‹ Histoire du Canada, de son église et de ses missions [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 48 · OI · texte numérisé non relu

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blessèrent profondément l'orgueil du coudjuteur, qui se retira le cœur plein de fiel contre son évêque. Il s'en retourna à la Pointe-aux-Frembles, d’où il adressa ensuite à l’évêque Hubert des reproches aussi signicatifs que peu respectueux pour sa personne, insérés dans une lettre qui fut rendue publique dans la Gazette de Québec Au 29 avril 1790.

Un document de ce genre publié, pour la première fois, d’une mani: s. ’sitée et si peu cor ici ie aux convenances et aux formes canoniques, jeta la consternation dans tout le clergé, en même temps qu’il révélait toute l'ambition du coadjuteur. De son côté, celuiei se sentait d'autant plus froissé de ce qu’il appelait la dureté de l’évêque de Québec, ordinairement si timide et si indécis, qu’il croyait reconnaître dans la conduite du prélat l’œuvre d’un jeune sous-diacre qui lui servait de secrétaire, Octave-Joseph Plessis, lequel à beaucoup de souplesse et de pénétration joignait un mérite supérieur à celui de ses compatriotes, et paraissait, dans le poste de confiance où la Providence l'avait: placé, avoir exercé une influence toujours croissante sur l’évêque Hubert. On vit dès lors l’évêque de Capse agir en opposition constante avec son supérieur : trop enivré sans doute des éloges qu’il recevait des ennemis de sa religion, il manqua plus d’une fois à ce qu'il devait à son chef et à ec qu'il se devait à luimême, et, s’il ne trahit pas entièrement les intérêts de l'Église et de ses concitoyens, on ne peut malheureuse. ment le justifier d'avoir fait avorter plus d'une fois les

o6 HISTOIRE

bonnes intentions de l'évêque Hubert, et d’avoir profité plus tard de su timidité pour l’entraîner violemment dans plus d’une démarche inconvenante et peu canonique.

La premiére occasion où les deux évêques se trouverent publiquement en opposition ne tarda pas à se présenter. En 1789, le gouvernement avait conçu la pensée de fonder dans la province de Québec une université mixte, c’est-à-dire à Ja fois protestante et catholique. Un comité présidé par l'honorable William Smith ! fut institué pour l'examen de ce projet; mais, comme il était difficile de faire quelque chose de ce genre sans le concours du clergé catholique, Smith écrivit à l'évêque de Québec ainsi qu’à son coadjuteur pour avoir leur avis. Hubert exprima qu’il ne croyait pas que le temps füt venu de fonder une université à Québec, appuyant son opinion de motifs assez plausibles. Il ajoutait que, pour mettre la province en état de jouir par la suite d’un bienfait aussi précieux, il fallait commencer par encourager les études dans le collége fondé depuis peu par les Sulpiciens de Montréal, et dans le séminaire de Québec. « C’est à quoi, disait l'évêque, je veille avec la plus grande attention. » Il proposait en outre de fonder un troisième collége, ou plutôt de remettre sur pied celui qui avait autrefois existé dans la maison des Jésuites, lequel aurait eu pour dotation les biens de ces religieux.

1 Le pére de l'historien fanatique, ennemi du clergé et de l'Eglise Catholique en Canada,

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DU CANADA 57 « Je rends aux Révérends Pères Jésuites, ajoutait-il encore, toute la justice qu’ils méritent pour le zèle avec lequel ils ont travaillé, dans cettecolonie, à l’instruction et au salut des âmes. Néanmoins je ne serais pas éloigné de prendre dès maintenant des mesures pour assurer leur collége, ainsi que leu. autres biens, au peuple canadien, sous l’autorité de l’évêque de Québec. Mais à qui appartiendrait le gouvernement du collége des Jésuites, s’il était remis sur pied ? D'abord au R. P. de Glapion, jusqu’à sa mort, et ensuite à ceux qui seraient substitués par l’évêque. Est-on surpris d’un tel projet? Voici l’analyse des principes sur lesquels je l’établis : » 1° Le fonds de ce collége ne consistera que dans les biens des Jésuites.

» 2° La province n’a droit de se les approprier qu’a raison de leur destination primordiale.

