‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 37 sur 42 · X813] PRÉVOST · texte numérisé non relu

X813] PRÉVOST

3T7. Les opérations de la campagne n'étaient jjaa Ixîaucoup plus satisfaisantes sur le lac Ontario. Le ^cïijral Dearborn avait préparé dès le printemps Tino expédition contre la capitale du Ilaut-Canacfii, principal magasin des troupes anglaises. Il s'embarq^ua, lo 25 avril, supla flotte du commodore Chauncey avec 1700 hommes, et débarqua deux jours après dans lo voisinage tle Toronto. Le générai Sheafib voulut lai barrer le chemin ; mais il fut repoussé avec perte, ot Toronto fut obligé de se rendre.

• 378. De Toronto, Dearborn dirigea ses forces sur lo fort George, à la tête du lac Ontario, où commandait le général Vincent, et se concerta avec le comraodoro Chauncey, pour attaquer à la fois par terre ot par eau. Après une canonnade de trois jours, et un combat livré sous les murs du fort, lo général Vincent, no conservant plus d'espérance, démantela les fortifications, lit sauter les magasins, et se retira à Queenston, puis de là vers Burlington, suivi de près par l'3.3 Américains, ' qui se retranchorent en face de lui. Coiix-ci, attaqués à rimproWsto par le colonel Harvej dans la nuit du 5 au 6 juin, furent chassés de leur position, et perdirent les généraux Chandler et N7indor, qui furent faits prisonniers.

370. Pendant ce temps, lo général Prévost, qui ('tait A l'autre extrèinito du lac, profitant de l'absence ciO la ilotto ennomîo, attaqua Sacketts-IIarbour ; maïs il fat repoussé, t^cpcndant il roussit à débarquer -phu loi]î, malgré un fou très-vif. Los Américains ijcondicrcnt les abattis derrière lesquels ils s'étaient rptrancîiés, et laisseront lo champ libre à Sir Prévost,

3Î>0. Mais ce qui doiuida dos opérations dirigées suit 1 î lac Ontario, fat la bataille du 23 sopten)bre, Leé (le a:: fiOtto.^, qui s'étaient évitées ou recherchées :. ni van t l'avantage ou le désavantage do la position, .'■.o jvn^-.oiUiv'vont enfm dcva<it Toronto. Après un conib.'it do deux heures le commandant anglais Yeo f.it ohlig'î d'abandonner la victoire au commodore Ch:i:i:ic:\yy ot d'aller .se réfugier ^i "Ij\\x\vcv^çsti.

1^ « ni£Ton. ' [1813

ijKtQpea atn^caines avaient fiùt des progrès considé- I^lâs ; il aa reâtaii plui) qu'à B'emp&r«r de Montréal et de Québec, et le Canada cessait d'appartenir i l'Ângletei-re. Pour mioux réoBsir dans cette grande entf-epriBe, tes deiix gùnéràux 'V^ilkinson, commandant l'arméo dii «centre, et H^i^pton, qui était à U tète lie celle du Nord, tte concprtèreut pour se réimir et attaquer conjointement Montréal.

382. VTilkiiffton roâHonilila ses troupes à Frencï- Croek, lo^embnrqiia sur ^^S berges, et descendit le â^fice jusqVï la tôto du Long-Saut, d'où il continnasa rout« par terre. Arrivé, U 11 novembre, à Christler» ^1*111^,' # mi-çbemin entré Kingston et Montréal, 9^ Bf y<t7)uif pressé de trop pr^ par le colonel Morri- •on, il prit le parti de faire volte-face, et de livrer Iffitâille: Après un coiubat de deux beures, il fat conplètement dé&it, quoique son armée fût quatre SÎHfi pins nombreuse que celle de MoiTÏson. Ce désa- VlHitftg^ n'epipècba pas cependant le général amérii^àifi 4» continuer sa route jtisqn'à âaint-Bégis, où it a'aiTéta en apprenant le résultat de la bataille de (^làteâuguaj.

