‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 21 sur 59 · DE LAUSON. V · texte numérisé non relu

DE LAUSON. V

garantir Montréal de toute surprise, lorsque soixante onnontagués parurent à la vue de son fort. Quelquesuns se détachèrent, et, s'approchant avec beaucoup de confiance, firent signe qu'ils voulaient parler» Leur petit nombre fit qu'on n'eut aucune peine à les introduire dans la place, et ils déclarèrent que leur canton était disposé à la paix, si on voulait traiter avec eux. Ils accompagnèrent cette proposition de présents, et M. de Maisonneuve, en les acceptant^ leur fit observer combien la nation française était éloignée de cette perfidie dont ils avaient donné tant de preuves, et combien il lui était facile, en cette rencontre, d'user de représailles, comme leur conduite passée lui en donnait le droit. Ils convinrent do tout, et assurèrent que dans ])e\i on aurait des preuves certaines de leur sincérité. Ils partirent aussitôt pour aller communiquer à leurs anciens les propositions du gouverneur, et, ayant pris leur chemin par Onneyout, ils engagèrent les chefs de ce canton à se joindre à eux. Les Go^^ogouins firent la même chose, et envoyèrent en leur nom des députés à Montréal avec un collier, pour avertir le gouverneur que cinq cents agniers étaient en campagne, et en voulaient aux Trois-Eivières. M. de Lauson, à qui M. de Maisonneuve fit part de ces nouvelles, arma en diligence tout ce qu'il put trouver de hurons. Ceux-ci, ayant joint une nombreuse troupe d'agniers assez avantageusement postés, l'attaquèrent avec tant de résolution, qu'ils en tuèrent un grand nombre, firent prisonnier le chef et plusieurs des principaux, et mirent le reste en fuite. Un autre parti d'agniers avait été plus heureux. Il s'était avancé jusqu'aux portes de Québec, où, pendant tout l'été, il fit de grands ravages, massacra plusieurs français, et fit quelques prisonniers, parmi lesquels fut le P. Poncet,. qui ne fut pas plus épargné que le P. Jogues et le P. Bressani, jusqu'à ce qu'on eût appris que la paix était Bur le point de se conclure. Cette nouvelle changea en un moment l'état du prisonnier : on le régala ; on le conduisit en triomphe dans plusieurs

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