» 3° La propagation de la foi catholique est le principai motif de tous les titres.

» 4° Les circonstances des donations et la qualité des donateurs prouveraient toutes que c'était là leur intention. Les Canadiens considérés comme catholiques ont donc à ces biens un droit incontestable. » 5° L’instruction des Sauvages et la subsistance de leurs missionnaires paraissant entrer pour beaucoup dans les motifs qui ont dirigé les donateurs des biens des Jésuites, n'est-il pas à propos que l’évêque de Québec, qui députe ces missionnaires, puisse déterminer en leur faveur l'application de la partie desdits

» biens qui sera jugée avoir été donnée pour eux, plu- |

tot que de les voir à la charge du gouvernement, lord comme plusieurs l'ont été depuis un certain nombre fa d'années ? Or, en conservant les biens des Jésuites vait aux Canadiens, sous l'autorité de l’évêque, celui-ci sacr serait eu lieu de faire exécuter cette partie essen- sité. tielle de l'intention des donateurs, et il est d’ailleurs cell très-probable que le public et le collège gagnerwent de le à cet arrangement !. » dans La rédaction de cette lettre, si supérieure pour le L chan fonds et la forme à tout ce que l’évêque Hubert aurait dont pu produire, était le résultat d’un conseil tenu au sémi- com

naire, assemblé «sous l'inspiration du jeune secrétaire suite de l’évêque : l’ancien évèque Briand et les sommités du men

séminaire s’y étaient réunis avec eux; deux prêtres testa français, MM. Robert et Gravé, étaient alors à la tête en n de l’établissement fondé par Francois de Laval, et ce phiqu

dernier avait été grand-vicaire de Québec successive- fonde ment sous Olivier Briand et Mariaucheau d’Esglis, qui Ë Cette l'avait destitué par un caprice de vieillard. Le plan que d proposé dans ce conseil et envoyé au comité, au nom de ne de lévèque Hubert, était loin de répondre aux vues du r'atiol gouvernement, qui désirait vivement appliquer les Cana biens des Jésuites, sinon à une université toute protes- Où tante, du moins à une œuvre mixte et où il aurait éte la let plus facile dans la suite de protestantiser les Catholi- core ques. dient

! Lettre de l'évèque de Québec & Ehonoraïle W. Smith, chicf justice, etc., 15 ! Co} novembre 1789, impriméc à Québec. : calion,

, plu- La lettre du coadjuteur, inspirée dans les salons de nent, lord Dorchester, était, comme on le peut penser, tout. mbre fait conforme à ses vues, Bailly de Messein conju uites rait' le comité, au nom de tout ce qu’il y a de plus lui-ci sacré, de constituer immédiatement la nouvelle univer- | SSeN- sité. Sa lettre ayant été écrite assez longtemps auprès leurs celle de l’évêque de Québec, il avait eu tout le temps Ë aient de la lire et de la méditer. Il en parla dans la sienne (4) dans des termes méprisants et pleins d’insulte, « sa- |Hrs

ur le chant bien, disait-il, à qui attribuer cette rapsodie, "+ A 'tuit donnée au nom de l’évêque, qui n’y avait été que sémi- comme l'instrument de l'intrigue, ete. » Il relevait en- ‘taire suite en termes pleins d’éloges les plans du gouverne-

és du ment, qui cherchait à établir sinon la suprématie prorêtres testante, au moins un système d’indifférence religieuse

1 tête en matière d'éducation, analogne au collége philoso-

et ce phique que le roi Guillaume d'Orange s’était efforcé de

SLVe- fonder, il y x trente ans, dans la ville de Louvain.

