CHAMPLAIN
repartit pom* la France avec Pontgrave, laissant la colonie sous les ordres du capitaine rierre Chavin, de Dieppe. Il fut fort bien re\,u du roi, à qui il rendit compte de l'état où il avait laissé la Kouvelle-Franee, et lui présenta quelques curiosités du pays, entre autres une magnifique ceinture travaillée en poil de porc-épic.
52. ^L de Monts, ayant encore réussi à équipper deux vaisseaux, en confia le commandement à Champlaîn et à Pontgravé, qui arrivèrent à Tadoussac le 26 de mai IGIO. Les sauvages attendaient le retour de Chainplain avec impatience ; car il leur avait promis de les aider à dompter leurs ennemis, à condition f qu'après le retour de la guerre, ils le mèneraient décou\TL*ir les Trois-Eivières, jusques en un lieu où il y avait une si grande mer qu'ils n'en voyaient point le bout, et qu'ils reviendraient à Tadoussac par le Saguenay. » Il partit en elA\. v'.e ^ Québec le 14 do juin, un peu après les Montagnais, pour aller rejoindre les Algonquins et les Ilurons, qui devaient l'attendre, au nombre de quatre cents, à l'entrée de la rivière des Iroquois. La petite troupe se caraj^adans une île devant rembouchure de cette rivière. Cîomme les Montagnais étaient occupés à abattre des arbres, pour pouvoir mieux exécuter leurs danses de guerre et se mettre en ordre à l'arrivée des Algonquins, un canot vint en diligence avertir que ces derniers avaient fait rencontre des ennemis non loin de là, et que, si Ton voulait les surprendre, il n'y avait pas un moment à perdre. Sur les instances des sauvages, Champlain îonsentit à laisser sa barque, et à prendre le canot. Il partit, accompagné dos quatre français qui l'avaient suivi. Mais, de tous les traiteurs, si ardents au trafic des pelleteries, il n'y- eut que le capitaine Thibault qui eût le courage do se joindre à l'expcdiiion. On n'avait pas ramé une demi-heure, que les sauvages tout à coup sautent à terre sans rien dire, et se 'Oîttottent à courir à travers les bois, laissant leurs canots à l*abandon, et les françai:; sans guides, dans àeaforèis zoArécageùses et infestées de moustiques.
Iftll] PHA5CPLAIN, 29
Enfin, au bout de quoique terap.s, un chef alLÇOinjuiii vint les avertir Jo fiiiro auôsi grande tlili^einv.' i^uo ix>âe>ible, parce qu'où était aux mains ave»: Ioô ii > ^»i: )i.i, qui d6j:\ avaient remporté quelques avaula;^o.->. L/arrivee de Champlain et do ses compa:^ni>-i ; i^iiiit le coiu"ago aux alliés. Le combat lïit (io \>\a.^ (/[>[niatres; Champlain lui-nijmo l'at Ue.soo d'uîiu il v.'iio, qui lui tendit le bout de l'orcillo, et lui onîra ùau. le cou. Bientôt, la poudre manquant, on donna l'a. aat au retranchement des ennemis, qui bC d. fondait.'. a ku désesjiérés. L'arrivée du jouno ot bravo Deô|»;;i!: 1..-, de SaintO»lalo, et de quelques autres français, avo*.- «lo nouvelles munitions, acheva do les mettre en d^n^.; \ Ils lurent presque tous tués ou laits prisonnier...
53, A peine les vainqueurs ctaient-ilsarriv s.. i\.iiliouehure de la riviéi'e des Iro^uois, qu'on remontra les deux cents guerriers al^ >;à [uins et hur'>n^ qui devaient descendre ave.; le vlwï Iroqu^ji:, pour se joindre à l'expédition. Oos ..auvau:o.s, dont la ])lu^iart voyaient les Français pour la pi'emiJro Ibis, lurent bien chagrins de n'avoir pas eu leur part à eotie vicîoii'e. Champlain, avant de se s parer de.< alli s, leur demanda d'emmener avec eux un jeune IVan.als, |iour lui apprendre leur lai\/;ue, et lui faire e»>nnaître le pays j ce qu'ils lui aecoi\l rent à (•o:Lli:;;)n qu'il garderait avec lui un des leui-s, et l'eniin Uv\ait eu France, aiin -qu'ils servissent d'ùtages ïun \u)\ir l'autre. Ce fut au rtStour de cette heureuse exJ)^ dUion que Ton apprit la mort tragique de Henri IV. Seniùiit plus que personne la perte que l'on venait de f;are, dans la pei'sonne d'un monarque qui l'avait honoré de sa protection, et les conséquences de cet « Vv nement pour les intérêts de la colonie, Chaniplain ^-as.sa immédiatement en France, laissant pour eomniauder au foirt et à Thabitation de l^ut Ive, le sieur I)u[)are, qui, Tannée pr.ci dente, y avait hiverné avec le capitaine Pionv Chavin.
