‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 35 sur 59 · îiî:.u;iiAi;xA[s. [n31-:î · texte numérisé non relu

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jN'iaguiM ; o.i iwi r. pondit que JS'iagiU'a avait toujour.; apparlcaii à \:i coiiroiiiie do France. M. Eurnct n\'H continua ])a3 moins ses travaux de fortilication, convaincu qu'Oswégo, tout eu assurant la traite de.; pelleteries à l'Angleterre, serait une protection pour les nouveaux établissements qui se formaient de ce côté.

2ûj. Par une espèce de représailles, M. de Beauharnais éleva, à la tète même du lac Chamj)lain, un autre fort sur la pointe à la Chevelure. Après avoir chargé M. de la Corne de bien examiner la position des lieux, il envoya, en 1731, le sieur de la Fresnière avec un détachement de soldats et d'ouvriers ])our exécuter les travaux. € Maîtres de la pointe à la Chevelure, écrivait M. Ilocquart, nous barrons le chemin aux Anglais, et nous sommes en état (\<^ tomber sur eux lorsqu'ils y penseront le moins. î

231. Le Canada, assez tranquille du côté de se.; ennemis, fut éprouvé, à cette époque, par plusieur.s calamités. En 1732, les inondations et surtout les tremblements de terre vinrent remplir les habitant;;de terreur. L'année suivante (1733), la petite vérole se répandit dans le pays, et y iit de tels ravages, que, dans le seul gouvernement de Montréal, il en mourut neuf cents personnes, et presque autant dans le reste du pays ; le nombre des malades était si grand, qu'il y en eut, à Québec, plus de deux mille, tant à l'Hôtel-Dieu, que chez les particuliers. Les religieuses hospitalières des trois villes montrèrent un dévouement et une charité sans bornes. Plusieurs personnes marquantes de la colonie moururent cette année ; de ce nombre furent MM. de la Chassagne, gouverneur de Montréal, Boullard, curé de Québec et ancien grand vicaire. L'année suivante (1734), on eut encore à regretter la mort du sieur Sarrasin, chirurgien du roi, aussi distingué par sa science, qu'estimé pour ses mœurs irréprochables, et ses bonnes qualités.

232. M. Ilocquart, travailla de tout son p)Ouvoir à remédier aux maux causés j)ar la maladie, la sus2)en-

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6ion des travaux qui s'ensuivit, et par la disette de blé. 11 employa un cerlalu nombre d'ouvriers aux fortifications cîe Montréal, d'autres à former le commencement d'une digue (1) dans la rivière Saint- Charles, afin de mettre les bâtiments à l'abri des vents de nord-est. Enfin il profita de la paix pour développer les ressources du pays, faire examiner et exploiter les mines. Le 12 octobre 1737, il annon- (^ait au secrétaire d'état que les forges de Saint- Maurice étaient sur le point d'entrer en opération, et que les fourneaux seraient allumés le 15 du mémomois. Une seconde forge fut bâtie prés de la première en 1739, sur les représentations de M. de Léry ; ce qui mit les associés en état de fabriquer .six cent mille livres de fer par année.

233. Cependant le \y>.\yïi se peu])lait de plus en plus, tant par l'accroissement naturel de la population indigène, que par l'émigration de France. En 1721, on n'y comptait que 25,000 habitants; et, en 1744, il y en avait 50,000. Dans l'espace d'une dixaine d'années (1732-42), il n'y eut pas moins de trente concessions de liefs ou seigneuries ; les chemins s'ouvrirent partout, et, en 1734, on put remonter envoiture de Québec à Montréal ; ce qui ne s'était point encore fait.

234. M. de Beauharnais s'occupait toujours des moyens d'achever la découverte " des pays de la mer de l'Ouest, " c'est-à-dire, des terres cà l'ouest des grands lacs. La Yérendrye se chargea de cette entreprise, de concert avec son frère et ses quatre fils. Il forma (1731) une compagnie de traite, j^our aider à payer les dépenses, et pénétra graduellement jusqu'au pied des montagnes Eocheuses, après douze ans de voyages et de traverses sans nombre (1743).