, qui | Cette idée ressort si évidemment de la lettre de l’évé-

plan que de Capse, qu’il est impossible de s'y méprendre et

nom de ne pas croire qu'il v eût alors une véritable conspi-

»s du ation tramée dans le but d'opérer un schisme dans le

‘les Canada. | rotes- Outre les divers détails que nous avons reproduits de |

t été la lettre de l'évêque de Québec, cette lettre donnait en-

holi- core un aperçu de l’état où se trouvait l’éducation cana-

dienne à cette époque. Le collége du séminaire de Qué

LtC., 15 ! Copie de la litre de l'évêque de Capse, ete., au président du comité d'éducalion, 5 avril 4790. Québec.

bec était la seule institution où l'on put faire un cours 174 complet d'études, et les enfants protestants y étaient lui

admis, comme aujourd’hui, sur le mème pied que les hôp

Catholiques, sans y être astreints aux exercices pure- san ment religieux, à l'exception de la prière commune. Les sole Sulpiciens de Montréal avaient établi un collége dans tess( leur maison, depuis l’année 1773; mais on n’y avait la cé pas encore introduit un cours de philosophie. Tous les aim couvents de femmes tenaient école pour les filles; et | étai dans les écoles pour les garçons on n’enseignait que la vivr lecture et l'écriture ; l’évêque convenait cependant que pass la généralité des Canadiens ne savait pas lire et n’ai- emp mait point à se rendre aux écoles, quelque soin que dont prit le clergé de le leur recommander. L

Les réponses contradictoires des deux prélats em- meu: pêchèrent le comité de prendre aucune décision. I ré- sitio sulte toutefois des conclusions qui furent tirées à la pas € suite de la lettre de l’évêque Hubert que la majorité tents

des membres était favorable à ses idées, et que, sans les basse réflexions du coadjuteur, une charte aurait pu être que obtenue alors pour le rétablissement du collége des Je- mani suites, qui aurait été par la suite constitué en univer- lettre sité catholique, avec l’affectation des grands biens que blait le gouvernement mit sous le séquestre et dont seul il sieur profita, après la mort du dernier membre de la Com- avec pagnie de Jésus en Canada. | D plupe

Le père de Glapion, dont il avait été question dans de ce la lettre de l’évêque de Québec, mourut avant la publi-

cation de celle de l'évèque de Capse, le 24 février Fe

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DU ('ANADA ü1 1790, « Le clergé, dit la Gazette de Québec !, perd en lui un prêtre pacifique et zélé, un fervent religieux ; les hôpitaux, un soutien aussi généreux que compatissant. Ses obsèques furent célébrées avec beaucoup de solennité. Les regrets, les larmes des pauvres, la tristesse peinte sur le visage de tous les assistants pendant la cérémonie, prouvent combien le père de Glapion était aimé, et combien il est regretté. Le père de Glapion était du nombre de ces hommes qui devraient toujours vivre. » Il était âgé de soixante-onze ans, ef en avait passé quarante en Canada, où il avait été longtemps employé dans les missions de la Compagnie de Jesus. dont il ne restait plus après lui que trois membres. L’évêque de Capse n'avait pas encore publié sa fameuse lettre sur l’aniversité ; quelle que fût son opr:sition aux actes de l’évêque Hubert, le publie n'avait pas encore été mis à même de juger par des faits patents de sa connivence avec le gouvernement, et de sa basse adulation envers les autorités britanniques, lor:que tout-à-coup parut, dans la Gazette de Québec, un manifeste qui semblait en être le prélude. C'était une lettre adressée par lui à l'évêque de Québec, où il accablait ce prélat des reproches les plus ærers sur plusieurs actes de son administration, en lui écinandant, avec des paroles séditieuses, la prompte abolition ‘le la plupart des fêtes patronales chômées en Canada, même de celle de l’Assomption, la plus vénérée des Catholi-

| Gazette de Québec du 4 mars 1790, Article communique

ü2 HISTOIRE ques, puisque c'est le jour du triomphe de lauguste Mère du Rédempteur. Tout le monde, et l'évêque le premier, convenait que les fêtes patronales étaient peut-être en trop grand nombre dans un pays où lété est si court, et il avait été déjà question d’en retrancher encore plusieurs. Mais dans une contrée où l’on aime à voir la Religion s’environner de toutes les pompes de son culte, où l'éclat des solennités, la régularité du chant et des cérémonies, ont tant de puissance pour retenir les peuples dans la foi, dont elles sont ia magnifique expression; dans une contrée où le protestantisme anglican échouait malgré tous les efforts d’un prosélytisme habile, et parvenait à peine à faire quelques misérables apostats, précisément peut-être parce qu'il n'avait qu'un culte vide et sans vie à opposer aux solennités vivifiantes du Catholicisme : pour tous ces motifs, il ne fallait certainement procéder qu'avec la plus grande circonspection à la suppression de quelques-unes de ces fêtes, que les ennemis de l’Éolise auaient voulu voir mettre sur un pied d'égalité avec l'anglicanisme, en les réduisant au juste nombre des jours fériés par les ministres de l’église établie.