54. Au printemps de IGll, M. de !Monts et ses associés voulurent faire encore un demie v viitviYV ^<s\xt maintenir loui- privilège , et CliampYavw \'<b\jx\.^'C\v \^<i\xx
__ lébeo nvoc Pontgravé, dès qu» la H^§on put le 1 permettre. Maia son empreesemenl fiûllit cottt uher à la colonie. ÂrrÎTé au Gh-and-Banc, le vaiaae se trouve environne d'énormes banquises do glact et en grand danger d'être broyé entre eee muai flottantes. Pour comble de malheur, d'épais brouillai empêchaient qu'on put se reconnaître ou cherch une iaaue, et une pluie glacée engourdissait tolleme les matelots, que toute manœuvre devenait imp< eible. Enfin, après plusieurs semaines d'incertitudi de dangers et do souffrances, on réussit H entrer da le golfe, et l'on mouilla à Tadoussac le 13 de mai. ! vaisseau était parti de Honfleur le premier de man 55. Dans ses expéditions de 1609 et 1610 surtoi Champliûn avait compris l'iniportance de faciliter I rapports que l'on devait avoir avec les sauvages l'ouest, et d'opposer une barrière aux dévastations leur» implacables ennenùa, les Iroqaois. Sans abi donner son œuvre de prédilection commencée sur pointe de Québec, il eut lapensée d'établir un compti BOUH la protection d'un nouveau fort, en un Heu tr bien situé, non loin des prairies autrefois cultivt par les habitants d'Hochelaga, et où se faisait traite cette année. Il y fit couper le bois, et déA-ich la terre, f pour la rendre unie et prête À y bâtir. > ussa même l'attention jusqu'à conatruîre un m quatre pieds d'épaisseur, P^ur voir comment isieterait et à la rigueur de l'hivor et à la violen tes inondations du printemps. A cette place, pet 111 réalité, mais grande dans les prévisions du pâ le la Nouvelle-France, Chnmplain donna le nom ""lace-Royalo. Ce fut en ce mémo endroit que, trei is plus tard, l'on bâtit les premières maisons [ontréal.
^. 5C. En attendant l'arrivée des Hurons et c Algonquins, Champlain alla visiter le lac Saint-IiO] cl Te lac des Deux-Montagnes. Enfin, le 13 déjà arrivèrent deux eenta sauvages hurona aveo^^ capitaines Ochataiguiii, Iroquet et Trégoua ^Vjeano Suvignoa, qui avait actiotQ-çB.ÊTiii <;
CHAMPLATN. Hl
ôn Prance. Arrivés à une petite dîstanoo dos Français, ils poussèrent tous cnBCinulo un grund cri de liionvenue, et rûn des chefs commenta à lairouno liai-îmi'Mîc, louant en particulier Cliamplui;i d<» ce qu'il lour :ivail. tenu parole en venant les trouver. Los ti*oizo l)::r<|Uos françaises répondirent par deux i-alves d'ai-lillorio ; ce qui remplit les sauvages d'uno telle slupour, <|u'ils prieront Champlaind'emprclier qu'on tirai davaiWa/.^e, parce que la ptupai't d'entre eux, qui n'avaient jaiïi:iis vu do chrétiens, ni oui de semblables tonnerres, craignaient que tout ce tapage ne tournât à la ruine et à la dissolution de tous les cUmonts. Le lendeuu.in, Champlain leur désigna un lieu pour y cabane r. J/:. les capitaines et les anciens dclibérr,ront longlenij^s enseraole, puis le firent aj poler seul avec rint(iri>r< t(\ et lui dirent, que poui* lui, il leur avait donné trop de marques de sa bonne volonté, pour qu'ils piisscMit douter de ses dispositions ; mais que tous ces :Mistigoches (c'est le nom qu'ils donnaient aux Bretons et aux Normands) ne venaient à leur rencontre (\nv. dans un esprit de lucide et d'avarice, et qu'ils crait^naient fort qu'on ne voulût leur tendre un piéiro. pour avoir meilleur marché de leurs |Xî1 loteries. Champlain les rassura, leur disant que ces traiteurs avaient à la vérité chacun leurs intérêts particuliers, mais ([u'ils appartenaient tous à un même chef et roi, ce dont Savignon pouvait leur rendre témoignage, et qu'ils pouvaient se tenir en aussi grande assurance (|u'en leur propre paj's. Le 18 de juillet, la traite étant tinie, Champlain alla rejoindre Pontgravé, qui était decendu àïadoussac depuis quelques jours, et s'emixirqua pour la France le 11 d'aoCit, sur le vaisseau du caj)itaine Thibault, de La Eochcllo, où il arriva !<> 10 septembre IGll.
57. Ce fut au retour de ce voyage que Cham])lain commença à publier le second volume de ses voyages, le plus intéressant do tous par les détails qu'il renferme sur les premières années de notre histoire, et surtout par les nombreuses cartes qui Vaeeoiïï\)^^wîîiVL\.» W Vb complota après son voyage do 16Và.
