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| DU CANADA 287 à Belleville, bourg chartiant situé sur la baie de Quinté, ne sur le lac
Ontario.
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cessé de nouveaux besoins. Pour y subvenir plus aisément, le‘diocèse de Kingston fut divisé. Le partie la plus occidentale fut érigée en évêché pa r, le 17 décembre 1844, et Rome en conféra e titre à Michnel Power, pra village de la Prairie près de Montréal. Le nouveau prélat fut autorisé À désigner lui-même les limités de som nouveau diocèse, ét à prendre son titre épiscopal de la ville 6ù il croirait pouvoir établir le plus Peter 11 fut sacré,le 8 mai suivañt, dans l’églisé de la Prairie, par l'évêque de Kingston, assisté dans cétte circonstance solennelle par celui dé Montréal et M. Turgeon, coadjuteur de Québec. I fixa le même jour les limites de son église, et prit le titré d’évêque de Torontd, du nom de cette ville, à qui ôn avait donné le titre de capitale du Haut-Canada. Toronto était le nom indien d’un village qui avait reçu anciennement des Anglais le nom d'York. C'était alors déjà üne jolie ville, dâns ane situation délicitrise sur lélac Ontario, qui en cet endroit forine uhe radé magtifique: fortifié par uné forteresse et bon état. Quélques années à peine s'étaient ééoulées depuis que Toronto n’était qu'un désert océipé pr un petit non:
bre de huttes sauvages, et maintenant elle possédait
tous les édifices qui sont du ressort d’un gouvernement,
et plusieurs tempies, chaque secte ayant le sien hs côté de l’église des Catholiques !.
Ce fut l'évêque Power qui rendit les missions du Haut-Canada aux pères de la Compagnie de Jésus. Nous avons dit que le premier poste'où ils se fixèrent fut l’ancienne Assomption, dans la petite ville de Sandwich, vis-à-vis de Détroit. L'ile Walpole, qui ressemble à un oasis de verdure sur les eaux du détroit, à l'entrée du lac Saint-Clair, fut l'endroit qu’ils choisirent pour leur première mission. Cette île n’avait d’autres habitants que des Indiens, mélange de diverses tribus, mais qu’unissait un esprit de nationalité dont on trouve rarement des exemples. Seuls ils se glorifiaient parmi les autres Peaux - Rouges d'être restés fidèles aux coutumes de leurs ancêtres. Ennemis, par conséquent de tout ce qui pouvait avoir l’apparence du, Christianisme, ils nourrissaient et fortifiaient par l'habitude des pratiques mystérieuses de l'antique jonglerie américaine leur éloignerffent pour la prière et la civilisation chrétienne. Les missionnaires y furent,
ainsi que dans les commencements de leur apostolat |
dans le Canada, deux siècles auparavant, exposés à de rudes épreuves ; mais Diéu cependant ne les laissa pas sans consolations.
À vingt-cinq milles de Walpole, à l’endroit où les eaux du lac Huron se précipitent dans la rivière Saint- Clair, les méthodistes avaient établi une station ap-
| Toronto ayait en 4835 une population de 10,000 habitants.
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DU CANADA 289 pelée Port-Sarnia sur une réserve indienne où chaque année ils viennent renouveler les hurlements.et les | convulsions de leur c=mp-mecting. Ce fut néanmoins en..ce lieu qué Dieu préparait un troupeau aux’ missionnaires de Walpole, qui ne tarda pas à leur donner des preuves de sa ferveur. De Port-Sarnia à la grande île Manitouline:la distance est d'environ deux cents milles. Les Jésuites y trouvèrent, en y débarquant, une population de près de douze cents Sauvages, établis dans cinq villages différents. L'un d'eux avait des cabanes bien bâties, une belle église, une école et des ateliers, où l’église d'Angleterre avait réuni tous ceux qu’elle avait-attirés dans ‘son sein. Ces convertis-du protestantisme ne montaïent cependant qu’à centsoixante, quoique la secte dénnât' régulièrement une habitation gratuite et d’autres gratifications à ceux qui consentaient à se faire protestants.
