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DEPUIS L'INCENDIE DU CHATEAU SAINT-LOUIS DE QuÉSEC, EN 4854, JUSQU'A LA CONSÉCRATION DE WILLIAM DULLARD VICAIRE- | APOSTOLIQUE DU NEW-BRAUNSWIOK, EN 4842.
. L'année même de la consécration de l’évêque de Sidyme (4834), Québec fut témoin d'un désastre bien pénible pour lescœurs français, l'incendie du château Saint- Louis, qui, malgré les prompts-secours qu'on apporta de toutes parts, anéantit en peu d'heures cet édifice respectable, berceau de la colonisation canadienne et de l’ancienne puissance française dans l’ Amérique Septentrionale. Fondé par l'illustre Champlain, sur la plate-forme la plus élevée du promontoire où la ville est assise, à plus de trois cents pieds au-dessus du fleu-
206 ‘HISTOIRE ve qui en baigne la base, le château de Québec rappelait par'ses constructions massives et irrégulières. ses grands appartements, et surtout sa tournure féodale, l’époque où il avait été bâti, et le but que Champlain s'était proposé en jetant ses fondements. Naguère résidence des vice-rois et des gouverneurs-généraux de la Nouvelle fratce, dévent depuis le conquête là deméure des gouverneurs qu'envoyait au Canada l’orgueilleuse Albion, le châtesu Saint-Louis, qui avait vu passer toutes les gloires et les humiliations de la population franco-caniadienne, s’abima dans lès flammes juste à temips potir ne pas voir }s langue, les lois, les mœurs, et l'antique constitution du pays; se confondre daës la langue; les lois, les usages et la constitution des peuples d’origine anglo-celtique, qui cominenaient à se trouver partout, et qui doivent dans un temps donné par la Providence absofber tous les restes des autrès peuplés dans l'Amérique Septéhtrionale. Lorsque les débris du château eurent disparu, un nom étranger remplagé le titre glorieux de Saint-Louis, souvenir des jours d'autrefois. Lord Durham, qui vint peu d’années après en Canada, en fit déblayer l’emplacement, dont il fit une promenade qui porta son nom (Durham terrace). C'est le site le plus imposant de __ l’ancienne capitale de la Nouvelle-France, et celui où le voyageur âime à venir oublier les heures en contemplant J’mmense panorama qui se présente à ses re- ‘ gards. Les Canadiens vous disent avec une juste vanité que c’est le plus beau dû monde. Je ne suis pas
lisparu, un hi, qui vint ver l’emplamposant de et celui où sen contemte à ses rehe juste vane suis pas
DU CANADA 207 entièrement de leur avis, malgré l'admiration qu'il m'inspirait chaque fois que j'allais y porter lues pas : car je ne puis oublier celle que j'ai éprouvée en tant d’autrés contrées. Mais c’est certainement un des spectacles les plus grands et les plus frappants qu’il soit possible de concevoir.
La ville tout autour, descendant en pente abrupte jusqu’au bord du fleuve, s'alignant le long des eaux, enlaçant dans sa construction bigarrée de toutes sortes de couleurs les flancs du cap Diamant, couronné de son orgueilleuse citadelle, et, vis-à-vis, le promontoite de la Pointe-Lévi, avec son amphithéâtre de maià gauche, le large ravin où la rivière Saint-Charles roule ses ondes pour les unir au Saint-Laurent ; l’avenante paroisse de Beauport, qui, le long de ses coteaux, se développe avec grâce jusqu’à la chute de Montmorency ; à quelque distance, au fond de la baie, la belle île d'Orléans, qui renferme cinq paroisses, et que le fleuve étreint de ses deux bras ; à l’horizon, les sombres falaises du Cap-Tourmente, premier anneau de cette chaîne de montagnes sauvages qui s'étendent jusques sous les neiges éternelles des régions polaires, et, de quelque côté que le regard se tourne, le fleuve superbe et calme, malgré la rapidité de son cours ‘, qui part de Québec avec ses goëlettes, ses bricks à trois mâts, ses navires de tout bord, pour s'unir à la mer dans toute la
pu 5e marche du Galat-Lenrent où ordinairement de sept nœuds ou sept milles à
majesté de sa puissance. Il n’y a peut-être pas une autre ville dans le Nouveau-Monde qui offre desiétranges contrastes que Québec : ville de guerre et de commerce, perchée comme un nid d’aigle, ainsi queles châteaux des bords du Rhin, sur un roc perpendiculaire, sülonnent l'Océan avec ses nombreux navires; ville américaine bâtie par une colonie française, gouvernée par un seigneur anglais, gardée par des Highlanders écossais, soumise encore aux institutions féodales de la France de Louis XEV combinées avec le système du gouvernement parlementaire; ville moderne par sa civilisation, sa politesse, ses habitudes de luxe, et touchant aux débris des populations sauvages-et aux déserts qui stétendent derrière elle; ville, enfin, située à la même latitude à peu près que Paris, et réunissant le ciel bleu et le climat ardent des contrées méridionales aux rigueurs d’un hiver hyperboréen.
