‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 7 sur 42 · Le rapide passé, la flottille commença à navi · texte numérisé non relu

Le rapide passé, la flottille commença à navi

fuer avec un peu plus do précaution : on campait do onne heure, sur lé bord- de la rivière; on ko contentait néanmoins do faille, du côté do terre, (le grand j abattis d'arbres, et de ranger lés canots d'v corce au bord do l'eîiu, afin de pouvoir plus promptomont s'omrbarquérj en cas de surprise ; après quoi, l'on envoyait quelques clairéurs à la découverte, et, s'ils revcriaioiit sans avoir rien vu, on se couchait fort trari:iuille, sslw^ i;i..iho prendre la peine de poser dos sentinelles autuar du camp. Cliamplain eut hoViii représenter a ses alliés lé péril auquel les e:>^posait Une conduite aussi peu rv'^guli.>re, toute la r'poîise qu'ils lui firent, fut ([uo des gens qui avaient fati/rué tout le j'oUr, avaient besoin do reî)Oscr la nuit. X anmoi n.i, quand oa i'îo crut proche do . rcnno!:ii. '< éclaîrours s'acquiLt'rout uu p-vva mieux do loar < a' /;;.i- ; on ne marcha plus que de nuit, oX' oi\. \îk\>.VV\xssï:^ n^^^ db'foux pondant lo Jour, . .

CHAMPLADt,

48. Co qui contribuait lo pluB à entretenir les eftQvages dans cette dAngoreuse socurité, était la eonfiancw qu'ils avaient on leurs jongleui-H. AussitÔtque l'armée était campée, le jongleur se fUisait une petite cabana de pieux, sur laquelle il jetait la peau qui lui servait de vêtement ; puis il y entrait, et les guerriers se rangeaient tout à l'entour. Bientôt il commençait & marmoter quelques paroles mystérieuses, criant^ hurlant et se démenant de telle sorte, que l'eau ruisselait de toutes les parties de sou corps. C'est au milieu de ce bel appareil, que le Tnamtoa (1) révélait à son prophète l'issue heureuse ou malheureuse de la gnorre, et I on aurait cru la pays perdu, si l'on avait manqué de 86 conformer à la moindre de ses prescriptions.

49. Déjà la troupe n'était plus qu'a deux ou trois journées de la demeure des ennemis, et, tous les soirs, on no manquait pas do consulter l'oracle. Cependant,, comme s'il fût roi^té au fond de leur cceur une certaine dédanco de la véracité du manitou, ou de la fidélité de son interprète, les sauvages demandaient souvent k Champlain s'il n'avait pas vu les ennemis en songe. Malheureusement il ne rêvait point ; ee qui paraissait les contrarier beaucoup. Un jour enfin, il leurappi-end qu'il avait vu pendant son sommeil les Iroquois nui SB noyaient dans le lac. La joie fut au comble, et I On ne douta plus de la victoire. L'attente ne pouvait étro de longue durée ; en effet, le même jour, 29 juillet, sur les dix houroB du soir, comme les canots s'avançaient tout doacement et sans bruit sur les eaux du lue Champlain, on se trouva tout à coup en fbce des canots ennemis. Des cris effroyables s'élevèrent de part et d'autre. Les Iroquois se jetèrent au rivage, ou ils «a barricadèrent adroitement derrière de grands abattiii d'arbres. Les alliés prirent le large, et tinrent toute U nuit leurs canota bien arrangés et attachés les VLXia

Ktre les autres à environ une portée de trait du ip ennemi. Dès qu'ils furent armés et mis «n XwJfasta«ub(l tu Alconqnioi AiAEDktnil *ii»t l« bon «t h. ifrjn^u/l/KnraroDirippaUVastiilbir

gu.

ordre, ils dêtochèrenl doux canota, pour aller oifrir la bataille aux IroquoÎR. Ceux-ci répondirent qu'ils ne désiraient rien tant ; mais qu'if fallait attendre le jour pour se connaître. Ils étaient au nombre de près de doux centfl guerriers d'élite, et pensaient avoir non marché de cotte jraignée à'Acanagues (c'est ainsi 'ils appelaient les Algonquins). Toute la nuit, de ■t et a'uutre, se passa en bravades, danses et chansons e guerre.

