CHAPITRE XXXIIL
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: A sernienne Mid semaine de de à ne sera pas inutile de jeter un. coup d'œil rétrospectif ‘sur la situation que ls politique anglaise avait faite à “éétte colonie depuis la cession du traité de Paris, sur
les évènements que oette politique avait, amenés, et sur ceux qu’on re prévoir dans un avenir prochain. En France, où N Canada n'est, pour ainsi dire, connu que de nom, excepté d’un petit nombre de per-
sonnes, on se trompe généralement dans l’appréciation
que l’on fait de l’état des choses dans un pays si bien
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DU CANADA 297 connu de nos pères, et que l'on continue à juger d'après les anciennes relations du père Charlevoix, ou d’après de vagues notions, qui On Dose Ja peine à Gran l'Océan sans subir d'altéret
Les uns s'imaginent que à les Angiis, en devenant les maîtres du Canada, l'ont changé den en comble, et:le représentent comme une colonie toute britannique, * où 1s religion, les mœurs, et le langage de la première
patrie, n’ont laissé que peu de traces, qui tendent à
8 "effacer ie chaque jour. D'autres, ayant oui
rer enr de À dun 0 29 con triotes des bords de la Seine ou de la Loire. Sans contester qu'il n'y ait quelque chose de vrai dans ces deux hypothèses, nous pouvons assurer, à la suite des observations qu'un séjour prolongé nous a permis de faire dans cette partie des colonies britanniques, que les uns et les autres se trompent également sur l’ensemble de la situation, et qu'ils ont tout aussi besoin de réformer leurs idées à cet égard que ceux qui, moins instruits encore, s'imaginent que .le Canada est toujours comme au temps des Brébeuf et des Lallemand, où l’on ne pouvait sortir de l'enceinte de Québec sans courir le danger d'être saisi et dévoré par les Sauvages.
S’il est évident pour l'observateur que les Canadiens
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sont loin d’être anglifiés aujourd’hui, il faut convenir aussi qu'ils ont cessé depuis longtemps d’être français. Dans le Haut-Canada, province que l’on commençait à peine à coloniser à l'époque de la conquête britannique, Ÿ l'élément franco-canadieh n'entre que pour uhcinquième dans l’ensemble dé la population, composée principalement d’Irlandais, d’Anglais, et d'Anglo-. Américains. Cet ensemble offre naturellement une physionomie anglaise, mais à laquelle le voisinage des Etats-Unis et les habitudes d'une vie indépendante
avec les Américhins, auxquels, en css d'une i insurrection politique contre l'Angleterre, ils seront, comme ils l'ont êté féià une fois, tout les premiers à se joindre. Dans le Bas-Canada, au contraire, peuplé dès Porigine par Ja race franco-normande 20 one, et où il ne se trouve tout au plus qu'un quartd’origine anglaise ou irlandaise, l'élément français domine encore, surtout dans les campagnes fertiles qui bordent le Saint- Laurent. Dans les cités et les villes, il y a dans l'allure des Canadiens un je ne sais quoi qui leur est propre, qui n’est ni anglais, ni: français ; il y. a un. mélange d’antique simplicité et de politesse bourgeoise. de la vieille province de France et de la nature saxonne, en même temps que d'amour du confortable anglais, qui fait que les Canadiens ne ressemblent à personne, bien que leurs mœurs en général soient plus en rapport avec le caractère français qu'avec le caractère britannique. S'il était permis de prendre en France un point de com-