‹ Histoire du Canada depuis la Confédération, 1867-1887 [microforme]Chapitre 19 sur 35 · LE PARTI CONSERVATEUR ET LA QUESTION RELI- GIAUSE — ROME PARLE · texte numérisé non relu

LE PARTI CONSERVATEUR ET LA QUESTION RELI- GIAUSE — ROME PARLE

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gereuse et pour rappeler les ordonnances déjà énumérées par le Saint-Siège, relativement à l’intervention du clergé dans les luttes politiques.

Une lettre du Cardinal Simeoni disait :

A Monseigneur Alexandre Taschereau, Archevêque de Québec.

Illustrissime et révérendissime Seigneur,

“Il est venu à la connaissance de la Sacrée Congrégation de la Propagande que dans votre province, certains membres du clergé et du corps séculier continuent à s’ingérer trop dans les élections politiques, en se servant soit

de la chaire, soit des journaux ou autres publi-

cations.

“Hi est également connu de la susdite Con grégation que certains suffragants de votre Seigneurie cherchent actuellement à recourir au parlement pour faire modifier la loi des élections relativement à l'influence dite indue.”

“ Or, pour ce qui concerne le premier point, je m'empresse de rappeler à votre Seigneurie que déjà, en l’année 1876, la Suprême Congrégation du Saint Office vous a communiqué l'instruction suivante:

Il faut faire entendre aux évêques du Ca-

“nada que le Saint-Siège reconnaît parfaite.

“ment l'extrême gravité des faits rapportés “par eux, et qu'il

„grands inconvénients “sion de ces

de concert avec Monseigneur

Apostolique envoyé au Canada, “s'entendent pour déterminer

“duite uniforme à suivre

“d'eux à l'égard

“se trouve dans P'ingerence

“clergé dans les affaires politiques, sans se soueier assez de la prudence pastorale, Le re- “mède convenable à cet excès de zèle, c’est de “rappeler à ces évêques ce qui leur a déjà été “recommandé par cette Suprême Congréga- “tion, mercredi, 29 juillet 1874, à savoir que, “à l’occasion des élections politiques, ils se “conforment, en leurs conseils aux électeurs,

“à ce qui se trouve décrété dans le Concile Pro- “ vincial de 1868.

“Il faudra ajouter que l’Eglise, en condam- “nant le libéralisme, n'entend pas frapper “tous et chacun des partis politiques qui, par “ hasard, s’appellent libéraux, puisque les dé- “cisions de l’Eglise se rapportent à certaines “erreurs opposées à la doctrine catholique, et “non pas à un parti politique quelconque dé- “terminé et que, par conséquent, ceux-là font “ mal qui, sans autre fondement, déclarent être “condamné par l'Eglise un des partis poli- “tiques du Canada, à savoir le parti appelé “4 Réformiste”, parti ci-devant chaudement ‘appuyé même par quelques évêques.

“ Enfin, pour ce qui regarde l’objet prinetpal “des doutes proposés, à savoir quelle mesure “il y a à prendre relativement aux catholiques, “ qui, pour cause de prétendue ingérence indue “du clergé dans les élections politiques, re- “ courent au tribunal civil, on ne peut, à ce su- “jet, donner une règle générale aux évêques, “et il appartiendra en conséquence à qui est à “l'office de pourvoir, dans chaque cas, à la “ conscience de celui qui a fait cerecours. Que “les évêques prennent donc les mesures néces- “ saires pour sauvegarder l’honneur du clergé, “ayant soin surtout d'empêcher, autant que

“possible, que des personnes ecclésiastiques “soient obligées de comparaître devant le juge “ lafique.

tous ses suffragants, au clergé et à tous ceux que cela coneerne que c’est intention du Saint-

“Pour ce qui a rapport au second point, Votre Seigneurie devra notifier à chacun des suffragants, de la part de Sa Sainteté, que cha-

eun des prélats individuellement ait à s’abstenir d’agiter ou de faire agiter, soit dans le par. lement, soit dans la presse, la question de la modification de la loi concernant la dite influence indue, que s’il arrivait une époque où les évêques réunis jugeassent tous ensemble que le temps opportun fût venu de faire la susdite demande, ils devront d’abord recourir à cette Sacrée Congrégation, pour en recevoir les instructions convenables.

