‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 20 sur 59 · DE LAUSON · texte numérisé non relu

DE LAUSON

où ils avaient résolu de fairo^lciil''prctr^ièrc attnquc, un liuron et un algonquin furent détachés 2)0ur aller à la découverte. Ces deux hommes s'étant séparés, le huron tomba dans un parti iroqiiois, et, pour sauver fia vie, ne fit point difficulté de trahir sa nation et so3 alliés. Il eut même la perfidie de servir de guide aux Agniers, qui allèrent au-devant des chrétiens, et les trouvèrent tous endormis. Ceux-ci ne s'éveillèrent <3[u'au bruit d'une décharge de mousqueterie, 6t, Comme les Ii-oquois avaient eu le temps de choisir ceux sur -qui tomberaient leurs premiers coups, les plus braves •des confédérés restèrent morts sur la j^lace, avant .qu'aucun de leur troupe eût pu courir aux armes. Ils furent tous tués, ou pris, et brCdés, à l'exception do deux, qui rapportèrent les circonstances de cette triste aventure.

^ CIIAPITEE YIII.

M. iJlo Laason gouverneur — Progros de li colonie de Montréal — Arrivco de 'a Soeur Bourgeois — Incursions des Iroquois, et pourparlers do palx^Los hurons de l'île d'Orléans se réfugient sou3 la fort de Québec — M. de Lauson remplacé temporairement par M. de Caarny, puis par M. d'Aillcboust — Le vicomte d'Argcuson gouverneur— Les liurons.se réXugient à Québec.

126. L'année 1G50, si funeste à la Nouvelle-France j)ar la destruction des Ilurons, et par tous les malheurs qui en furent les suites, finit par le changement de gouverneur général. M. de Lauson, un des principaux membres de la compagnie des Cent-Associés, fut nommé pour succéder à M. d'Ailleboust, dont les trois ans étaient expirés ; mais il n'arriva à Québec que l'année suivante. M. d'Ailleboust laissa sans regret une place où il ne pouvait être que le témoin de la désolation de la colonie, et dont on ne le mettait point en état de soutenir la dignité. Le nouveau gouverneur avait toujours eu plus de part que personne aux afi'aires de la compagnie ; c'était lui principalement qui avait ménagé en Angleterre la restitution de Québec ; sa

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piété, sa droiture, ses bonnes intentions étaient connues, et il avait paru s'intéresser beaucoup à ce qui regardait le Canada. Mais il le trouva dans une situation bien déplorable. Les Iroquois, enhardis par /eurs victoires, commençaient à ne plus regarder les forts et les retranchements français comme des barrières capables de les arrêter ; ils se répandaient en grandes troupes dans tout le pays, où personne n'était plus en sûreté contre leurs insultes. Un de leurs partis s' étant approché des Trois-Eivières, M. Duplessis-Bochard, qui en était gouverneur, voulut marcher contre eux en personne. On eut beau lui représenter qu'il s'exposait inutilement ; qu'il n'y avait rien à gagner contre un ennemi qui n'avait rien à perdre ; il ne consulta que sa valeur, et risqua une sortie. Mais il eut le sort qu'on lui avait annoncé ; il fut tué, et sa mort, en privant la colonie d'un bon officier, ne fit que donner un nouveau relief aux armes des Iroquois. Ces barbares 2)énétrjèrent mémo jusque chez les bons sauvages du Kord a2)pelés les Atticamègues, ou Poissons-Blancs, où ils ne laissèrent pas un village dont ils n'eussent égorge ou dissipé les habitants. Le P. Buteux, qui retournait y consoler ses néophytes, fut imjîitoyablement massacré avec ses conducteurs.

127. L'ile de Montréal n'était pas l'un des postes les moins exposés à ces incursions. M. de Maisonneuve fut obligé d'aller à Paris chercher les secours qu'il ne pouvait obtenir par ses lettres. Il en revint en 1653 avec un renfort do cent hommes, et accompagné d'une pauvre et sainte fille, nommée Marguerite Bourgeois, qui a rendu son nom cher à toute la colonie par l'institution des sœurs de la Congrégation.. Cette généreuse fille entreprit de procurer à la ville naissante de Montréal ce que les Ursulines faisaient déjà avec tant de fruit à Québec et dans toute la colonie, c'est-à-dire, de donner à toutes les personnes de son sexe une éducation soignée .cj^^ V^'uiment chrétienne. . -.f .-

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