82 coàubuM. {1618
58. M. do Monts, en perdant son maître Henri lY, avait perdu son plus ferme soutien, et^ malgré sa bonne volonté, il n'était plus en état de rien entreprendre. Il remit à Champlain tous les intérêts qu'il pouvait prétendre dans la société, et l'autorisa à contracter en son nom pour telle somme qu'il jugerait à propos. Champlain se rend à la cour, dresse un mémoire, le communique au président Jeannin, qui voulut bien se charger de faire valoir ses raisons au conseil. Mais, prévoyant les obstacles que ne manqueraient pas de lui susciter tous les mécontents, il jugea opportun de mettre son entreprise sous la pro» tection de quelque personne considérable, dont le nom put lui assurer la bienveillance de la cour. U s'adressa au comte de Soissons (Charles de Bourbon), qui, souriant à la pensée d'être le père de la Nouvelle- France, se fit donner par la reine régente toute l'autorité nécessaire, et le nomma son lieutenant, par commission du 15 octobre 1612.
59. Comme Champlain se disposait à faire publier les lettres du roi par tous les ports et havres^ do France, la mort du comte de Soissons vint tout à coup ruiner toutes ses espérances. Heureusement que le prince de Condé voulut bien se charger d'une si généreuse entreprise, et le continua dans l'emploi dont le comte de Soissons l'avait honoré. La commission qu'il lui octroya, l'autorisait à saisir tous ceux que l'on prendrait à faire la traite sans permission depuis Québec en remontant le fleuve. Ce
)rivilége, lui suscita une opposition formidable, qui e retint en France toute l'année 1612. Enfin, ne pouvant obtenir davantage, il partit au printemps de 1613 avec un simple passe-port du prince de Condé pour quatre vaisseaux, trois de Kouen et un do La Eochelle, mais avec la condition qu'ils lui fourniraient chacun quatre hommes, pour l'aider soit à la Soursuite de ses découvertes, soit à l'accomplissement 6 la promesse qu'il avait faite aux sauvages en 1611, de les secourir contre leurs ennemis.
BO0 Arrivé au saat Saint-Louis, \\ tToxnvï^ ^«^ «,ou
1613i] CHAMPLAtN. 83
absence de la traite Tannée précédente, avait produit sur l'esprit de ces peuples une fâcheuse impression. Les désordres qui avaient eu lieu en 1612, les mauvais traitements qu'ils avaient essuyés de la part de quelques français mal intentionnés, et, plus que tout cela encore, le désappointement de ne pas y rencontrer Ghamplain, comme il leur avait promis, les avaient entièrement dégoûtés de la traite. Il ne vint cette année au saut Saint-Loùis que quelques canots algonquins, assez richement montés, il est vrai, mais eiv trop petit nombre pour satisfaire la cupidité des marchanos, qui avaient fait cette année de grandes avances.
61. Pour rétablir la confiance des indigènes, on même temps que pour connaître par lui-mèmo les parties du pays qu on n'avait encore pu explorer, Ghamplain ( se aécida à remonter la grande rivière des Algonquins ; (l'Outaouais). Un français, du nom de Nicolas de j Vignau, avait rapporté, au retour du voyage do 1612, I que la rivière des Algonquins avait sa source on un lac ' qui se déchargeait à la mer du Nord, assurant avoir été . jusqu'à cette mer, et avoir vu de ses yeux les débris I d'un vaisseau anglais. Les découvertes qu'Hudson ' avait faites tout récemment dans les mers du Nord, et sa malheureuse fin dans l'un de ces voyages, venaient encore donner de la vraisemblance à sa narration. Plusieurs seigneurs de la cour, entre autres le président Jeannin et le maréchal de Brissac, furent d'avis que Ghamplain devait aller voir la chose . par lui-même, et s'assurer de la vérité d'une découverte qui pouvait avoir des conséquences de la plus haute importance. Il partit donc le 27 mai 1613 de I l'île Sainte-Hélène, avec quatre français et un sauvage. Après avoir franchi péniblement tous les rapides do l'Outaouais, nos voyageurs arrivèrent à la résidence de Tessouat, chef des Algonquins de l'Ile (1). Là, en
(I) Ces iftaraffes habitaient rile des Allumettes, et s'appelaient en ' leur langue KioAesipirlni, on homme» de la grande rivikre^ Pac t& poiltioii» cette Ile était oomme la oief de l'OxxUouaîkt.
S4 ÔHAJtfPLAIN. ^ " [1613
présence des ëfcuvages avec qui il avait passé l'hiver précédent, de Vignau fut contraint d'avouer qu'il n*avait jamais été plus loin, et que tout ce qu'il avait conté de cette mer du Nord, n'était qu'une invention qu41 avait imaginée poui* faire do nouveau le voyage du Canada, et obtenir quelque récompense de sen prétendues découvertes. Champlain eut besoin di toute sa douceur pour se contenir en ce moment, et dut même user de son autorité pour empêcher les sauvages de lui faire aucun mal. Avant de prendre congé de Tessouat, il planta sur le bord du lac, on un lieu émine'ht, une croix do cèdre avec les ai'mes de France, que les sauvages lui promirent de respecter, ainsi que toutes celles qu'il avait érigées le long do la rivière.
