J-'XQ'JI:J CARTIER — ROBERVAL
plein pouvoir do partir et de prendre les devants. Lc3 cinq navirds, bien fournis de provisions pour deux ans, quittèrent le port de Saint-Malo le 23 mai 1541^ et eurent les vents si contraires, qu'ils n'arrivèrent au havre de Sainte-Croix que le 23 août.
25. Agona, qui avait succédé à Donnacona, vint rendre visite à Cartier, avec un grand nombre des habitant*? de Canada. Quand il apprit que Donnacona n'était l^lus vivant, il n'en parut pas fort attristé ; et c'était sans doute, remarque Cartier, « parce qu'il demeurait seigneur et chef du pays par la mort du dit Donnacona.» Après lui avoir témoigné la joie qu'il avait de son retour, le chef ôta de dessus sa tête une espèce do couronne en cuir jaune, enrichie d'énogny, la plaçii. 8ur la tète du capitaine, et lui mit aux bras ses richér> bracelets. Cartier, lui a^^-ant rendu sa couronne, lui fit quelques présents, et le chef parut s'en retourner fort content.
23. Cartier, qui avait quelque raison de se défier de3 liabitants de Stadaconé, crut qu'il était prudent do choisir un autre lieu plus facile à fortifier que la hàvro de Sainte-Croix, et remonta jusqu'à la rivièro du Cap-Eouge, à l'embouchure de laquelle il fit planter son artillerie sur le rivage, pour protéger lea trois navires qu'il voulait garder dans le i^ays. Quelques jours après, il renvoya les deux autres en France,. faisant savoir au roi qu'on n'avait encore aucune nouvelle de M. de Eoberval.
27, Pendant que ses gens, sous les ordres du vicomte de Beaupré, s'occupèrent à faire quelques défrichements et à fortifier la j^lace, que l'on appela Charlebourg-Royal, Cartier remonta le fleuve avec deux barques, espérant toujours trouver un passage pour se rendre au Saguena}". Mais, n'ayant pu franchir les rapides du saut Saint-Louis, il renonça à son entreprise, après s'être fait néanmoins conduire par terre aussi loin que possible par quatre jeunes gens du pays, qui entre autres choses lui firent entendre « que la rivjèrc n'était pas navigable pour se rendre au Saguonay. » Durant l'hiver, les sauvages, qui avaient