‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 55 sur 59 · COLBORNE · texte numérisé non relu

COLBORNE

Canada, et on conclut que rangîifîcation est le seul moyen d'y obvier à l'avenir. Il recommande, cit attendant qu'on puisse faire une union fédérale de toutes les colonies de l'Amériqu-) du ISTord, de réunir les deux provinces du Canada sous un seul gouverne- Tuent en donnant à chacune un égal nombre de représentants, des municipalités électives pour les allai rc.s locales, un conseil législatif mieux composé, l'abandon de tous les revenus de la couronne, moins celui des terreS; à la législature, pour subvenir à une lislo civile suffisante, et onùii un ministère responsabU\

427. Les ministres et les communes adoptèrent presque à l'unanimité les suggestions de lord ]J)urhani ; elles éprouvèrent plus de difficultés à la clianibre haute, où elles passèrciit néanmoins, malgré les protestations de lord Gor-ford et du duc de ÂYellington, et malgré les pétitions du clergé catholique et des Canadiens. Le bill d'union reçut la sanction rovale le 23 juillet 1840, mais ne fut mis en vigueur que le 10 février 1841, en vertu d'une proclamation royale <latée du 5 du même mois.

428. L'acte d'union porte, que la langue angh:"..-. sera la seule langue 2:)arlementaire ; que £45, Cw : seront affectés d'une manière permanente au paioment du salaire du gouverneur et des juges ; quc^ £30,000 seront appropriés à chaque règne pour payer le salaire des ministres et de certains fonctionnaires , que le nombre des représentants sera de 84, c'est-àdire, 42 pour chacun des deux Canadas, et qu'il faudra les deux tiers de la chambre législative pour changer la division électorale de la j)rovince et le chiffre de la représentation.

429. Au moment de l'union, le Haut-Canada devait un million à la maison Baring, et se trouvait à la veille de manquer à ses engagements. Cette puîsF ante maison, dans l'espoir d'assurer sa créance, fit tous ses efforts pour engager le parlement à consentir à l'union ; beaucoup de marchands, de capitalistes, c\ peut-être de membres du parlement, y étaient intéressés. Devant tous ces motifs personnels, njouh-j

l'^4:)J .SYDENHAM.

aux i)réja^és nationaux, la cause des Canadiens* français devait succomber. Pai^ cet acte d'union, il est réglé exjn-essément, qu'après les frais de pcr- (cjition soldés, l'intérêt de la dette publique telle qu'elle est au moment de l'union, sera payé avant toute autre dette ; le salaire du clergé et la liste civile ne viennent qu'après.

■ioO, L'acte d'^mion mit fin à la constitution de 1791, passée d'abord pour soustraire la petite population du Haut-Canada à la domination des Canadiensfrançais, et révoquée plus tard pour mettre ces Canadiens-français sous la domination de la popuhition anglaise, devenue plus nombreuse.

TROISIÈME ÉPÔH'E

DKPllS LIMON JtSQU'À L\ CONFÉDÉRATION (1 840-1 8G6).. ll(5sumé des principaux événement?.

4ol. J/our faire fonctionner le nouveau gouvernement (les Caïuidas unis, l'Angleterre fit choix du président (lu bureau de commerce, l'honorable Charles Poulett ^riiompson, qui fut créé baron de Sydenham en 1840. il arriva en Canada en 18.39, avec la mission spéciale (le faire agréer l'union aux législatures des deux jtrovinces. liC conseil spécial imposé au Bas-Canada, «'tait facile à gagner; non-seulement il accepta l'union, mais il consentit à partager l'énorme dette du Hautr'anada, après une simple conférence avec le gouverneur général, en novembre 1839. La législature (lu Haut-Canada, qui avait tout à y gagner, ne fut pas longtemj^xs à donner son assentiment ; on discuta la chose une couple de semaines, et la mesure fut emportée, dans le mois de décembre. Sir John Colrjorne avait cédé son gouvernement à Thompson le 19 octobre, le jour môme que celui-ci était arrivé, et Sir George Arthur lui remit le sien le 22 novembre j

-24 BA(a)T. [1841-42

de manière qu'à partir de cette époque, il n'y eut plus dans le pays qu'un seul rej)résentant de l'autorité royale: Cette union, agréée des deux provinces, reçut la sanction royale en 1840, et fut j^i'oclamée en Canada le 10 février 1841.

432. Les élections générales, pour la nouveile législature, eurent lieu dans le mois de mars 1841 ; et le premier parlement s'ouvrit solennellement à Ivingston le 13 de juin. Cette mémorable session jelii les fondements de nos institutions civiles les 2^1us importantes : le système municipal, l'éducation populaire, les douanes, le cours monétaire, etc. Une des

améliorations les plus remarquables de cette époque, fut la création du bureau des travaux publics ; jusqu'alors les grands travaux d'améliorations ou de constructions étaient abandonnés à des compagnies privées et irresponsables, ou confiés aux différents départements de l'administration., Afin de pernietti^ à ce bureau d'effectuer certains projets d'un intérêt public, et de consolider la dette déjà contractée, l'Angleterre, à la recommandation de lord Sydenham, vota une somme de £1,500,000 sterling au crédit de la province. La session se termina au mois de septembre, au milieu des regrets universels causés par la mort imprévue de lord Sydenham (1), qui arriva le 19 de ce mois. La fermeté et la sagesse /de ce gouverneur contribuèrent grandement à dégager I la politique de l'ornière des personalités, et à placer \Jlhomme d'état à sa véritable hauteur,

433. Son successeur. Sir Charles Bagot, arriva dans la capitale en janvier 1842, Depuis la mort de lord Sydenham, l'administration était entre les mains du commandant des forces Sir Richard Jackson, Le nouveau gouverneur eut cependant à lutter contre de grandes difiicultés. Pendant son administration, se réveillèrent à diverses reprises les anciennes querelles politiques ; mais sa prudence en prévint lips

(1) n mourut des suites d'une ohnte de cheval, et fut entoirl è Kingston en septembre 1841. Il n'était Agé «jue de 42 ans.

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