partie du continent septentrional appelée Territoire du
Nord-Ouest, c’est-à-dire l'immense étendue de terre qui est occupée par les lacs et arrosée par les rivières dont les eaux se déchargent dans la baie James et la baie d’Hudson. Lord Selkirk avait tommencé en 1842 la colonisation de cette contrée, dans l'intérêt du commerce des
fourrures, dont le monopole fut accordé, par un actedu | parlement anglais, à la compagnie de la baie d'Hudson.
En 1818, l’évêque de Québec reçut de lord Selkirk la demande de plusicurs missionnaires pour les colons canadiens et les Sauvages de ces contrées. Plessis, en-
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chanté de cette ouverture, s’empressa d’y accéder. Une souscription fut ouverte dans le diocèse pour le soutien de la nouvelle mission, et la même année deux missionnaires, MM. Provencher et Dumoulin, y furent envoyés, le premier à la Fourche, poste important occupé par les Canadiens sur la rive droite de la Rivière-Rouge, près de l’endroit où cette rivière reçoit les eaux de l’Assiniboine; l’autre, à vingt lieues plus au sud, au poste de Pembina. Les Canadiens, en assez grand nombre, qui habitaient ces deux postes, avaient été autrefois au service d’une autre compagnie réunie depuis à celle de la baie d'Hudson ; mariés à des femmes sauvages, ils s'étaient fixés dans ce pays, où, jusqu’à l'arrivée des deux missionnaires, ils étaient restés totalement privés de secours religieux. Le vice avait poussé de profondes racines parmi eux, et il leur restait à peine une ombre de foi. Les missionnaires furent néanmoins bien recus, et ils recueillirent promptement des fruits cousolants de leurs efforts. Le royaume de Dieu fut annoncé en même temps à plusieurs peuples sauvages de ces contrées, encore que ces barbares ne répondissent que lentement aux grâces qui leur étaient offertes, La conversion des Sauvages a toujours été difficile, à cause de leurs vices et de leur brutalité, et l’on sait que les premiers missionnaires du Canada y travaillèrent de longues années avant d’avoir obtenu d'autres fruits que d’administrer le baptême à quelques enfants moribonds.
Avec de grandes qualités qui lui étaient propres, Il 10
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Plessis ne partageait que trop néanmoins les défauts de ses compatriotes. Il pliait devant les Anglais trop souvent pour:sa dignité et plus souvent même que ne semblait devoir l’exiger la prudence. Sa politique, trop humaine, ne lui permettait pas de compter assez sur le secours de Dieu , et redoutant comme un acte de déloyauté envers le pouvoir de le heurter dans ses représentants ou dans les membres de l’église établie , il s’arrêtait lorsqu'il s'agissait de marcher en avant pour le bien de l'Eglise Catholique. Aussi en arriva-t-il ceà
quoi il aurait dû s'attendre, surtout depuis l'érection |
du vicariat-apostolique de la Nouvelle-Ecosse; c'est que le Saint-Siége, fatigué de ses ménagements et de ses délais dans l'affaire de la division du diocèse de Québec, au sujet de laquelle il avait encore, peu d'années auparavant, intimé ses sauhaîts à l’évêque, se décida à opérer cette division sans le consulter davantage. Pie VII en fit parler secrètement au prince-régentd’Angleterre, qui n’y trouva pas le moindre obstacle, et nomma aussitôt aeux nouveaux vicaires-apostuliques : l’un fut Alexandre M’Donel! pour le Haut-Canada, dont il gouvernait les missions depuis déjà quinze ans; l’autre, Angus M’Eachern, pour l’île du Prince-Edward, les îles de la Magdelaine, et le New-Brunswick.
