CHAPITRE XXX
DEPUIS L'ÉRECTION DE L'ÉVÊCHÉ DE MONTRÉAL, EN 4836, susqu'a L'ÉTABLISSEMENT DES PÈRES OBLATS EN CANADA, EN 4841.
Caractère de M. Lartigue, évêque de Telmesse. 31 veut renoncer à l" marches du clergé canadien prés du gouvernement pour obtenir son l'érection du siége futur de Montréal. George Mouptain lordréel. Mort d'Antoins Teboesu, ea d& nou ” Telesse.
Montréel à l’ Saint-Denis. à eu on. Mort de l'évêque Lartigue Mgr sé
Bourget, évâque de Montréal. Insiwtion du chapitre canpnial
Glorieuses entreprises de Me” Bourget. dia id F4 orbin- Janeon, évêque de Nepcyietde Toni, en Canada. Ses suoods LES croix de Saint-Hilaire de Rouville. L'évêque de Montréal annqnoe à son djoen pi tacite cle rnetgreumalt
Nous avons laissé le distriot de Montréal su moment où l'évêque de Telmesse venait de prendre possession dela dathédrale que lui avaient-bâtie sas concitoyens. Nous l'avons laissé au moment critique.où .unË partie du clergé qu’il était chargé d’administrer , loin de se soumettre avec docilité à la houlette pastorale qui venait remplacer celle de Plessis, profitait de la fausse position qu’il avait prise en se compromettant avec le séminaire de Saint-Sulpice, pour refuser toute obéissance à M. Lartigue en luicontestant la juridiction incertaine qu’il voulait établir comme évêque auxiliaire suffragant de Québec. Avec un caractère droit et un es-
336, susqu’a en 4841.
prale qui ve la fausse pont avec le sé-
e obéissance iction incer-
iliaire sufoit et un es-
DU CANADA 223 prit ferme, mais trop inflexible parfois, et qu’il ne sut pas, comme l'archevêque Plessis, tempérer au besoin, l'évêque de Telmesse eut du moins le courage nécessaire pour soutenir les luttes pénibles:qu’une première imprudence lui suscita au commencement de son épiscopat. 11 était d’une santé frêle et délicate, et ses amis avouent eux-mêmes qu'il mêla quelquefois l'irritation de la maladie ‘ dans les mesures qu’il prenait pour défendre ce qu’il crut avec trop d’obstination être son droit, dans certaines circonstances. On lui doit cependant cette justice que, s’il outrepassa plus d'une fois les bornes d’une sage résistance à l'opposition qu'on lui faisait, ce ne fut ni l'intérêt personnel ni l'ambition qui le poussèrent à ces extrémités, mais une connaissance trop. peu approfondie des règles. canoniques. | Il faut convenir aussi que, si la résistance fut violente depart et d'autre, ce n’est pas à M. Lartigue qu'on doit reprocher l’anomalie d’une situation dont les prérogatives étaient incertaines, les droits douteux, et précaires ; et que la faute principale devait en reve. nir à celui qui avait cru pouvoir ainsi jeter les basea-de l'épiscopat à Montréal. Quant au clergé, on ne peut lireprocher tout au plus que d’avoir. mis, dens,cette querelle une animosité inconvenante pour la personne d'un prélat respectable après tout,.et par.ses qualités, et par la dignité dont il était revêtu; mais on doit tou-
| Aélanges religions de Montréal (30 avril 4844). Biographie deM. Lartigue.
jours remarquer que, si M. Lartigue dut souffrir de tous ces débats, et si la charité sacerdotale s’en trouva souvent blessée, la résistance des curés du district de Montréal était après tout.une défense ardenteetration-
nelle du principe de l'intégrité épiscopale, et que cette
résistance n'aurait jamais été soulevée si ce principe avait été respecté, et si M. Lartigue avait été dès le commencement canoniquement élu dés titulaire de Montréal.