Même contraste dans la distribution des rues etle style des habitations. La ville haute, enceinte de muraîlles et de bastions, renferme les grands hôtels:et les magasins de luxe ; la ville basse les ouvriers, les marchands, et les marins, Puis viennent ses vastes faubourgs, dont l'aspect est celui des villes anglaises ou américaines. Avec ces accidents de terrain, cette diversité de constructions, et je ne sais quelle teinte sombre qui voile son ensemble, Québec ‘ rappellesouventau
* Québec, qui comptait de sept à huit mille habitants au moment de la conquête, en avait vingt-cinq mille en 4834, et on lui en donne aujourd'hui environ cinquante mille, dont quarante mille sont Catholiques.
‘pas une esiétran- + de comeles châdiculaire, res; ville ouvernée ghlanders fodales de e système rne pai Sa xe, et tou- -et aux déin, située à réueissant es. méridios rues etle nte de muhôtels et les s, les marvastes faunglaises ou di , cette diteinte som- > souvent au
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voyageur l'aspect de ces vieilles villes de France ou d'Allemagne restées en arrière des temps modernes.
Quoïque les vicariats-apostoliques de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Ecosse, et du New-Brunswick, ne fussent pas sous la dépendance métropolitaine de Québec, c'était de cette ville cependant qu’ils avaient bien longtemps reçu leurs missionnaires ; ils ont donc encore une espèce de droit à prendre leur place dans un livre qui a le Canada pour objet.
Nous avons parlé brièvement des deux premiers vicaires-apostoliques de Terre-Neuve, O’Donell et Lambert, son coadjuteur, qui lui avait succédé avec le titre d'évêque de Chytre, lorsque O’Donell eut été transféré au siége de Derry en Irlande. Thomas Gillow fut ensuite consacré vicaire-apostolique de Terre- Neuve, en 1818, sous le titre d’évêque d’Hypsopolis. Mais, s’il prit possession de son vicariat, il n’y demeura pas longtemps; car, la même année, Thomas Scallan, évêque de Drago, qui avait déjà fait quelque séjour à Terre-Neuve en qualité de simple missionnaire, y arriva comme vicaire-apostolique , accompagné de sept nouveaux missionnaires. Sur dix-neuf ecclésiastiques qui étaient venus dans cette île depuis l'installation du vicariat-apostolique, quatre avaient succombé, un autre était infirme, et onze s'étaient retirés successivement devant la dureté du climat et les difficultés du ministère. Parmi ceux qui avaient eu le courage d’y rester, il faut compter en première ligne Thomas Ewer, prêtre zélé, qui mourut en IT 12.
1833, après un __. cs années/à svt Neuve.
Dürent ‘cet intervalle, on n'avait construit que quatre églisès; aucüne école n'avait été fondée potr l’éducation de la classe pauvre. Jusqu'à l’époque où fut établi le vicariat-apostolique, les Catholiques n'ayant aucun local pour l'exercice du cülte, plusieurs s'étaient laïbsé entraîner dans les temples protestants, et l’habitude d’aller prier avec les sectaires prévalut tellement chez eux, qu’elle résista lonigtémps au zèle et à la piété des vicaires-apostoliques. TIs eurent à lutter contre tous les vices, dans un pays où lé lien conjugal avait perdu sa sainteté. Chose étonnante! c'était souvent un pêcheur sorti de la lie du peuple qui accomplissait une sorte de cérémonie de mariage, et, à son défaut, une vieille femme qui, se croyant sths doute moins autorisée, avertissait les époux que #a bénédiction perdrait son efficacité lorsque le curé:viendrait à passer. Aussi le sacrement de rhariage était-il tombé en désuétude, et le peuplé crotipissait dans une si grande ignoranoe, qu'on & vu des vieillards se vanter ensuite-d’appartenir à l'Église, quoiqu älsn ‘eussent' ‘pas même reçu le baptême.