Ces deux missionnaires, dont le mérite était connu à Rome, avaient été proposés déjà pour cette haute dignité à l’évêque de Québec, selon le journal même ‘ de
‘ Mémoire sur la division du diocèse de Québec à être présenté à lord Bathuril, secrétaire colonial, du 20 août 4819. — Mémoire pour la division du diocèse à
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Plessis, qui les avait depuis longtemps nommés ses grands vicaires. Mais, avec ses ménagements habituels, il ne croyait pas, disait-il, que le temps fût veau de faire cette division, et il paraissäit répugner à voir revêtir Mac Donell et Mac Eachern du caractère épiscopal. Les mémoires adressés par M. Plessis à la Propagande et à lord Bathurst, ministre des colonies en Angleterre, font connaître ces divers détails : « l' » croyait, ajoute-t-il d’ailleurs dans le journal de son » voyage en Europe, en avoir assez dit à la cour de » Rome par ses lettres de la fin de 1817, pour l’enga- » ger à suspendre cette opération jusqu’à nouvel avis » de sa part, »
Mais Rome agit dès-lors sans avoir désormais égard aux réclamations de l’évêque de Québec; elle savait apparemment mieux que lui à quoi s’en tenir sur les dispositions du cabinet britannique, qu’en Canada on paraissait tellement redouter. Mac Donell, qui était parti pour l’Europe en 1816, avait pu entamer des négociations et faire envisager à la Propagande la situation religieuse du Canada sous un point de vue d'autant plus vrai, que les Irlandais n'ont jamais eu peur d’e rir ende pareilles circonstances,sans se mettre tropen pe: des objections du gouvernement anglais, lorsque l’avantage de la Religion le demanduit. Mais, avant de procéder à l'institution canonique des deux ncuveaux évê-
être présenté à la cour de Rome, 47 novembre 4819, — Journal du voyage fait
par Mer J.-0, Plessis, dans les années 4819 — 4890, en Europe, I'° partie. MS. des archives de l’archevêché de Québec.
; FRRTATERUETEE re gene
ques, Rome voulut encore donner à l'Eglise du Canada une preuve de sa sympathie, et à Me° Plessis de la justice avec laquelle elle savait apprécier son mérite et les efforts qu'il avait faits pour le bien de la Religion : elle lui conféra par conséquent le titre d’archevêque, et éri. gea l’église de Québec en métropole. La bulle de cette érection fut signée le 12 janvier 1819, et le même jour deux autres buîles conféraient à Alexandre M’Donell ie titre d’évêque de Regiopolis ‘ in partibus, et celui d’évêque de Rose à Angus Mac Eachern.
Après de longues et cruelles hésitations, Plessis se détermina vers le même temps à demander officiel. lement au Saint-Siége une division qu'il ne savait pas encore avoir été en partie consommée. En faisant part au clergé de son diocèse de cette détermination , et en lui expliquant l’urgence d’une telle mesure, il souleva
pour la première fois non-seulement une désapprobation formelle à l'exécution de ce dessein, maisencoreuneré |
sistance qu’il n'aurait pas dû attendre de la part des prètres canadiens. Cette résistance, qui ne fut que de courte durée, faisait voir combien peu ils comprenaient les véri-
tables intérêts de ?’ Eglise dans leur pays. Quoique cette |
résistance eût vivement affécté l'évêque de Québec, une fois le parti pris de s'occuper sérieusement de la division de son diocèse, il ne pensa plus qu'aux moyens de l’exécuter.
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\ Rhésine ou plutôt Kingston; ces noms signifient également la File royale ou du Roi,
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moins prévenus de son clergé, il résolut de se rendre lui-même à Londres, et de demander au ministère qu’il ne s’opposâf pas au dessein qu’il avait formé de faire agréer de Rome l'établissement de quatre évêques auxiliaires suffragants, dépendants du siége de Québec, dont ils seraient comme les vicaires-généraux : le premier pour la province du Haut-Canada ; le second pour celle du New-Brunswick, les îles du Prince-Edward, du Cap-Breton et de la Magdelaine; le troisième pour le district de Montréal ; et le dernier pour les missions de la Rivière-Rouge et le territoire du Nord-Ouest. Ce partage devait laisser à l’évêque de Québec les trois districts de Québec, des Trois-Rivières, et de Gaspé, c’està-dire une étendue de plus de cinq cent milles de longueur, avec une population de plus de deux cent mille Catholiques ‘.
