‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 8 sur 59 · J ROBERVAL · texte numérisé non relu

J ROBERVAL

déjA appri:3 à bg défier des européens, s'îi^semblùreat en grand nombre à Stadaconé, et plu., d'une fois causèrent de sérieuses inquiétudes aux Françaij ; do sorte que, aux premières navigations, comme on no recevait aucune nouvelle du lieutenant Grénéral, on se rembarqua pom* la Finance.

28. A peine Cartier était-il rendu à Terre-Neuve» qu'il rencontra M. de Koberval, qui amenait tix)ia grands navires, avec deux cents personnes, tant hommes que femmes, parmi lesquels on remarquait ]>lusicurs personnes de qualité, entre autres M. de »Saine-Terro, son lieutenant, les sieurs de l'Espinay, de Guinecourt, de Xoire-Fontaine et Jean Alfonse, excellent pilote de Saintonge. Cartier, après avoir rendu ses devoirs au vice-roy, rapporta à Koberval que, n'ayant pu avec sa petite bande résister aux eauvages, qui l'incommodaient continuellement, il avait jugé prudent de ne pas rester plus longtemps sans secoui's, et de repasser en France. Tous s'accordaient à louer la richesse et la fertilité du pays ; ils montraient certains diamants qu'ils en avaient ap2)ortés, et des échantillons de mine d'or, que l'on essaya et qui fut trouvée bonne. Cependant, lorsque le général voulut l'obligera retourner avec lui, Cartier, désespérant sans doute du succès de l'entreprise, plutôt quo poussé du motif que lui ])rôte ]VI. de Koberval, d'avoir voulu garder toute la gloire de ses découvertes, leva l'ancre secrètement la nuit çuivante^ et regagna la Bretagne (1).

29. M. de Itoberval, qui avait des forces suffisantes ]X)ur en imposer aux indigènes, n'en continua pas moins son entreprise, et vint s'établir à Charlebourg- Koyal même, que Cartier venait de quitter, et changea

(1) De lii date p'obablcTQent ce diffcrend entre Cartier et Roberval, ijiri fut porté, <1Ô3 lo printemps tuivant, devant une c )ur de coinmisraircs, nommés par le roi pour examiner les comptes do recette et de liépeneo de l"«xp6dition. Un de? i/?m du compte do Cartier est ainsi conçu : " Kn ce qui est du tiers navire, mettrez, pour... huit mois tjuM n rté .\ Tctcurncr quérir le dit Roborval au dit Canada... deux Kiiyie cinq cc-:t j livres. " U'où l'on conclut avec ass z do ATaisem- }A.\n 0 q- c Tarticr a fait un quatrième voyage au Canada.

16 EOBERVAL. [1543

ce nom on celui de France-Roy. Bientôt l'on vit s'élever sur le coteau voisin un nouveau fort, renfermant deux corps de logis, une grosse tour, ot une autre bâtisse do quarante ou cinquante pieds de long; avec chambres, cuisine, offices, celliers, et tout auprès un four, des moulins et un puits. Au pied du coteau^ il y avait encore, près de la petite rivière, un logement dont partie formait une tour à deux étages, avec deux corps de logis où l'on gardait les j^rovisions.

30. A l'approche de l'automne, M. do Eoberval renvoya en France deux de ses vaisseaux, pour informer le roi de ce qui s'était fait, et rapporter au printemps les provisions et les secours qu'il plairait à sa Majesté de lui envoyer. On commença dès lors à s'appercevoir que les provisions seraient insuffi.santes, si l'on n'y mettait une grande économie. Heureusement les sauvages apportèrent quantité d'aloses, qu'ils échangèrent pour des couteaux et autres bagatelles. Cependant lo scorbut ne tarda jîaa à se mettre dans la nouvelle habitation, et enleva une cinquantaine de personnes dans le cours de l'hiver. Au printemps, M. de Roberval entreprit le voyage du Saguenay, avec huit barques et soixante-dix hommes d'équipage, laissant pour lieutenant au fort le sieur de Royèze avec une trentaine do personnes. Pendant ce voyage, une barque se perdit, et huit hommes se "noyèrent, parmi lesquels se trouvaient le sieur Noire- Fontaine et un nommé Levasseurde Constance.

31. Les vaisseaux de M. de Roberval arrivèrent en France au moment oà la guerre allait se rallumer entre François I et Charles-Quint, et le roi, au lieu de lui envoyer ce qu'il demandait, le rappela en l^Vance, où sa valeur et son influence sur les populations do la Picardie pouvaient lui être d'un grand secours. Après M, do Roberval, le Canada no fut plus visité, pendant nombre d'années que par les vaisseaux employés à la pèche ou au commerce des pelleteries. En 1578, il vint à Terre-Neuve pour la pêcho de la morue non moins de cent cinquante vaisseaux français^

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