50. lie jour venu, on se prépara au combat. Jjea alliés mettent à terre, ayant toujours soin do bien cocher les français, pour ménager une surprise. Les ennemis, sortant de leur barricade, s'avancent au petit

n, avec beaucoup de gravité et d'assurance, trois de ' rs chefs en tète. Comme ils se préparaient à taire une décharge do leurs flèches, les alliés ou\Tent leurs rangs, et laissent le r.ûlii'U libre à Champlaîn. Son habillement et ses armes étonnèrent les Iroquoia ; mais l'étonnomunt fit bientôt place à la terreur, quand, du premier coup de son arquebuse, ils virent tomber I un de leurs chefs, avec un uuti-o de leurs compagnons, 1 t un troisième dangereusement blessé. Les alliés |jou8fKnt de grands cris do joie, et font une décharge i-^norale de loui-3 flèches, sans produire grand effet, l 'iiamploîn allait recommencer à tirer, lorsqu'un des iU-nx autres français demeurés eadiés dans le bois, ALiattit à son tour quelques onnek.iiâ. Les Iroquois, voyant que ces armes tonnantes perçaient jusqu'à leurs boucliers, qu'ils croyaient impénétrables, furent saisis d'épouvante, et ne songèrent plus qu'à fuir. Les vainqueurs les poursuivirent chaudement, on tuèrent encore plusieurs, en firent prisonniers dix ou douze, qu'ils réservèrent pour les plus horribles tourmenta ; puis, après avoir passé deux ou trois heures à faire bonne chère, à danser et à chanter, ils reprirent chacun la route de leur pays.

61. Champlain descendit à Québec avec les Montagnais, et les accompagna jusqu'à Tadoussac, pour être témoin de la réception que l'on faisait aux. ' ^"^ tngaenrs, et, an commoncemeut i« ws^'yora^'^i''

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an milieu dos principales tribus de la grande famille algonquinc : tout devait fhîn^ approuver le choix que fit en celte occasion le prre de la Xouvelle-France.

43. Champlain, en arrivant, mit ses gens à l'ouvrage, employant les uns à abattre les arbiHis et à défricher, les autres à construire un magasin et de» logements, avec galeries et fossés tout à l'en tour. Le magasin, auquel on donna six toises de longueur sur trois de profondeur, i'iit placé à reudroit même où est aujourd'hui l'église de la basse ville. Ijcs muniti'.ms et les provisions de houclie étant ainsi eji sùrete, on éleva tout auprès trois corps de logis à deux étages, longs chacun de trois toises sur deux et demie de largeur. Du côté du lleuve, Champlain ménagea plusieurs pointes d'éperons, qui enlermaient une partie du logement, et où l'on mouta les premières batteries de Qu bec.

44. Lorsque les rigueui-s de la saison eurent mis fin à ces premiers travaux, Champlain s'a])])]iqua à connaître le.i sauvages du pays, et à se concilier leur amitié. Les principales de ces nations étaient : les îtlontagnais, qui habitaient les environs de Québec, l'immense bassin du Saguenay et celui- du Saint- Maurice ; les Algonqiuns, dont les nombreuses tribus étaient échelonnées principalement ■ le long de la grande rîvi're qui portait leur nom, et que nous a])pelons aujourd'hui rivi^TC des Outaoïuiîs ; les Ifurons, peuples sédentaires, dont le pays était rcn" fermé entre la irier Douce, ou lac Huron, et le lac Simcoc, mais dont la langue était pai'h'e par plusieui'S nalionîî disjxîrs'es sur les bords des grands lacs ; au sud du fleuve, du côté de TAciulic, étaient les Abénaquis et les Souri(]u"ois on Micmacs. Tous ces peuples avaient pour ennemis comiuumî, les Iroquois, ou la conf 'dération des cinq cantons, savoir, les Agniors, les Oneyouts, les Onontagu's, les Cioyogouins et les Tsonnontouans, dont le pays s'étendait à l'ouest du lac Champlain et au sud du lacOntimo (1).

(1) Lob divers dialectes. qiio parlaiout ton» \Qa H&.\r%aL^^% du. Oanadai fjnUiMohent à deux souches prinolpaleB»V&\SOTi<\uVtiQil\«Vx)stm..

1609] OHAXPLAIN. 25

45. Au printemps de rannée 1609, les Montagnais, les Algonquins et léalliirons, résolus de formor un grand parti de ^erre pour se venger do loiira ennemis^ vinrent solliciter l'alliance des Franr;ai.s, et les engager à se joindre à eux. Champlain, persuadé qu'avec lo secours de trois nations aussi noml»rouseH et aussi influentes, il lui serait facile do dompter colles qui pourraient nuire à la tranquillité do la colonie, se décida^ do TaTia de Pontgravé, à leur prêter main forte, et à les accompagner lui-même jusque dans le cœur du pays ennemi.

46. Il remonta avec eux le fleuve et la rivière des Iroquois, qui p^rta plus tard les noms do Richoliou, de Chambly et do Sorol. La chaloupe des Français monta aisi^ment jusqu'au pied des rapides d.) CliamM y ; Li, il fut' impossible do passer outre. Sans so rebuter ni do la dimculté, ni de la mauvaise f )i dos sauvages, qui lui avaient assuré qu'on allait jusqu'au pays dos Lroquois sans aucun embarras, (Champlain renvoya la chaloupe, et s'embarqua dans leurs canots avec- dnix fran;ais qui O/Onsentiront à le suivre.

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