Le rapide passé, la flottille commença à iiavi
fuer avec un peu plus de précaution : on campait «K* onne heure, sur le bord de la rivière; ou se contentait n'ànmdins de faire, du côté do torro, dograiivlj abattis d'arbres, et de ranger lés canots d'v corce :ui bord do l'eatu, iilin de pouvoir plus promptenioiit s'embarquer j en cas de surprise ; apr>ls quoi, l'on envoyait quelques claireurs à la découverte, et, s'ils revenaient sans avoir rien vu, on se couchait fort tranquille, sanst m'ino prendre la peine do po.;cr dos sentinelles autjar du camp. Champlain eut l>eMi représenter a ses alliés lé péril auquel lès ér^posait Une conduite aussi peu régulière, toute la r ])Oîise qu'ils lui firent, fut que des gens qui avaient fiiii/cué tout le j'otir, avaient besoin de ropo.^cr la nuit. X aiim>in.i, quand on :>e crut pDclie lîo . l'onno!.'.:, 1^ - 'éclaîreurs s'acquiit'ront un p.'ii mieux de loiir v..' .'../ ; ou ne marcha plus que de nuit, et" on n'alluma i^lus àe' feux pendant lo JOUT^ ..
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48. Ce qui contribnait le plus à entretenir les Banvages dans cette dangereuse sécurité, était la confiance qu'ils avaient en leurs jongleurs. Aussitôt que Tarmée était campée, le jongleur se faisait une petite cabane de pieux, sur laquelle il jetait la peau qui lui servait de vêtement ; puis il y entrait, et les guerriers se rangeaient tout à Tentour. Bientôt il commençait à marmoter quelques paroles mystérieuses, crianl^ hurlant et se démenant de telle sorte, que Teau ruisselait de toutes les parties de son corps. C'est au milieu de ce bel appareil, que le manitou (1) révélait à son prophète l^ue heureuse ou malheureuse de la guerre, et 1 on aurait cru le pavs perdu, si Ton avait manqué de se conformer à la moindre de ses prescriptions.
49. Déjà la troupe n'était .plus qu'a deux ou trois journées de la demeure des ennemis, et, tous les soirs, on ne manquait pas de consulter Toràcle. Cependant, comme s'il f&t resté au fond de leur cœur ime certaine défiance de la véracité du manitou, ou de la fidélité de son interprète, les sauvages demandaient souvent à Champlain s'il n'avait pas vu les ennemis en songe. Malheureusement il ne rêvait point ; ce qui paraissait les contrarier beaucoup. Un jour enfin, il leur apprend qu'il avait vu pendant son sommeil les Iroquois qui se noj^aient dans le lac. La joie fut au comble, et l'on ne douta plus de la victoire. L'attente ne pouvait être de longue durée ; en effet, le même jour, 29 juillet, sur les dix heures du soir, comme les canots s'avançaient tout doucement et sans bruit sur les eaux du lac Champlain, on se trouva tout à coup en face des canots ennemis. Des cris effroyables s'élevèrent de part et d'autre. Les L*oquois se jetèrent au rivage, ou ils se barricadèrent adroitement derrière de grands abattis d'arbres. Les alliés prirent le large, et tinrent toute la nuit leurs canots bien arrangés et attachés les uns contre les autres à environ une portée de trait du camp ennemi. Dès qu'ils furent armés et mis en
(1) Les HontafnAifl «t les Algonauiiui déngnaiwit fttnai U boa «t ]m
ordre, ils détachèrent doux canote, pour aller offrir la bataille* aux Iroquois. Ceux-ci répondirent qu'ils ne désiraient rien tant ; mais qu'il follait attendre le jour pour se connaître, lia étaient au nombre de près de doux eenta guerriera d'élite, et pensaient avoir bon marché de cette poignée A' Âeanaques (c'est ainsi (qu'ils appelaient les Algonquins). Toute la nuit, de ]jartota'antre, Repassa en bravadeB, danses et chansons de guerre.
50. Le jour venu, on ee prépara au combat. Les alliés mettent à terre, ayant toujours soin do bien cacher les â-ançais, pour ménager une surpriBO. Les ennemis, sortant de leur barricade, s'avancent au petit pas, avec beaucoup de gravité et d'assurance, trois do luurd chefs en tète. Comme ils se préparaient à faire ujie décharge de leurs flèches, les alliés ouvrent leurs rangs, et laissent le niilii^u libre k Champlain. Son liabilloment et ses armes étonnèrent les Iroquois ; niaial'étonnementfitbientôtplaee à la terreur, quand, du premier coup do son arquebuse, ils virent tomber lin do leurs chefs, avec un autre de leurs compagnons, - L-t un troisième dangereusement blessé. I^s alliés 1 poussent de grands cria do joie, et font une décharge ] générale de leuis flèches, sans produire grand effet. Champlain allait recommencer à tirer, lorsqu'un des deux autres français demeurés cachés dans le boia, Abattit à son tour quelques ennemis. Les Iroquoia, voyant que ces armes tonnantes perçaient jusqu'à leurs boucliers, qu'ils croyaient impénétrables, furent i saisis d'épouvante, et ne aongèrent plus qu'à fuir. Les vainqueurs les poursuivirent chaudement, en tuèrent encore plusieurs, en firent prisonniers dix ou douze, ' qu'ils réservèrent pour les plus horribles tourments ; puis, après avoir passé deux ou trois heures à faire oonne chère, à danser et à chanter, ils reprirent i i hacun la route de leur pays.
51. Champlain descendit à Québec avec les Mon- <:i;'nais, et les accompagna jusqu'à Tadouasac, pour "tre témoin do la réception que l'on {«.«iWiA, w\i>
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