Tel était l’état dés missions de Terre-Neuve, lorique, én 1829, Michael Fleming, évêque de Carpasia, succéda à Thomas Scallan, dont il était coadjuteur depuis huit ans. La connaissance qu'il avait acquise de son diocèse durant oet espace de tenips lui permit d'y introduire de sages réformes. Il le divisa sucéessive-
DE CASA TE iment en treize districts, construisit des églises, des : em sn
qu'il en souffrit toujours, il n'en redo périls ni les incommodités pour aller chercher en Europe des secours ou des auxiliaires de 8on apostolat. L'île de Terre-Neuve est de construction granitique, comme celle du Cap-Breton; ses côtes, formées par des rochers, sont également rugueuses et déchiquetées par l'action des vagues, et couvertes de rescifs à fleur d’eau; elles offrent néanmoins un grand nombre de ports favorables aux nombreux bateaux pêcheurs qui y abordent detoutes parts, la pêche de la morue étant son principal commerce, De hautes montagnes couvertes de forêts paraissent couvrir tout doter, gi n'est
disséminés dans es villages et les villes, bâties n non loin des ‘ports : le principale est Saint- John-de-Terre- Neuve. Cette ville, qui est aujourd’hui la capitale de l'île, est remarquable par ses fortifications’ét son port, où ilse fait, durant la saison de ls pêche, un commerce considérable. Les vicaires-apostoliques y avaient fixé eur séjour, et en avaient fait le siége du vicariat. En 41834, la cathédrale de cette ville n’était encore qu’une misérable église de bois, incapable de contenir dans son enceinte la pieuse population, qui désirait assister au ‘saint sacrifice etentendre la parole de Dieu 1e dimanche
et les fêtes. Un: vaste terrain sans valeur se transit près de la ville; ilappartenaitau gouvernemert. L’évéque Fleming lui adressa une supplique pour:en obtenir le propriété ; et conçut le dessein d'ybâtir uneigrande et bélle cathédrale, un monastère pour les :
qui se destinaient à l'éducation des j semi les, des écoles, et une résidence épiscopale.
\ 18e pétition fut bien reçue; mais il était à Mans
.4837, lorsqu'il apprit J'heurèuse nouvelle que le gouvernement Jui avait accordé sa demande. Il partit aussitôt, et traversa de: nouveau l'Océan pour: retourner dans son diocèse. Le jour où le navire qui-le portait jeta l'ancre dans la rade, le bruit de son arrivée se répandit promptement dans la ville. Une barque élégemment pavoisée et surmontée du signe auguste: du salut s’élança vers son navire, et upe:députation composée des jeunes-gens les plus distingués: vint recevoir son pasteur chéri et l’amener en triomphe au rivage. Leclergé, la population presque entière, l’y. attendaient avec les corporations diverses, qui. lui adressèrent leurs félicitations; et la chambre des représentants du pays, assemblée :en ce moment, ajournant aussitôt: la séance, -vint-en corps le complimenter sur son sucéès:et son heureux retour. Environné de cé-brillant-cortége, l’évêque se dirigea vers son église ; mais il n’avait.encore fait que quelques pas lorsqu'il vit s’avancer à. sa rencontre une procession de jeunes filles vêtues de blanc, que conduisaient les religieuses du couvent de la Présentation, fondé à Saint-John depuis.trois ans; à leur
DU.CANADA - +248 tête flottait une riche bannière, offrant la Croix brodée: ‘en or, couronnée de fleurs. Le:cortége et la procession à son : Soupe heureux mc de toutes ses : démar ches. af
ab tésinbii rnbgibions a nés nie.