“ Dans cette pensée, je prie le Seigneur qu’il vous prodigue tous les biens.”

Rome, Palais de la Propagande, 18 septembre 1881.

De Votre Seigneurie, Le très affectionné Serviteur,

JEAN, CARDINAL SIMBONI, Préfet.

J. Massort, Secrétaire.

versité Laval qui n’était pas beaucoup mieux traitée que le parti libéral, l'archevêque Taschereau et les autres évêques de la provinee lancèrent le mandement suivant :

“ Nous Soussignés, archevêques et évêques de la province ecclésiastique de Québec, réunis

comme Conseil Supérieur établi par la bulle “Inter Varias &ollicitudines ” pour la haute surveillance de la doctrine et de Ia discipline, c'est-à-dire de la foi et des mœurs, dans Uni. versité Laval, avons reçu de cette institution une plainte contre certains écrits récents, dans lesquels se trouvent une foule d’accusations diverses contre elle. Faisant droit à lu dite plainte en vertu des pouvoirs à nous confiés par un règlement apostolique de 1877, déclarons et ordonnons ce qui suit:

“Nous voulons qu’à l'avenir quiconque eroi - „rait devant Dieu avoir un grief contre cette “institution catholique ou quelque autre, le “fasse non pas devant le tribunal incompétent “de Fopinion publique, par la voie des jour.

„naux, mais devant ceux que les saintes lois de „la hiérarchie catholique ont institués les juges “et les gardiens de la foi.”

Le décret 12 du 6e Concile donne aux écrivains catholiques de cette province les règles à suivre dans leurs discussions, surtout avec des catholiques. La modération, la prudence, la charité, le respect envers les autorités ecclésiastiques et civiles, envers les établissements placés sous la direction des évêques sont spécialement recommandés. Or, nous le disons à

“ Le Saint-Siège a aussi clairement manifesté sa volonté en deux circonstances :

Dans le décret du 1er février 1876, qui vient d’être confirmé par Sa Sainteté Léon XIII, il est enjoint aux évêques qui croiraient devant Dieu avoir quelque reproche à faire à cette Institution, “de ne jamais recourir à la presse, laquelle, d'ordinaire, comme l’a prouvé dans le “cas actuel une triste expérience, sert plus à ‘“aigrir les esprits et les questions qu’à remé. dier au mal et aboutit à préjudice à l’honneur

“de l’Université et souvent même à l’honneur de la cause catholique. ”

“Cette injonction si formelle et si absolue oblige & fortiori le clergé et les fidèles de cette Province, comme ] du reste, le docu-

écrivains che à

“ éerits le décret 22 du 5ème Concile de Québec. “ Si quelqu'un, qui n’est pas évêque, croit avoir

“ce qu’il faut faire, si les “sent bien fondées, il devra les déférer soit au

ni ses désobéissances ne sauraient jamais excuser un écrivain de ses manquements au respect dû à qui de droit, à la justice, à la vérité, à la charité chrétienne et à la prudence. Nous condamnons tous ces manquements de quelque part qu’ils viennent, nous renouvelons les ordonnances et défenses déjà faites à ce sujet. Nous recommandons fortement de s’abstenir de tout ce qui pourrait servir à entretenir l’agitation des esprits. C’est le vœu qu’exprime le Souverain Pontife quand il nous enjoint de travailler sans relâche à ramener dans les esprits la concorde et la paix.

“Donné à Québec sous nos signatures, le sceau de l’archidiocèse et le contre-seing de l’assistant secrétaire de l’archidiocèse, le 21ème jour du mois d’octobre 1881.

E.-A., arch. de Québec.

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