À la vue de cette cui, dont il se plaigiait si amèrement, l’évêque de Telmesse demanda à deux reprises à Rome d’accepter sa démission; il s’écriait douloureusement comme le prophète Jonas, dont.il emprutitait les paroles avec saint Grégoire de: Nazianze : « Si c’est à cause de moi que.cette tempête s’est soulevée, jetez-moi à la mer. » Mais Rome n’agréa pas les vœux de M. Lartigue : elle avait trop de sagesse pour ne pas voir que ce n’était pas tant à la personne de ce prélat qu'on en voulait qu'à l’évêque auxilisire suffragant de Québec, dont la charge ne pouvait que difficilement se consolider d’une manière ca- ‘nonique, et qu’en changeant la personne, la situstion n’en demeurait pas moins-toujours la même. Elle attendit prudemment que le clergé et l'évêque du district de Montréal reconnussent eux-mêmes la cause vé. ritable de leurs dissensions, eten demandassent le remède.
Le clergé des deux districts de Québec et de Montréal s’unit effectivement dans l'intention de mettre
t souffrir de > s'en trouva u district de nteetrationet que cette ce principe it été dès le que titulaire
se plaignait nanda à deux 5 il s'écriait onas, dont:il goire de Natempête s'est ne n’agréa pas
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narge ne pou: ,
ne imanière ca- 11 ne, la. situala même. Elle vêque du dises la cause véndassent le re-
ic et de Montion de mettre
un terme à cette discorde déplorable : pour éloigner tous les obstacles, on s’adressa d’abord au gouverne-
ment britannique en le priant de reconnaître civile-
ment la personne de l’évêque et l'évêché de Montréal. Le cabinet, qui pressentait les désordres politiques dont le Canada ne tarda pas d’être encore une fois le théâtre, et qui, dans de pareilles circonstances , ne voyait d'autre moyen de maintenir la paix et la fidélité dans les campagnes que par l'attitude du clergé, sentit parfaitement qu’il ne pouvait empêcher la reconnaissance civile du nouvel évêque. Mais, pour sauver l’honneur
de la primauté de l’église établie, il s'empressa d'éri-
ger à Montréal un. nouvel évêché anglican, sous la haute suprématie de l’archevêque de Cantorbéry , auquel il nomma Georges Mountain, fils du premier lordévêque de Québec.
Pendant que ces choses se passaient, la Providence, voulant ménager ‘une nouvelle épreuve à l'évêque de Telmesse, lui enleva, par une mort inattendue, en 1835, Antoine Tabeau , que le Saint-Siége, à sa demande, venait de lui donner pour coadjuteur. Mais, en le privant de cette consolation, le Ciel lui en préparait une plus grande en lui ouvrant les voies à un accommodement avec tout le clergé, et en faisant cesser tous les troubles que son installation comme évêque auxiliaire avait causés. L'évêque et le clergé de Québec avaient adressé au Saint-Siége la demande formelle de l'érection de l'évêché de Montréal. La Propagande nr : di quelque temps; mais enfin, sur les
226 HISTOIRE pressantes supplications qui lui furent adressées pour cet objet, elle fit droit à leur demande. Par une bulle du 13 mai4836, le pape Grégoire XVI constitue ca. noniquement le siége de Montréal en faveur de M. Lartigue; ët,comme:on devait s’yattendre. ce moment fut celui d’uneréeonciliation avec tous les membres du cler. gé qui avaient jusque-là refusé de se soumettre à l’antorité précaire du suffragant auxiliaire ‘du district. Une fête solennelle fut préparée à Saint-Sulpice pour l'entrée de l’évêque de Montréal dans la paroissiale de Notre-Dame;:ét M. l'abbé Quiblier , supérieur de cette communauté. qui, depuis plusieurs années, la dirigeait avec autant de dignité que de sagesse, vint complimen. ter le prélat ‘sous le porche de l’église, ét lui offrit, comme gage de réconciliation ét'd’obéissance, un pré. sent magnifique au nom du séminaire. :
L'année suivante, M. Ignace Bourget, secrétaire de l'évêque, ayant été préserité an Saint-Siége avec prière de l’agréer pour:coudjuteur de Montréal, en remplecetient de M. ‘Tabéu., Ifut -eanoniquement institué sous le titre d'évêque de Télmesse (10 mars 4837).
Mais, pendant que l'Église Catholique poursuivait ainsi $a marche dans le Canada, eette:colonie, après avoir progressé matériellement dans ‘une :proportion étonnante sotis la domination britannique, «et joui depuis vingt'ans d'une paixprofonde, se trouvait'entrainée dans de nouveaux troubles politiques, causés moins
peut-être par l’impopularité du gouvernement que par les déclamations de Papineau et de quelques autres pré-
*ensées pour rune bulle onstitua :caride M. Larnomént fut bres du clernéttré à l’audu district.