Muni des lettres de recommandation et de l’agrément du duc de Richmond, qui commandait alors en Canada, agrément qu’il avait cru devoir demander avant son départ, l’évêque s'embarqua à Québec le 3 juillet 14819, en recommandant à Dieu son diocèse, dont il laissait l'administration à l'évêque de Saldes, son coadjuteur. Il était accompagné de M. Turgeon, son secrétaire intime, de M. Lartigue, prêtre du séminaire de Montréal, et suivi d’un domestique. Ni son âge avancé, ni ses infirmités, ni les fatigues, ni les dangers d’un tel voyage, ne purent arrêter l'évêque de Québec.
‘Ally en a aufourd’hui plus du double,
158 HISTOIRE C'était le premier évêque du Canada qui partait pour aller rendre ses hommages au tcmbeau des Apôtres. ‘Une foule d'ecclésiastiques, la ville tout entière, etune partie des campagnes voisines, accourus pour voir encore/une fois leur pasteur, assistèrent à son embarquement, et il'mit à la voile, emportant les ji is et les bénédictions de tous.
M. Lartigue, que nous venons de nommer, “ que nous avons inontré recevant la tonsure des mains de l'évêque Denaut, le jour que ce prélat faisait son entrée à Montréal, vingt-deux ans auparavant, lui avait été dans la süite attaché en qualité de secrétaire, après avoir terminé ses études au séminaire de Saint-Sulpice. L'application du nouveau secrétaire aux affaires du diocèse, son jugement sûr dans les matières ecclésias. tiques, sôn ardeur à acquérir de nouvelles connaïiséancès, sa prudence et sa discrétion, l'avaient mis promptement en état d’aider puissamment au gouvernement de l’Eglise canadienne. Aussi l’évêque Denaut ne vou: lut-il jamais consentir à se priver de ses services, quel que fût le désir de M. Lartigued’entrer dans la cominunauté où il avait puisé les sciences ecclésiastiques, et ce fut en conséquence de l'affection et de l'estime qu’il avait pour lui qu’il le recommanda à M. Plessis comme un sujet digne de l’épiscopat, si par la suite il se trouvait dans le ‘cas de présenter au Saint-Siége un prêtre pour remplir ce poste éminent. A la mort de l'évêque Denaut, Lartigue, n’éprouvant plus d’obstacle pour entrer à Saint-Sulpice, où le portaient depuis
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longtemps ses inclinations, fut reçu dans ce séminaire, où il fut agrégé ‘en qualité de directeur, le 4° février 1807. Ilen'‘fut pendant quinze ans un des membres les plus zélés et les plus actifs dans l’intérêt du salut des âmes. Mais il ne se diétingua pas moins par sa loyauté avec les autres imémbres du haut clergé canadien dans la guerre de 1812. Pendant l'invasion améri-
caine, le gouverneur du Canada, sir George Prevost, s'étant adressé au supérieur du séminaire de Montréal pour avoir un prêtre dont la parole sût maintenir les milices canadiennes, qui voulaient se débander, le choix fut fait par M. Roux, prêtre respectable, qui dirigea longtemps cette maison avec autant d'intelligence que de sagesse; il tomba sur M. Lartigue, qui n'eut pas plus tôt paru parmi ses compatriotes, que l'ordre se rétablit.
