‹ Histoire du Canada depuis la Confédération, 1867-1887 [microforme]Chapitre 15 sur 35 · LES ÉCOLES DU NOUVEAU-BRUNSWICK · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES DU NOUVEAU-BRUNSWICK

La fâcheuse question de l’amnistie était à peine réglée, que celle des écoles du Nouveau- Brunswick se dressait en face du ministère Mackenzie. Comme on l’a vu, le gouverne-

ment Macdonald avait, malgré le vote de la majorité de la Chambre, refusé de désavouer les lois iniques adoptées par la législature du Nouveau-Brunswick.

Il n’y a pas de doute que le désaveu était le moyen le plus sûr et le plus pratique de régler cette épineuse difficulté. Mais le ministère Macdonald dont la majorité, dans la province d’Ontario, était composée d’orangistes, pouvait difficilement aller à l’encontre de la volonté de ses farouches partisans.

Macdonald, nous l’avons déjà dit, était trop sceptique pour être fanatique; mais il était toujours plus ou moins à la merci d’une majorité qui prenait facilement le mors aux dents, lors-

qu’elle était aiguillonnée par le fanatisme religieux ou national. Les libéraux de la province d’Ontario ne partageaient pas le fanatisme des loges maçonniques et orangistes, mais ils redoutaient opinion publique, et se disaient que, dans plus d’une circonstance, la province de Québec n’avait pas tenu compte des concessions qu’ils avaient faites au détriment de leur propre popularité.

II n'y a pas de doute, par exemple, que la position indépendante et généreuse prise par Edward Blake et quelques-uns de ses amis, dans les brûlants débats de l’amnistie, de lexécution Riel et de l’incorporation de l’assotiation des orangistes, leur nuisait profondé. ment dans les provinces protestantes, sans rien ajouter à leur influence dans la pr vince de Québec.

Quoi qu’il en soit, le parti libéral s'était prononcé en faveur du désaveu des lois injustes de la législature du Nouveau-Brunswick, mais lorsqu'il arriva au pouvoir, la question avait été transportée de l’arène du parlement au parquet des tribunaux, et lorsque le Conseil privé déclara que ces lois étaient légales, il ne pouvait plus rien y faire ; d’ailleurs, il était trop tard.

Le 8 mars 1875, M. Costigan, le champion des écoles catholiques du Nouveau-Brunswick, pro-

posa l’adoption d’une adresse pour demander au parlement britannique d'amender la constitution du Canada de manière à ce que les catholiques du Nouveau-Brunswick eussent l’avantage des écoles séparées. M. Mackenzie s’opposa à cette résolution par un amendement dans lequel il exprima le danger d’empiéter sur les pouvoirs réservés par la Constitution à chaque province.

M. Cauchon proposa d'ajouter à cet amende.

ment que la Reine fût priée d’user de son influence vis-à-vis de la législature du Nouveau- Brunswick pour faire disparaître les justes sujets de mécontentement qui existaient alors.

Les chefs libéraux prétendaient que le gouvernement conservateur ayant refusé d’appliquer le remède pratique et constitutionnel formelle. ment indiqué dans la constitution, il était dangereux pour l’autonomie des provinces d’adopter celui qu’on proposait. Ils disaient que intervention du parlement britannique dans cette matière, constituerait un précédent dont la province de Québec surtout pourrait souffrir.

Les conservateurs étaient heureux de voir les libéraux plongés dans les embarras qui leur avaient causé, à eux-mêmes, tant de craintes, et ils ne manquaient pas de leur dire qu'il était plus facile de faire de l’opposition, que de gouie et de régler des questions si délicates

dans un parlement dont la grande majorité est protestante.

Toutefois la motion Mackensie-Cauchon fut adoptée, et le gouvernement du Nouveau- Brunswick crut devoir tenir compte du désir du parlement fédéral, en apportant un adoucissement à l’application des lois scolaires de cette province.

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