‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 6 sur 42 · CHAPITRE PEEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PEEMIER

42. >[. d« Monta, sans se laisser décourager par lea j iwntradîctiona, eut le crédit de se fkire rétablir pour ■ un an dans son privilège, et voulut faire encore uno tentative de colonisation. Cette fois, il tourna ses vues vers le Canada. I>e concert avec ses associés, il équipa i deux navires: l'un, sous les ordres do Pontgravé, devait j surveiller la traite des pelleteries ; et l'autre, commandé par Cbamplain, était destiné pour Québec, où il i arriva le 3 jmllet 1608. t Je cherchai, dit Champlaiii, un lieu propre pour notre habitation ; mais je n'en

Eus trouver de plus commode, ni de mieux situé quo 1 pointe de Québec, ainsi appelée des sauvages, | laquelle était remplie de noyers. * II était impossible i en effet de mieux placer le chef-lieu d'une colonie naissante. "Un superbe promontoire, formant une < citadelle déjà presque achevée par les mains do la nature ; un vaste bassin et une rade profonde, où plusieurs flottes peuvent mouiller à l'abri des t«mnétes ; un ensemble de beautés pittoresques comme ^ en trouve peu dans le monde ontiet -, inve y^^'^'*^" rln/«, au bord d'un fleuve iiujesta»iix «A. i "~"

24 PB MONTS — CHAMPLAlîT, [1608

au milieu des principales tribus de la grande famille algoïK^uinc : tout devait fhln^ r.p])rouvcr le choix que fit en cette occasion le prre de la Nouvelle-France.

43. Cliamplain, en arrivant, mit ses gens îi l'ouvrage, employant les uns à abattre les ai*bixîs et à d: fricher, les autres à construire un magasin et des logements, avec galeries et foss's tout à l'en tour. Le ma;;asin, auquel on donna six toises de longueur sur trois de profondeur, iut placé à l'endroit même où est aujoui-d'liui l'cglise de la basse ville. Los nmnitions et les provisions de l)oucbo étant ainsi en >sûrete, on rie va tout auprùs trois corps de logis à deux étages, longs chacun de trois toises sur deux et demie de largeur. Du côté du lleuve, Cliamplain lUi'nagea plusieurs pointes d\'perons, qui enlermaient une

i)artio du logement, et où l'on monta les premières )atteries do Qu bec.

44. Lorsque les rigueurs de la saison curent mis lin A ces premiers travaux, Cliamplain s'appliqua à connaître le.3 sauvages du pays, et à se concilier leur amiti''. Les princii)ales cfe ces nations étaient : les ^lontugnais, qui habitaient les environs de Qui}bec, l'immense bassin du Saguenay et celui- du Saint- ^laurioe ; les Algonquins, dont les nombreuses tribut étaient échehmnées jinncipalement • le long de la grande rîvi re qui portait leur nom, et que nous a])])elons aujourd'hui rivière des Out^omiis ; les Ifuroiis, peuples b 'dentaires, dont le pays était renform'' entre la nier Douce, ou lac Iluron, et le lac Simcoe, mais dont la langue était pai'b'e jiai* plusieurs nationK dispers.'os sur les bords des grands lac« ; au ;<ud (lu fleuve, du côté de l'Aciulic, étaient les Abônaquis et les Souriquois ou Micmacs. Tous ces peuples av:iicMit pour ennemis commun^;, les Iroquois, ou la c'onf'd'' ration des cinq cantons, savoir, les Agniors, 1:'- Oncyouts, les Onontagu^'s, les Goyogouins et les T.M):inontouans, dont le pa^'s s'étendait à l'ouest du lac Champlain et au sud du lac Ontario (1).

(1) Los divers dialectefl.G^uo Y>aT\a\ont. tc>na \m %v(i'YQL^%i% (^\jk ^«tv^^v ratUtohent  deux souohM priiicipa\M,V*^î&^^^^^^^^^^'^°'^^^'^

1609] OHAXPLAIN. 35

45. Au printemps de Tanhée 1609, les Montagnais, les Algonquins et làsllurons, résolus de former un grand parti de guerre pour se venger de leurs ennemis, vinrent solliciter l'alliance des Frani;ai.s, et les engager à se joindi*e à eux. Champlain, persuadé qu'avec le secoul'a de trois nations aussi nombreuses et aussi influentes, il lui serait facile do dompter celles qui pourraient nuire à la tranquillité de la colonie, m décida^ do TaTia de Pontgravé, à leur prêter main forte, et à les accompagner lui-même jusque dans le cœur du pays ennemi.

46. Il remonta avec eux le fleuve et la rivière dos Iroquois, qui pjrta plus tard les noms do Kieheliou, de Chambly et de Sorel. La chaloupe dos Fi-ançais monta aisément jusqu'au pîed des rapides do Chambly ; là, il fut' impossible ée passer outre. Sans so rebuter ni de la difficulté, ni de la mauvaise foi dos sauvages, qui lui avaient assuré qu'on allait jus.ju'au ]"uiys dos Jj-oquois sans aucun embarras, Ohamplain renvoya la chaloupe, et s'embarqua dans leurs canots avec deux français qui consentirent à le suivre.

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