62. En repassant au saut de la Chaudière, Champlain fut témoin d'une cérémonie à laquelle les sauvages ne manquaient jamais. Les vovageurs se réunirent; l'un d'eux prend un plat de bois, et fait une quête parmi ses compagnons. Chacun y met un morceau de petun, ou tabac ; l'on pose le plat à terre, et tous font à l'entour une danse accompagnée de chant» ' cadencés à leur mode. Un des capitaines fait une harangue, rappelant à ses camai*adcs le respect qu'ils doivent toujours avoir pour une coutume si ancienne et si efficace à les gai*antir contre les attaques de leurs ennemis ; les malheurs que pourrait leur causer le méchant manitou ; puis il prend le plat, va jeter Toffirande au milieu de la Chaudière, et tous ensemble
S eussent un grand cri au moment où le tabac disparait ans l'abîme. Les soixante canots qui accompagnaient Champlain arrivèrent au saut Saint-Louis le 17 juin. Aussitôt que la traite fut finie, Champlain se hâta de repasser en France, sur le vaisseau du sieur de Maîsonneuve, qui partit de Tadoussac le 8 juillet, et arriva à Saint-Malo le 26 août.
63. Si le voyage de 1613 n'eut pas le succès qu'on en attendait, il eut cependant un résultat très-imix>rtûnt
patir la colonie. Les funoâtea ç>f[ôta c^u' avait produits l'Avidité des znarchandB. en. tarî^ôant \a. e»o\3i»ç.^ \s:Ài\s^<56
1614] OHAKPLAIN. ^35
du commerce, furent comprendre à Champlain que le Mul moyen de travailler efficacement à 1 honneur do la France et au salut des infidèles, était do former, £0118 la protection du prince de Condé, une bonne et paissante compagnie, dont les ressources collectives permettraient, bien mieux que toutes les richesses individuelles, de poursuivre et antéliorer les entreprises déjà commencées. Champlain se rendit donc à Fontainebleau, où étaient le roi et le prince, leur rendit un compte fidèle de son voyage, et leur fit agréer son projet. Les marchands de Kouen, de Saint-Malo et de La Eochelle furent invités à prendre part à la nouvelle compagnie. Les Normands et les Malouins se trouvèrent prêts au temps marqué ; les Eochelois se firent attendre. Champlain ne laissa pas de conclure l'affaire, en réservant toutefois un tiers aux Eochelois, au cas que dans im certain temps ils voulussent encore entrer dans la société ; mais ils furent si longtemps à se décider, qu'enfin il fallut les laisser de côté, et diviser les parts moitié par moitié entre ceux de Eouen et do Saint-Malo. L'acte fut ratifié par le prince, et confirmé par le roi pour onze années ; ce qui fit regretter aux Eochelois leur négligence ou leur obstination, parce que les privilèges de cette compagnie firent cesser la liberté de commerce dans tout le Saint-Laurent.
CHAPITEB n.
Arrivée des Pères RëcoUets en Canada — ^Premières missions haronnes>— La mer Douce — Troisième expédition de Champlain contre les Iroqnois — ^Le lac Ontario — ^Arrivée de la famille d'Hébert.
64. Ayant intéressé tant de personnes riches et puissantes au sort d'un pays qui renfermait déjà tous les éléments de sa prospérité future, Champlain s'occupa activement à lui procurer les secours religieux aux-
guels il avait été impossible de pourvoir jusque-là. A fc vïxggeBiion du sieur Houol, coii\xo\^>X£ ç^^xifet»^ ^^sa
M eSÀUTLÀiii. r [ifSf 1
salines de Brouages, il demanda et obtint qnati» j Pères BécoUets, que la compagnie s'engagea à fournir ! de tout ce qui leur était nécessaire. 11 partit de j Honfleur le 24 avril 1615, sur le vaisseau do la com» pagnie, le Saint-Etienne, commandé par Pontgravé, amenant avec lui les premiers missionnaires qui aient annoncé l'évangile sur les bords du Saint-Laurent, les Pères Denis Jamay, Jean Bol beau, Joseph le Caron, et le Frère Pacifique Duplessis. Au bout d'un mois, le 25 mai, le vaisseau mouillait l'ancre devant Tadoussac.