383. De son côté, Hampton s'étùt mis en moave* ment pour opérer sa jonction avec Wilkïnson. Son arqiée était forte de 7,000 bommes. Sulaberry partit tp^ti 300 bcimmes seulement, afin de le retarder dans lialnarcliB. H remonta la rive gaucbe de la rivière Châtofl^gusy, et se retrancha dans une excellente position. Il ^viron deux lieues au-dessous (fe l'embouchure de b nHère des Anglais. lia gaucbe de sa petite armée «^^aj^pjée à la rivière; ladroite et le m)nt étaient i^(^^irért8 par des abattis. Le 26 octobre, Hampton itqirta en avant nne forte colonne d'infanterie, et la piFt^ille s'engagea vers les deux beures de l'aprè»- Riifii- I^s Canadiens, protégés par les abattis, accneil-

, firent les troupes américaines par nn feu très-vif snr tpate la ligne. Hampton eut beau concentrer ses iîjroes, et fttaquer tantôt une aile, tantôt l'autre, toutes ses tentatives furent inutiles. liC détachement ^ colonel Purdy, qui s'était çorté sur la rive droite

1814] PBÉV08T. 903

pour prendre la position à dos, arriva au moment oft llampton buttait en retraite. Les trouj)es anglaises, accablées sous le nombre, commençaient a reculer deivant la supériorité de son fou ; lorsque Salaberry, n'ayant plus rien à redouter du côté de llampton, prit À son tôm* l'ennemi en flanc, et le mit compléter ment oa. ieitouto. Dans l'espace de quatre heures, trois cents braves avaient remporté une brillante victoire sur une armée de 7,000 hommes. Le général Prévost arriva sur les lieux à la An de l'action. Il conobplimenta les Canadiens sur leur courage, et leur comr mandant sur ses dispositions judicieuses. iQamptou, qui s'était un peu exagéré le nombre des OanaaienB, se retira d'abord à Four-Corners, puis à Plattsburg*

384. La victoire de Châteauguay, sans être bien sanglante, eut toutes les suites (Tune grande batailL^ en déterminant la retraite d'une armée de 15 à. 16,000 hommes, et en Ikisant échouer le plan d'invasion le mieux combiné qu'eût encore formé la république américaine pour la conquête du Canada. * ,

385. Dès que les Américains eurent évacué 1% territoire du Haut-Canada, les troupes anglaises re^ prirent rofltensive. Le colonel Murray, à la tête de 5 à 600 hommes, surprit le fort l^iagara, fit 300 prisonniers, et enleva une quantité considérable . de munitions. Le général Biall le suivait avec deux régi mentis et les sauvages de l'Ouest, pour le soutenir^ Lewiston, Manchester et tout le pays environnant, furent dévastés ; les petites villes de • Black-Bock et de Buflalo furent enlevées, après un combat livré dans les rues, et abandonnées aux flammes. ■ Ainsi se terminèrent les opérations de la campagne de 1813. Le gouverneur descendit à Québec dans l'automne, pour l'ouverture des chambres, qui -eut |ieu fiia moi» do janvier suivant,

38G, Vers la fin de l'hiver, le 30 mars 1814, le général Wilkinson,. à la tête de 5,000 hommes, attaqua tout à coup le moulin de Lacolle, au pied du lac (Jhamplain ; mais, après l'avoir canonué deux heures et demie inqtiloment, il fut obligé de retourner à

JlAR'

JPlnttsiburg. Cot ^cfadc dccida les Américmtu à diilw i> lutin oil'orte contn; lo iiniiUCHnnda. Commeni indiiiont, pour tt^ir mir lu tac Oniju-io, qnn 1< rt« do HiKlîotts-llnrtKiitr mit n In voilo, Un fajtiA iquéa À l'impruvieU par W gî-ninral DrummOHt li prit ot inuentliu (lo (J mai) Gawreo, princifll >6l du AméncuiiiH. Coux-oi *V'ii dcdommitfjèrflil Ihippawa, où iln dtilireut les Anglain ]v 5 ja!ll4t, Uur caanùrenlde grandes pertes. L'ut'Uf Drnnmond nu tarda jiU ce)>et)dant à piHjodre na rovaticlie le 2& jailluL, il lus attaqua tout ù coup A Lundi^ IiAne, uL, Uaiis un combat sanglant qui dura JaMUM — iili«ud« la nuit, il 1«b d^fiicomplétcmoiiU Lepa«t ùos taiKHiiront ctiat^une 6tir le champ du baudll 800 hommes tués ou Metwé». Los Amérit^M M imncliûront alora,tK>UN lu l'ort Erié, ou Drummood lia Ict) altuquor. 11 avttit d£jà pris une partie dl jeun ouvrages, lorsqu'une e:(plo«iîoD terrlVlo enveloppa dons uue ruine cotmuune tomt les soldats di fort. Uno.tflrrour panique s'empai;a dos aasaillanb. qui posèrent lea arniv«i,.ou prirent la CaiUi, pounmvi< par les Aniérioainti. Près de lOOO anglain lWv'>t ^^^ LluMés ou faits prisonniers, tandis que l'unncmi m perdit )>as 80 houmies.

