CHAPITRE lY
M. de .DcncnyiHe gouverneur — La guerre contre les Iroquois dôcid 'c — Lo colonel Dongan — Exploits des trois frères Saint-nc'itne, d'Ibcrvilio et Mnricourt à la baie d'Hialson — Injuste arrestation (les e!,cfs iroquois — Expédition de M- de Dcnouviiîe — Eort de \Niagara — Conditions de ))aix suggérées aux Iroquois par Dcngn)-. — Le Rat, ou Kondiaronk ; ses intrigues — Massr:c:c do Lacbinc.
KA). Le l'oi comprit qu'il faiblit donner un successeur à M. de la Barre, et fit clioix du marquis de Denonvillc, colonel de dragons, également estimable pitr sa valeur, sa droiture et sa piété. La connaissance qu'il prit des affaires du Canada* pendant l'hiver, le contirma dans la pensée qu'on n'aurait jamais les Iroquois pour amis, et cjue pour n'avoir pas toujours sur les bras un ennemi fi incommode et si dangereux, ib fallait ou le détruire, ou l'humilier dételle sorte qu'ilnc fut plus tenté de rompre la paix. Il s'occupa donc de pousser vigoureusement la guerre contre eux, et- .amassa de grosses provisions à Cataracoui. Le colonel*. Dongan, homme le plus actif et le plus vigilant qu'il' y eut en Amérique, informé de ces mesures, écrivit à ' M. de Denonville, que tant de préparatifs annonçaient à des dispositions hostiles ; que les Iroquois étaient Hujets britanniques ; que Niagara et tout le ])ays au 8ud des lacs appartenait à la Nouvelle-York, et qu'on allait cnfi-eindre la ])aix qui régnait entre les deux nations. Le gouverneur lit réponse, qu'ayant une grosse garnison à Cataracoui, .^1 avait besoin d'y
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porter beaucoup de vivres et de r.uiiiilions ; ({ue le transport n'en était pas facile dans toutes le.3 fc;ai.soii;i, Gt que les prétentions de l'Angleterre sur le j)ay.s étaient mal fondées, puisque les Français en avaient pris possession avant qu'il y eût des anglais dans la J*^ouvelle-York. Là-dessiis, le colonel Doniz'an mande à Orange (Albany) les députés iroquois, leur annonce que le gouverneur du Canada est déterminé à leur faire la guerre, et les exhorte à le prévenir. Le Père de Lamberville, missionnaire chez les Onnontagués, détourna pour un temps l'orage, en empêchant les Iroc[Uois de courir aussitôt aux armes ; mais on peut dire que ce furent les conseils du colonel Dongan qui commencèrent la ruine de la puissance française en Amérique.
ITO. Les préparatifs que faisait M. de Denonville contre les L-oquois, ne l'empêchèrent poirit d'envoyer un parti de quatre-vingts hommes à la baie d'IIudson, pour y reprendre les postes surpris par les Anglais. Il mit à la tète de cette petite troupe le chevalier de Troie, ancien capitaine et homme de résolution. Les . célèbres Saint-IIéïène, d'Iberville et Maricourt, tous trois fils de ^I. Lemoyne, voulurent être de la partie. Cette petite troupe partit de Québec au mois do mars 1G86, et se rendit par terre au fond de la baie d'IIudson, où elle lit des 2^i'<^diges d'adresse et d'intrépidité. Le premier exploit fut la prise du fort Monsipi, où l'on fit 16 prisonniers de guerre, et où. Ton trouva douze canons de huit et de six, avec plusieurs milliers de poudre et de plomb. D'Iberville s'embarqua ensuite avec neuf hommes dans deux canots d'écorce, et alla aborder un petit bâtiment où il y avait quatorze hommes et le général de la baie en pei'sonne ; ils firent peu de résistance, et se rentiirent sans autre condition que la vie sauve. Bans le même temps, Saint-Hélène, qui avait été détaché avec cinquante hommes, rencontra à la côtj bâtiment qui n'était point gardé. Il s'^j^^^ç^,^j|5jf^ avec sa troupe et fait voile vers le for la j-ivière Némiscau, débar([n<' sans r^r'ttlttlltOTMECA
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monte à rassaut, J^a garnison, étonne o ilc cotto hardiesse, demanda quartier, et -mit hua les arme><. Il n'y eut personne de tué. xYprès 'cette seconde conquête, tous les Français se réunirent et s'embarquèrent sur les deux prises, et allèrent pi'endrc le fort de Quitchitchouen, ou Sainte-Anne, qui ne leur coûta qu'un peu de poudre et quelques boulets de canon. La garnison fut envoyée au port lî^elson, sur un bâtiment qu'on lui donna. Cette brillante expédition valut aux Français toute la partie méridionale de la baie d'Hudson.
171. M. de Denonville continuait toujours ses préparatifs contre les cantons. La cour lui avait donné Tordre inique et imprudent d'envoyer en France les prisonniers de guerre iroquois, pour les mettre aux galères. M. de Denonville, se voyant tous les jours exposé aux incursions de cet impitoyable ennemi, crut qu'il lui était permis d'user de tous les moyens avec des barbares qui eux-mêmes se dispensaient des règles ordinaires. 11 attira, sous divers prétextes, les principaux chefs iroquois à Cataracoui, les fit prisonniers et les envoya à Québec sous bonne garde, avec ordre au commandant de les embarquer pour la France. Ce qu'il y eut de plus malheureux dans cette trahison, c'est qu'on y avait impliqué deux saints missionnaires, les PP. de Lamberville et Milet, sans faire attention que non-seulement on înettait la vie de ces religieux en grand danger, mais qu'on décréditait aux yeux de ces sauvages Ki religion chrétienne.
172. Le marquis de Denonville. ayant bien concerté tout son plan de campagne, assembla dans l'ile de Sainte-Hélène, une armée de 2,000 hommes y compris 300 sauvages, et se mit on route le 13 juin 1687, sur 200 bateaux et autant de canots d'écorce. Uendu à la rivière des Sables, il éleva un retranchement, où il laissa 400 hommes, puis s'avança dans les terres. Après avoir- passé deux défilés très-dangereux, il rencontra dans. un troisième 8.00 Iroquois, qui furent A la fin rejK>Ussès. Quarante-cinq morls, qu'ils lais-