65. Dès qu'il y eut une barque de prête, Champlain voulut monter à Québec un des premiers, avec le P. Dolboau, pour y fixer, de concert avec lui, l'emplacement d'une petite chapelle (1) et d'un modeste logement destiné à recevoir les nouveaux missionnaires. Peu après, arrivèrent les barquo- de la traite, et le P. le Caron, impatient d'exercer w>n zèle pour le salut des sauvages, ne voulut pas même arrêter à l'habitation, et se rendit immédiatement au saut Saint- Louis, moins pour visiter les lieux, que pour avoir une première entrevue avec ces barbares, à la conversion desquels il venait de dévouer toute son existence. Poussé du même zèle, le P. Denis ne fit aussi que passer à Québec, et en repartit vers le 8 avec Champlain, pour aller rejoindre le P. le Caron, et voir par lui-même les moyens qu'il y aurait à prendre pour le succès de ces nouvelles missions. A peine étaient-ils rendus à la rivière des Prairies, qu'ils rencontrèrent le P. le Caron qui redescendait en grande hâte à Québec, pour chercher les ornements et autres choses nécessaires à la mission lointaine qu'il avait déjà concertée.
66. Lorsque Champlain arriva au saut Saint-Louis, les sauvages témoignèrent une extrême joie de son retour, et lui représentèrent qu'ils ne désiraient rien tant que
(1) Cette première chapelle, qui fat jusqu'à la prise du pays par lei
Kertk» 1a aeiue église paroissiale de Québec, parait avoir été placée an
Éaodâe rtmoe du Cul-de-Sao (aujourd'hui le marché Champlain), 4
#ra /wAf à I^neoignure de U rue Cliam^Yaiîii et ^ \& iu% ^M»A%-Y^n\,
I] ^ gEAjiPLAnr. 87
itié des Français, maintenant surtout qu'ils ame- Qt avec eux des hommes de prière, pour leur endre à conn^tre le grand Esprit ; mais qu*il serait toujours bien difficile de descendre en grand bre, tant qu'on ne les aiderait pas à réduire leurs acables ennemis, les Iroquoîs, qui leur barraient tamment le passage. Champlain en conféra avec gravé, commis général, qui, comme lui, fut s qu'il était nécessaire de leur prêter secours, pour se les attacher, que pour arriver plus facint à bien connaître le pays, et à favoriser les reuses résolutions des missionnaires. Il fut donc enu que Champlain, avec autant d'hommes que ble, irait jusques dans leur pays, pour y orga- ' une grande et vigoureuse expédition contre les lois. Les sauvages alliés devaient fournir de leur deux mille cinq cents hommes do guerre.
. Avant que d'entreprendre un si long voyage, nplain se vit contraint de descendre à Québec,
y régler l'ordre à tenir pendant son absence. Il :)ntra de nouveau à la rivière des Prairies le P. le n, qui revenait do Québec. Les Pères y chantèrent inellcmcnt une messe le 23 ou le 24 de juin, en 3nce d'un grand nombre de sauvages, émerveillés nites CCS imposantes cérémonies, dont ils n'avaient is été témoins. Une couple de jours après, le 26
le P. Dolbeau de son côté célébrait à Québec, m de la petite artillerie de l'habitation, la pree messe qui y ait été dite depuis l'époque de ues Cartier. Champlain, qui avait promis d'être de ir au saut dans quatre jours, en fut dix à son ,ge ; Pontgravé et le P. Denis, qu'il rencontra sur icmin, lui dirent que les sauvages étaient partis
le P. Joseph le Caron et douze autres français, ant, sur do faux rapports, qu'il avait été pris et YdT les Iroquois. Sans se décourager, Champlain barqua avec dix sauvages, un interprète et son tour. Pour couper au plus court, nos voyageurs mt la rivière dos Pi*airies, et remontèrent taouais et le 3Iataouan l'un de se^ tributaires î
eEÀKFtJLni. r [1M5
salines de Brouages, il demanda et obtint quatre Pères Eécollets, que la compagnie s'engagea à fournir de tout ce qui leur était nécessaire. 11 partit de Honfleur le 24 avril 1615, sur le vaisseau de la cohin pagnio, le Saint-JEtienne, commandé par Pontgravé, amenant avec lui les premiers missionnaires qui aient annoncé l'évangile sur les bords du Saint-Laurent, les Pères Denis Jamay, Jean Bolbeau, Joseph le Caron, et le Frère Pacifique Duplessis. Au bout d'un mois, le 25 mai, ^le vaisseau mouillait l'ancre devant Tadoussac.
66. Dès qu'il y eut une barque de prête, Champlain voulut monter à Québec un des premiers, avec le P. Dolboau, pour y fixer, de concert avec lui, l'emplacement d'une petite chapelle (1) et d'un modeste logement destiné à recevoir les nouveaux missionnaires. Peu après, arrivèrent les barques de la traite, et le P. le Caron, impatient d'exercer son zèle pour le salut des sauvages, ne voulut pas même arrêter à l'habitation, et se rendit immédiatement au saut Saint- Louis, moins pour visiter les lieux, que pour avoir une première entrevue avec ces barbares, à la conversion desquels il venait de dévouer toute son existence. Poussé du même zèle, le P. Denis ne fit aussi que passer à Québec, et en repartit vers le 8 avec Champlain, pour aller rejoindre le P. le Caron, et voir par lui-même les moyens qu'il y aurait à prendre pour le succès de ces nouvelles missions. A peine étaient-ils rendus à la rivière des Prairies, qu'ils rencontrèrent le P. le Caron qui redescendait en grande hâte à Québec, pour chercher les ornements et autres choses nécessaires à la mission lointaine qu'il avait déjà concertée.