Plessis, qui avait hérité de son prédécesseur son estime pour M. Lartigue, l’avait associé plusieurs fois aux travaux de son condjuteur, dans les visites pastorales que l’évêque de Saldes avait faites dans le district de Montréal. Dès l'année 1819, des agents secrets avaient engagé le gouvernement britannique à faire des tentatives pour ôter au séminaire de Saint-Sulpice les vastes propriétés dont il était le juste possesseur. Lartigue , que sa connaissance des lois et sa qualité de sujet britannique rendaient plus que tout autre capable de faire triompher la justice de cette cause, fut alors député vers le ministère anglais, et ce fut ce qui lui procura l'avantage de faire le trajet de l'Atlantique
dans la société de son évêque et de M. Turgebn. Les titres du séminaire de Montréal et la longue possession des biens contestés, dont ils avaient toujours, de lave de tout le monde, fait un si digne et si saint, usage, eussent, ce semble, dû suffire pour empêcher cetté spoliation. M. Lartigue crut toutefois devoir recourir à la prudence de l’évêque de Québec et à l'influence dont il jouissait auprès du gouvernement. Il en obtint, durant la traversée, un mémoire court et énergique, que le prélat présenta lui-même à lord Bathurst, à son arrivée à Londres; aussi l'envoyé du séminaire de Montréal n’hésitait-il pds à dire que, si les ministres avaient cessé alors de poursuivre cette affaire, il fallait l’attri. buer surtout au mémoire et au crédit de l'évêque de Québec !. : | Le prélat n’était encore arrivé que de quelques j Jours dans la capitale des Trois-Royaumes lorsqu'il y reçut, par un navire parti peu de jours après lui de Québec, une lettre de son coadjuteur qui l'informait de l'arrivée des bulles d'institution des vicaires-apostoliques du Haut-Canada et de l’île du Prince-Edward, avec celle qui érigeait la ville de Québec en métropole. Cette nou: velle ne le surprit pas moins qu’elle ne l’inquiéta : la nomination des deux vicaires-apostoliques ne dérangeait ses plans qu'indirectement ; mais son élévation au titre et au rang d’archevêque lui faisait craindre le mécontentement du cabinet anglais, cette dernière me-
\ Mémoire de l'évêque de Québec à lord Bathurst, ministre colonial. Aux sr chives de l'archevéché de Québec. — Mélanges religieux, etc., de Montréal.
Siége, hume lorsqu cœtter ce pro vicai suré bi ne ja mn lui dor cieux à ques jo distinc jours a que le
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L'an mais n contint
sure ayant été prise absolument sans sa participation. Si Plessis avait osé agir avec la fermeté que déployèrent, quelques années plus tard, l'archevêque de Sidney et les autres évêques de l'Australie, ainsi que le : cardinal archevêque de Westminster, dans des circonstances à peu près analogues; il aurait porté courageusement le titre glorieux que lui décernait le Saint- Siége, sans se mettre trop en peine de la mauvaise humeur momentanée que lui montra lord Bathurst, lorsque le prélat alla lui faire sa visite et lui apprit cette nouvelle. Le ministre se plaignit effectivement de ce procédé à l’évêque de Québec et au D' Poynter, vicaire-apostolique du district de Londres. Mais, rassuré bientôt par la complaisance de Plessis, qui protesta ne jamais vouloir prendre le titre que Rome venait de lui donner, Icrd Bathurst se hâta de faire un visage gracieux à l’évêque, et l’invita même à venir passer quelques jours à son château. Le prélat y fut traité avec une distinction marquée, et, de retour à Londres, quelques jours après, il reçut une lettre da ministre annonçant que le prince-régent ne trouvait aucun obstacle à ce
qu’il fit encore deux autres divisions dans son diocèse;
il lui accordait en même temps l’incorporation du collége de Nicolet, avec des lettres d'amortissement pour cette maison, et la faculté d'acquérir des fonds pour un revenu annuel de cinq mille livres sterling. L’archevêque de Québec, car c’est le titre que désormais nous donnerons à M. Plessis avec Rome, qui le lui continua cn sa correspondance, quoiqu'il au dé le
prendre ; l'archevêque de Québec, dis-je, pritcongé du ministre par une lettre où il le remerciait de ses bons offices, et s'embarqua pour la France avec son sécrétaire. Ce voyage, noù plus que celui d'Italie, où il se rendit ensuite, n'ayant aucun rapport direct, dans ses détails, avec le sujet que nous traitons, nous nous bor nerons à dire que le prélat, après avoir porté ses hommages au tombeau des Apôtres et au successeur de saint Pierre, passa l'hiver à Rome, où il obtint tout ce qu’il démanda pour son dioëèse, et retourna à Londres,
