‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 43 sur 59 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le Canada sous le régime du conseil législatif — Campagne de 1777 — Succès et revers de Burgoyne — Haldimand gouverneur; sa conduite tyrannique — Il est rappelé — Ilamilton et Ilope lieutenants gouverneurs — Carleton, devenu lord Dorchester, revient en CanadA'.

328. Grâce à l'an-ivée des sept à huit mille homme» que le général Burgo^me amenait d'Angleterre, les forces que le Canada pouvait opposer à l'ennemi, se montaient alors à 13,000 hommes ; tandis que les ennemis n'en avaient en tout que 5,000, y compris les 1,400 qui venaient d'arriver sous les ordres du général Sullivan.

329. L'armée anglaise, commandée par Burgo^me,. était échelonnée sur les bords du Saint-Laurent ; le corps le plus avancé occupait Icm Trois-Rivières. Le général Sullivan crut qu'il aurait bon marché de cette petite ville, s'il l'attaquait avant qu'elle pût être^ secourue. Il y envoya prompiemcnt 1800 homme*

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hous les ordres du général Thompson ; ina»is, avant d'y arriver, les Américains rencontrèrent (8 juin) le brigadier Fraser à la tète d'un détacliement plus nombreux que le leui*. Il s'enRuivit un combat meui'trier, dans lequel Thom])son et le colonel Irwin furent laits prisonniers avec 200 des leurs, et le reste mis en fuite.

330. Les troupes royales s'avancèrent alors jusqu'à 8orcl, que les ennemis évacuèrent, en se repliant sur Ohambly. J3urgoyne continua à les poursuivre. Sullivan, se voyant presse, mit le feu au fort de Chambly, et retraita au fort Saint-Jean, où le rejoignit Arnold avec la garnison de ]Montreal, qui avait été sur le point d'être interceptée par les troupes que commandait le gouverneur. Il fallut encore brûler Saint- Jean. L'ai-niee amcricaine se replia successivement sur l'ile aux Noix, sur Saint-Frédéric et sur Carillon, d'où elle était partie huit mois auparavant.

331. Xon content d'avoir repousse les Américains hors des frontières, Carleton jugea qu'il était de la plus grande importance de commander la navigation du lacChamplain. Il y lit monter et armer trois vaisseaux, qui avaient été envoyés d'Angleterre par pièces prêtes à assembler, et inie vingtaine de chaloupes canonnières, outre un grand nombre d'autres embarcations. Cette flottille fut confiée au capitaine Pringle. Les Américains, de leur côté, armèrcîit deux corvettes, deux brigantins, et une douzaine de petits bâtiments, dont ils donnèrent le commanden\ent au géjiéral Arnold. Les deux armées navales .se i\}n contre rent le 11 octobre sous l'ile de Yalcourt. Le combat fut assez rude ; mais, comme le vent était «.'ontraire aux Anglais, Pringle ordonna la retraite. Deux jours après, la tlottille anglaise, profilant à son tour d'un vent favorable, vint attaquer Aniold jusque .vous les batteries de Saint-l'redcric. Quatre des IjatimeiilH amt-ricains ])rirent la fuite, un cinqtiième ameiia pavillon, et Arnold, après avoir fait cchouer lo reste K\n' le rivage, y mit le ïvn, fitîîauti-r le l'ort, et f-v r<t ira à Carillon.

332. Cependant, le général Burgoyne était passé en Angleterre pour y concerter avec les ministres le plan de la prochaine camj^agne. Burgoyne était un officier d'une ambition et d'une suffisance que ses talents militaires étaient loin de justifier. Enflé de ses succès contre Arnold, il réussit à faire adopter le projet d'envahir la Nouvelle-York par mer et par terre, et à se faire donner le commandement de cette exj^édition, de j)référence au général Carleton. De retour à Québec le 9 mai 1777, il s'empressa de termiier ses préparatifs, et de faire parvenir au lac Champlaiu tous les approvisionnements nécessaires ; Carleton, quoique désappointé de n'avoir pas été chargé de cette expédition, ne laissa pas de le jseconder avec zèle. Burgoyne partit avec 9,000 hommes, pour opérer sa jonction avec le général îlowc. Après quelques succès, sur le lac Champlain, il approchait d'Albany, lorsqu'il fut battu deux fois de suite, forcé de rétrograder jusqu'à Saratoga, où il fut cerné par des forces supérieures, et obligé de poser les armes, le IG octobre, avec les 5,800 hommes qui lui restaient.

333. Carleton, laissant au général Burgoyne le soin de soutenir l'honneur des armes anglaises, j^ut s'occuper plus librement de l'administration intérieure, qui demandait de nombreuses réformes. La guerre avait emj^èché la réunion du conseil législatif en 1776 ; il le convoqua de nouveau en 1777. Le conseil passa plusieurs mesures, dont les plus importantes avaient rapport à l'administration judiciaire, et à la milice. Sur ce dernier point, les ordonnances du conseil renfermaient des dispositions tout à fait tyranniquc^, assujettissant tous les habitants à un ser-

"t vice rigoureux pendant un temps indéfini, à fairo 4 les travaux de leurs voisins employés à l'armée, et à •} remplir gratuitement d'autres charges considérables BOUS les peines les plus sévères. Par cette conduite, le gouvernement, qui avait encore à compter avec les anglais mécontents de l'acte de Québec, s'aliénait do plus en plus les Canadiens, au lieu de leur faire

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