‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 9 sur 59 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Entreprise du marquis delà Roche — Voyages do Chauvin — Font^rard— * Le commandeur de Chatos — Chainplain ; son premier vc\ ago ca Canada — M. de Monts ; établissements à la côte d'Acad e.

32. En 1577 et en 1388, le marq^iis do la Eochc obtint de Henri III des lettre3 patentes le nommant lieutenant général et vice-roi des Terres-Xeuvcs et autres pays qu'il 2)ourrait découvrir, pouvoirs qui lui furent confirmés par Henri IV en 1598. Mais le mauvais choix de ses colons et les troubles qui désolaient alors la Bretagne, firent échouer tous ses projets. Parti avec un seul vaisseau, sur lequel, outre son équipage, il avait une cinquantaine de repris de justice, il les dépo3a sur l'île de Sable, promettant de venir les reprendre aussitôt qu'il aurait choisi, sur les côtes do l'Acadic, un lieu favorable pour s'y établir ; mais, au rci,our, les vents contraires ne lui permirent pas d'y aborder, et ces pauvres malheureux restèrent seuls Bur cette terre aride et désolée, réduits à regretter leurs fers et leurs cachots. Pendant plusieurs années, ils ne vécurent que du produit de leur pèche et do quelques bestiaux qu'y avait laissés, dit-on, le baron de LJry, lorsqu'il voulut y établir une colonie en 1518, et qui s'y étaient conservés et multipliés. Enfin le roi, ayant été informé du sort de ces malheureux «lélaissés, chargea le pilote Chédotel, qui se rendait à Terre-Xeuve, de les ramener en France. La plupart étaient morts de misère, et il n'en restait plus que douze. Le roi voulut les voir dans l'état où on les avait trouvés, et leur accorda à chacun une gratification de cinquante livres, les renvoyant déchargés de toute poursuite de la justice.

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33. Le niauvai;^ succès dcr; tentatives du î.i?.:v|ui.'. de la iiochc n'eiupéclia pas qu'on ne sollicit'it vivement la coniniission qu'il avait eue du roi, et .sui-lout le privilège exclusif de la traite des pelleterie.î. Pont ^ravé, négociant de Saint-Malo et habile navigateur, cpii avait déjà fait le voyage du Canada, comprenant que, si ce commerce pouvait être réuni dan:i une seule main, les protitsne manqueraient pas d'être considérables, engagea le sienr Chauvin, capitaine de vaisseaux, à demander au roi ce privilège, avec toutes les prérogatives attachées à la commission du marquis de la Roche. M. Chauvin goûta cet avis, fit agir les amis qu'il avait à la cour, et réussit d'autant mieux à obtenir ce qu'il demandait, que le roi n'avait rien à débourser, le privilège exclusif de la traite lui sulïisant poui' se dédommager de ses frais. *- 1**

34. Chauvin équipa quelques vaisseaux (l-59 9)rGt se rendit à Tadoussac, qui était déjà le rendez- voiù de tous 1 j.s commerçants de pelleteries. Pontgravé commandiiit l'un de ces vaisseaux, et M. de Monts voulut être aussi du voyage, pour connaître par lui-même ces terres nouvelles, oii dès lors sans doute il r.o proposait de fonder un établissement. Comme Chauvin se préparait à bâtir un logement à Tadoussac, Pontgravé, qui avait déjà été faire la traite jusqu'aux Trois-Ili\ières, l'engagea à remonter plus haut, et à choisir un lieu jdIus commode et plus favorabîo à un établissement ; M. de Monts était aussi du mémo avis. Mais le sieur Chauvin, n'ayant d'autre but que de troquer ses marchandises contre des pelleteries, se mettait fort peu en peine d'établir uno colonie, encore moins de remplir l'article de .sa commission qui regardait la religion catholique, parce qu'il était calviniste. Aussi, dès que ses vaisseaux furent chargés de fourrures, il mit à la voile, laissant à Tadoussac seize de ses gens, dont pliL^ do la moitié périrent de faim et de misère ; les autrea étaient destinés au mèine sort, si les sauvages n'en avaient eu compassion. L'année suivante (1000), Chauvin fit un second voyage, qui fut aiis^i fructueux

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