" 387. Cepundanl les «Tcnei)>entB qui se pouoionteB >po allaient précipiter lo dénout>ment do la IntU ;^ée en Amérique, L'Angleterre, n'^^yant pin» 'lin de sefl forces dans le vieux monde, leti dingei le nouveau, vu elle blo<iua les principaux ))OtU des Etats-Uiiin, depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'au Mexique. Dans lo tnuÎH de juillet et d'anCit, elle «nvoya au Canada 14,000 hommes de troupes, avtc instruction d'envahir le tomtoiro des Etats-Unis jmt le lac C'hatnplain- Le général Prévost ne mit A Is tête de l'armée, concentrée entre Laprairio Chamblj-, et atteignît Plaltsburg le 6 septembre.

3ti8. lia flottille du lao devait opérer conjoint emaot avec l'armée. Kalheureneemunt, elle fbt rencontrïfi •t dê&ite par le Commodore McDonouph ; eu qui "*'■'-"" J'arnée de terro à ropasaor \fc ttwWi^tft. lâla

^gi^igo»

«tait en effet trop fitibTe pour ptiiétrer brou if^

liaii.s lu pays ennemi sans courir d'O grande (langera,

r Li-Dp tortfl pour Uno iAmpl6 eSenniiou. La précipi-

•.f'inn avec laquelle âe ât la retraitft, occatiiaiuia la

ri- lu d'nne grande qaântîtédOTiYrcJetilâ^fittitifîtft'

< t échec fui compensé par les avïïilé^rf^ iHiCinaa

IL lu lac Ontario, où l'Angleterre Avait fiait cons-

Luire une frégate de ceni canons.

:j8;). La paix no pouvwt ^èro ïçi^'or * *6 ftW*:'

l'ilâ fut en effet conclue à fîand, le ié d^temTiré litt

TijutcB les conquèten rt-ciproqùeB ftiMnt Mrtî^'éeir;

mais la question des fVontièrÈs enfi^ lé Jli^'ô «t 1^

Nouveau- Bro 11 s wick fut aî>aiid6lincC & la décfriion âê

commissaires que devaient nohinier les déai' gftiii^ei*^

ueurs. Cette question, vivoniént agitée entre' l5d d'iitii

puissances voisines, r6<;ut une solution tèinpo'raîWJ éâ;

1S13 ; plus tard, en I83I, lei^î de Hollande, ctiJiMl*

iir artitre, donna une décision que lea Etats^urtls

:'iisèr«nt de reconnaître; elle a été enfin défiiïrfi-

. I mont terminée à l'avantage de nos voisins pST K'

traité ou plutôt le compromis do 1846, conclu' pluf

M- Asfaburton.

390. Sir George Prévost réunit les chambre*' sa mois do janvier 1S15. Un jeune homme do 26 ans tiit appelé à la présidence de la chambre d'assenibléï) i citait Papincau, (ils de celui qui s'était déjà distï^giUa' dans Ic9 luttes parlement Aires, et qui devait porfîéiè' ses principes beaucoup plus loin que n'avaiï ftu JWH-

-? T .. ;i( .' __i. li I ,i 11 .-: ï.i'Ii.1

perc.

Les milices eurent leur congé, et l'afiScmTil'éto'

: résolution pour déclare^ que Sir G«oi^gÔ

Prévost, dann les circonstances dîtSci les oh lï fl'émi tPOttvé, s'était distingué par son énergie, sa mgfiSBé ot son habileté. Le gouverneur fht extrêmeméijt flatté de ce témoignage d'ajipï^batîon, et inforinra ^es cfimnhfeB qu'il allutt passer en Anglùt<^rré' jwuir répondre aux accusatîona que Sir James L. ïèû avaient portées contre lui touchant l'expédition da Plftttaburgh. Il emportii' avec lui lex regreU d« tcrfit^

Éjrovince et particulièf'âment dftft CaK&&.'"' "^ "~ vrat 0a chemia des fatigues dû ^o^'af^.

