‹ Histoire du Canada, de son Église, et de ses missions [microforme]Chapitre 17 sur 55 · LS BR · texte numérisé non relu

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tuée dans une plaine, sur la rive droite du fleuve, qui par sa limpidité n’est pas moins extraordinaire en cet endroit que par son extrême largeur; il forme,en se partageant, un coude assez grand, qui enveloppe des deux côtés toute la ville, dont la vue se termine par une chaîne de belles collines au travers desquelles la rivière Nashwak roule avec rapidité ses ondes pour se préci:, piter dans le Saint-John, qui est navigable jusqu’à Frédéricton pour les plus gros navires.

De cette ville, le prélat remonta encore la rivière

jusqu’à la mission des Abénakis, que le père Ciquard

avait gouvernée jusqu’en 4803, et où ce zélé mission: naire avait bâti une chapelle dédiée à sainte Anne. Depuis cette époque jusqu'en 1808, cette mission n'avait plus été visitée qu’à de rares intervalles ; mais alors le major-général Hunter, président du New-Brunswick, renouvela à l’évêque de Québec l'offre de payer un traitement de cinquante livres sterling an missionnaire, s’il était possible de lui en envoyer un. Il finissait en lui exposant l’extrême besoin où les Sauvages de cette mission se trouvaient d’avoir un prêtre catholique, et sur cette invitation l'évêque s'était empressé de donner pour les Abénakis un missionnaire, qui vint bientôt après résider à Sainte-Anne. Plessis y administra les sacrements aux Sauvages, en confirma un certain nombre, et redescendit dans leurs canots, solennellement escorté par toute la tribu jusqu’à Frédéricton, d'où il revint à la cité de Saint: John. Il se transporta ensuite à l'entrée de la rivière

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Sainte-Croix ou Passamaquoddi, visita les missions autrefois gouvernées parle père Ciquard et celle du Pénobscot, dépendantes alors l’une et l’autredu diocèse de Boston, érigé depuis 181C. Il passa quelque jours dans cette: ville, partageant ue son humble toit la loyale et franche hospitalité de 11. Cheverus, évêque de Boston, ‘ et de cette ville revint, par l’intérieur des Etats-Unis à Montréal et ensuite à Québec, après quatre mois d'absence. C’est dans le journal de son voyage, écrit de sa main, que nous avons puisé les divers détails que nous venons de donner sur ces missions, dont l'histoire autrement serait demeurée à jamais ignorée, Gé journal n'ayant point été publié 2. C'est ce document qui nous a mis au courant des misères spirituelles qui rongeaient la plupart des villages acadiens du golfe Saint-Laurent, de l’île du Prince- Edward, et de la Nouvelle-Ecosse; misères que l’évéque fait connaître lui-même dans quelques lignes pathétiques, et qui peignent d’un trait l'état abrutissant où ces peuples étaient tombés faute de pasteurs. Partout où Plessis avait porté ses pas, il avait entendu les cris et les plaintes de ces malheureux; il avait promis sans doute de les soulager; mais le fit-il? Et d’ailleurs le pouvait-il ? Il ne le pouvait point par lui-même ; aussi la plupart de ces missions restèrent-elles encore plusieurs années sans prêtres. Car ce que l'évêque de

1 M. Cheverus, premier évèque de Boston, depuis cardinal archevèque de Bordeaux,

? Ilest déposé aux archives de l'archevéehé de Québec.

148 “à L HISTOIRE

Québec aurait dû faire, c'était de partager le fardeau dont seul il ne pouvait porter tout le poids,.et de demander au Saint-Siége que d’autres évêques vinssent la prendre une part de cette juridiction trop étendue. Mieüx que personne il avait été à même de remarquer, ainsi que le faisait naguères un Père dela Compagnie | de Jésus', précisément au sujet de l'évêché de Québec, DD. srrus « qu’au-delà d’un rayon limité le pouvoir d’un. évêque

est purement nominal et fictif. »

! Annales de la Propagation de la Foi, année 1840. Lettre äu révérend pére Thibaud, 8. J.

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ones! | CHAPITRE XXVI Québec, LE spspuiS L'INCENDIE DE L'écuise - ‘: tocH De quésec, En 4°" évêque JUSQU'AU RETOUR DE L'EVeQUE #18, ni VOYAGE

D’ EURQPE, EN À 830.

nt l'église du faubourg Saint-Rock à Québec. -froid de l’évêque Nécessité d’une division dans le diocèse de Québec, du vicariat

mess As de la nouvelle-Écosse et da New-Brunswick en faveur d'Edmond Burke, se Roue de ces contrées (1847). Commencement des missions de la la put. d 5 (1848). Nouvelle division du diocèse de apostolique du Haut-Canads. Ro MS tes Lachern, Vi du Prinoe-Edward.et ge province ‘eco

lésiastique, et prend la résolution d'aller à Rome, M. Lartique canon Btér Le séminaire de Saint-Sulpice à Londres. Arrivée de l'évêque Plessis dans.oel! obtient du ministére britannique. Son voyage à Romesil titre d'archevéque. Son retour à Londres, puis au Canaà, node à Québec,

