‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 16 sur 59 · MONTMAGNY · texte numérisé non relu

MONTMAGNY

CIIAPITEE YI,

FcnJaticn ùo riIôtcl-Dicu et dos Ursulincs do Québec— l'ondatlon de Monti'cal — Fort de Richelieu— Incursions des Iroriuois — Paix des T.ois-llivièrcs — Mort du P. Jogues et do Lalande.

10(3. Deux choses manquaient encore à la colonio : un hôpital et une école pour l'instruction tics lilles. La duchesse d'Aiguillon se chargea clle-inôine do la fondation de riïôtel-LHeu de Québec, et obtint de la communauté de Dieppe trois hospitalières : les mère^i Saint-Ignace, Saint-Ecrnard et Saint-Eonaventure. La seconde institution fut entièrement l'anivre de la providence, qui la lit naître et réussir lorsque les amis et protecteurs du Canada la croyaient impossible. Une jeune dame de condition et de beaucoup de piété, surmontant courageusement les obstacles, que lui opposaient les craintes de sa famille et lespréjugés du monde, consacra ses biens et sa personne à la fondation du couvent des Ursulincs de Québec, qui a si puissamment contribué jusqu'à nos jours à répandre dans le sein de la famille canadienne ce parfum de bonne éducation et de savoir-vivre qu'on ne s'attend à trouver d'ordinaire que dans les pays. les plus ])olicés. Elle s'associa la mère Marie de rLicarnation, religieuse de Tours, rcnuirquable par ses talents en tout genre et surtout par ses admirables vertus, qui lui ont fait donner le nom de Thérèse du Canada (1). Celles qui lui furent données pour compagnes, furent les mères Marie de Saint-Joseph et Cécile de la Croix.

107. Le jour de l'arrivée des religieuses (1 août) fut une fête pour toute la ville ; les travaux cessèrent, et

(1) Le Canada a toujours conservé une te'lo vénération pour la mémoire de cette sainte religieuse, que dernièrement Mgr rArchcvèqno de Québec a cru devoir procéder aux travaux préliminaires du jirocôs de sa canonisation. Ses LcttrcH Sj)i'rilucl/cs (t Ilintoriqru:; fcnt en ir.ê'nctemps un monument de sa foi ardente et l'uno des sources les plu» précieuses de notre histoire.

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les boutiques furent fermées. Le gouverneui' reçut ces héroïnes sur le rivage, à la tète do ses troupes et au bruit du canon. Après les premiers compliments, il les conduisit, au milieu des acclamations du peuple, à l'église, où l'on chanta un Te Deum solennel. ^Ensuite elles allèrent ensemble au village de Sillery ; à la vue des cabanes sauvages, ces saintes filles, loin de fie rebuter, se trouvèrent saisies d'un nouveau transport d-e zèle, et témoignèrent une grande impatience de commencer l'exercice de leurs fonctions. Après ces premières visites, les religieuses des deux instituts s'embrassèrent tendrement, et se séparèrent, pour s'aller renfermer chacune dans leurs cloîtres. Le bâtiment des TJrsulines n'était pas encore commencé, et l'on avait à peine jeté les fondations de celui des hospitalières; il fallut donc leur trouver un logement. Monsieur de Montmagny prêta aux hospitalières une assez belle maison toute neuve, appartenante à la compagnie, et qui se trouvait près du fort Saint- Louis (1). Les Ui'sulines allèrent se renfermer temporairement à la basse ville dans une petite maison de deux j^ièces appartenant à M. Juchereau des Châtelets, et située sur un quai auj^rès du magasin.

108. Tant de secours spirituels venus de France tout à la fois, ne pouvaient manquer de donner un nouvel élan à la colonie, si l'on avait seulement soutenu ces 2)remières démarches. Mais la compagnie des Cent- Associés demeurait dans une telle inaction, que les missions et les communautés, qui devaient tirer leur principal appui de la colonie, en étaient presque les seuls soutiens. La guerre recommençait plus vivement que jamais entre les Troquois et les Hurons ; et ce qu'il y avait de plus malheureux, c'est que le gouverneur, loin d'être en état de secourir les alliés, se voyait tous les jours exposé à recevoir de nouveaux affronts de la part des Iroquois, faute d'avoir

(Vi Cette maison était située sur un terrain qui demeura longtemps une dépendance de la Sénéchaussée (le palais de justice), et qui fut concédé plus tard aux RécoUcts. C'est l'emplacement actuel de la cathédrale anglicane.