208 SHKBBROOKX. [18U

CHAPITEB III.

QMftioB dM inbflidtf (1816-23)— Pmnier projet d'nnîon (1823-27)- CriM à» 1827-28— Us 92 réiolutionf (1829-34).

391. La paix no fut pas plutôt rétablie, que Tattcntion publique bo reporta sur l'administration intérieure. Le général Drummond, qui remplaça temporairement âir Prévost, ne fut pas longtemps sans reconnaître des abus énormes dans le département des terres et celui des postes. De 1793 à 1811,

5 lus de trois millions d'acres de terre avaient été onnés à une multitude do favoris ; dans le bureaa des postes, on constata de tels désordres, qu'il fallut destituer Ilériot, chef du département.

392. Au commencement de la session de 181G, on message du gouverneur informa la chambre que les accusations portées contre les juges Seweli et Monk (1) avaient été rejotées, ajoutant c^ub le prince régent avait vu avec peine la conduite de la chambre à l'égard de deux hommes si dignes des hautes fonctions dont ils étaient revêtus. La chambre ordonna un appel nominal, et elle allait voter une adresse an prince régent, lorsqu'elle fut dissoute par le gouverneur, qui lui adressa un discours plein do reproches. Cet acte de sévérité était le résultat de l'influence du parti fanatique dont Byland était le premier auteur. Le peuple réélut presque tous les mêmes membres. Heureusement que Drummond .céda le pouvoir dans l'intervalle (181G) à Sherbrooke, homme infiniment plus habile et plus prudent que lui.

393. Sherbrooke commença son administration par un acte de générosité envers un orand nombre de paroisses ruinées par la gelée. Il s occupa avant tout à

(1) On reproehait an premier d'armr violé lea lola an ImpoMotm

R^les de pratique, et en flubstituant à la justice sa propre Toicat^

dsogJa cour d'Bppel ; le Juge Mook étail «AQni^ ^« ^^«tiM malffr*

1817-18] BIOHMONB, 20T

bien connaître la situation des affaires, la disposition des esprits, et suggéra au gouvernement impérial plusieurs mesures équitables, entre autres de reconnaître . ojfficiellement le titre de Tévêque catholique de Québec. En conséquence de cette recommandation, et en récompense des services rendus à la colonie, Mgr Plessis fut nommé membre du conseil exécutif, et reçut une pension qui fut continuée à ses deux successeurs immédiats.

394. Ce fut sous l'administration de Sherbrooke que la grande. question des subsides, déjà soulevée avant l'arrivée de Craig, mais assoupie par la guerre, commença à exciter une profonde agitation dans les esprits. D'un côté, la chambre voulait, comme en Angleterre, avoir l'initiative de toutes les mesures concernant l'emploi des deniers publics ; de l'autre, le gouverneur et le conseil exécutif cherchaient à so maintenir en possession d'en disposer comme ils avaient fait depuis la conquête, même depuis la constitution de 1791. Cependant la modération de Sherbrooke empêchèrent bien des difficultés qui troublèrent ses successeurs ; mais, dégoûté de la tâche difficile de concilier tant d'intérêts divers et opposés, il demanda son rappel au bout de doux ans. C'était un homme d'un grand sens et à vues élevées, auquel il no manquait peut-être qu'un peu plus de fermeté.

395. Sherbrooke fut remplace par un des gi^ands personrages de la Grande-Bretagne, le duc de llichmond, gouvemsur d'Irlande, ^ui avait dissipé Ha fortune par son luxe et ses extravagances. CeUii-oi ' arriva à Québec en 1818, accompagne de son gendre, Sir Peregrine Maitland, nomme lieutenant gouverneur du Haut-Canada.

