‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 49 sur 59 · Depuis le commencement de la campagne, le · texte numérisé non relu

Depuis le commencement de la campagne, le

troupes américaines avaient fait des progrès considé-^ râbles ; il ne restait plus qu'à s'emparer de Montréal et de Québec, et le Canada cessait d'appartenir à l'Angleterre. Pour mieux réussir dans cette grande entrej^irise, les deux généraux Wilkinson, commandant l'armée du centre, et Hampton, qui était à la tète de celle du Nord, se concertèrent pour se réunir et attaquer conjointement Montréal.

382. Wilkinson rassembla ses troupes à French- Creek, les embarqua sur des berges, et descendit le fleuve jusqu'à la tête du Long-Saut, d'où il continua sa route 2)ar terre. Arrivé, le 11 novembre, à Christlers- Farm, à mi-chemin entre Kingston et Montréal^ et se voyant pressé de trop près par le colonel Morrison, il prit le parti de faire volte-face, et de livrer bataille. Après un combat de deux heures, il fut complètement défait, quoique son armée fut quatre fois plus nombreuse que celle de Morrison. Ce désavantage n'empêcha pas .cependant le général américain de continuer sa route jusqu'à Saint-Régis, oii il s'arrêta en aj^j^renant le résultat de la bataille de Châteauguay.

383. De son côté, Hampton s'était mis en mouvement jîour opérer sa jonction avec Wilkinson. Son. armée était forte de 7,000 hommes. Salaberry partit avec 300 hommes seulement, afin de le retarder dans sa marche. Il remonta la rive gauche de la rivière Châteauguay, et se retrancha dans une excellente position, à environ deux lieues au-dessous de l'embouchure de la rivière des Anglais. La gauche do sa petite armée était appuyée à la rivière ; la droite et le front étaient couverts par des abattis. Le 26 octobre, Hampton porta en avant une forte colonne d'infanterie, et la bataille s'engagea vers les deux heures de l'aprèsmidi. Les Canadiens, protégés par les abattis, accueillirent les troupes américaines par un feu très-vif sur toute la ligne. Hampton eut beau concentrer ses forces, et attaquer tantôt une aile, tantôt l'autre, toutes ses tentatives furent inutiles. Le détachement ^u colonel Purdy, qui s'était porté sur la rive droite

pour prendre la position à dos, arriva au momcMit «j^ Hampton battait en retraite. Les trouj^es anglaises, accablées sous le nombre, commençaient à reculer devant la supériorité de son feu ; lorsque Salaberr}', ^dJj^ n'ayant plus rien à redouter du côté de Ilampton, o^iu/ "^ prit à son tour l'ennemi en flanc, et le mit complète- ^^^/^ ment ea Aesoute. Dans l'espace de quatre heures, ' trois cents braves avaient remporté une brillante ^^'^^IT victoire sur Une armée de 7,000 hommes. Le général ô *' Prfwost arriva sur les lieux à la tin de l'action. 11 com- (2?^ plimenta les Canadiens sur leur courage, et leur com- ^ \ mandant sur ses dispositions judicieuses. Hampton, qui s'était un peu exagéré le nombre des Canadiens, Ke ivtira d'abord à Four-Corners, puis à Plattsburg. o84. La victoire de Châteauguay, sans être bien sanglante, eut toutes les suites d'une grande bataille, on détei'minant la retraite d'une armée de 15 à 16,000 hommes, et en faisant échouer le j^lan d'invasion le mieux combiné qu'eût encore formé la république ^iniéricaine pour la conquête du Canada.

08"). Dès que les Américains eurent évacué le <

territoire du Haut-Canada, les troupes anglaises re- jX\ ]>rirent l'offensive. Le colonel Murray, à la tète de ^^'' (jj* 5 <i (JOO hommes, surprit le fort Niagara, fit 300 i')'^ ly prisonniers, et enleva une quantité considérable de ^ ft munitions. Le général Riall le suivait avec deux Cy^ régiments et les sauvages de l'Ouest, pour le soutenir. T Lcwiston, Manchester et tout le pays environnant, furent dévastés ; les petites villes de Black-Rock et de iJufîalo furent enlevées, après un combat livré <lans les rues, et abandonnées aux flammes. Ainsi se terminèrent les opérations de la campagne de 1813. Le gouverneur descendit à Québec dans l'automne, ])our l'ouverture des chambres, qui eut lieu au mois <ic janvier suivant.

