‹ Histoire du Canada depuis la Confédération, 1867-1887 [microforme]Chapitre 24 sur 35 · CHAPITRE xx L’INSURRECTION DU NORD-OUEsT · texte numérisé non relu

CHAPITRE xx L’INSURRECTION DU NORD-OUEsT

Mais de toutes les questions qui agitèrent l'opinion publique et ballottèrent la barque mi. nistérielle, la plus grave, la plus orageuse fut celle de la nouvelle insurrection du Nord-Ouest.

Des bords de la Saskatchewan comme autrefois des rives de la rivière Rouge s’élevaient depuis longtemps des Protestations et des plaintes sérieuses contre Ia manière dont les Métis étaient traités.

Ostalent les nemes griefs : une nuée d’arpenteurs s'était abattue sur les champs des Métis comme en pays conquis, et jetait partout le trouble, la confusion et Findignation. On cou- Pait, taillait et rognait leurs terres, suivant le mode d’arpentage américain, le mode rectan-

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gulaire ou par carrés, sans égard pour les justes droits de ceux qui avaient adopté pour leurs établissements le système de division par lisières profondes ou bandes étroites de façon à être aussi près que possible les uns des autres. C’est le système en vigueur au Canada, et celui qui convient le mieux au caractère sociable de notre population, et à son besoin de relations intimes avec les parents et les voisins.

Pendant plus de cinq ans les Métis s’adressèrent au gouvernement pour le supplier de mettre fin à ces procédés injustes et vexatoires, et de leur assurer la jouissance paisible de leurs champs.

Pourtant, une loi adoptée en 1879 permettait au gouvernement d'étendre aux Métis du Nord - Ouest, les privilèges accordés aux Métis du Manitoba.

Pétitions, délégations, représentations, tout fat inutile, le gouvernement resta sourd à toutes les demandes et ses arpenteurs continuaient de bouleverser les propriétés des Métis, et ses officiers et représentants répondaient aux protestations de ces pauvres gens par des paroles pleines d’arrogance.

Quelques-uns des agents du gouvernement, et des missionnaires suppliaient les ministres d’acquiescer aux justes demandes des Métis.

En 1882, ces pauvres colons s’adressèrent eux-mêmes au gouvernement dans les termes suivants :

„Nous désirons que vous donnies des ordres Pour que les terres soient arpentées le long de la Rivière en lots de 10 chaînes de large et de deux milles de long. C'est un ancien usage parmi nous de diviser ainsi les terres, et ce serait un moyen facile de nous faire connaître les limites de nos terres respectives, ”

Le département de l'Intérieur leur répondait:

“ Quant à l’arpentage du territoire en question, toutes les terres dans les territoires du Nord-Ouest doivent être arpentées d’après le mode actuellement en v ueur. ”

Est-il étonnant que :es Métis aient perdu patience ?

avait raison de s’écrier en plein 1885 :

“ Pouvait-il y avoir une plus grande tyrannie que d’arpenter les terres des colons et de tirer

des lignes à travers leurs bâtiments tout com-

me si ecs terres étaient inoccupées ou non colonisses? C'était une tyrannie sans excuse. Je ne crains pas de dire que des procédés aussi injustes causeraient dans notre partie du pays un soulèvement comme celui qui a éclaté là-bas, car rien n’est plus eher à un homme que le mor-

ceau de terre qu’il a arraché au désert ou à la forêt. ”

Les Métis anglais et français, voyant qu’ils ne pouvaient décider le gouvernement à les écouter, s'assembièrent et décidèrent d’appeler à leur secours l’homme auquel les Métis de la Rivière-Rouge devaient la reconnaissance de leurs droits. Ils résolurent d'envoyer une députation auprès de Louis Riel afin de le prier de revenir au milieu d’eux pour les aider de ses conseils et de son expérience,

Louis Riel vivait alors tranquillement avec sa femme et ses enfants, aux Etats-Unis, dans le Territoire du Montana, où il gagnait sa vie en faisant l’école.

II accueillit cordialement la députation, mut au récit des souffrances de ses compatriotes et consentit à retourner parmi eux.

Après un voyage pénible de vingt-deux jours, il arriva à Batoche où les Métis le reçurent, les bras ouverts et les larmes aux yeux. Des assemblées eurent lieu, et les Métis vinrent de tous côtés entendre leur éloquent et N champion.

Mais Riel leur parla un langage modéré et les engagea à formuler leurs griefs dans des résolutions et des pétitions qui, malheureusement, restèrent sans effet,

litaire. Le 26 mars, les premiers coups de fusil furent tirés au Lac-au-Canard, où Dumont, à la tête d’une trentaine de Métis, vint aux prises avec 40 volontaires de St-Albert, qui escortalent un convoi de provisions, les mit en fuite et eut ensuite à combattre un détachement de gendarmerie à cheval composé de 80 hommes com'uandés par Crozier.

cheval. Pendant le combat, Riel à cheval et un crucifix à la main priait au milieu des balles et encourageait les Métis.

Il empecha le brave Dumont de compléter sa victoire en allant s’embusquer dans un bois, où la police à cheval devait passer. Assez de

sang versé, disait-il, il faut se battre seulement Pour se défendre ! ” :

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