66. Lorsque Champlain arriva au saut Saint-Louis, les sauvages témoignèrent une extrême joie de son retour, et lui représentèrent qu'ils no désiraient rien tant que
CBAUPLAIN. 39
tnoes d'usago dans ces sortes de préparatifô. t le départ, on dépêcha deux cunots vers les ites, pour les prévenir du départ do l'armôe, et le jour où les cinq cents hommon promîa vionll surprendre les Iroquois de leur coté.
(L'ftrméo se mit en marche dans les premiers jours 'ptembre, traversa le lac Simcoe, et vint prendre rières d'Otonabi, de Trent et la baie de Quinte, ^. Ptraveraer le lac Ontario d'île en île jusqu'à la jjûîiite de la Traverse (aujourd'hui Stoney Point). lÀ, 'jii cacha lea canots, et l'armée u'avança avec prélaution vingtHiinq ou trente lieues dans les terres, l'fBt-à-dire, nisque vers les environs du lao Canonlïguon (ou Canandaiga), dans l'état de New- York. T1. Le 10 octobre, sur les trois heures do l'aprètt-midï, li'M alUés aiTÎvèront devant le fort dos ennomiti. On :u'uit résolu de ne donner l'assaut quo le lendemain ; 'nai» il &llut que les Français, pour contenter l'impalit^nce doM Bauvages, fissent voir de suite aux Iroquois 1 effet meurtrier de leurs armes à fou. La première Kscannoucho cependant n'eut guère d'autre rénnltat quo d'abattre quelques ennemis, et forcer les autres à «o réfiigier dans leur fort. Los alliés se retirèrent à la portée du canon, hors de la vue des Iroquois. Ce (lit alors que Champlain leur fit de aévères reproches sur le peu d'ordre qu'ils observaient entre eux ; ce qui ne pouvait que tourner à leur confusion et à leur raine. Il ne laissa pas, cependant, de leur suggérer divers stratagèmes et ruses de guerre, entre autres la construction d'un cavalier en bois, du haut duquel les arquebuses françaises pourraient plonger dans lo fi>rt et prendre les ennemis à découvert ; ce qui fut exécuté de bonne heure le lendemain. Celait lo jour où devaient arriver les cinq cents hommes promis par les Andastes, qui cependant ne paruiasaïont point. Champlain, voyant qu'ils étaient on assez bon nombre pour tenter I attaque, ot jugeant qu'un trop long * d pourrait faire tout manquer, parce que les ^is comipeneaient à renforcer l«\ir» ïctitB.'naÏMî.r«ttg^eA les «lUés à \\\t6t YaaftWsS. »a£'S&
t8 OHAMPLAIN.* [16U
puis, rendus à la hauteur des terres, c'est-à-dire, au lac Jnpissing, descendirent à la mer Douce (lac Huron]
t)ar la rivière des Français. Enfin, après avoir côtoyé es bords rocailleux de ce que nous appelons aujoa^ d'hui la baie Géorgienne, ils arrivèrent le premier d'août, au pays des Hurons, où ils trouvèrent que le P. le Caron était déjà rendu depuis quelques jours.'
68. Les Hurons, dont le nom sauvage était Houendat^ habitaient cette presqu'île située au fond de la baie Géorgienne entre le lac Simcoe et la baie de Nataouasagué, pays sablonneux, mais fertile et bien arrosé. Ils étaient au nombre d'environ trente mille âmes, formant dix-huit à vingt villages, dont six étaient fortifiés et entourés de bonnes palissades. On y distinguait quatre grandes tribus : celle de l'Ours, ou des Attignaouentans, qui occupait la pointe nordouest de la presqu'île ; celle de la Eoche, ou des Arendaronon, qui était sur la limite opposée, vers le Couteau-Croche ; les Attignénonghac et les Tohontaenrat, qui occupaient le centre.
69. Champlain, prit terre au port d'Otouacha, ou Tocnchain (la baie du Tonnerre), visita quelques villages de la tribu de l'Ours, et arriva enfin au boui^ de Carhagoua, qui paraît avoir plus tard changé sou nom en celui d'Ihonatiria ; là, il eut la consolation do voir le P. le Caron, avec lequel il passa une dixaine dé jours lui et les autres français, afin d'aider à disposer tout ce qui était de première nécessité pour le logement du missionnaire et Je service divin. Pendant que les Hurons et les Algonquins faisaient les préparatifs de l'expédition, Champlain prit le parti do se rendre de village en village jusqu à Cahiagué (appelé plus tard Saint- Jean-Baptiste), où était fixé le rendezvous de toute l'armée. Sur ces entrefaites, arriva une nouvelle qui donna du courage à ceux qui n'étaient pas encore bien décidés à la guerre. Une nation du sud, que l'on suppose être les Andastes, fit savoir aux Hurons qu'elle était disposée à leur prêter main forte, et à faire comme eux alliance avec les Français. Dès
ce moment, on ne songea plus qu'à {avc^^ \^^ &^tiuia et
> 1^8 attaques «t leB mipprises: de leurs onnemiR. ' ut donc se résoudre à hnrerfiei» âroc ce» barbait, îusement que Ohai^j^lAin était homme à savoir wrti d'un pareil oontre-teinps. Il profita do ajoùr parmi les sauvages, pour mieux étudier mœurs et leurs eoutùmes, acquérir une connaisplus exftcto de leur pays, des nations environ- 3, et former entre eux et les Français des liens amitié plus durable.