Les Catholiques, au nombre de sept cents, ne recevaient rien, et ils augmentaient tous les ours. La grande île Manitouline était -admirablement située pour recevoir leé-Indiens. Vaste, riche, et fertile, on pouvait la considérer dès lors comme la terre promise future où le Seigneur: se disposait à appeler les restes dispersés des tribus algonquines‘. Leurs longues infortunes et leur fidélité avaient fait monter vers le Ciel un cri de détresse qui avait touché le cœur de Dieu. Que
‘ La langue sigonquine était la langue commune des Hurons, des Ottawas, et de la plupart des anciennes nations alliées de la France en Amérique au nord des grands
lacs; c'est de cette langue que ces peuplades prenaient également le nom commun d’Algonquins.
de changements s'étaient opérés dans les deux mondes depuis que les Jésuites avaient cherché à fonder leur première mission dans l'ile Manitouline, en 4649, après le martyre sublime des Lallemand et des Brébeuft Maïs rien, depuis cette époque, n’avait changè dans l'ile sacrée des Wyandots. Ses rivages, ses forêts, ses rochers granitiques avaient conservé leur beauté primitive, et le race mystérieuse des grands lacs y a fixé dé nouveau son wigwam. Les steamers gigantesques des Etats-Unis, des navires de tout genre sillonnent les eaux du lac Huron, où ils ont remplacé les canots d’écorcé dé bouleau; mais c’est à peine si l’un d'eux aborde par intervalle aux rives dela Manitouline, Les Sauvages séuls continuent #'s’y transporter dans leurs barques et leurs canots, creusés dans un tronc d'arbre, comme au temps du père Daniel. |
Au mois de juillet, épèque des présents, on voit ces canots ärriver par centaines de tous côtés, mais principalement du lac Supérieur. Les tentes, les huttes de jones et dé branchages s'élèvent rapidement, et l'on voit se dresser des camps autour des baies pittoresques dé l’île Manitouline. On voit bien çà et là des hommes et des choses qui annoncent ln civilisation, mais dont la présence même est un contraste. Le grand spectacle, c'est la vie sauvage en temps de paix et dans ses jours solennels. Alors la Robe Noire peut, comme il lui plaît, se promener autour de ces camps, entrer dans les cabanes, prendre place sur la natte du chef; le missionnaire peut causer, précher, se faire tout à
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“# CANADA 294 tous, sauvage mêr Jür gagner les Sauvages. Une chose néanmoins lui manque : le temps; car, aussitôt qué la distribution des présents est finie, cette foule se dispérsé. On conçoit cependant les heureux résultats que le ministère sacré pourrait obtenir dans une réunion si nombreuse !. ie
Lorsque les J ésuites eurent pris Ponte de Sand: wich, le père Choné fut le premier qu’on chargez de visiter l’île Manitouline. 11 s'y trouva ayec l'abbé Proulx, qui depuis plusieurs années n'avait cessé de travailler parmi les Indiens de cette ile, mais qui ménquait de collaborateurs dans ses travaux évangéliques. Le Seigneur né tarda pas À lui en envoyer
dans la pérsonne du père Hannipeaux, qui fixa son
séjour au village de Sainte-Croix de Manitouliné, le: quel devint en peu dé témps le centre dés missions du lac Huron. En même temps l'évêque de Détroit, d'accord avec celui de Toronto, appelait les Jésuites au Sault-Sainte-Marie, et leur montrait du doigt les vastes régions qui s'étendent au-delà du lac Supérieur. « Mais déjà, dit un missionnaire ?, quand sur les bords du lac Saint-Clair, l’année dernière, nous dressions notre tente, déjà nous songions à la transporter sur le rivage de quelques-unes des baies du plus grand lac du globe, en face de cette immensité de forêts, de prairies, et de lacs, qui s'étend jusqu'aux Montagnes-Rocheuses.
! Annales de la Propagation de la Foi, lettre du P. Chazelle, avril 4845. ? Id, ibid.
