‹ Histoire du Canada depuis la Confédération, 1867-1887 [microforme]Chapitre 13 sur 35 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LA QUESTION pn LAu Morin.

L'enquête établit clairement :

1° Que l'exécution de Scott était l'acte d’un gouvernement de facto, accepté par la population, et reconnu par le gouvernement canadien et les représentants du gouvernement britannique,

2° Que Mgr Taché, et plus tard les délégués du gouvernement provisoire, se dirent autorien Par le gouvernement canadien et les repré. sentants du gouvernement britannique à promettre l’amnistie pleine et entière, si les Métis mettaient bas les armes et acceptaient l’acte de Manitoba; que de fait Ils avaient été autorisés verbalement et Par écrit en différentes circons-

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tances par Sir John Macdonald et les honorables MM. Cartier, Langevin et Howe à faire ces promesses.

8° Que ces promesses avaient été faites à la connaissance et avec le consentement du gouverneur Young et d’autres représentants du gouvernement britannique, et de manière à convaincre les chefs métis, qu'elles étaient sincères et qu’ils pouvaient s’y fler.

4° Que le gouverneur Archibald chargea le P. Ritchot, en 1871, de demander à Riel et à Lépine de prendre les armes pour repousser l'invasion fénienne, et que ses paroles étaient de nature à faire croire que s'ils se rendaient à son appel, il ne pourrait plus être question de les arrêter et de les punir pour des offenses commises antérieurement.

C’est le point sur lequel le gouverneur Dufferin appela spécialement l’attention du gouvernement britannique, dans un rapport remarquable. Lord Dufferin n’admettait pas que le gouvernement de Sa Majesté fût lié par des promesses faites sans autorisation suffisante, mais ses sentiments d’honneur et de justice repoussaient l’idée qu’un gouvernement put envoyer à l’échafaud des hommes auxquels il avait fait appel pour défendre le pays.

On ne pouvait lire les témoignages et les documents produits à cette enquête sans arri-

ver à la conclusion que la crainte des loges orangistes avait, seule, empêché les ministres anglais de reconnaître leurs promesses et de les tenir,

‘La session de 1875 était à peine ouverte que M. Mackensie s’appuyant sur les faits établis dans cette enquête, proposait l’adoption d’une Adresse à Sa Majesté, demandant une amnistie

générale pour tous ceux qui avaient pris part

aux troubles qu Nord-Ouest, mais à la condition que Riel et Lépine seraient tenus de demeurer, durant cinq ans, hors des possessions britanniques. M. Mackenzie reprocha en termes sévères, à Sir John Macdonald et à MM.

Cartier et Langevin, d’avoir recours à toute sorte de subterfuges, pour renier les engagements pris en leurs noms, par les hommes les plus honorables,

Wilfrid Laurier, qui s'était distingué à la gession précédente, lors de la motion d’expulsion proposée par M. Bowell, fit, à l'appui de la mo-

tion un discours remarquable par le fond et la forme.

Il accusa les ministres d’avoir provoqué par les négligences les plus coupables, les troubles du Nord-Ouest, d’avoir poussé les Métis à la révolte, et de renier maintenant les engagements contractés pour les amener à déposer les armes.

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