JACQUES CARTIER — ROBERVAL
<et qu'on le ramènerait dans dix ou douze lunes, <î*estrà-dire, l'année suivante. Les sauvages se résignèrent à son départ, et présentèrent à Cartier vingtquatre colliers d'énogny (1), pour l'engager à bien traiter leur chef, auquel ils apportèrent les vivres dont il avait besoin jjour passer la mer. Donnacona, 4e son côté, envoya à ses femmes et à ses enfants les présents que le capitaine lui avait faits. Enfin, le 6 mai, Cartier remit à la voile, avec deux vaisseaux seulement, laissant le troisième faute de bras pour le manœuvrer.
24. On ne peut douter que l'intention de Cartier ne fut de revenir bientôt, comme il l'avait promis aux habitants de Canada ; mais la guerre que François I avait à soutenir contre Charles-Quint, ne permettait guère que l'on s'occupât sérieusement de découvertes lointaines ; aussi s'écoula-t-il plus de quatre ans avant ^ue François I put envoyer au Canada une troisième expédition, pour compléter les découvertes déjà commencées, et y jeter les premiers fondements d'une colonie. Enfin, le calme étant rendu à son royaume, il accorda à Jean-François de la Roque sieur de Roberval, gentilhomme de Picardie, des lettres patentes en date du 15 janvier 1540 (2), par lesquelles il le déclare son lieutenant-général dans les pays de Canada, Hochelaga, Saguenay et autres lieux circon voisins. La conduite de l'expédition fut confiée à Cartier, avec le titre de capitaine général et de maître pilote des vaisseaux. Au printemps, lorsque M. de Hoberval arriva à Saint-Malo, il trouva les vaisseaux en rade, vergues hautes et prêts à faire voile ; mais, n'ayant pu recevoir à temps les poudres et munitions qu'il attendait de la Champagne et de la ^S'ormandie, il fit la revue de tous les équipages, et donna à Cartier
(1) C'est co qu'on a appelé plus tsLTd porcelaine. C'était la plus pré- ■«ieuso de leur monnaie. Elle se composait de grains faits do la nacro de certains coquillages marins, enfilés et disposés en larges bandes, qu'on appelait colliers. Les colliers ne se donnaient que dans les grandes circonstances ; les transactions ordinaires so réglaient par hrancke^ ou par brasses de ces grains enfilés.
(2) Ou, suivant notre manière de compter, le 25 janvier 1641.