À une époque d’ailleurs où les idées sophistiques de la France s’introduisaient dans le Canada, avec les récits plus où moins exagérés de la révolution qui s’opérait dans la monarchie française et que les ennemis de la religion cherchaient à introduire dans l'antique constitution de l'Église; dans le temps même que les protestants inséraient dans la Gazette de Québec des

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mensonges de toute espèce, et les plus violentes diatribes contre le gouvernement ct la personne sacrée du Souverain-Pontife, contre les institutions les plus vénérables du Catholicisme ", tout en applaudissant au schisme que l’on cherchait à établir au moyen de la constitution civile du clergé ; dans ce temps-là donc, n'était-il pas bien téméraire, pour ne pas dire criminel, de soulever publiquement l'opinion populaire, en demandant tout à coup dans la discipline des réformes qu'il pouvait ne pas être opportun d'accorder si préeipitamment ? N’était-il pas criminel pour un prêtre, et surtout pour un évêque, de troubler le pays, si tranquille auparavant, par des clameurs de démagogue, et de chercher ainsi à semer la division, sous prétexte du bien public, en venant outrager la personne de son supérieur ecclésiastique, de son évêque, dans les colonnes d’un journal protestant ? En supposant même que toutes les réformes demandées par le coadjuteur eussent été parfaitement justes dans leur objet, le moyen employé pour les obtenir, et la violence faite à l'évêque de Québec, n’en étaient pas moins une chose odieuse et contraire aux lois canoniques, comme à la charité et à l'esprit de subordination et de paix qui doivent régler tous les rapports entre les ministres de l'Eglise.

On ne peut imaginer la douleur et Ia consternation où ce manifeste plongea toutes les classes de citoyens

ÜGaselle de Québec, sanées 1789 — 90 — 91

sincèrement attachés à leur religion. L’évêque Hubert garda le silence ; mais tout le clergé, que Bailly de Messein disait, dans cette lettre, être complice de sa conduite, s’'empressa de le désavouer par la même voie; et, durant plusieurs semaines, chaque journal apporta de nouvelles signatures pour démentir les paroles du coadjuteur, et protester de l’obéissance et du respect des prêtres à l’évêque de Québec. Pas un n’y manqua: et, à la suite de la première protestation, on trouva la signature de l’ancien évêque Briand !, avec ces paroles : « Nous approuvons vos sentiments, nos très » chers frères, et vous nous consolez dans l’exces de » nos douleurs. » Cette unanimité dut en effet consoler le cœur de ce prélat, et apporter quelque baume à celui de l’évêque de Québec. Elle aurait dû ouvrir les yeux du coadjuteur ; mais les protestations des laïques eux-mêmes, qui joignirent leurs noms à ceux du clergé, ne parvinrent pas à lui faire reconnaître l’abime qu’il creusait sous ses pas, et l'avenir désastreux dont sa conduite menaçait l’Eglise du Canada.

Sa lettre sur l’université, datée du 5 avril, avait été envoyée au comité, un peu avant l’époque de celle qu’il écrivit, par la voie du journal, à son évêque. Au mois d'octobre suivant, ce document était rendu public, et annoncé comme étant en vente chez tous les libraires. Ce second outrage dut être vivement senti de tout le monde; mais on ne lui avait déjà que trop fait con-

\ Gazelle de Québer du 6 mai 1790.

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DU CANADA 6 naître ce qu'on pensait de lui. Aussi personne ne réelama cette fois, et Hubert continua à garder le silence.