rent toutefois les moyens d’entraver encore les desseins de l’évêque Fleming, et il fallut qu’il traversât de nouveau l'Océan pour aller solliciter à Londres l'exécution de la promesse qui-lui avait été faite. Sa démarche obtint-un plein succès. Secondé par la population presque entière de Saint-John, qui rivalisait de ‘zèle à transporter'les pierres. énormes qui devaient servir aux fondations du nouvel édifice, l'évêque posa la: première pierre de sa cthédrale, dans: le ‘courant: de l'été de l’année 18414. Cemonument, conçu:sur un plan magnifique, d’après les-règles de l'architecture gothique, est aujourd’hui terminé. Telle a été, me racontait le docteur Fleming lui-même ‘, la générosité et la munificence du peuple irlandais, ‘dont ik avait demandé les secours; que sa cathédrale, sans avoir coûté beaucoup à son troupeau, se trouve:être une des plus belles et des plus grandes églises de l Amérique Septentrionale. Pla- " dans une situation. NB ve P » en + J'ai eu le bonheur de faire avec Mir Fleming la traversée de l'Océan, au mois d'août 4845, sur le paquebot à vapeur Caledonia, allant à Boston. J'ai entendu de la bouche de ce prélat une foule de détails intéressants sur l'état du: son dio-
cèse. Le D" Fleming … quitta en face de Tirre-Neuve, s'étant embarqué dans un bateau pêcheur, qui le transporta à Saint-John, le samedi 30 août 4845.
de port, l'Océan, une vaste étendue de pays. La Croix, arborée sur ses hauteurs stériles, consolera les regards des pauvres habitants de ces contrées; elle apparaîtra -comme un phare de salut aux voyageurs qui passeront le long de ces côtes, annoncera taux mavigateuts européens la puissance de la foi dans l’île qu'ils viennent visiter, et leur rappellera l’inépuisable charité qui anime le eontinent bienfaiteur d’où ils sont venus. F ae Vs:
En terminent ici les renseignements que nous avons pu recueillir sur Terre-Neuve, nous ajouterons que la ville de Saint-John contient au-delà de douze mille Cs- ‘habitanta. Le reste de l’île est dans la même proportion, et le recensement fait en 1832 par le colonel. Bouchette Imi donnait au-delà de soixante-quinse mille âmes. Nous ne-comptons pas dans cette évaluation une population flottante de douze à quinze mille Français, répandus sur la côte de Terre-Neuve et sur les îles de Saint-Pierre et de Miquelon : ces deux îles appartienneht à la France, mais sont au spirituel sous la juridiction de l’évêque de la Martinique. En 1846, lenombre des prêtres employés dans l’île de Terre-Neuve-était de vingt-trois ‘. M£° Fleming se disposait alors à ‘envoyer déux mi-sionnaires aux Esquimaux de la côte glacée du Labrador, qui jusqu’à cette époque n'avaient pu obtenir d’autres notions sur le Christianisme que les ins-
1 Alienach:de Québec:pour l'année 4846.
DU CANADA 215 tructions faussées et pa TER données par les frères Moraves.
(Ces sectaires avaient depuis déjà glésionts athée des établissements sur les tristes rivages du Labredot, etnous joignons ici les renseignetnients que nous avons puisés à ot égard dans une source protestante. Leur
principale station était à Naïn, sur a côte septentrionale, où le consistoire général des frères Moraves envoie tous les ans un navire chargé de provisions, ee. A Naïn il y avait quatre frères appelés missionnaires; à Okkak trois, à Hébron cinq, et à Hopedale quatre aubrador était de vingt-neuf, et celui des Esquimaux convertis au protestantisme pouvait être éh 4837 de huit cent quatre-vingt-quinze, dont trois eent vingt partit pute à la cèné, d'après leurs’ éalouls savoir si depuis 1ors Ms' Fleming avait mis-à édition: le deskein d'énvoyer des missionhaires pour éclairer des véritables lumières de l’Évengile cette portion si dégradée de l'espèce hurhairie. En 1834, le pape Pie IX, glorieusement régnant, érigea da ville de Saint-John de Terre-Neuve :én évêché titulaire pour Mer Fleming. Ce prélat vertueux mourut il ya deux ans environ, ét depuis lots le D' Murdock lui a succédé dahs le siège de Saint-John, qui'est sur le point d’être élevé au rang de métropole; Terre-Neuve serait alors partagée ‘en quatre ‘évêchés. C'est ainsi qu'en
M smpgag Martins British Colonies, Now-Foundland, Labrador