38(>. Vers la fln de l'hiver, le 30 mars 1814, le général AVilkinson, à la tête de 5,000 hommes, atta- ([ua tout à coup le moulin de LacoUe, au pied du lac (/hamplain ; mais, après l'avoir canonné deux heures et demie inutilement, il fut obligé de retourner à

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l^lattsburg. Cet échec décida les Américains à diriger tous leurs efforts contre le Haut-Canada. Comme ils attendaient, pour agir sur le lac Ontario, que leur flotte de Sacketts-Harbour mît à la voile, ils furent attaqués à l'improviste par le général Drummond, qui prit et incendia (le 6 mai) Oswégo, principal dépôt des Américains. Ceux-ci s'en dédommagèrent à Chippawa, oii ils défirent les Anglais le 5 juillet^ et leur causèrent de grandes pertes. L'actif Drummond ne tarda pas cependant à prendre sa revanche ; y , j le 25 juillet, il les attaqua tout à coup à Lundy's ^ ^5 Lane, et, dans un combat sanglant qui dura jusqu'au ^J^^milieu de la nuit, il les défit complètement. Les deux ,^ armées laissèrent chacune sur le champ de bataille 7 à 800 hommes tués ou blessés. Les Américains se retranchèrent alors sous le fort Erié, où Drummond alla les attaquer. Il avait déjà pris une partie de leurs ouvrages, lorsqu'une explosion terrible enveloppa dans une ruine commune tous les soldats du fort. Une terreur panique s'empara des assaillants, qui posèrent les armes, ou prirent la fuite, poursuivis par les Américains. Près de 1000 anglais furent tués, blessés ou faits prisonniers, tandis que l'ennemi no perdit pas 80 hommes.

387. Cependant les événements qui se passaient en Europe allaient précipiter le dénouement de la lutte engagée en Amérique. L'Angleterre, n'ayant plus besoin de ses forces dans le vieux monde, les dirigea sur le nouveau, où elle bloqua les princi^jaux ])orts des Etats-Unis, depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'au Mexique. Dans le mois de juillet et d'août, elle envoya au Canada 14,000 hommes de troupes, avec instruction d'envahir le territoire des Etats-Unis par le lac Champlain. Le général Prévost se mit à la tète de l'armée, concentrée entre Laprairic et Chambly, et atteignit Plattsburg le 6 septembre.

388. La flottille du lac devait opérer conjointement avec l'armée. Malheureusement, elle fut rencontrée et défaite -pur le commodoro j\icDonough ; ce qui obligea l'armée de terre à repasser la frontière. Elle

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était en effet trop faible pour pénétrer l>ien avant dans le pays ennemi sans courir de grands dangers, et trop forte pour une simple exeui-sion. La précij)!tation avec laquelle se fit la retraite, occasionna la perte d'une grande quantité de vivres et de munitions. Cet échec fut compensé par les avantages obtenus sur le lac Ontario, où T Angleterre avait fait construire une frégate de cent canons.

389. La paix ne pouvait guère tarder à se faire ; elle fut en effet conclue à Gand, le 2-1 décembre 1814. Toutes les conquêtes réciproques furent restituées ; ^ mais la question des frontières entre le Maine et le i^j ÎNTouveau-Brunswick fut abandonnée à la décision de commissaires que devaient nommer les deux gouverneurs. Cette question, vivement agitée entre les deux puissances voisines, reçut une solution temporaire en 1818 ; plus tard, en 1831, le roi de Hollande, choisi pour arbitre, donna une décision que les Etats-Unis refusèrent de reconnaître ; elle a été enfin définitivement terminée à l'avantage de nos voisins par le traité ou plutôt le compromis de 184G, conclu par M. Ashburton.

390. Sir George Prévost réunit les chambres au mois de janvier 1815. L'^n jeune homme de 2G ans fat appelé à la présidence de la chambre d'assemblée ; c'était Papineau, fils de c^lui qui s'était déjà distingué dans les luttes parlementaires, et qui devait porteises principes beaucoup plus loin que n'avait fait son père. Les milices eurent leur congé, et Tassemljltv passa une résolution pour déclarer que Sir Georgo Prévost, dans les circonstances difficiles où il s'était trouvé, s'était distingué par son énergie, sa sagesse et son habileté. Le gouverneur fut extrêmement flatté de ce témoignage d'approbation, et informa les chambres qu'il allait j^J^-^^ci* ^'^ Angleterre pour répondre aux accusations que Sir James L. Ye;) vivaient portées contre lui touchant l'expédition de Plattsburgh. Il emporta avec lui les regrets de toute la province et particulièrement des ('anadiens. Il mourut en chemin des fatigues du voyage.