Bilpioe pour paroissiale de rieur de cette s,la dirigeait it complinenét lui offrit, jance, ‘un pré-
, secrétaire de ge avec prière ., én remplamerit institué nars 1837).
je poursuivait colonie, après ne iproportion ue, ‘et joui derouvait'entrai D. causés moins tement que par ag autres pré
DU CANADA 227 tendus libéraux, qui n'espiraient qu'à Ja dictature. Le firadical, composé, comme dans la plupart des États de l’Europe, d'avocats turbulents et ambitieux, avait obtenu des whigs, alors au pouvoir, des concessions dont l'étenGue ne surpassait que trop leurs propres espérances. Papineau, ridicule imitateur 4’0'Oonnel, dont il n'avait ni la foi ni le génie, était à la tête de ce parti avec Viger, son parent, etlerépublicain Debartzech,qui savait à la fois flatter.les hommes du gouvernement et garder la position qu'il avait prise parmi les déclamateurs du jour. Enflés de leurs succès, ils ne mixent bientôt plus de bornes à leur ambition; excités. d'un côté, par l’encens qu’ils recevaient des jourraux. de Paris et des États-Unis; de l'autre, parles menées. secrètes que les annexionnistes américains avaient pratiquées dans le Canada, ils commencèrent à se flatter non.plus seulement d'obtenir de nouvelles réforme: dans l'administration, mais encore de secouer le joug de la Grande- Bretagne et d'être les véritables chefs politiques de leurs pays. ‘Washington au petit pied, Papineau se voyait déjà président de le république canadienne. | Sir J ames Kempt, gouverneur-général des possessions britanniques depuis l’année 1828, et: lord Aylmer en 1830 , avaient inutilement travaillé à assurer la paix de la colonie, en introduisant un plus grand nombre de Franco-Canadiens dans le conseil législatif; lord Gosford, en 1835, avait fait d'inutiles eforts de son côté en se servant officiellement de la langue française et.en admettant familièrement à sa table les:avoonts
démocrates. Ce n’était pas là ce que voulaient Papi. neau et ses satellites. Que leur importait le bien-être de leurs compatriotes et l'honneur qu'on rendait à leur langue ? Aspiraient-ils à autre chose qu’au pouvoir et à la domination? Ce qu'ils voulaient, comme les radicaux de tous les pays et de toutes les époques, c'était la puissance, qu’ils prétendaient arracher des mains de la reine pour l'exercer à leur profit; c'était la dictature sur leurs frères, qu’ils berçaient, en attendant, de rêves creux et sonores portant pour nom liberté etindépendance.
Trop faibles cependant pour soutenir seuls leurs pré tentions, ils en appelèrent aux sentiments patriotiques des Canadiens. Ils réveillèrent les anciennes antipthies par leurs journaux et leurs placards incendiaires, firent valoir artificieusement toutes les injustices dont l'Angleterre s'était rendue coupable depuis soixante ans, et Papineau finit par proclamer que la contre bande était un devoir pour anéantir les revenus et pu. ralyser l’action de la métropole. C'était le moyen d'at tirer dans son parti la populace et les paysans des frontières.
Ce n'était pas cependant que les Canadiens n’eussent point de raisons légitimes de se plaindre du gouverne ment anglais. Il eût été impossible à FAphet et à ses satellites de réussir dans leur entreprise, s'ils n'avaient été secondés par les griefs de leurs compatriotes, actu mulés depuis tant d'années à la charge del’Angleterre;
et toute notre histoire, depuis l’époque de la cession du
ulaiènt Papile bien-être de endait à leur u pouvoir et à nme les radipoques, c'était r des mains de était la dicta- \ attendant, de m liberté et in-
seuls leurs pré:
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Canada, n'offre qu’une suite d’injustices d’une part, et de souffrances de l’autre. Sans doute il ÿ avait eu des réformes, et la Grande-Bretagne s'était relâchée peuràpeu de sa dureté à l'égard des Catholiques. Mais combien d'autres réformes demandées, surtout depuis l’edministration de sir John Craig, avaient été refusées; combien d’iniquités avaient été commises par les agents de la couronne, et de malversations dans la perception des deniers de la colonie; combien d'intérêts méprisés pour la satisfaction de quelques viles créatures du gouvernement ! En 1829, la législature avait passé plu: sieurs bills pour l'éducation de la jeunesse ; à la grande joie de toute la population canadienne, des milliers d’élèves avaient reçu une instruction gratuite, ‘lorsque tout-à-coup, en 1836, le conseil. exécutif ayant refusé de renouveler l’acte qui avait autorisé l'établissement des écoles, seize cents maisons se fermèrent, et plus de quarante mille élèves se trou vèrent PEPA des bienfaits de l'éducation ‘.