Après s être reposé quelques jours chez son bote 3itaine Atironta, à. la bourgade de Cahiagu », plaîn voulut revoir le P. le Caron. Il lo ti'ouva village de Carhagoua, bien portant et dispowô à )rendre le voyage de la nation du Potun, qui irait à quelques journées au sud-ouest du pays .' Ils partirent- ensemble le 15 lanvier, et y rent le 17. Les Tionnontatés (c*(rtait leur nom ) cultivaient le maïs, et menaient une vie ;aîre, comme les Hurons eux-mômes, dont ils 3nt la langue. Ils leur firent très-bon accueil, T offrirent des présents de leur cha*<se et do leur promettant de descendi-e aux Français l'année ite. De la nation des Tionnontatés, Chaniplnin ot e Caron poussèrent jusqu'à celle do» Cheveu.. - ^ (les Andataouat). Ces sauvages avaient le.» IX relevés, fort bien agencés, et mieux poignes aurait su fkîre le plus fin courtisan, i Ce sont, amplain, les plus propres sauvages que j*aie vu.^ irs niénages, ot qui travaillent le plus indurîment aux fkoons des nattes, ([ui sont leui-.. lo Turquie. > Ils cultivaient aussi le maïs et les es. ; mais ils avaient surtout la r<''i)utation d'ôtro 3 .guen;ier8, forfi^^çibiles à la chasse et à la p.' che,
[gisaient le trafié ^vi^p 4®? "^^^^^^ éloignées de i.. quatre cents. Imupé. .Xos Chevoux-Kelevés au^ç^trangers Iç ii^ëil\etir accueil possible,* ot •^it^nep^t a leurs festins. î^os voyageurs avaient ion 4e jse rendre jusqu'à la Nation-Neutre (1) ;
> tenait constamment dans un état d.* stcV<SlA Ti"ft\Jk\x«îCv^Jt «ete* If et les Iroqwis, ou leurs divers a\VU%«
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mais on leur fit un portrait si sombré de ces peuple qu'ils jugèrent plus prudent de ne pas se kaasardc plus loin, et retournèrent au pays des Hurons.
74. A peine Champlain était-il de retour chex son hèt Atironta, qu'il fut appelé à juger un différend qi s'était élevé entre les Algonquins et les Ours o Attignaouentan. Ceux-ci, fort mécontenta de c qu'Iroquet avait adopté pour son fils un prisonnk qu'ils ne lui avaient remis que pour en faire bono justice et le tourmenter à leur façon, avaient envoj quelqu'un pour aller tuer ce prisonnier. Le huron ei l'audace d'exécuter sa commission en face même de
Srincipaux de la nation algonquine, qui, transporta e colère, lui firent payer immédiatement sa témérilx On court aux armes, et les Algonquins se virent su le point d'être tous massacrés. Il n'en fallait p> plus pour empêcher les Hurons de descendre à 1 traite, parce que les Algonquins leur eussent imm< diatement interdit le passage de leur rivière (l'Oi taouais) ; d'un autre côté, cette querelle rendai encore impossible le vo)rage que les Nipissings avaiex promis de faire faire à Champlain yers les sources d T'Outaouais et la mer du Nord. Les deux parti sentant chacun leurs torts réciproques, avaient essaj d'entrer en accommodement mais sans pouvoi arriver à une entente cordiale. Champlain, qui n'avai pas voulu s'immiscer trop tôt dans leurs affairei consentit enfin à accepter l'arbitrage entre les partie contestantes, et parvint à apaiser 1 excitation.
75. Dès que la navigation fut rouverte, les Huron s'assemblèrent pour descendre à la traite, et recoi duire Champlain et le P. le Caron à Québec. I flottille, partie le 20 de mai, f\it quarante jours à faii le trajet, et n'arriva que sur la fin de juin au sai Saint-Ix>uis, où était Pontgravé, avec tous les autr< traiteurs. Quand les sauvages eurent troqué paie blement toutes leurs pelleteries, Champlain se hul de descendre à Québec, avec son hôte Atironta, auqiu il tenait à montrer les logements et la manière é vivre des FrangtAn* La rèjouitt&ancA ta\» \gnsA<^ dax
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toute la cûloiiio^ quand on vit arriver OhampI ai n et le P. le Caron, sur lo sort de8<{uel8 ou commençait à ivoir de sérieuses inquiétudes ; la petite cha;]K'lie :ûtentit do chants solennels d'actions de gnlces, iK)ur iromercier Dieu de l.os avoir conservés à travers de si grands dangers.