Pendant la durée du voyage de évêque de Québec dans les provinces du golfe, un nouveay collée s'était ouvert dans le district de Montréal, dont il devint bientôt la principale ressource : c'était celui de Saint-Hyacinthe d'Yamaska, formé par les soins d'Antoine Girouard, curé de cette paroisse, une des plus belles et des plus considérables du Canada, située sur les bords * © d’une charmante rivière qui porte le même nom. Nous avons dit ailleurs qu'à Québec le faubourg Safht-Roch avait été séparé dé la paroisse de cette ville, et que

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150 HISTOIRE l'évêque avait jeté les fondements d’une bellé église

‘avec un presbytère pour la nouvelle paroisse. Cette en-

trepgise, commencée avec de faibles ressources, était

ur le point d’être terminée, lorsque, au mois de dé. cembre 4818; trois mois après le retour du prélat, un violent incendie consuma, en mois de deux heures,

l'édifice, où lesouvriers mettaient alorsladernière main?

L'évêque était'accouru sur le lieu du désastre ; son cœur souffrait, mais son œil restait impassible. — Quel mal: heur!-s’écriait l’un des marguiïlliers en se tournant vers lui. — C’eût été un bien plus grand malheur si vous aviez commis un péché mortel, répondit-il aussi:

— Ce trait peint la tournure d’ésprit de M: Plessis, et ce‘qui faisait le fond de son caractère. Sans s'affliger d'alleurs inutilement de ce désastre, qu’il recevait comme une épreuve du Ciel, il s’empressa dans le même moment relever le courage des habitants de Saint-Roëh. Oëmbinant déjà les moyens de recommencer cette entreprise 4" nouveaux frais, il mit à contribution ses amis, épuisa ses propres finances : par une espèce de miracle que Dieu accorda à sa persévé. rance , l’église sortit bientôt de ses ruines, plus belle qu'auparavant, et l'évêque eut la consolation de la con. sacrer, au milieu des applaudissements de son peuple, étonné des effets de sa constance. Heureux si cette

constance et cette énergie eussent embrassé de plus

grands desseins | Celüi de la division de son diocèse l'avait, à la vérité, occupé plus d’une fois, depuis la visite qu’il avait faite

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dans les provinces du golfe; et, quoiqu'il en sentit la nécessité, quoiqu'il connût bien que la constitution même de l'Église est, par son essence, de tendre au fractionnement, lorsque le besoin du troupeau le réclame, il paraissait néanmoins encore hésiter à la proposer directement à Rome. Mais cette division devenait chaque jour plus nécessaire, la juridiction de tant de pays si éloignés les uns des autres centralisée dans les mêmes mains rendant impossible le bien immense qu’il y avait encore à faire, surtout dans les provinces . du golfe Saint-Laurent.

Sur ces entrefaites, Plessis eut vent que Rome, fatiguée; disait-on, de ses lenteurs, et sentant depuis trop. longtemps déjà les besoins immenses de ces provinces, au sujet desquelles une relation particulière lui était encore venue depuis peu,avait résolu, quoi qu’il dût en arriver, d’y ériger un vicariat-apostolique, et l’on ajoutait qu'Edmond Burke, vicaire-général de l’évêque de Quibec, alors en congé lui-même à Rome, était désigné pour être mis à la tête du nouveau vicariat. Plessis, se voyant prévenu, se hâta de résigner sa juridiction surla Nouvelle-Écosse, l'île du Cap-Breton, et quelques autres îles voisines. Cette résignation fut aussitôt acceptée, et Burke, que divers ouvrages de controverse estimés, la variété de ses talents et la confiance dont les évêques de Québec l’avaient investi en le nommant supérieurgénéral des missions de la Nouvelle-Ecosse, recommandaient suffisamment au choix du Souverain-Pontife, fut préconisé, le 4 juillet 4817, évêque de Sion, et le 27 du

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même mois vicaire-apostolique de la Nouvelle-Écosse et des îles circonvoisines. Il partit ensuite d'Europe, ap-

‘ pôrtant lui-même ses bulles, et vint à Québec pour re-

cevoif' la consécration épiscopale. Plessis voulut faire lui-même la cérémonie; il fut assisté dans cette s0lenrité par M. Robert, prêtre français du séminaire, et M. Demers, directeur du même séminaire, duquel Edmond Burks avait été autrefois agrégé (5 juillet 1818). Le nouvel évêque partit ensuite pour aller pren-

. dre possession de son vicariat , où il fut reçu avec des

démonstrations de joie inimaginables de tout le peuple catholique de la Nouvelle-Ecosse, heureux de posséder un premier pasteur qui habitât avec eux. ps

Dans le même temps que le Saint-Siége érigeait pour

Edmond:Burke le vicariat-apostolique de la Nouvelle. Ecosse, l’évêque de Québec travaillait à fonder, du côté opposé, la mission de la Rivière-Rouge. Cette mission, une des plus vastes de l'Amérique, comprenait cette

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