HISTOIRE DIT CANADA
tre au lieu de se soumettre. L'exemple en serait salutaire.
Toutefois on peut affirmer sans exagération que dans la phalange de ministres et de députés distingués, qui ont gouverné et représenté le Canada depuis la Confédération, les hommes de la province de Québec ont occupé une place honorable et joué un rôle brillant et utile. Ils ont commis des erreurs et des fautes, ils n'ont pas toujours donné aux affaires politiques autant de soin et de temps que leurs collègues anglais, mais, en somme, il ont fait bonne figure et fourni la preuve d'un talent et d'une intelligence remarquables. Obligés de parler deux langues, de s'exprimer en anglais dans une Chambre où le français n'est guère compris, ils ont une tâche difficile, mais leurs études classiques, leur bonne éducation et leur éloquence naturelle leur donnent une supériorité incontestable, dont ils ne se donnent pas toujours la peine de tirer parti. Il faut bien l'avouer, ils ont les défauts et les qualités de leur race: doués d'un esprit vif, d'une nature gaie, le travail ardu, opiniâtre et constant, le travail ennuyeux leur répugne et les pousse à rechercher des distractions qui les égaient et les amusent. Brillants dans la discussion, lorsqu'ils veulent se donner la peine de l'être, ils figurent modestement dans les comités, où se fait le principal
travail d'une session parlementaire, où s'élaborent les lois du pays, où leurs collègues anglais puisent les informations et les renseignements qui les rendent forts et pratiques dans les débats. Ce sont d'aimables compagnons, des hommes d'esprit qui aiment un peu trop, peutêtre, les choses qui rendent la vie agréable, et jettent la note gaie dans les joies toujours un peu mélancoliques de leurs collègues anglais. N'empêche cependant que la province de Québec a donné au pays des hommes d'Etat et des orateurs que personne n'a surpassés et dont les noms brilleront dans l'Histoire. Mais la conservation de son influence dans la Confédération, exige de plus que ses hommes soient forts et se préparent par des études sérieuses et un travail ardu à jouer un rôle important dans les conseils de la nation, à mériter le respect et l'admiration d'une majorité composée d'hommes positifs, pratiques et entreprenants.