‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 5 sur 59 · JACQUES CARTIER · texte numérisé non relu

JACQUES CARTIER

souffrir dc3 rigueurs du froid, auquel ila n'étaient pas accoutumes, et d'une espèce de scorbut, qui en fit mourir vingt-cinq, et réduisit les autres à un tel état de fiii blesse et d'abattement, qu'on avait perdu l'espoir de revoir Ja France, lorsque Domagaja enseigna à Cartier un remède qui l'avait guéri lui-môme, et qui ramena dans le fort la santé et la vie.

23. Dès que le soleil du printemps eut fait disparaître les glaces qui retenaient les vaisseaux captifs au fond du havre de Sainte-Croix, l'on se prépara au déj^art. Le 3 de mai, jour de l'Invention de la sainta Croix, Cartier fit planter sur le bord de la rivière unegrande croix d'environ trente-cinq pieds de haut, sous le croisillon de laquelle on mit les armes de France, avec ces mots : Franciscus primiis Dei gratin Francorum rex régnât. Donnacona, qui ne venait plus si souvent au fort, parce qu'il craignait sans doute qu'on ne l'enlevât, se décida pourtant à faire une visite au capitaine ; mais il se fit accompagner d'une nombreuse escorte, et encore n'osa-t-il monter sur le vaisseau. Cartier, d'un autre côté, savait que depuis peu toutes les cabanes de Stadaconé étaient pleines de sauvages^ qui s'y tenaient cachés, et les dissimulations de Taignoagny ne laissaient plus guère de doute sur les dispositions et du chef et de tout son peuple. Il résolut donc de prévenir les coups, et fit saisir l'agouhanna, avec Taignoagny et Domagaya. Tous les autres prirent la fuite. Cet expédient servait admirablement les intentions de Cartier ; car il espérait que l'agouhanna piquerait la curiosité du roi, tant par l'éminence de sa condition, que par les merveilles, qu'il racontait des pays qu'il avait visités et surtout du royaume du Saguenay. La nuit suivante, on entendit, sur la rive opposée, les gens de Donnacona crier à plusieurs reprises : Agouhamia ! Agouhanna ! comme pour demander à parler à leur chef Cartier cependant attendit jusqu'au jour. Faisant alors monter Donnacona sur le pont, il leur fit dire qu'on no l'emmenait que pour le présenter au roi des Finançais, afin qu'il lui contât lui-même toutes les beautés du pays^

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