‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 48 sur 59 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Guerre de 1S12 — Pr<jvost gouverneur— Campagnes de 1813 et de 1814— Traité de Gand — Mort de Prévost,

36G. Ti-ois mois après \o départ de Craig, arriva à Québec son successeur 8ir G-eorge Prévost, ancien militaire suisse d'origine, gouverneur de laXouvelle- Ecosse. C'était un homme sage, modéré, possédant cette droiture et cette impartialité qui seules pouvaient ramener le calme dans les esprits.

367. En arrivant, Sir (reorgc Prévost travailla à faire oublier les anciennes animosités. et à s'attacher les Canadiens par une entière confiance en leur fidélité, ^r. Bédard, si maltraité par Craig, fut noinmé juge des Trois-Rivières, et M. Bourdages, colonel de milice. Bientôt la plus grande sympathie s'établit entre le peuple et lui. Aussi obtint-il tout ce qu'il demanda pour la défense de la province en cas d'une rupture ouverte avec les Etats-Unis. Le parlement vota libéralement l'argent nécessaire, autorisa le gouverneur à lever 2,000 hommes de troupes, et, en cas de besoin, à mettre sur pied toute la milice disponible.

WS. Prévost chercha encore à reiratcncr les l)onnes grâces du clergé, qu'il croyait mal disposé à l'égard du gouvernement, par suite dos tentatives im])rudentes de Craig. Il eut plusieurs entrevues avec Mgr Plessis. Celui-ci profita do ses bonnes dispositions ])Our faire reconnaitre pleinement l'existence légale du catholicisme en Canada; et, comme Prévost manifestait le désir de savoir sur-quel pied il serait convenable de mettre les évèques catholiques, ^Mgr Plessis lui présenta (1812) un mémoii'c dans lequel il exjwsait ce qu'étaient les évêquos avant la conquête, «•'c qu'ils avaient étu di'puis, et ce qu'ils devaient être à l'avenir pour l'avantage du gouvernemer.t et de la religion. ^.

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369. On apprit à Québec, le 24 juin, que les Etats- Unis avaient déclaré la guerre à la Grande-Bretagne. Quoique le Canada fut, jusqu'à un certain point, préparé pour la défense, on crut devoir adopter de nouvelles mesures de sûreté ; il fut ordonné à tous les citoyens américains qui se trouvaient en Canada, de quitter la province dans quatorze jours, ou de prêter serment de fidélité. Les chambres, qui avaient déjà siégé dans l'hiver, furent une seconde fois convoquées, et de nouveaux secours pécuniaires furent accordées au gouverneur. On permit l'émission d'un certain nombre de billets d'armée, qui furent déclarés monnaie légale, et payables soit en espèces, soit en lettres de change. La libéralité de la chambre sur passa même l'attente du gouvernement; il fut alloué £15,000 pour payer l'intérêt que pouvaient porte]ces billets d'armée, et une somme additionnelle de £2,500 j)Our subvenir aux frais de bureaux qu'occasionnerait cette mesure.

370. Les troupes américaines devaient attaquer Je Canada j)ar divers endroits. Le général HulL gouverneur du Michigan, s'avança, du côté de l'ouest,

, . . jusqu'à Détroit avec un détachement d'un peu plus

(t^. de 2,000 hommes, auquel on avait donné le titre

Xo^^pompeux d'armée de V Ouest, traversa la rivière, et

\j^l(jiJy'\^i camper à Sandwich. Avant qu'il eût rien fait

d'important, le général Brock, gouverneur du Haut-

' Canada, prorogea le parlement, et marcha à sa ren-

éjl . contre avec environ 300 réguliers, 400 miliciens et

fJOO sauvages. Hull, dont les forces, après un mois

d'inaction, avaient été encore réduites par la maladie

et par d'autres causes, crut j)lus prudent de repasser

le fleuve, et alla s'enfermer dans le fort de Détroit.

Broclv le suivit, et paru4.inopinément devant le fort.

Dégénérai américain, déconcerté, se rendit i)risonnier

sans coup férir avec son armée. Détroit, avec tout

le territoire du Michigan, tomba ainsi au pouvoir des

Anglais, qui firent un butin considérable.

371. L'armée du centre, commandée par le général V^'an Eenselaer, ne fut prête à prendre l'offensive que

vers la fin de l'été, et réussit, le 13 octobre uu poiut (lu jour, à s'établir sur les hauteurs de Queenston, /y /J/.< malgré le feu de l'artillerie anglaise. Le général l\\(fdf Brock accourut avec 000 hommes seulement, ])our ^ ûL. arrêter la marche des ennemis, rallia les grenadiers "^ en désordre, et les conduisit lui-même à la chai'gc ; lorsqu'il fut atteint d'une balle dans la poitrine, et mourut de sa blessure. . Le combat dura encore quelque temps ; mais il fut impossible de déloger l'ennemi. Les Anglais attendirent alors leurs renforts- Le général Sheafte, qui les amenait, laissant quelques hommes pour couvrir Queenston, cerna la position des Américains, les mit en désordre et les força à poser les armes au nombre de ]>rès de 1,000 hommes,^ 'jlV^

372. Il ne restait plus que l'armée du nord, com-zr^^^v*^ posée de 10,000 iiommes et commandée par Dear-^ .^A^ boni; quoiqu'elle fût plus forte que les autres, elle « ^^t^ ne fut pas plus heureuse. Comme Dearborn était en ^ marche pour se rapprocher de Montréal, il trouva

que le major Salabeny s'était fortifié à la rivière ,r\y Lacolle. Le matin du 20 novembre, 1400 fantassins /^ // et quelques cavaliers, passèrent la rivière en deux U^ ^ endroits à la fois pour cerner une des gardes avancées ^ (p^ de Salaberry ; mais, arrivées de l'autre côté, au I

milieu de l'obscurité, les deux divisions se prirent réciproquement pour l'ennemi, et se fusillèrent si bien que les troupes canadiennes n'eurent qu'à les laisser faire. Cette malheureuse méprise, et l'arrivée de nouveaux renforts du côté du Canada, déterminèrent la retraite de Dearborn.