396. Dès la première session, la chambre refusa de voter la liste civile, parce que le duc de Eîchmond l'avait élevée d'un cinquième au-dessus do colle dos années précédentes. Cotte liste comprenait d'ailleurs plusieurs char^ijcs que la chambre jugeait inutiles ou cxo«l)itantcs. I^ç^^ d 'put/s passCTOxxt \\w VvW «\^ 'w^

tiïdoj dStnIll \ et ])f):ir une anulo v»Ck\3\^\Xi^vA.\ Xo^Xvw^

208 hjLUÊcnmMk [181940

fiit rojoto pnr lo conBeîl, comxtM ineonstitntioiiDd. Mécontent (Ui co qu'on no repondait pas UâBCzvitei HOH vd'ux, ]iii*liinond prorogea lo parlement, ODadm- Huntà Iachanil>i*cdo HÔvoros reproches, contre lonqiwli elle protesta dans la seanion snivanto. Il tomi» malaue pou do tempH après, et mourut dos suites da la niorHurc d'un renard^ et ftat enterré avec grande ]K>m]K) danH la eathédralo anglicano de Québec, k 4 HCptcmbre 1819.

807. ])anH l'espace da quelques mois, le pouvoir passa suoccBsivcmcnt par les mains de Monk, qui ne lit que <lisHoudro la chambre et ordonner do nouvelles élections; par cclIeH de Sir Percgrine Maitland; ot en il II ])ar celles du comte de Daihousio, nommé goaverneur des colonies anglaises do rAmt'riquo du Nord.

.■jî)8. Veif» le mcmo temps, l'Angletorro, convaincue de l'iinpossibilité de rendre lo pays protestant, prit le Ku^e parti de laisHcr les Canadiens suivro la religion de leurs pcres. En 1819 (12 janviorV le pape Pie YJÏ, de son consentement, erigoa r église do Québec en métropole, et conféra à Mgr Plcssis lo titre d'archevêque (1), a M. McDonald celui d'évéqao de JlégiopoIÎH (Kingston ), et à M. MacEachem celai d'évéque de Jiose, pour lo Nouveau-Brunswick et les lies du J'rince-Edouard et de la Madeleine.

399. Le comte de Dalhousie arriva à Québec le 18 juin 1820, et convoqua le ]mrlement le 14 décembre suivant. Dans son discours d'ouverture, il manifesta des intentions ])acifiques et bienveillantes; mais la chambre, persuîwlée que le seul moyen d'empêcher les alms, était de veiller de prés à l'emploi des deniers publics, s'empressa de voter une liste civil© annuelle et détaillée, que le conseil rejeta, comme il avait fait sous le duc de liichmond. La division déjà

(1) Quoique VCrù({x\o do Qu/'bco ait port^?, depuis Bl^r Plossis, le titre d'arclitiv^qr.e dniiti hch coricKpoiidunocR aveo la cour de llome, MgT Fignay ont \o nromior (jui rail \tr\A \>\\\)Uuu«mQtit et officiellemeat en 1844, nprèa hvoir reçu le pallimn, lorwi^ueve touNQt».V[i Yitk\ja%vX éiigé la province ecci^^siOBtique de Québoo.

182a-r26] DALHOtrSXS. 20d

profonde entre les deux branches de la légîslatnro alla toujours croissant d'année en année jusqu'en 1827, si ce n'est pendant le voyage de Dalhousie en Angleterre (1824-5), où elle parut s'appaiserun peu; l'administrateur Burton demanda et obtint un bill de subsides, où les deniers étaient accordés par chapitres non détaillés. Après son retour, le gouverneur refusa d'en sanctionner un semblable (1826), et annonça qu'il allait payer les dépenses du gouvernement sur les fonds laissés à sa disposition par les anciennes lois ; pour ne pas donner à la chambre le temps de protester, il la prorogea dès le lendemain, et, .quelque temps après, il en appela au peuple par les élections générales.

400. Le parti anglais, trouvant un appui dans la population du Haut-Canada, avait réussi à faire introduire à la ôhambre des communes en Angleterre un projet de loi pour réunir les deux provinces sous un seul gouvernement. Ge bill donnait au Haut-Canada une représentation beaucoup plus nombreuse qu'au Bas-Canada ; proscrivait la langue française ; restreignait la liberté du culte, et les droits des représentants sur les deniers publics ; réduisait en un mot le Canada français à la condition révoltante de l'Irlande.