C'est appuyé sur ces actes impolitiques « que » Papi. neau continuait d’agiter les pop'ilations. Lord Gosford, effrayé des proportions que p:enait l'opposition déjà changée en révolte ouverte, e1 avait appelé, ainsi que ses prédécesseurs, aux sentiments de loyauté du clergé catholique. Les évêques de Québec et de Montréal vinrent à son secours; ils p'ndrmmerent à leurs ouailles
! C'est cependan gouvernements de donner de l'instruction aux peuples, qui faisait de si belle choses! Lord Durham le lui reproche durement dans son Rapport, en faisant con naître que l’Église Catholique seule ouvrait des écoles gratuites dans le Canada.
t ce même gouvernement anglais, qui prêche tant aux autre
avec cette liberté paternelle qui avait toujonrt-si' bien
réussi à leurs prédécesseurs ; ils leur montrèrent le mal qu’il ÿ avait à péralyser l’action légitime du gottvérne. ménit ét inirent 14 contrebande au bat de l'Église, Maïs Papineau ét les siens ne connaissaient pas plus son aütorité qué celle delà reine ; leur ambition ef léur intérét étaient letir unique religion, et pour’ la première fhis'les Chsidiens, égarés, ‘demieirérent sa ie de leurs pastétrs.
Lord Goëford se vit amené à & nouvelles codes. siotis politiqués : ellés ne sufirent point. Les re belles: dévéhañént chaque jour plus nôrbréux et plun menagaïité:; bientôt ils prirent les vies, ét contrat: gnirent'les magisiréts ét Tes officiérs qui teriaient leurs brevets du gotivérnement britamtique à déclarer sut l'honneur qu'il né prendraient plus désormais de ser. vice pour’ métropole. Lé Cannds ne tarde pas à être tout en feu. Dans Pété de lanriés 1437, dés émientes
. se succédèrent dans les villes les plus itiportäntes. Québéc, où se trotvnit 16 gouvernéur-gétiérl ; quai. qué agité, se sôtitiut grâte à Fattitudé du elergé. Montréal fut livré tout entier aux mains dé l'insur. réction. Pots là prémière fois les Canadiens se las: sèrerit eiportet à l'efférvescence de leurs passions. Exaépérés paf 18 tableau affreux qu'on leu triçait dés injusticés dé leurs maîtres, les paysätis #6 soulé: vèrent à leur tour dans les campagnes de ce district.
, La haine du niora Anglais, longtemps assoupie, s'éveilla
tont-à-coup, et ils sentirent battre le sang: français
art si bien érent le mal lu gotivérnede l'Église.
