‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 17 sur 59 · MONTMAGNY. [1G · texte numérisé non relu

MONTMAGNY. [1G

avec perte. On donna à ce fort le nom de Kicliclieu (1), qu'on faisait déjj'i porter à la rivière même, et on y mit une assez bonne garnison.

112. Malgré les heureux efTets que produisirent l'établissement de Montréal et du fort de Ivichclieu, les Iroquois, assurés de l'appui des Hollandais do Manhatte (New- York), qui leur fournissaient des armes et des munitions, n'en continuèrent j^as moins pendant quelques années leurs courses et leurs brigandages ; les rivières et les lacs étaient infestés do leurs partis, et le commerce ne pouvait plus se faire sans de très-grands risques. Le P. Isaac Jogues, qiii avait reçu l'ordre de descendre à Québec pour une affaire importante, tomba entre les maina de ces barbares, et eut à souifrir les ])lus horribles traitements; il ne dut son salut qu'à l'intervention d'un officier hollandais, qui fut touché de son sort, et qui était bien aise d'avoir cette occasion de faire plaisir au chevalier de Montmagny, dont il avait reç^u quelque service. Deux ans après (1644), le P. Bressani fut pris aussi par les Iroquois, et traité avec autant d'inhumanité. Le supérieur des missions huronnes n'osant proposer à personne de descendre à Québec, quoiqu'on n'eût reçu aucun secours depuis trois ans, et qu'on m.anquàt de tout, ce généreux missionnaire s'ofirit pour cette périlleuse entrej^rise. Le voyage fut assez heureux jusqu'aux Trois-lvivières ; mais, le canot où ' était lo missionnaire ayant fait naufrage, il fut pris par les Iroquois avec tous les hurons qui l'accompagnaient. Après avoir enduré les tourments les plus atroces, il fut donné à une matrone, qui le traita fort humainement ; celle-ci le vendit aux Hollandais, qui le firent panser, et lui donnèrent passage sur un vaisseau d'Europe (1645).

113. Quelque temps après la prise du P. Bressani, M. de Champflour, gouverneur des Trois-Eivièrea, manda à M. de Montmagny que des hurons venaient d'arriver

(1) Le nom de Sorel, qu'il porte aujourd'hui, est celui d'un capitaine du régiment do Carignan, qui rebâtit le fort en 1665, et en fut commandant.

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