373. Au printemps de 1813, les Américains résolurent de pousser la guerre avec vigueur, et divisèrent encore leurs principales forces en trois armées. Le général Ilarrison, chargé de l'armée de l'ouest, éprouva d'abord quelques échecs près de Frenchtown, où l'un de ses détachements fut défait par le général Proctor. A cette nouvelle, il rétrograda, et se retrancha dans le fort de Meigs sur la rivière des Miamis, où Proctor ne tarda pas à aller l'investii;, A peine le siège était-il commencé, que le général

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Clixy iirrivu au ;..ooour.s de Ilnrrison avec l'20O hommes ; il surprit et enleva k\\ hatiet-ies angluiseis, pendant que la o;ariii.son du fort iaiiuit une sortie. Mais Clay, s'étant trop attaclié à la poursuite de;^ sauvages, fut pris à dos par Proetor. qui lui ('ou])a la retraite, et lui fit 500 prisonniers.

374. Malgré ce succès, Proetor, trouvant le fort trop bien défendu, leva le siège, et se replia sur 8andusky, où il ne fut par; plus heureux. Après un premier assaut, dans lequel il fut repoussé, il se vit contraint de se retirer devant le général lïarrison, qui venait pour le prendre en queue.

375. Un grand point restait encore à décider, savoir, qui resterait maître de la navigation du lac Krié. Le capitaine Barchi}', avec six voiles et 63 canons, entrejDrit do bloquer les bâtiments américains dans le havre de la Presqu'île, où était le commodore î^erry avec neuf voiles et 54 canons. Les bas-fonds qui ferment l'entrée de ce havre, tinrent quelque temj^s l'ennemi prisonnier, en l'empêchant d'agir ; mais, Earclay ayant été obligé de s'éloigner un peu, les Américains en profitèrent pour gagner le large. Les deux flottilles se rencontrèrent le 10 septembre à Put-in- Eay. Après un combat de quatre heures, tous les vaisseaux anglais furent contraints d'amener leur pavillon les uns après les autres, et Barclay lui même, couvert <Ie blessures, tomba entre les mains du vainqueur.

37G. A la nouvelle de cette défaite, Proetor évacua Détroit, Sandwich et Amherstburg. Il se repliait vers le lac Ontario avec toute la rapidité possible, lorsque Harrison l'atteignit à Moraviantown et mit son armée complètement en déroute, après lui avoir fait six ou sept cents prisonniers. Le corps de Técumseh fut trouvé parmi les morts. La fidélité de ce fameux chef sauvage, son éloquence, son influence sur les tribiis de ces contrées, ont fait de lui le héros de cette guerre. La bataille de Moraviantown remit les Américains en possession de territoire qu'ils avaient perdu, et acheva de ruiner la réputation militaire de Proetor.

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377. Le.s o]>ei'ations de la campagiio n'étaient pas beaucoup plus satisfaisantes sur le lac Ontario. Le ^général Dearborri avait préjjaré dès le printemps une expédition contre la capitale du Haut-Canada, principal magasin des troupes anglaises. Il s'embar- «j^ua, le 25 avril, sur la flotte du commodore Cliauncey avec 1700 hommes, et débarqua deux jours après dans le voisinage de Toronto. Le général Sheatte voulut lui barrer le chemin ; mais il fut repoussé avec perte, et Toronto fut obligé de se rendre.

878. De Toronto, Dearborn dirigea ses forces sur le fort Cieorge, à la tète du lac Ontario, où commandait le général Vincent, et se concerta avec le commodore Chauncey, j^our attaquer à la fois par terre <U par eau. Après une canonnade de trois jours, et un \ <*oml>at livré sous les murs du fort, le général Vincent, 1 ne conservant plus d'espérance, démantela les fortifi- ^ cations, flt sauter les magasins, et se retira à Queens- ^ ton, puis de là vers Burlington, suivi de près par les Américains, qui se retranchèrent en face de lui. 5 ,Oux-ci, attaqués à l'improviste par le colonel Ilarvey ^ dans la nuit du 5 au b' juin, furent chassés de leur ^r^i~^ position, et perdirent les généraux Chandler et ci Winder, qui furent faits prisonniers.

870. Pendant ce temps, le généi-al Prévost, qui ^tait à l'autre extrémité du lac, profitant de l'absence de la flotte ennemie, attaqua Sacketts-IIarbour ; mais il fut repoussé. Cependant il réussit à débarquer plus loin, malgré un feu très-vif. Les Américains incendièrent les abattis derrière lesquels ils s'étaient j'Ctranchés, et laissèrent le champ libre à Sir Prévost.

380. Mais ce qui décida des opérations dirigées sur le lac Ontario, fut la bataille du 28 septembre. Les deux flottes, qui s'étaient évitées ou recherchées suivant l'avantage ou le désavantage de la position, 8e rencontrèrent enfin devant Toronto. Après un combat de deux heures, le commandant anglais Yeo fut obligé d'abandonner la victoire au commodore Chauncey, et d'aller se réfugier à Burlington.

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