L.- Z., év. de St-Hyaeinthe
Dom., év. de Chicoutimi.
Par Messeigneurs, 0. A. Marois, Ptre, Ass. Secrétaire. ”
Les autorités religieuses de Rome et du Canada avaient rendu jugement en faveur du purti libéral et de l’Université Laval, elles avaient donné le coup de grâce à toutes les prétentions exagérées émises par les partisans
Le Monde de Montréal, le Journal des Trois.
Rivières et Ia Vérité de M. Tardivel, qui avaient reproché avec tant de violence aux libéraux de réclamer la liberté de penser et de voter suivant leur jugement et leur conscience dans des matières purement politiques, ne craignirent pas de proclamer que les décisions de Rome étaient discutables et que le Pape pouvait se tromper et être trompé sur des questions de fait.
Le Journal des Trois-Rivières que l’on considérait comme l'organe de l'évêché de cette ville, disait :
iet certain que, pour une raison ou pour
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une autre, le Saint-Siège peut être induit en erreur, surtout pendant un certain temps, sur des questions de fait et des questions de doctrine. Le Saint-Siège est infaillible, mais sur les questions de fait, il a besoin d’être renseigné avec exactitude, comme c’est évident. L’intérêt, le préjugé ou d’autres causes peuvent souvent donner une fausse couleur à une exposition quelconque. ”
Monsieur Tardivel ajoutait dans la Vérité :
“La question de l’Université Laval est une question de fait et sans être hérétique ou même mauvais catholique, on peut dire que le Pape a été trompé sur cette question. La question des indulgences est une question de doctrine, ce qui est bien différent. Sur la doctrine, le pape est infaillible, il ne peut pas se tromper, mais c’est exposer notre sainte religion à la risée des impies que de prétendre que les papes ne peuvent être induits en erreur lorsqu'il s’agit de faits particuliers.”
Les libéraux disaient : Que nous arriveraitil si nous avions recours à des distinctions si subtiles, si nous osions nous élever avec autant de hardiesse contre les décisions de Rome ?
C'était le temps où les partisans des évêques Bourget et Laflèche accusaient Laval d’avoir employé des influences indues pour arracher à
Rome des décrets funestes, où Mgr Taschereau reprochait publiquement à Mgr Bourget de se révolter contre les décisions de Rome,
Afin de réaffirmer les décisions rendues par le Saint-Siège, Mgr Taschereau publia un mandement spécial dans lequel il disait :
J. Que se révolter contre les décisions des Congrégations Romaines et surtout celle de la Propagande, c’est se rebeller contre l’autorité du Saint-Siège même ;
II. Que les condamnations portées par l’Eglise contre le libéralisme ne s'appliquent pas à un parti plus qu’à un autre, et qu’un catholique peut être, dans ce pays, libéral ou conservateur s’il le juge à propos;
III. Que les fidèles doivent s’abstenir de recevoir les journaux qui publient ou reproduisent des écrits tendant à diminuer le respect dû aux Congrégations Romaines, au Souverain Pontife et au décret du 13 septembre dernier.”
Ce ne fut pas la fin encore. Mgr Bourget et Mgr Lafleche, M. Trudel et leurs amis obsédèrent tellement Rome de leurs plaintes, que Mgr Taschereau fut obligé de se rendre lui-même auprès du Pape pour se défendre et arriver à faire respecter les décrets du Saint-Siège. Enfin, on se fâcha à Rome, et on fit comprendre aux adversaires de Laval qui étaient encore à Rome,
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qu’ils feraient mieux de s’en aller et de se sou mettre aux décisions du Saint-Siège.
Rome avait décidé qu’une succursale de l’université Laval serait établie à Montréal, mais qu'elle aurait presque tous les droits et prévilèges d’une université indépendante,
Les controverses brûlantes de l’université et
des immunités ecclésiastiques ont cessé, depuis le jugement de Rome, d’agiter l’opinion publique, mais l’immixtion du clergé dans les luttes politiques devait encore soulever des tempêtes violentes, comme on le verra plus tard.
Lagitation produite par la discussion de ces questions intéressantes, les observations de Mgr Conroy et le fait patent que les libéraux au pouvoir n’avaient en aucune façon attenté aux droits de l’Eglise n’auraient pu manquer d’être favorables au ministère Mackenzie et au parti libéral, si la crise financière n’avait affolé tous les esprits et répandu la conviction qu’un changement de gouvernement pouvait seul rendre la prospérité au pays.