Cette lettre d'ailleurs n'obtint aucun résultat satisfaisant dans le publie; et le souverneur-général, ne pouvant faire adopter le plan de l’évêque de Capse pour l'université, ainsi que nous l'avons dit, l’ajourna indéfiniment, n'osant, d'un côté, fronder l'opinion de tout un peuple, et, delautre, sesonciant peu sans doute de remettre à l'évêque de Québee le collége et les biens des Jésuites, qui eussent été une arme trop puissante entre les mains des Catholiques. La mort, qui enleva le père Well, à Montréal, au commencement de l'année 1791, achevait de décimer les restes vénérables de Ia Compagnie de Jésus. Le père Cazot, frère lai, que l'évêque de Québec avait élevé aux ordres sacrés, afin de perpétuer son ordre aussi longtemps que possible, et qui restait seul avec le père de Villeneuve, se transport à cette occasion à Montréal. distribua aux pauvres, aux hôpitaux et aux églises, tout ce que renfermait la maison de la Société dans cette ville ; et, lorsqu'il n’y eut plus rien à donner, il revint à Québec, laissant cette ancienne demeure des civilisateurs du Canada aux agents de la couronne, qui en prirent alors possession *?.

‘pendant le coadjuteur ne se laissait pas rebuter par les mépris dont il se voyait l'objet; malgré la vigilance du jeune secrétaire, il continuait où par lui-

Gazelle de Québor. Vu at 1791

mème, ou par les partisans peu nombreux des réformes, à obséder l'évêque de Québee, Celui-ci, redontant leur influence auprès du gouvernement, aveclequel les évêques de Québec eurent toujours si peur de se compromettre, finit, quoiqu’à regret, par céder à leurs importunités. Un mandement dicté par la faiblesse fut publié le 45 avril 17914 ; il supprimait la plus grande partie des fêtes chômées, en établissant cependant que quelques-unes seraient solennisées lorsqu'elles tombeaient au dimanche. Du nombre de ces dernières était l’Assomption de la sainte Vierge, la patronne même du Canada, que l’on se disposait ainsi à ne plus célébrer qu'à de longs intervalles. Hubert, prématurément forcé à cette suppression par son coadjuteur, n’en écrivit à Rome qu'après coup, expliquant comme il pouvait sa conduite, sans en donner les véritables motifs. Par un décret de la Propagande en date du 28 novembre 1799, il lui fut répondu qu’une partie des fêtes supprimées par lui pouvaient demeurer dans l'état où il les avait mises; mais il y en avait d’autres, entre lesquelles se trouvait l’Assomption, qu’il lui fut ordonné de célébrer solennellement, chaque année, au moins au dimanche dans l'Octave de cette grande fête. C’était bien malgré lui que l'évêque Hubert l'avait supprimée ; aussi dut-il ressentir plus de joie que d’humiliation en revenant sur ses pas, et en se soumettant, par un nouveau mandement ! adressé au clergé et aux fidèles

! Mandements de Me Hubert, évêque de Québec, 1791-92. Aux archives de l'archegéché,

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equel à La même année que l'évêque de Québec avait lancc COM- son premier mandement à ce sujet (1791), des doutes 's im- s'étant élevés sur son autorité comme surintendant e fut de l'Eglise romaine en Canada, relativement au droit rande à que les évêques de Québec avaient toujours possédé it que d'ériger de nouvelles paroisses, églises où presbytères, ombe- une ordonnance de la législature anglaise lui confirma était cette prérogative, en reconnaissant qu'il devait contime du nuer à jouir à cet égard des mêmes droits que ses prélébrer décesseurs.

ément Mais, pour contrebalancer ce qu'il y avait de favonécri- | able à l'évêque dans une nesure que aictait alors la ] pou- nécessité des circonstances, le parlement britannique aotifs. rendit la même année l'acte communément appelé OVEM- l'acte constitutionnel. Y v était ordonné que, dans es SUP- tout octroi de terres nouvelles à faire par la couronne

t où il dans le Canada, il serait réservé pour l'établi&sement re les- et l'entretien d'un clergé protestant une quantité de donné terres égale à un septième de celles ainsi octrovées. moins C'est ce qui fut appelé la réserve du clergé protestant. était C'est sur cet acte que le gouvernement anglais s'apimée ; puya pour doter les membres de l'église établie, qui iation furent placés alors dans les villes et les plus gros vilar un lages du Canada, et surtout pour fonder le nouveau idèles £ siége anglican que l'on voulait ériger à Québec. Sous ns ‘ ce terme générique de clergé protestant, l'église an-

glicane à toujours eu la jouissance exclusive de ces re-

[Pre HISTOIRE

venus, qui sont devenus fort considérables Mais depuis plusieurs années les membres de l'église écossaise ont voulu établir leur droit d'être mis sur le même pied que Péglise anglicane, et ont demandé que les revenus fussent également partagés entre l’une et l'autre église

