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oiitro le nouveau gouverneur M. de Courcelles, l'iutendaut Talon, nommé à la place de M. Iiobert, qui ne vint point en Canada, un grand nombre de ûimilîes et d'artisans, quantité de troupeaux, en un mot une colonie j^lus considérable que celle qu'on venait renforcer.
,X49. Le gouverneur et l'intendant étaient pourvus "jd'une commission les autorisant à informer, conjointement avec le marquis de Tracy, contre M. deMésy, avec ordre de lui faire son procès au cas qu'il fût trouvé coupable. Mais le jugement do Dieu avait devancé celui des hommes ; M. de Mésy était mort le 5 de mai, après s'être réconcilié avec l'évéque et le clergé, et avoir fait une réparation solennelle du ;5candale qu'il avait donné.
150. Le vice-roi ne perdit pas de temps ; dès qu'il eut reçu ces divers secours, il se mit à la tète de toutes ses troupes, et les mena à l'entrée de la rivière Richelieu, où il les fit travailler en même temps à la construction de trois forts. Le premier fut bâti à l'endroit même où se trouvaient les ruines de l'ancien fort de Eichclieu, bâti par M. de Montmagny, et il fut appelé Sorel, du nom du capitaine qui en re^ut le commandement. Le second prit le nom du capitaine de Chambly, qui en eut la direction, et fut construit au pied du rapide qui porte le même nom. M. de Salièi-es se chargea du troisième, qu'il appela fort Sainte-Thérèse, parce qu'il l'acheva le jour de la fête de cette sainte ; ce fort fut placé trois lieues 2)lus haut que le second. Litimidés par ces préparatifs, les trois cantons d'Onnontagué, de Goyogouin et de Tsonnontouan, envoyèrent des députés solliciter la paix. Le marquis de Tracy, qui était revenu à Québec au mois de décembre, les accueillit avec bonté, leur accorda leurs demandes, et les renvoya chargés de présents.
151. Le silence des deux autres cantons d'Agnié et d'Onneyout, et plus encore leur conduite passée, ne laissant aucun doute sur leur mauvaise volonté, le marquis, quoique dcgà plus que septuagénaire, rc-
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soliit de leur montrer qu'on était en état de leS' punir de toutes lem-s insultes et de leurs perfidies. Dès que la saison le lui permit, il marcha contre eux à la tête de six cents soldats de Carignan, d'un pareil nombre de canadiens et d'une centaine de sauvages. A son approche, les Agniers prirent la fuite, et ne laissèrent aux Fi-ançais que de bellea cabanes à brûler, et d'énormes monceaux de maïs. M. de Tracy aurait bien voulu traiter pareillement le c-antoa d'Onneyout ; mais la fin d'octobre approchait, et, pour peu qu'il eût différé son retour, il aurait couru risque de trouver les rivières glacées, et d'être liarcelé dans sa retraite par un ennemi qu'il avait irrité sans l'affaiblir beaucoup. Les chemins étaient même déjà assez mauvais, et les troupes y eurent beaucoup à souffrir. Arrivé à Québec, le vice-roi fit pendre, pour l'exemple, deux ou trois des prisonniers, et renvoya les autres.
152. Le dernier acte d'autorité que fit lo ma7*quis de Tracy, avant de repasser en France, fii^ d'établir la compagnie des Indes Occidentales dans tous les droits de celle des Cent- Associés. Cette nouvelle compagnie, n'ayant pas assez de connaissance des sujets propres à remplir les premiers postes, avait prié le roi d'y pourvoir, en attendant qu'elle fût e llc-mème en état d'exercer ses droits. On en espérait beaucoup ; mais elle ne prit guères plus à cœur les intérêts de la colonie.
CIIAPITEE n.
Ta mission du saut Saint-Louis — Services rendus à la colonie paf M. Talon — Partie du régiment de Carignan so fixe dans le pays — Ouverture du petit séminaire de (Québec — M. Talon remplacé par M. de Bouteroue — M. de Courcelles réussit à maintenir les nations sauvages en paix — Erection de l'évêché de Québec — M. Porrot gouverneur de Montréal — Retour des RécoUets avec M. Taloa — Nicolas Pcrrot, et les Pays d'en haut — Projet du fort de Cataracoui — M. de Courcelles repasse en France.
153. Les puissants secours que le Canada venait de recevoir, l'empêchèrent, il est vrai, de retomber dans