METCALFE
funestes effets. Il eut le bon esprit de donner sa <;onfiance aux hommes remarquables qui se trouvaient alors à la tête du parti de la réforme. Le célèbre ^ Hobert Baldwin devint proem*eur général du Haut- Canada, et Lafontaine procureur général du Bas ; Hincks inspecteur général ; Morin, commissaire des terres de la couronne. Ces hommes de talent et d'énergie étaient capables de travailler efficacement au bien du pays. Malhem-eusement, le mauvais état de sa santé obligea le gouverneiu' à demander son rappel ; il était sur le point de retourner en Angleterre, lorsqu'il mourut à Kingston au mois de mai 1843, sincèrement regretté de tout le peuple.
434. Sir Eobert Peel jeta les 3'eux, j)our le remplacer, sur un homme de mérite. Sir Charles Metcalfe, qui s'était distingué comme gouverneur des Indes et de la Jamaïque. Celui-ci arriva à Boston le 20 mars 1843, et se rendit immédiatement à Kingston, où il
: prêta les serments d'usage le 29 suivant, et prit i possession de son gouvernement. Pendant les premiers^ • mois de son administration, les choses parurent aller -au gré des ministres ; mais bientôt de graves divergences d'opinions vinrent briser toutes leurs espérances. Ils voulaient que le gouverneur, avant de nommer aux emplois jmblics, consultât son conseil^ nfin de ne pas paralyser les bonnes intentions de ses ministres ; le gouverneur, de son côté, voyait dans cette demande une atteinte portée au privilège de la couronne, et il persista dans sa résolution de ne point -céder sur cette question. Quelques autres mesures ministérielles, qu'il ne voulut point sanctionner, entre ^autres le bill des sociétés secrètes, rendirent la position des ministres si critique, qu'ils se virent contraints de résigner. De nouvelles élections donnèrent une majorité à la politique du gouverneiu*.
435. Ce fut sous l'administration de Metcalfe, que le siège du gouvernement fut transféré à Montréal (1844).
436. Lord Metcalfe était déjcà atteint d'un mal qui devait lo conduire au tombeau ; un chancre qui lui
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rongeait le visage, l'obligea à demander son raiDj^el (1845) et à rejjasser en Angleterre, où il succomba, en 1846, aux souffrances que lui causa cette cruelle maladie. Après le départ de lord Metcalfe, le commandant des forces, lord Catbcart, eut entre les mains les rênes du gouvernement jusqu'à l'arrivée de lord Elgin, en janvier 1847.
437. Le commencement de l'administration du nouveau gouverneur fut marqué par l'aj^parition d'un terrible fléau, qui, après avoir désolé l'Irlande et l'Ecosse, jeta sur les bords du Saint-Laurent 70,000 émigrés à demi morts de faim et de privations, ou brûlés des ardeurs d'une fièvre contagieuse. La maladie fit de grands ravages dans les lieux les plus exposés, et les autorités civiles furent contraintes de passer des règlements sévères pour prévenir de pareilles calamités à l'avenir.
438. Lord Elgin fit preuve de beaucoup d'habileté et de sagesse. Ce fut sous son administration que s'accomplirent plusieurs des événements et des améliorations les plus remarquables de notre époque. La responsabilité du gouvernement fut franchement mise en pratique, et l'on remédia à tous les justes sujets de plaintes. Rarement un gouverneur s'identifia plus intimement avec les intérêts du Canada, ou réussit mieux à mener à bonne fin les grandes entrej^rises. Après les élections générales de 1848, qui donnèrent une ])répondérance marquée au parti réformiste, lord Elgin s'entoura des chefs de ce parti ; sous son habile direction, le ministère Lafontaine-Baldwin fit adopter les mesures les plus importantes. Grâce au rappel de l'acte impérial de la Navigation (1848), le Canada put jouir de tous les avantages de la liberté de commerce, et régler lui-même tous les détails du tarif et de l'administration des douanes.
439. Une mesure, cependant, vint un moment réveiller la violence des partis. Dès 1845, sous l'administration de lord Cathcart, le gouvernement avait nommé une commission pour prendre connaissance des pertes et dommages occasionnés pendant leet
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troubles do 1837-38. Lo rapport do cette commission fut soumis (1849) au gouverneur en conseil, puis aux deux branches de la législature, et ia question fut définitivement réglée, nono})stant une assez vive -opposition. A peine le gouverneur eut-il donné à ce bill la sanction royale, qu'il se vit assailli dans les rues de Montréal par une troupe de mécontents, -qui, après l'avoir insulté, allèrent jusqu'à incendier les bâtisses du parlement (1). Cet acte de violence, fut cause que le siège du gouvernement fut transféré <le Montréal à Toronto. Cependant, toutes les parties de la province s'empressèrent de signer de nombreuses adresses à lord Elgin, pour lui exprimer le regret de ces actes de brutalité, et pour lui témoigner de la pleine confiance que tout le pays avait dans la ■Bagesse de son administration ; ce qui n'empêcha pas le gouverneur d'offrir sa résignation. Mais le gouvernement impérial, loin de l'accepter, voulut lui donner une marque de oon entière approbation, en ^'élevant à un grade supérieur dans la hiérarchie liivile. Bientôt le calme se rétablit, et lord Klgin fut plus que jamais l'objet do l'estime et du respect do toutes les classes de la population canadienne.
4-10. Cette même année (1840) vit s'organiser, dans le Haut-Canada, lo système municipal, qui s'étendit bientôt à la province inférieure. Dès lors, chaque district, et même chaque paroisse, put disposer de la gestion de ses propres affaires locales, et le gouvernement se trouva du coup débarrassé d'un fardeau qui devenait tous les jours de plus on plus embarrassant.
441. Lord Elgin peut être regardé comme l'un des plus zélés i^romoteurs de l'éducation en Canada. En 1851, il posa la pierre angulaire de l'école normale du Haut-Canada ; rannéo suivante, il recommandait au gouvernement anglais l'octroi do la cliarto impé-
(1) Cet incendie fitporlr une des bibliothèques les plus jirô'Meiu=cs ; elle rccfeimait \>tIs de deux mille volumes sur lo Canada seulement.