ent pas plus ition ef léur la première
des cohcesint: Les re néux et plus y, ét: cbritrai:
DU CANADA 231 dans leurs.cœurs, comme si-un jour à pese les eût sé-
parés de l'époque de la conquête. |
Pour la troisième fois l'Angleserre, se crut sur le. point de perdre sa colonie; Des, engagements meurtriers.avaient eu lieu entre:les rebelles et: les troupes du gouvernement -où: celles-ci avaient été. battues. Lord. Gosford, épouvanté des suites de la révolution, s'était embarqué, vers la fin de l’année, et; était, allé tracer. au, cabinet l’état déplorable: de: :8e8. possessions septentrionales. Lord Duxham le remplage, et partit: avec. des troupes poux étouffer l'insurrection triomphante. Pendant une partie. de. lannéa suivante, le district de Montréal fut le théâtre de tous les excès inséparables de la guerre civile. Le Grande- Bretagne. déploya toutes ses forces ;: et. une: armée formidable, par le nombre et la discipline ravagea les belles campagnes du Canada, Les villages insurgés furent saccagés par le.fer et par le feu; rien de ce qui paraissait appartenir aux révoltés ne fut épargné. Des rencontres meurtrières eurent. lieu , qui plus d’une:fois menacèrent d'anéantir ls puissance de la Grande - Bretagne, Au milieu de ces bouleversements malheureux, les évêques de Québec et de Montréal ne firent que trop, il faut le dire, le devoir imposé à des. sujets fidèles et, loyaux ; mais ils se souvinrent trop peu aussi, dans ces, moments terribles, que, s'ils étaient les sujets de l’Angleterre, ils étaient avant tout les concitoyens et les frères, les pasteurs.et les pères des infortunés qu'éga-
raient une poignée d'ambitieux ; et nous ne pouvons que déplorer, avec une partie du clergé canadien luimême, l'extrême rigueur dont l’évêque de Montréal usa dans ses mañdements à l'égard des insurgés. Au lieu de les rappeler à là raison par la douceur, il excommunis tous ceux qui seraient pris les armes à la main. Il comprit bientôt, mais trop tard, qu'ilaurait dû s'en tenir au simple rôle de pasteur, sans distinction de partis. Dans l'exaspération que son mandement n'avait fait qu'accroître, ses jours furent menacés par une foule émeutée dans les rues de Montréal, où l’on ne distinguait ni protestants ni catholiques, mais où la passion aveugle seule commandaît, et il fut obligé dé'céder momentanément à l’orage, en quittant sa ville épiscopale pour mettre sa vieà l’abri du danger.
La dernière et la plus sanglante artion de cette triste campagne fut celle qu’on appela depuis la bataille dé Saint-Denis, qui fut livrée près du village de ‘e nom, par les insurgés, contre les troupes de l’Angleterre. Ce fut aussi la plus funeste pour les Canadiens. Leurs plus braves paysans, hommes au cœur droit, aux intentions pures , mais égarés par Papineau, quiles commandait, donnèrent des exemples d'un courage héroïque, au nom d’une libertéillusoire. Mais cet homme, qui avait su les conduire à l'insurrection, leur marqua au plus chaud de l’action. Il eut peur, et disparut du champ de bataille quand ils pouvaient en être les maîtres.
Abandonnés des lâches qui comptaient profiter du
le pouvons nadien lui- > Montréal surgés. Au louceur , il es armes à qu'ilauraït ans distincson manderent menae‘Montréal, catholiques, ait, et il fut ‘en quittant i du danger.
on de cette epuis'la bavillage de |! es de l’Anles Cananes au cœur as vin es dim couire. Mais cet ec ion, leur peur, et dis-
ouvaient en
profiter du
sang qu'ils avaient versé, les combattants se firent tuer en désordre, et leurs débris ne prirent la fuite que lorsque toute résistance fut devenue impossible. Les soldats anglais en firent une affreuse boucherie. Jsentrèrent ensuite dans le village de Saint-Denis, le dévastèrent par le fer et l’incendie, et ne se retirèrent que lorsqu'il n’y eut plus que des cendres et des cadavres.
Après ces scènes funèbres, ils continuèrent is temps encore à ravager les propriétés des vaincus, et cette explosion funeste finit bientôt par être entièrement étouffée par les baïonnettes britanniques. Un grand nombre de ceux qui avaient pris les armes à la voix de l’ambitieux Papineau avaient été condamnés à mort, d’autres à une prison rigoureuse ou à l'exil. Les malheureux Cauadiens expièrent ainsi cruellement leur révolte. On re peut que plaindre leurs infortunes, et l'Angleterre seule peut revendiquer le droit de les couiamner. Quant à ceux qui avaient fomenté l’insurrection par leurs discours incendiaires, ils trouvèrent moyen d'obtenir leur grâce, ou bien allèrent étaler à l'étranger leur désertion s-18 les couleurs d’un patriotisme malheureux. Papineau était de ce nombre. Il s'était sauyé un des premiers sur la frontière américaine. [1 se rendit ensuite en France. Quelques années plus tard , il se crüt trop heureux de demander sa grâce et de l'obtenir de la reine d'Angleterre, à laquelle il avait eu la prétention de succéder en qualité de chef
de la république canadienne.