» Cette pensée, ce désir, continue le même missionnaire, tiennent au fond même de notre entreprise, et sont impérieusement commandés par les circonstances ; car lesnations indiennes les mieux conservées, les plus nombreuses, sont répandues dans ces immenses territoires de l’ouest qui touche au lac Supérieur. La plupart n *ont jamais eu de missionnaires catholiques, et depuis assez longtemps elles sont visitées par des prédicateurs mé. thodistes. Quand on s'arrête à cette pensée, il n’est pas besoin d’avoir beaucoup de zèle pour sentir ses entrailles émues. Je dirai encore une chose : ces Sauvages tels que nous les connaissons, depuis le lac Saint-Clair jusqu’au lac Supérieur, ont de quoi intéresser vivement quiconque;a quelques sentiments apostoliques, noï-seulement à cause de leurs grandes infortunes nationales, de leur misère privée, qui est quelquefois extrême, et de leur déplorable situatiôn aux yeux de la foi, mais encore par les qualités estimables qui se révèlent à côté de leurs défauts et de leurs tristes penchants, par l’inclination qu’ils manifestent pour le Catholicisme; et par l'autorité puissante, paternelle, divine, qu ils aiment à reconnaître dans la Robe Noire. » 4
Seule, en effet, l'Église Catholique, cette sage et tendre mère de tous les habitants du globe, peut donner à chaque peuple, comme à chaque individu, ce qu’il lui faut pour la vie présente et pour la vie à venir. Elle avait su rendre l’Indien fervent et heureux, en modifiant sa nature et ses habitudes, sans pour celaqu’il cessât d’être Sauvage. Moins, au contraire, il avait eu de rapports
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avec l'habitant des cités, plus: sa régénération avait été aisée et durable. C'est en vue de cette considération que la grande Manitouline paraissait offrir aux Jésuites un.refuge si assuré pour les Sauvages. Loin des gectes et des vices. des hommes civilisés, loin des marchands et surtout des vendeurs de boissons enivrantes, ils avaient, en se fixant dans cette île, l'espoir de recueillirun grand nombre de ces pauvres enfants des forêts, que poursuit depuis deux siècles, jusque dans leurs retraites les plus âpres et les plus éloignées, cette civilisation matérielle, fille du protestantisme, qui les a dispersés et anéantis. re
Si les travaux des premiers missionnaires du lac
“Huron étaient pénibles, ils en étaient amplement dé-
par les consolations que leur donnaient les
Sauvages. Le père ( Choné avait rejoint à son tour la mission de la grande Manitouline. Après lui vint le . père Nicolas Point ; ils avaient à eux seuls plus de vingt postes à à. visiter, soit dans cette île, soit sur le continent voisin. Quelques-unes de ces stations, qui renfermaient de cinquante à cent néophytes, étaient éloignées j jusqu’à trente lieues du village de Sainte-Croix, et le père Evint, quoique robuste et plein d'activité, s’estimait heureux de pouvoir une fois chaque année accorder quelques j jours à un certain nombre de ces stations chré-
tiennes ‘. La mission de l'île Sainte-Croix et celles de
l’Immaculée-Conception du lac Supérieur, du Sacré-
! Annales de la Propagation dela Foi, article Canada, année 1860.
Ceng A re re æ gen |
el Compagnie pt cm ; seulement repris les antiques missions de leurs pères, mais où ils en avaient encore ajouté un grand nombre ; d'autres. Bénis par Les secoûrs d'enhaut, ils 6 voyaient investis de la confiance de l'évêque de Toronto, qui les | appuyait de tout:son. ‘pouvoir, lorsque ce prélet suçcom-. . ba jout-h-coup à pue. toupie maladie
* Annales de le Propagaion de la Foi, article Camads, année 1850...
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DH «CANADA sos.
était jeune encore quand Dieu l'appela à lui, dans le cours de l'année 4848, Le. bien. immense que. les. Jésuites avaient opéré ergnges les Canadiens et le clergé
cesseur au prélat défunt un des enfants mêmes de sâint Ignace, malgré les statuts de leur ordre qui s'opposaient àoe qu'aucun d'eux fût élevé en: dignité. Le père Larkin, : ‘Anglais de naissance, aussi distingué par les qualités deson cœur que par 80 vertus et s08 connaissances, fut À pie NP arr
né de Toropto. Ms suppl humbleméri la Pro.
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