‹ Histoire du Canada, de son Église, et de ses missions [microforme]Chapitre 35 sur 55 · SAXONNE , EL · texte numérisé non relu

SAXONNE , EL

> anglais, qui ersonne, bien rapport avec

britannique.

point de com-

DU CANADA 299 paraison par rapport aux deux principiles villes du Bas-Canada, nous dirions que Québec a beaucoup de traits de ressemblance avec la hantewville de Boulogne-

surMer, et Montréal avec le partie bame où maritime |

de cette ville. À Montréal et: Québec, ainsi que dans la basse et la haute-ville de Boulogne, les mœurs anglaises se sont introduites et mêlées au caractère français, en amenant même dans la langue des mots et un phreséologie anglaise qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Cette observation ne laisse aneun doute surle travail

qui s'opère parmht les Canadiens et leur sesimilation |

aux usages des Anglais. On suit, parexemple, qué dans

-]n génération née dans les vingt prernières arinéés de ce

siècle, il n’ya qu'une légère minorité qui ait étudié les éléments de la langue anglaise; tandis que maintenant, d’après les rapports du commissaire de l'enquête sur l'éducation, il y'a dans Québec dix fois antant d'enfants franco-cunadiens qui apprennent l'anglais qu'il y a d’Anglais étudiant le français. La langue du gouvernement gagne donc évidemment du terrain, malgré l’aversion que les Canadiens ont montrée si longtemps et montrent encore si souvent aujourd’hui à l'apprendre ou à l’entendre parler. Ceci n°s rien qui puisse causer de l’étonnement , si l'on considère qu'il y a bientôt quatre-vingt-dix ans que le Bas-Canada est devenu colonie britannique, et qu’il n’avait alors qu’une population de soixante à soixante-dix mille habitants, au lieu qu’il y en a actuellement plus d’un million. Ce qui peut à juste titre nous étonner, c’est que, dans de telles cir-

300 HISTOIRE constances, le Canada soit demeuré encore si et que Position due: races n'ait pes eu lieu

DL creer ne RS Ra croissaient en population. :

a Dell lits) signets clastés pen de » vernement-anglais, à la proclamation de la paix, en » 1763, pour’ constituer les Canadas, dit à ce sujet » lord Durham ‘, et dans Ja commission, donnée au > gouvergenngénéral dela province-de Québeo, on re » connaît les indices certains de l'intention qu'avait » alors le ministère d'adopter le second.et le plus sage » des deux systèmes, celui de l'assimilation des deux » populations. Malheureusement la conquête du Ca- » nada fut presque aussitôt suivie. des troubles qui se » terminèrent avec l'indépendance des États-Unis. » Depuis cette période, la politique coloniale. paraît » avoir subi un changement complet. Prévenir un nou- » veau démembrement de, l'empire devint le premier » objet de nos hommes d'état; ils travaillèrent avec un » soin particulier, et par tous les moyens en leur pou- » voir, à empêcher le reste de nos colonies septentrio- » nales en Amérique de suivre l'exemple d’une révolte

* Rapport à la reine, eto.

s septentriod’une révolte

» heureuse. Le caractère national des Franco-Cana- » diens et leur ancienne hostilité contre le peuple de la

» -Nouvelle-Angieterre ne fevorisaient que trop la ligne » d'isolement où on voulait les retenir. Le séparation » des habitants des nouvelles colonies d'avec ceux des » colonies révoltées devint l’objet principal de la poli- » tique du gouvernement, et la nationalité franco-ca- » nadienne fut maintenue en conséquence comme la , dan ne nr » sins.

« D gititqnl Gi trans tetiitatque-sneuit » avoir été celle de diviser ses colonies pour régner sur » elles ‘,en les affaiblissant autant que possible, et » en les isolant en petites communautés incapables » des’unir et de possédér jamais une force suffisante » pour résister individuellement à l'empire. On trouve » des preuves de cette politique dans une foule d'actes » du gouvernement britannique relatifs aux colonies

» septentrionales de l'Amérique. En 1775, l’Angle- » terre envoya des instructions portant défense d’oc-

» troyer des terres dans la province de Québec, qui » comprenait alors le Haut et le Bas-Canada, au- » trement qu'en fefs et seigneuries, et en 1786 il » fut ordonné que les concessions de terres promises » aux officiers et soldats de l’armée coloniale et aux » réfugiés loyalistes ne seraient faites que suivant la » même tenure. Par suite de la même politique

! Divide et impera. Quel aveu dans lord Durham !