401. A peine eut-on connaissance, en Canada, des dispositions tyranniques de ce bill, que toute la population s'empressa oe protester énergiquement con* tre une mesure si contraire à tous ses intérêts ; on nomma partout des comités pour dresser des pétitions en forme ; le mouvement se communiqua même au Haut-Canada, qui, à la surprise d'un grand nombi*e, se prononça aussi contre l'union. Papineau et Neilson furent délégués à Londres pour porter ces pétitions, et les appuyer de toute la force de leur éloquence. Cette unanimité imposante d'une part, et de l'autre les malversations et la banqueroute du receveur général Caldwell, engagèrent les ministres à laisser tomber un projet qui menaçait la colonie de tant (X^ troubles. C'est alors <|ue Dalhousie i|jaaaa«a Ai\5^<^

210 DALHonsns, ^ [1827

terre, pour s'entendre avec le bureau colonial but co qu'il y avait à faire après la déconvenue du projet d'union.

402. La dissolution du parlement avait produit une agitation extraordinaire, qui fut encore augmentée par la publication d'une adresse au peuple, pour l'engager à réélire des membres de Ja majorité. Les auteurs de cet écrit étaient MM. Papineau, Ileney, Cuvillier, Quesnel et autres. Il se tint des asscni' blécs publiques partout dans les villes et loé campagnes, pour blâmer ou approuver la conduite du gouverneur. L'expiration des lois de milice, qui permit de remettre en vigueur d'anciennes ordonnances, augmenta encore le feu des discordes. Dos ofSciera de milice furent destitués, ou renvoyèrent Icore commissions; quelques-uns môme allèrent jusqu'à exciter les miliciens à la désobéissance, et réussirent auprès d'un certain nombre. Un journal, VAmi du Peuple, publié dans les Etats-Unis pai* dos réfagica canadiens, fomentait encore l'excitation générale: aussi, les élections ne purent se faire sans être Toccasion de graves désordres. La chambre se réunit lo 20 novembre 1827, Le lendemain, elle se rendit au conseil, et informa le gouverneur qu'elle avait élu pour président M. Papineau. Le président du conseil répondit que son excellence désapprouvait cotte élection, et enjoignait à la chambre d'en faire une autre, pour la soumettre à son approbation le vendredi sui* vant (23 novembre). Le coup n'était pas inattendo. On décida que le choix du président devait être fait librement; que l'approbation 'du gouverneur, do mémo que la présentation, était une simple formalité d'usage ; M. Papineau fut reconduit au fauteuil, et les membres de la minorité se retirèrent. Le soir même, le parlement était prorogé.

403. Les assemblées publiques recommencèrent plus nombreuses et plus agitées que jamais. Ti*oia membres, MM. Neilson, I),-B, Yiger et Cuvillier,

/a J'en t chargés d'aller porter en Angleterre des ro^ j ^uêtea couvertes de plus do SO^^OQ çÀ.^\k»^\a^55^^ ^V \

IViTi dommitlait lo rappel du comte Dalhousio, et une enquête sur lea affaires de la province.

404. Les débat)* do la chanibre des communeB ver- Bcrent le blâme et la louange totir à toitf sur les deux partis, ot le comité chargé de prondi-e les inibrmations, donna un rapport favorable dans sou ensemula à la chambra d'assemblée. Pour faciliter lu rélabliu- Bem.ent de la concorde, DalhouBÎe fut nommé au gouvernement des Indes, et Sir James Kempt, lieuton an t-goaverneur do Ift Nouvelle-Ecosse, fut mis à la tête de celai du Canada (1).

405. Les adversaires les plus violents du comto r>alhousie ne lui ont jamais refusé une grande aménité de caractère dans la vie privée, un amour extraordinaire du travail, et des vues élevêea pour le progrès de l'éducation, du commerce et do l'agriculture. Ija Société Littéraire et Historique do Québec fut étfc blio 80US ses auspices, et l'ancienne capitale du Canada lui doit le monument érigé A la mémoire do Wolfe et de Montcalm.

40C. Sir James Kempt trouva les esprits un pou calmés par lo rapport du comité de la chambre dos communes, ot par lo rappel de tialhousio. Conformément à ses instruetions, il observa une stricte impartialité enti-e la chambre et le conseil légielutif. En donnant lui-même l'exemple de la modération, il

cw.vB M. Papmean pour président do l'assembli'o. Lo nombre dos députés fut porté de 50 à 84. A l'exception du salaire du gouverneur et des juges, î! laissa à la chambre le libre emploi des deniers mis à la disposition de la couronne par le parlement imi)érial. La chambre, tout en protestant contre l'intervention jUarlement impérial dans les finances do la colonie,

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