235. Louisbourg était devenu une source d'inquiétude et d'irritation pour les habitants de la Xouvellc- Angleterre. De ce j^ort, les corsaires français leur

(l) Ce commcnccmont do di^uo a ctô rcnfcrmS dr-ns lo quai du Palais.

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enlevaient les vaisseaux de coîr.nierce, et rendaient impossible la pèche de la morue sur le grand banCo iShirk\y, gouverneur du Massacluitsets, réussit à convaincre les colonies anglaise,} de la nécessité de ruiner cette place si importante aux Français, et si ennemie de leur ])ropre sûreté. Le commandant Pepperell fut chargé de conduire à File Royale le contingent des colonies, qui se monta à 4,000 soldats. Enfin le commodore Warren arriva d'Angleterre avec quatre autres vaisseaux de guerre. Louis bourg était gardé par 600 soldats et 800 habitants armés à la hâte. Par malheur, la garnison était restée en révolte permanente depuis le mois d'octobre précédent, par suite des injustices du commissaire ordonnateur le fameux Bigot, qui retenait aux troupes une partie de leur solde. Les Anglais s'approchèrent de la place avec assurance, et ne débarquèrent que dixhuit canons et quelques mortiers. La chaude réception qu'ils reçurent leur apprit bientôt à ne point mépriser les règles d'une prudence ordinaire. 11 eût suffi, en ce moment, de quelques sorties vigoureuses pour chasser, l'épée dans les reins, les miliciens de Pepperell ; mais les officiers français, trop jdcu sûr« de leurs soldats, les tenaient renfermés dans la place. On laissa ainsi au colonel Yaughan le temps d'établir ses batteries ; et, de son côté, le commodore "Warren^ qui venait de recevoir d'Angleterre un nouveau renfort de vaisseaux, crut pouvoir entrer dans le port, et commença le bombardement. Le 16 juin, les Anglais se disposaient à faire un assaut général, lorsque Duchambon, commandant de Louisbourg, se détermina à capituler, après un siège de quaranteneuf jours. La capitulation fut signée le lendemain, 17 juin 1745.

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cirAPiïiiP: xr.

Désastre de la flotte du duc d'Anvillc — Le uiarquis de la Jonquièro pris par les Anglais; Al- de la Galissonnière le remplace ad intérim — Commission des frontières — M. de la Jonquière prend possession de son gouvernement — ^a mort — M. Lemoyne de Longue uii administrateur— Diique^nc gouverneur — Campagne de \.\ hio ; assassinat de JumonviUe — Défaite de Washington au fort Nécessite.

236. La prise de Loiiisboiirg cau>a iino seiLsatiou 2)t''iiible eu Canada, et encore plus eu France. Ou pré])ara, eu 1746, un grand armement de 2)lii.s de quarante vaisseaux et de 3,000 homme-j de dcbarqueuient, dont le commandement fut conti;) auducd'Auville, et auquel devaient se joindre un corps do canadiens et de sauvages, que M. de l^amezay devait amener de Québec. A peine la Hotte avait-elle perdu de vue les côtes de France, qu'elle fut assaillie d'une tempête qui sépara les vaisseaux les uns des autres ; au bout de «trois mois, le duc arriva à Cliibouctou (Halifax), avec sept vaisseaux seulement, et, pour comble d'infortune, il y tomba malade, et mourut quatre jours après.

237. A la nouvelle des désastres arrivés à la flotte, 31. de liameza}', qui avait commence le si'^ge d'Annapolis, se retira, et alla prendre ses quartiers d'iiiver à Beaubassin. Les Anglais vinrent l'y attaquer ; mais, le 11 février 1747, ils furent complètement battus, et obligés de se rendre à discrétion. La victoire de Grand-Pré humilia les Anglo-Américains, et, pendant le reste de l'annce, laXouvelle-Angleterre fut impitoyaldemcnt ravagée.

238. Une nouvelle ilotte de trente bâtiments, chargé.^ de troupes et de provisions, escortce de six vaisseaux de ligne, fut conliée au numpiis de la .Jonquiére, nommé gouverneur général de la Nouvelle-France on remplacement de M. de l^eauhainais. Le 3 mai (1747), elle renconti'a, ;..ur le:; c')îes de la Galice, une

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