au printemps de l’année 4820. Il y retrouva Lartigue, qui venait de terminer heureusement les affaires du sé: minaire de Saint-Sulpice. C’est alors qu'il remit à cet ecclésiastique le bref apostolique qui le nommait évéque de Telmesse, avec célui qui le préposait au gouvernement spirituel du district de Montréal, en un de suffragant auxiliaire de Québec. :: :
Muni de tous ses pouvoirs et autorisé à user de ceux de métropolitain de Québec, quoiqu'il n’en prit pas le titre, Plessis remit à la voile avec ses compagnons de voyage, et débarqua aux Etats-Unis, d'où il arri. va en Canada, le 20 juillét 1820. En entrant au séminaire de Montréal, ik présenta le nouvel élu pour
l'épiscopat aux directeurs de cette maison, comme une nouvelle preuve de l'estime ét de la confiance qu’il avait toujours eues pour eux. M. Roux, supérieur de Saint-Sulpice, instruit par l'archevêque de Québec de ses Gispositions à l'égard de M. Lartigue avant leur départ pour l’Europe, les avait alors pleinement ap-
ongé du ses bons mn sécré-
où il se dâns ses ous borses homsseur de it tout ce Londres, Lartigue, res du sémit à cet mait évéu gouverqualité de
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prouvées ; et, lorsque celui-ci leur revint présenté enqualité de suffragant auxiliaire pour Montréal, M. Roux
répondit au nom. de tous ses confrères qu'il était heu-
reux et flatté tout à la fois que la maison dont il'était le chef eût été jugée digne de donne à Montréal son premier évêque.
La nouvelle de l'arrivée de l'archévéque Plessis à Montréal, de retour de son voyage après plus d’un an d'absence, mit en mouvement toute la ville de Québec. Les membres les plus distingués du clergé et les citoyens les plus recommandables de la ville se rendirent avec empressement à sa rencontre, jusqu'aux Trois- Rivières. Lorsqu'il arriva à Québec, il trouva les bords du fleuve couverts d’une population: imr-ense, impatiente de revoir son premier pasteur. Il débarqua au son des cloches de toutes les églises, et fut reçu au milieu des cris d’allégresse et des acclamations de la multitude. Il était nuit ; mais la première action de l’archevêque fut de se note à sa cathédrale, qui fut remplie en quelques instants. La foule entonna le Te Deum avec lui, et rendit grâces à Dieu de lui avoir conservé son pasteur, dont elle reçut avec joie la bénédiction (16 août 1820).
Quelque temps après son retour, l'archevêque de Québec réunit en synode dans sa cathédrale son clergé, auquel il fit part des changements que le Souverain- Pontife avait jugé à propos de lui accorder pour la prospérité toujours croissante du diocèse, ainsi que des circonstances de son voyage qui pouvaient intéresser Fa-
164 HISTOIRE venir de l’église canadienne. Dans la pénurie de pré- : tres où se trouvait le Canada, il avait, ajoutait-il, fait ‘auprès du cabinet britannique plusieurs démarches,
mais toujours infructueuses, pour obtenir l'autorisation d'amener avec lui un certain nombre de prêtres fran-
çais, afin d'augmenter celui des ouvriers employés à la vigne du Seigneur, convenant ainsi, malgré lui, de l'hostilité qu'il avait rencontrée auprès de ce gouvernement auquel il avait rendu tant de services ‘. Ehtre autres brefs du Pape, dontil fit connaître ensuitele con. | tenu à l'assemblée, il produisit celui. qui détachait du diocèse de Québec l’île d’Anticosti et la côte du Labrador, dont il gémissait de devoir se séparer, mais que, dans, l'impuissance où il se trouvait de secorrir les peuples de ces contrées en leur envoyant des mis-
sionnaires, il avait supplié le Saint-Siége de réunir au vicariat-apostolique de Terre-Neuve. A la suite de ce synode, l'archevêque de Québec adressa un mandement à tout le clergé et aux peuples du Canada et des provinces qui en étaient détachées, pour leur apprendre les nouvelles circonscriptions que le Saint- Siége avait jugé devoir faire dans sa sagesse, dans l'intérêt spirituel des troupeaux et des pasteurs.
* Documents relatifs. à l'assemblée du ciergé à Québec, aprés le retour de Me Plessis, aux archives de l’archevéché. , ’