» on sépara les Franco-Canadiens des émigrants bri- » tanniques,-tout en faisant quelques efforts pour se » concilier les premiers en leur laissant leur langue, » leurs lois, et leurs institutions religieuses. (Ce n’était donc point d’éprès l'esprit de l'observation \des traités.)

» C'est danis ce dessein qu’en 1794 le Canada fut » divisé en deux provinces : on laissa aux Franco-Ca- » nadiens la partie habitée, et la portion encore in- » culte fut destinée à la colonisation britannique. » Ainsi, au lieu de profiter des moyens que donnaient » l’étendueet la nature de la province pour favoriser » l'introduction d’une population anglaise dans les » différentes parties du Canada, de manière à mettre » plus aisément les Franco-Canadiens dans le mino- » rité, le gouvernement constitun une majorité fran-

çaise etadimit, en Je raffrmissant, son caractère na- » tional. Si la politique plus sage de rendre la pro- » vince anglaise dans ses institutions eût été adoptée » dès le commencement, et qu'on y eût persévéré, les » Français auraient été en peu de temps surpassés en » nombre, et l’heureuse opération des institutions li- » bres (pasen matière dere]igion au moins !) de l’An- » gleterre n’aurait jamais été arrêtée par des rivalités » de races,

» Le gouvernement adopta non seulement la marche » peu sage de diviser le Canada et de tenir à part une > population françaiseavec des institutionsfrançaises, » mais il ne persévéra pas même d’une manière uni-

grants brits pour se ur langue, 3, (Ce n'évation ‘des

Canada fut Franco-Ca-

encore inritannique.

e donnaient ir favoriser se dans les re à mettre ns la minojorité franiractère naare la proété adoptée sévéré, les urpassés en titutions lis!) de l’Anles rivalités

ntla marche r à part une sfrançaises, nanière uni-

» forme dans la suite de ce plan : car il'prit vers le » même temps des mesures pour encourager Lémigra- » tion britannique dans la province qu'on. disait ré- » servée aux Français... Or, pour maintenif une po- » pulation et des institutions françaises en Canada » avec quelque chance de succès, on n’autait dû en » accorder l'entrée à aucune institution étrangère, » ni à des races rivales l’autorisation de s’y établir. » On ne peut s'empêcher de reconnaître que ces réflexions de lord Durham ne soient parfaitement justes quant à leur objet. Le gouvernement britannique avait commis une faute d'autant plus grande dans le commencement de sa domination, qu'en donnant aux Franco - Canadiens toutes les espérances et les moyens de conserver leur nationalité au milieu de l’envahissement de la race anglaise, il avait cherché d’un autre côté à mécontenter la population en l’humiliant dans sa religion, ct en excluant les Catholiques de presque tous les emplois administratifs et politiques. Pour suiplans antipathiques envers la race française et le Catholicisme, et faire du Canada une province véritablement britannique, le gouvernement anglais aurait voulu voir disparaître jusqu'aux dernières traces des mœurs, de la langue, ei de la religion des Canadiens, en les amalgamant forcément à la race anglosaxonne, et en établissant de force la suprématie de l'église anglicane sur les ruines de l'Église Catholique; mais la haine protestante dut se taire devant l'intérêt

de la conservation de la colonie, et si l'on voyait dans

le lointain le ag qui pourrait naltre dans ls suite de Pr nelle des à jee

Lise à svuc combien cette ris avait servi la do de Y nl époqt

sà reconnaissance à l'égard de la milice « et in du € … cahadiens. Mais depuis lrs es choses ont ch angé,et 1 danger que le gouvernement ritan:

soixante us, role dans un venir entre dk maïs qu’il se sentait forcé d'encourager sence pour éviter un péril actuel , a pris ajourdhui des proportions démesurées , et menace l’ kisténce de toutes les colonies angislies du nord de l’Am Après avoir vu soutenir leur nationalité par un poivoir étranger, les Canadiens, s'imaginant peut-être avec raison de nos jours qu'on voulait les effacer de leur propre pays, en crurent: pouvoir prendre euxmêmes la défense, et se soulevérent à la voix de quelques avocats ambitieux, qui prirent pour prétexte la violation de leurs droits constitutionnels.