A la suite de l’église écossaise, les diverses dénomina. tions protestantes ont prétendu qu'elles étaient ineluses sous le même terme, et qu'un partage égal de tous ces revenus devait être fait entre tous ceux qui n'appartenaient pas à l'Eglise Catholique. Cette question était traitée au long par lord Durham dans son Rapport à la Reine*; etil y était dit « que les prétentions » exelusives de l’église d'Angleterre, au milieu des > dissensions soulevées au sujet de cette pâture entre > les diverses sectes, sont de nature à risquer la perte » de la colonie et à hasarder une des plus belles pos- » sessions de l'empire britannique. »

L'acte constitutionnel donnait done une existence complète et légale à l’église anglicane dans le Canada. L'archevêque de Cantorbery, qui prétendait à une sorte de suzeraineté pontificale sur tous les domaines de l'empire britannique, dans le dessein de fortifier son établissement (church establishment) dans le Canada, érigea, de concert avec le gouvernement, un siége épiscopal à Québee, comme s'il h’y en avait jamais eu dans cette ville, C’est pour cette raison que le minis-

‘Rapport de lord Durham, ete. Le Haut-Canada. — Cette question était pen dante à la chambre des représentants de Montréal lorsque je me trouvais dans cette ville, en mai 4846, et les débats à ce sujet paraissaient extrêmement animés

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DU CANADA Oo!) tore anglus aviut toujours refusé jusque de reconnatre le titre des évêques de Québec, et ne lui en avait jamais donné d'autre que celui de srrintendant de l'Eglise Romaine (superinmtendent of the Romish Chcrch.) WE cherchait ainsi à se conserver une apparence de canonicité à leur façon, et à ne pas avoir l'an de placer un évêque Er où il y en avait déj un ‘. Les anglhicans préparèrent avec adresse tous les plans destinés à cet arrangement, et répandirent à dessein une foule de rumeurs, afin de sonder plus facilement l'opimion publique à ce sujet. C'est ainsi qu'au mois de juin 1793 Le bruit courut, d'après un article de la Gazette, que le docteur Mountain, chapelain de Pévéque de Lincoln, avait té nommé au nouvel évéché de Québec, avec une rovision annuelle de deux mille hvres sterling. Cet : nouvelle en eflet ne tarda pas à sc confirmer.

Quelques mois après, les protestants, qui n'avaient pas encore d'église dans Québec, et qui convoitaient vivement celle des Récollets, où chaque dimanche ,

1 Cette tactique du mimistére britannique, qui profita st longtemps de la faibles: des évèques de Québec pour les empêcher de prendre le titre de leur siège, fnt mise cn pratique par le protestantisme anglican plus d'une lois depuis. — « Ces Messicurs (Brougham et C!'}, écrivait, dy à quelques années, M: Polding, arechevèque de Sydney, ont la prétention de détendre, comme une chose illégale, aux évêques catholiques d'Angleterre ou des colonies de prendre le titre de leurs siéges respet Ufs en même temps que la juridiction. » — EÉtailleurs : « C'estun plan très cher \ la race anglicanc actuelle que de donner au chef du diocèse de Cantorbery unc papauté sur toutes les possessions britanniques. 1 tendent par-dessus tout à se faire donner le titre de Catholiques, qu'ils ambitionnent ardemment. L'usage où est FEglise de gouverner les contrées soumises à Pautorité protestante et les pays de mission par des vicaires apostoliques, avec Le titre d'évèque cn partibus enfidelrum, est fort de leur gout, en ce qu'il favorise leurs vues. » Je ne rappellerai pas ce qui

s'est passé depuis lois au sujet de F'archevéché de Westminster et des siéges suffra gants d'Angleterre

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aprés la messe, is S'assemblaient pour leur service,

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firent courir Le bruit que le père Berrey, seul religieux

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survivant, disaient-ils *, de l'ordre séraphique en Ca-

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