu'il pouvait prétendre dans la société, et l'autorisa à contracter en son nom pour telle somme qu'il jugerait à propos. Champlain se rend à la cour, dresse un mémoire, le communique au président Jeannin, qui voulut bien se charger de faire valoir ses raisons au conseil. Mais, prévoyant les obstacles que ne manqueraient pas de lui susciter tous les mécontents, il jugea opportun de mettre son entrej^rise sous la protection de quelque personne considérable, dont le nom put lui assurer la bienveillance de la cour. Il s'adressa xiu comte de Soissons (Charles de Bourbon), qui, souriant à la pensée d'être le père de la NouvcUc- Prancc, se fit donner par la reine régente toute l'autorité nécessaire, et le nomma son lieutenant, -pur ■commission du 15 octobre 1612.

59. Comme Champlain se disposait à faire publier les lettres du roi par tous les ports et havres do Prance, la mort du comte de Soissons vint tout à coup ruiner toutes ses espérances. Heureusement que le prince de Condé voulut bien se charger d'une si généreuse entreprise, et le continua dans l'emploi <lont le comte de Soissons l'avait honoré. La commission qu'il lui octroya, l'autorisait à sait^ir toua ceux que l'on prendrait à faire la traite sans permission depuis Québec en remontant le fleuve. Ce privilège, lui suscita une oj^position formidable, qui le retint en France toute l'année 1612. Enfin, no pouvant obtenir davantage, il 2)artit au printemps do 1613 avec un simple passe-port du prince de Condé pour quatre vaisseaux, trois de Eouen et un do" La Eochelle, mais avec la condition qu'ils lui fourniraient chacun quatre hommes, pour l'aider soit à l;t poursuite de ses découvertes, soit à l'accomplissement de la promesse qu'il avait faite aux sauvages en 1611, de les secourir contre leurs ennemis.

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