Vaincus une première fois dans leur lutte avec le gouvernement dans l’insurrection prêchée à Montréal, en 4837 , ceux des Canadiens qui avaient alors révé

1 dre euxpix de quelprétexte la tte avec le

à Montréal, alors rêvé

DU CANADA 305 l’indépendance n'avaient pas pour cela renoncé à toute espérance. Après avoir étouffé la révolte, le gouvernement avait transporté dans cette ville l'admiristratidn coloniale avec le parlement. Cette translation ne devait être que provisoire. Mais en 4841 le Haut e Bas-Canada, séparés politiquement depuis 1794, ayant été réunis sous un ‘seul gouvernement et :me même législature, Montréal nage alors la véritable ——. de toute la colonie. : : :

La chambre d'ussemblée du Bas- Canada avait été jusqu'alors composée de quatre-vingt-huit représentants, nommés par les. quarante comtés ou sections qui divisaient criginairement. la province. En vertu du bill de 1841, ce nombre fut réduit, afin de rabaisser Y'influence de la population française. Le Bas-Canada ne compta plus que trente-six comtés , et au lieu de quatre-vingt-huit députés n’en nomma plus que quarante- deux. Le Haut-Canada, dont la population était en majorité d’origine britannique, mais bien inférieure en nombre, nommait tout autant de représentants. L'inégalité était flagrante, mais ce qui mit le comble à l’exaspération du Bas- Canada fut qu’on lui fit supporter, par suite de son annexion à l’autre province, la moitié de sa dette, qui montait à plus d’un million de livres sterling. Les deux races rivales, déjà en lutte dans le mouvement journalier des affaires, se trouvèrent désormais en face dans les brûlants débats du parlement, où elles s’envenimèrent plus que jamais. L’antagonisme exista Il 16.

306 HISTOIRE dès ren rh re PE RÉ M qu’à Québec. ss Lé loyalisme. céonèlét s'était brisé une ils

fois contre l'injustice britannique en 1837. L'administration de lurd Durham et de sir Charles Metcalf

n'apaisé point les resentiments de la population française. Dans l'espoir de la calmer, elle fit voter, en 1849, par le parlement de Montréal une indemnité pour les victimes de la rébellion précédente. À son tour, le parti anglais, dénonçant le bill d’indemnité, s'ameuta avec des cris forcenés dans la capitale, et des mécontents de toute espèce s’unirent à eux pour augmenter le bruit. Lord Elgin, alors gouverneur-général, fut insulté de la manière la plus outrageante ; on brisa sa voiture à coups de pierres. L'émeute, maitresse des rues, soutenue sous main par une masse d'aventuriers américains, qui cherchaient à profiter de ce mouvement pour soulever le Canada, envahit les maisons de plusieurs ministres et députés, que l'on saccagea avec acharnement, 6 finit par mettre Le feu au palais du parlement.

À la suite de cette insurrection, lord Elgin abandonna Montréal et transporta à Toronto le siége du gouvernement canadien. Il commanda à tous les membres de l'administration de le suivre dans cette ville, où il ouvrit quelques mois après les sessions du. parlement. C'était une perte considérable pour Montréal ; mais la perte la plus sensible était celle de la bibliothèque nationale : outre les archives de l’ancien gou-

cette ville, ns du. parle- Montréal ; je la biblioancien gou-

vernement de. Québec... elle contenait une collection précieuse réunie par les soins de M. Faribeult, de cette ville, qui vitranéantir en quelques heures les résultats de vingt années de veilles et de travaux. MEME:

: L'Angleterre n'a pas plus gagné par 868 concebiions

le Canada. Les modérés, et ce parti comprend la porçaise, préfèrent rester unis au gouvernetent britannique, par l’aversion que leur inspirent les institutions purement démocratiques. La majorité de la population d’origine anglaise ou irlandaise, surtout dans le Haut- Canada, demande l'annexion au gouvernement des dant, une-république canadienne, et dans.ce sens il ne manque pas de Canadiens d’origine française qui se

. joindraient à eux. Ce qui paraît certain toutefois, c'est

que le jour viendra où la colonie brisera les liens de la métropole. Mais ce ne sera pas, ainsi que l’espèrent chimériquement des Franco-Canadiens, pour fonder une nationalité française sur les bopds-dne Saint-Leu-

rent.

pr rer PP où. se trouvait l'Angleterre d'entretenir leur caractère national, les Canadiens se sont souvent bercés de l’es-

. poir de le conserver et de le transporter intaet à

travers les siècles, avec leurs mœurs, leur langue, et leurs lois, et de fonder ensuite un empire ou une république canadienne. Ni Français ni Anglais : telle était

leur espérance. Oh voit dans une brochure publiée en

Canada au commencement de ce siècle qu’à cette épo-

que, qui est déjà loin de nous, ils avaient cessé depuis

longtemps de se regarder comme français + « Mais:

sans : d’une foule d’autres circonstances, y estil

dit, et dent le détail nous mènerait trop loin en ce mo:

. ment, nous sommes, par notre position géographique,

destinés à former un peuple entièrement différent des

Français et de nos voisins eux-mêmes. La nature de notre sol, la dissemblance de nos besoins ét de notre agriculture, doivent nécessairement mettre entre nos mœurs ét celles des autres peuples une différence marquée. Cela est'si vrai, que, dans le temps même que les Français possédaient ce pays qu'ils avaient établi, on voyait déjà dans le caractère des Cana-

diens des nuances très sensibles , des teintes très

fortes, qui les distinguaient de leurs ancêtres. Quelques années avant la conquête, lorsqu'il entra un plus grand nombre de Français à la fois dans le pays, ils formaient déjà deux peuples, et se considéraient réciproquement comme tels. Ces marques distinctives sont tellement multipliées, que les Français et les Canadiens, quoique leur séparation n° date que d’un demi-siècle, pourraient à peiné, la ressemblance de lan: gage exceptée, être reconnus pour avoir la même origine. Cecte remarque a déjà été faiteavant moi par tous ceux qui ont pris la peine d'examiner les choses et de faire quelques observations à ce sujet sur les lieux. » . Si ce langage était vrai à l’époque où il fut écrit,

me es

ge © © D 1 de

| que d’un ace de lan:

même orioi par tous 108es et de s lieux. »

fut écrit,

. fondation, pour la donner à son heureuse rivale. Les

DU CANADA 309 combien ne l’est-il pas plus encore de nos jours! et nous n'avons été que trop à même dé le reconnaître. D mr rt parlant de la nationalité. et core évides Ceisiliens-qui ‘aujourd’hui partagent:ses illusions: Malgré l'antipathie qu'ils ont éprouvée et qu’ils éprouvent encore pour leurs voisins de ls Nou-

velle-Angleterre, le jour viendra, selon toute apparence, où ils seront frères et unis dans la même langue

et.les mêmes sentiments. Malgré-la lutte encore actuellement si vive entre les deux races rivales, et qui amènera infailliblement la ruine de la puissance britannique dans les colonies de l'Amérique du Nord, ces races se fondront, et l'élément français, quelque fort qu'il soit encore par le nombre et l'influence, s’absorbera dans l'élément anglo-celtique. Certes, ce n’est pas là un souhait de notre part, et nous serions heureux de

voir revivre la France sur les bords du Saint-Laurent : :

mais telle:est la marthe des choses en Amérique: Dieu veuille seulement conserver aux Canadiens leur foi! c’est le plus bel héritage qu’ils aient reçu de la France,

et qu’ils sauront transmettre non seulement à leurs enfants, mais encore aux descendants de ceux des races rivales dont ils sont environnés.

Cependant, la translation du siége du gouvernement à Montréal, en 1841, en tant à la ville de Québec une partie de son lustre, lui avait enlevé en même temps la prééminence dont elle avait joui depuis sa

840 HISTOIRE Catholiques s’en consolèrent en voyant quelques années après l'antique cité bâtie par: Champlain élevée d’uné manièe effective au rang de-métropole. Les craintes auxquelles on n'avait que trop cédé au temps de M. Plessis s'étaient dissipées au milieu des orages politiques dont le Canada avait été le théâtre, et les courageuses initiatives de l’évêque de Montréal avaient fini par faire quelque sensation à Québec. À la demande de la majorité du clergé canadien, le Souve: rain-Pontife donna, le 42 juillet 4844, la bulle qui érigeait en province ecclésiastique les diocèses réunis du Hautet du Bas-Canada, plaçant sous la juridiction métropolitaine de Québec les siéges de Montréal, de Kingston, et de Toronto, auxquels, en 4847, vinrent se joindre le nouveau siége de Bytown, sur l'Ottawe, et celui de St-Boniface, érigé pour Mer Provencher, dans le territoire de la Rivière-Rouge et de:la baie d'Hudson. Quoique dans ses relations avec le Canada, Rome eût continué, depuis l’évêque Plessis, à donner à ce prélat et à ses successeurs le titre d’archevêque de Québec, M. Joseph Signay fut toutefois le prerier à s’en décorer officiellement; et, quelques mois après sa nômination, il reçut le pallium, qui lui fut apporté par l’abbé Hudon, vicaire-général de Montréal. L’incendie du faubourg Saint-Roch et celui du faubourg Saint-Jean à Québec, qui se succédèrent jour pour jour à un mois d'intervalle, dans le courant de l’année 1845, vinrent affliger sensiblement le cœur de l'archevêque Signay, qui partagea charitablement ses

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