7(). Avant le départ des vaisseaux, les missionnaires Linrentune e^spèce de cx)nsoil, pour rc*unir toutes les .*onnaissances qu'ils avaient acquises dans leurs ditféroiit08 courses, et convenir de ce qu'il y aurait à faire [X>ur la conversion des sauvages et lo succès des missions du Canada. Connaissant le zèle et rerj)érieiice de Chaniplain, ils le prièrent d'y assister ^vcc •dx .auti'cs dos personnes les mieux intentionnées. Ijcs principales conclusions auxquellcH on annva, furon-t: 1? Qu'on n'avancerait jamais à rien, si l'on no commençait par fortifier la colonie d'un plus grand nombre d'habitants, laboureurs et artisans ; mais qu'il était important surtout pour l'établissement de la foi, d'intei-dire l'entrée du pays aux huguenots et à tous ceux qui pourraient mab'difier les sauvages ; 2^ que la fondation d'un séminaire, pour l'instruction (les enfants tant sauvages que français, était une œuvre à laquelle il fallait intéresser et la compagnie ' et la France tout entière ; 3** enfin qu'il foUait plutôt ([Ue la traite fût libre à tous les français, que de laisser entre les mains de quelques particuliers intéressés les moyens d'étouifer dans sa naissance toute entrej^rise de colonisation ou d'agrandissement.
7T. Champlain, demanda au F. Jamay et au P. le Caron de vouloir bien l'accompagner, pour obtenir plus efficacement . tous les secours nécessaires. Le r. Dolbeau resta seul do prêtre à Quél)ec, avec lo l'rèro Pacifique Duplessis. Avant son départ, Champlain fitfortitîer l'habitation, qu'il agrandit d'un tiers, ])aix*c qu elle n'oih'âit pas aanez de logement. Lo 20 de juillet^ il quitta Québec, en compaiçfiîe des deux Pires ]l.>collots, pour aller prendre lô. v^sseau de Bont^avé à-Tadoussae, qui init à la vov^ Va ^ ^ w)'^\>^ 0^ iin-j va à Honûeur le 10 de soçtôxcJûT^ \^\^»
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78. Le prince de Condé, par suite de la part avait prise aux troubles de la régence, venait d'< mis à la Bastille. Son emprisonnement ne fiit sans influence sur les affaires de la Nouvelle-Franeeî c car, comme observe Champlain, le chef étant malad%' les membres ne peuvent être en santé. > Quel intriguants profitèrent des circonstances pour 1 nommer le maréchal de Théminesà laplacedu prinoi de Oondé, qui n'en persista pas moins a exiger de b compagnie ce qu'elle était convenue de lui payer. II s'ensuivit un grand procès, qui fut porté devant le conseil du roi, et de là renvoyé devant la cour di parlement.
79. Les disputes se continuaient au printemps éè\ 1617, lorsque les vaisseaux mirent à la voile pour h Canada. Si l'embarquement ne fut pas encore aiuMi | considérable qu'on l'eût désiré, le pays du moins it . cette année une précieuse acquisition dans la personne de Louis Hébert, chef de la première famille qui ee soit établie en Canada (1).
CHAPITEB III.
ThmblM dans la eolonia oooasionnéf par le meurtra de deux franç ab" IMf&ciiltéf entre Champlain et la eompagnie— Bâtisse dn ooinrMl de Notre-Dame "des-Anges — Champlain conduit sa famille M Canada — Construction du fort et du château Saint-Lools' Assemblée de 1021 — Premières concessions de terres— ChaapUh reoondifit sa famiUe en France.
80. Les Pères Bécollets, de concert avec Champlain, fiûsaîenti auprès de la compagnie des marchand^
(1) Lonis Hébert était apothicaire. ** Outre l'expérience quil a m MQ art, dit Lesearbot, il prend grand plaisir an labourage de la terrt*" Contrahit d'abandonner Port-Rojal en 1607, il voulut tenter une seeoadt foia d'établir sa famille dans le nouTeau monde. Louis Hébert étak aiarié à Marie BoUet, et arait, lors de son arrirée à Québec, trih wdEuiti : Anne» Guillemette et Guillaume. Celui-ci était encore en bal ânj l'al&ée» Anne, se maria, peu de temps après, à Etienne Jonquesti WUeinetteJpousa, en 1021, Guillaume Oouillard, ** dont la portériu( 4lt la P. le Clereq, est derenue si nombreuse, qu'on en comnte aetaatloBiat nieei) plw de deux cent elnqnaate personnes, et piuf de bmC «Ékâr f à iool «llitfi A «atU famUto. '^