206 SHERBROOKE. )b ^ C [1^^^

CHAPITEE III.

Question des subsides (1816-22)— Premier projet d'union (182;i-27) Grise de 1827-28— Les 92 résolutions (1829-34).

391. La paix ne fut pas plutôt rétablie, que l'attention publique se reporta sur l'administration intérîeiu'e. Le général Drummond, qui remplaça temporairement Sir Prévost, ne fut pas longtemps Bans reconnaître des abus énormes dans le département des terres et celui des postes. De 1793 à 1811, plus de trois millions d'acres de terre avaient été donnés à une multitude de favoris ; dans le bureau des postes, on constata de tels désordres, qu'il fallut destituer Hériot, chef du. département.

392. Au commencement de la session de 1816, un message du gouverneur informa la chambre que les accusations portées contre les juges Sewell et Monk (1) avaient été rejetées, ajoutant que le prince régent avait vu avec peine la conduite de la chambre à l'égard de deux hommes si dignes des hautes fonctions dont ils étaient revêtus. La chambre ordonna un appel nominal, et elle allait voter une adresse au prince régent, lorsqu'elle fut dissoute par le gouverneur, qui lui adressa un discours ])lein de reproches. Cet acte de sévérité était le résultat de l'influence du parti fanatique dont Eyland était le premier auteur. Le j^euple réélut presque tous les mêmes membres. Heureusement que Drummond céda le pouvoir dans l'intervalle (1816) à Sherbrooke, homme infiniment plus habile et plus prudent que lui.

393. Sherbrooke commença son administration par un acte de générosité envers un grand nombre de paroisses ruinées par la gelée. Il s'occupa avant tout à

(1) On reprochait au premier d'avoir violé les lois en imposant ses Règles de pratique, et en substituant à la justice sa propre volonté, dans la cour d'appel ; le juge Monk était accusé de diverses malverfatione.

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î)ien connaître la situation des affaires, la disposition des esprits, et sup^géra an gouvernement impérial plusieurs mesures équitables, entre autres de reconnaître officiellement le titre de l'évêque catholique de Québec. En conséquence de cette recommandation, et en récompense des services rendus à la colonie, , Mgr Plessis fut nommé membre du conseil e««««âà^, fT-, et reçut une pension qui fut continuée à ses deux successeurs immédiats.

394. Ce fut sous l'administration de Sherbrooke que la grande question des subsides, déjà soulevée avant l'arrivée de Craig, mais assoupie par la guerre, commença h exciter une profonde agitation dans les esprits. D'un côté, la chambre voulait, comme en Angleterre, avoir l'initiative de toutes les mesures concernant l'emploi des deniers publics; de l'autre, \v gouverneur et le conseil exécutif cherchaient à s<> 7naintenir en possession d'en disposer comme ils avaient fait depuis la conquête, 7nème depuis la constitution de 1791. Cependant la modération do Sherbrooke empêchèrent bien des difficultés qui troublèrent ses successeurs ; mais, dégoûté do la tâeho difficile de concilier tant d'intérêts divei^s et opposés, il demanda son rappel au bout de deux ans. C'était lin homme d'un grand sons et à vues élevées, auquel il ne manquait peut-être qu'un peu plus de fermeté.

895. Sherbrooke fut remplacé par un des gi-aiids ])evsonrages de la Grande-Bretagne, le duc de Riclimond, gouverneur d'Irlande, qui avait dissipé sa fortune par son luxe et ses extravagances. Celui-ci .•irriva à Québec en 1818, accompagné de son gendre. Sir Peregrine Maitland, nommé lieutenant gouverneur du Haut-Canada.

?>9G. Dès la première session, la chambre refusa <!e voter la liste civile, parce que le duc de Richmond l'avait élevée d'un cinquième au-dessus de celle des années précédentes. Cette liste comprenait d'ailleurs ]du.sieurs charges que la chambre jugeait inutiles ou exorbitantes. Les députés passèrent un bill de subi^l'lo^i dctailb'. cî ]M)ur imc Jinnèe sciilen"iciit ; le bill

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