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seulement quelques centaines d'hommes pour tenir ces barbares en respect. Ce déplorable état de choses engagea plusieurs personnes recommandables par leur piété à former une société pour le soutien de la religion catholique en Canada et pour la conversion des sauvages. Elle se proposait de former dans l'ile de Montréal une bourgade française bien fortifiée et à l'abri de toute insulte. Les pauvres y^ devaient être reçus et mis en état de subsister de leur travail. On projeta de faire occuper tout le reste dé l'île par des sauvages, de quelque nation qu'ils fussent^ pourvu qu'ils fussent chrétiens, ou voulussent le de-^ venir, et l'on était persuadé qu'ils y viendraient en grand nombre, tant jjour y trouver un asile assuré contre les poursuites de leurs ennemis, que pour être plus promptement secourus dans leurs maladies ou: dans la disette.

109. Deux hommes d'une éminente piété, Jérôme le Royer de la Dauversicre, receveur des finances à La Flèche, et M. Olier, fondateur de la compagnie de Saint-Sulpice, eurent presque en même temps la pensée de cette fondation. Le premier, venu à Paris avec le baron de Fancamp, gentilhomme riche et charitable qu'il avait associé à l'entreprise, y fit l'heureuse rencontre de M. Olier, qui de son côté s'était senti inspiré de travailler à la mCme ccuvre. Dès lors fut formé le noyau de l'association nommée^ depuis <r Société de I^otrc-Dame de Montréal. j>

110. L'ile de Montréal était déjà conccdce à M. de Lauson. Il fallait donc commencer par acheter cette île. M. de la Dauversicre, qui avait échoué dans unepremière tentative, réussit enfin à l'obtenir, piir l'entremise du P. Charles Lalcmant, et le contrat en fut passé à Vienne le 7 aoiit 1C40. Mîtis, lorsque MéoLJ'crir .3 de la Compagnie de la Nouvelle-France ap]:rii'ci:t cette cession, ils déclarèrent que, M. de Lauson n'uyrnt' point satisfait à ses engagement , l'^Ic appartciii/^ L la compagnie comme au]-)r.ravr.ntw Pen uadJ;: ii ..iimoins des bonnes dispositions de la nouvelle sociéti,', ils lui accordèrent volo '"' •. v.n nouveau titre de*

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propriété, le 17 décembre de la même année. L'année suivante (1641), X. de MaisonneuN'c, gentilhomme champenois, Tun des associés, amena plusieurs familles de France. Il était accompagne d'une fille de condition, nommée Mademoiselle Manse, destine e à prendre soin des personnes de ton sexe. Comme la saison était avancée, ils passèrent l'hiver à Québec, M. de Maisonneuve L^e contentant d'aller visiter l'ile^ et d'y donner des ordres pour construire une chapelle, avec quelques habitations. ^L. de Montmagny et le supérieur des Jésuites l'y accompagnèrent et le proclamèrent gouverneur de Montréal le 15 octobre. Au printemps de 1642, la petite colonie débarqua dans l'ilc, le 17 mai, à l'endroit appelé depuis la Pointe-CalUères. La messe y fut célébrée par le supérieur des Jésuites, et toute l'ile fut mise sous la protection de la sainte Vierge. Cette cérémonie avait été précédée d'une autre, trois mois auparavant, c'est-à-dire, au commencement de février : un jeudi matin, les associés s'étant rendus à Xotre-Dame do Paris, ceux qui étaient prêtres y dirent la messe, les autres communièrent à l'autel de la sainte Vierge, et tous supplièrent la reine des anges de ]n'cndre l'île de Montréal sous sa protection. Enfin, le 15 août, la fête de l'Assomption fut solennisée dans cette île avec un concours extraordinaire de français et de sauvages. La nouvelle ville reçut le nom de Yille-Maric.

111. Outre l'influence religieuse que la fondation de Montréal, était destinée à produire au milieu des infidèles, .on assurait encore d'une manière trèscflScace les communications avec la nation huronnc et les autres peuples de l'ouest. Mais il restait toujours aux L'oquois une porte ouverte dans le pa^'s, tant qu'on ne leur fermerait pas la rivière par lacpiclle ils faisaient presque toujours leurs incursion:; dévastatrices. M. de Montmagny fit donc b^^ir un fort à l'entrée do la Hvière de Sorel. L'ouvrage fut achevé en peu de^ temps, quoi que pussent faire !e])t, cents iroquois qui vinrent fondre" sur les .trayuillcuÀ'o' lorsqu'on y pensait le moiir , lirais qui .furent repousses

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