‹ Histoire du Canada, de son Église, et de ses missions [microforme]Chapitre 20 sur 55 · PRE · texte numérisé non relu

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172 . HISTOIRE l’urbanité qui ont toujours distinguéles prêtresdecette maison, que la résidence parmi eux d’un prélat, supérieur par sa dignité au supérieur lui-même, était non seulement incompatible avec les règles de la communauté, où il se trouverait à la fois deux maîtres, dont l’un aurait plus d'autorité par le fait que l’autre n’en aurait de droit, mais encore qu'elle était de nature à menacer l'existence même de la: communauté dans l'avenir.

C'était là une conséquence trop visible de cette situation, si elle avait dû exister, et chacun comprenait fort bien que le séminaire de Saint-Sulpice aurait été promptement changé en une collégiale, dont les chanoines awraïent été les membres de la communauté, ou en une espèce d’abbaye en commende, dont l’évêque aurait été l’abbé commendataire. Afin de tempérer cependant ce que leurs observations pouvaient avoir de pénible pour M. Lartigue, les Sulpiciens ajoutèrent que, de leur côté, ils avaient pensé à la situation pré. caire où se trouverait Je prélat après sa consécration, et qu’ils seraient heureux de pouvoir lui offrir, non loin du séminaire, une maison convenable à la résidence épiscopale. M. Lartigue, vivement affecté de cette réponse, ne fut pas maître de modérer toute sa fougue, et il fitentendre, avec plus de rudesse qu'il ne convenait peut-être en pareille circonstance, qu'étant depuis dix-huit ou vingt ans membre de la commu:

nauté, personne ne pouvait lui enlever maintenant le d'oit d'y demeurer.

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La discussion malheureusement n’en demeura pas là, et de part et d'autre on s’échauffa à plusieurs reprises sans pouvoir s'entendre, Lartigue se sentant chaque jour blessé plus vivement de la tenacité des di. recteurs de Saint-Sulpice, et ceux-ci éprouvant un mé. contentement toujours croissant en voyant l’opiniâtreté du futur prélat et la manière dont il rejetait leurs offres. La question s’envenima bien plus encore lorsqu'elle fut devenue publique, les membres de la fabrique de l’église paroissiale de Notre-Dame, attachée au séminaire, ayant déclaré versle même temps qu'ils s'opposeraient de toutes leurs forces à ce que cette paroisse fût érigée en cathédrale pour Lartigue.

L’archevêque de Québec, que toutes ces discussions avaient vivement affligé, voyant que les parties ne pouvaient parvenir à s'entendre, espéra les calmer en venant donner la consécration épiscopale à M. Lartigue. Il en fit annoncer la flouvelle au séminaire, qui s'empressa de mettre l’église paroissiale à sa disposition et de l’orner pour ce jour-là avec une pompe digne de la solennité qui devait s’y accomplir. La fabrique elle-même rivalisa de zèle avec les amis les plus sincères de Lartigue, entendant bien d’ailleurs ne faire qu'un acte de pure déférence pour l'autorité de l'archevêque de Québec, sans infirmer en rien les droits de la paroisse et les privilèges que Saint-Sulpice tenait anciennement du Saint-Siége. Plessis étant arrivé à Montréal, la cérémonie se fit avec un éclat inaccoutumé, le 21 janvier 1821, au milieu d’un concours

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